> Liliane Hasson (Traducteur)

ISBN : 2742746293
Éditeur : Actes Sud (2004)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Livre échangé sous le manteau, longtemps introuvable dans sa langue d'origine, "Mon ange" a été instrumentalisé par les cubains des deux rives afin de le réduire à un sommaire règlement de comptes. L'histoire de sa publication serait simplement romanesque, si on contenu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 29 mai 2012

    le_Bison
    Je me regarde dans le miroir qui reflète les nuages gris planant dans la pièce. Il y a quinze ans, j'étais beau. J'avais des femmes. Je me pavanais avec arrogance dans le monde. Aujourd'hui… aujourd'hui…
    Regardez-moi… Je vis dans un 'Boarding Home' qui put la pisse et la merde au milieu des fous. Moi qui à quinze ans avait lu le grand Proust, Hesse, Joyce, Miller et Mann. Et Hemingway. Sacré auteur cet Hemingway. Un jour, je serais comme lui. Mais maintenant, voilà où j'en suis. Dans une maison de fous. A Miami. Cuba, ce n'était plus possible. Ici, c'est pire. Mais au moins ici, je suis libre. Libre de vivre au milieu de débris humains, libre de lire mon recueil de poètes anglais, libre d'aller pisser au milieu du réfectoire, libre de prendre Hilda par derrière, même si cela lui fait mal à cette vieille suintant la pisse. Miami, le 'Boarding Home', cette maison qui abrite les fous et les gars comme moi, des réfugiés de Cuba. Un jour, je partirai. Il le faut, si je veux retrouver le chemin de l'écriture, la voie de l'espoir et celle de l'amour. Un jour… Pour le moment, laissez-moi vous présentez mes compagnons de mauvaises fortunes, tous déchus dans cet hospice puant et répugnant. Laissez-moi vous ouvrir la porte, il y a René et Pepe, les deux débiles mentaux ; Hilda, la vieille décatie qui urine continuellement dans ses robes ; Pino, un homme gris et silencieux qui fixe l'horizon ; Reyes, un vieux borgne dont l'œil de verre suppure sans cesse un liquide jaunâtre ; Ida, la grande dame déchue ; Louie, un yankee vigoureux au teint olivâtre qui hurle sans arrêt comme un loup pris dans la folie ; Pedro, un vieil indien, peut-être péruvien, témoin silencieux de la méchanceté du monde ; Tato, l'homosexuel ; Napoléon, le nain ; et Castano, un vieillard de quatre-vingt-dix ans qui sait seulement crier : « Je veux mourir ! Je veux mourir ! Je veux mourir ! » Cela fait du beau monde n'est-ce pas… dans ce 'Boarding Home'.
    Si vous voulez comprendre les fous, lisez ce roman de Guillermo Rosales.
    Si vous voulez comprendre les réfugiés, lisez ce roman.
    Si vous voulez comprendre les cubains, lisez ce roman.
    Si vous voulez juste prendre un bon coup de poing dans l'estomac, là où ça fait mal, là où ça déchire votre âme et pompe votre énergie, précipitez-vous sur ce petit roman (116 petites pages qui font mal) « Mon ange » du cubain Guillermo Rosales. Une vraie réussite, un immense coup de cœur, surtout si voir des fous déféquer au milieu de la salle, uriner sur eux ou sortir leur pénis pendant le petit-déjeuner (à chaque page – ou presque) ne vous rebutent pas.
    Sur ce, je vais allez pisser en méditant sur cette pensée : [...]

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=3013
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    • Livres 3.00/5
    Par xgalaup, le 06 juillet 2008

    xgalaup
    Fuyant le régime carcéral de Cuba, W. Figueras, un écrivain se retrouve aussi rejeté par sa famille américaine dans un asile de fous. Ils ont honte de ce cousin cubain qui délire et qui refuse de s'insérer. Quand sa tante le dépose comme un malpropre dans un asile sale et indigent, elle insiste bien sur le fait qu' "il n'y a plus rien à faire". W. Figueras doit survivre au milieu de résidents plus laisser pour compte que fous... Il tombe amoureux et veut s'enfuir avec sa dulcinée. Ce court récit enchante par sa poésie humaniste et la tendresse des portraits mais il me convainc moins quand à la description sociale. le désespoir y est une impasse trop facile.
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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 15 octobre 2011

    mimipinson
    C'est en lisant Arenas que j'ai découvert Rosales. de la même génération que le précédent, Guillermo Rosales s'est nourri du même climat dictatorial, et tout cela se ressent dans les thèmes de son ouvrage : la violence, l'exil, la souffrance, la déchéance.
    Dans ce court roman, l'action ne se passe pas à Cuba, mais à Miami, lieu naturel d'arrivée des milliers de Cubains qui ont pu échapper au régime de Fidel Castro.
    Avec une écriture incisive, sans décorations inutiles, brute, en peu de pages, Rosales réussi à montrer la misère humaine ; une misère physique, et intellectuelle.
    Mais tout cela se fait sans pathos, et c'est la force de cet ouvrage.
    Il m'est difficile d'en dire plus sans tout dévoiler, et sans raconter. J'ai découvert une écriture puissante, par hasard.
    Osez l'aventure , cela en vaut la peine. Vraiment !

    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/10/mon-ange.html
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    • Livres 4.00/5
    Par crapette, le 12 mai 2011

    crapette
    J'ai reçu une immense claque en lisant ce témoignage romancé sur la folie et le rejet qu'elle provoque. N'y aurait-il aucune autre issue que de laisser cet écrivain inspiré dans cet asile sordide qui réunit toutes les détresses humaines?
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  • Par gaillard1, le 15 avril 2012

    gaillard1
    Fort... Humaniste. Un vrai poète qui nous donne des nouvelles d'un front de la vie qu'il aura expérimenté et transcrit pour nous. Charge sans appel contre la culture des vainqueurs.
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 27 mai 2012

    Nous avons ouvert la porte. Ils étaient tous là. René et Pepe, les deux débiles mentaux ; Hilda, la vieille décatie qui urine continuellement dans ses robes ; Pino, un homme gris et silencieux qui fixe l’horizon ; Reyes, un vieux borgne dont l’œil de verre suppure sans cesse un liquide jaunâtre ; Ida, la grande dame déchue ; Louie, un yankee vigoureux au teint olivâtre qui hurle sans arrêt comme un loup pris dans la folie ; Pedro, un vieil indien, peut-être péruvien, témoin silencieux de la méchanceté du monde ; Tato, l’homosexuel ; Napoléon, le nain ; et Castano, un vieillard de quatre-vingt-dix ans qui sait seulement crier : « Je veux mourir ! Je veux mourir ! Je veux mourir !
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  • Par le_Bison, le 28 mai 2012

    je te le dis d’homme à homme : tu sais pourquoi tu es devenu à moitié fou ? C’est à force de lire.
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  • Par le_Bison, le 24 mai 2012

    Je me regarde dans le miroir qui reflète les nuages gris planant dans la pièce. Il y a quinze ans, j’étais beau. J’avais des femmes. Je me pavanais avec arrogance dans le monde. Aujourd’hui… aujourd’hui…
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  • Par gaillard1, le 15 avril 2012

    Je m'appelle William Figueras. A quinze ans, j'avais lu le grand Proust, Hesse, Joyce, Miller et Mann. Ils furent pour moi comme les saints pour un dévot chrétien. Il y a vingt ans, à Cuba, j'achevais un roman. C'était une histoire d'amour entre un communiste et une bourgeoise, qui finissait par le suicide des deux héros. Ce roman ne fut jamais publié, le grand public ne connut jamais mon histoire d'amour. Les spécialistes littéraires du régime dirent que mon roman était morbide, pornographique et, en outre, irrévérencieux, car il traitait le parti communiste avec dureté. Après quoi, je devins fou. Je commençai à voir des diables sur les murs, je me mis à entendre des injures et je cessai d'écrire. Ce qui émanait de moi, c'était de l'écume de chien enragé. Un jour, croyant qu'un changement de pays me délivrerait de la folie, je quittai Cuba et arrivai dans le grand pays américain. Les parents qui m'attendaient ici ne savaient rien de ma vie : après vingt ans de séparation, ils ne me connaissaient plus. Ils s'attendaient à voir atterrir un futur triomphateur, un futur commerçant, un futur play-boy ; un futur père de famille qui aurait une future maison pleine d'enfants, qui irait à la plage le week-end, roulerait dans de belles voitures et porterait des vêtements haute couture de chez Jean-Marc ou de chez Pierre Cardin. Mais tout ce qui se présenta à l'aéroport le jour de mon arrivée, c'est un type devenu fou, presque édenté, maigre et craintif, qu'il fallut faire interner le jour même dans un service psychiatrique parce qu'il regarda tous les membres de la famille avec suspicion et, au lieu de les étreindre et de les embrasser, il les injuria. Je sais que ce fut un coup terrible pour eux tous. Spécialement pour ma tante, qui se berçait d'illusions. Tout ce qui se présenta, c'est moi. Une honte. Une tache terrible dans cette famille de petit-bourgeois cubains, aux dents saines et aux ongles soignés, à la peau éclatante, vêtus à la dernière mode, parés de grosses chaînes en or, propriétaires de somptueuses automobiles dernier cri, de maisons aux nombreuses pièces, avec climatisation et chauffage, au garde-manger bien rempli. Ce jour-là (celui de mon arrivée), je sais qu'ils se regardèrent tous, honteux, qu'ils firent certaines remarques caustiques et quittèrent l'aéroport au volant de leurs voitures, avec la ferme intention de ne plus jamais me revoir. Jusqu'au jour d'aujourd'hui. La seule qui resta fidèle aux liens familiaux, c'est cette tante Clothilde, qui décida de me prendre en charge et me garda chez elle pendant trois mois. Jusqu'au jour où, sur les conseils d'autres membres de la famille et de quelques amis, elle décida de me placer dans le boarding home ; la maison des déchets humains.
    - Car il n'y a plus rien à faire, tu l'admettras.
    Je la comprends.
    auteur(s): Rosales Guillermo
    infos: Mon ange, traduit de l'espagnol par Liliane Hasson, Actes Sud, pp. 12-14

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