ISBN : 2264052147
Éditeur : 10-18 (2011)


Note moyenne : 3.25/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
David Pépin aime sa femme depuis 13 ans et n'imagine pas pouvoir vivre sans elle. Pourtant, lorsqu'elle disparaît, il paraît aussi suspect que désemparé aux 2 policiers chargés de l'enquête. Eux-mêmes ont des histoires conjugales troubles. Ces 3 histoires dépeignent la ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par selena_974, le 18 octobre 2011

    selena_974
    L'une des choses que j'ai particulièrement aimée pour commencer, c'est que l'histoire se vit de différentes manières. Si un chapitre traite les faits dans l'ordre chronologique, de la vie de couple quotidienne des Pepin à la mort d'Alice, le chapitre suivant nous présente les faits à l'envers, puisque l'interrogatoire de David nous permet de reconstituer ce qui s'est passé avant la mort d'Alice. L'inspecteur chargé de l'enquête et le livre de David nous font découvrir à reculons les faits. On a donc en même temps le début et la fin de l'histoire, et inconsciemment je m'amusais à essayer de comprendre comment Alice est morte, si oui ou non David l'a assassinée, et si oui, pourquoi.
    Mais en fait ce livre regroupe trois histoires toutes aussi importantes les unes que les autres. L'histoire "principale", celle qui englobe tout le livre et qu'on retrouve du début à la fin, est celle de David et Alice. Mais on découvre également la vie conjugale de l'inspecteur Hastroll et de sa femme, Hannah, qui décide un beau jour de se mettre au lit et de ne plus jamais en sortir, car elle veut que son mari prenne conscience d'une chose. Mais laquelle ? Enfin, et celle là est ma préférée, on revit à travers un interrogatoire inversé (ou comment un coupable mène l'interrogatoire d'un inspecteur) la vie et le meurtre horrible de Marylin, la femme de l'inspecteur Sheppard*, qui est également en charge de l'enquête sur la mort d'Alice.
    Mais les crimes et faits mentionnés ci-dessus ne sont qu'un prétexte au livre qui traite avant tout d'un sujet bien différent : les relations de couple et le mariage. Ainsi, pour chacune de ces histoires, on a une vision de ce que peut être la vie de couple, des difficultés que chacun est mené à affronter, du manque de communication à l'infidélité, ou encore tout simplement la routine. Adam Ross nous offre ainsi trois versions différentes du mariage, chacune plus ou moins vraisemblable, mais qui posent toutes la même problématique : comment deux personnes peuvent être amenées à se haïr tout en continuant à s'aimer...
    L'ensemble se lit très bien, les pages se tournent toutes seules malgré quelques longueurs, et j'avais hâte de savoir le fin mot de l'histoire... le final a d'ailleurs été à la hauteur de mes espérances et bien plus encore. Un très bon moment de lecture, original et prenant, que je conseille vivement à ceux qui veulent essayer quelque chose de différent.

    * Petite parenthèse : l'affaire du meurtre de Marylin Sheppard a réellement eu lieu le 4 juillet 1954, Sam Sheppard ayant finalement été innocenté des dizaines d'années plus tard. Cependant elle a été tellement médiatisée qu'elle a inspiré la série le fugitif. Un film du même nom a été réalisé avec Harrison Ford en 1993. Plus d'informations sur cette sombre affaire à cette adresse : http://faitsdivers.blog4ever.com/blog/lire-article-287239-2010298-docteur_sam_sheppard__le_fugitif.html
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    InColdBlog
    Créateur de jeux vidéo à succès, David Pepin est marié depuis treize ans à Alice, avec laquelle il forme un couple apparemment sans histoires.
    Seul point d'achoppement entre les époux : les régimes successifs d'Alice, qui la plongent dans de sévères phases de dépression. Invariablement, à l'euphorie initiale succède l'accablement quand il devient évident que ses efforts sont restés vains.
    La frustration de ne pouvoir freiner son obésité rend Alice susceptible. Elle s'emporte pour un rien contre David, déclenchant des disputes mémorables au sein du couple.
    En ce qui concerne David, l'obésité d'Alice ne lui a jamais posé aucun problème. Il aime profondément sa femme.
    Du moins le croit-il car il s'est pris récemment à rêver de plus en plus souvent à sa mort : finies les périodes de crise ; il trouverait enfin le calme nécessaire pour mettre enfin un point final au roman qu'il peine à terminer.
    Quand Alice est retrouvée morte au domicile conjugal après avoir ingéré des cacahuètes - elle qui s'y savait hautement allergique -, les soupçons se portent naturellement sur David qui apparaît comme le suspect idéal.

    Responsables de l'enquête, les inspecteurs Sheppard et Hastroll cuisinent David, et dissèquent le mariage Pepin afin d'y trouver la faille qui confirmerait la culpabilité du mari.
    « Un meurtre ramène l'individu à l'essentiel, estimait Hastroll. Il réduit sa personnalité à ses désirs les plus élémentaires.
    Les femmes par exemple tuent presque toujours leurs maris pour se défendre. C'est un fait avéré. Il y a des exceptions bien sûr, mais neuf fois sur dix, quand une femme a abattu, empoisonné ou poignardé son mari, vous avez affaire à un homme qui, d'une façon ou d'une autre, l'a mérité. »
    Les hommes, eux, tuent en général leur épouse pour l'une des quatre raisons suivantes : l'argent, le sexe, la vengeance ou la liberté. Les trois premières ne nécessitent aucune explication, elles sont si courantes qu'elles constituent une sorte de check-list lorsqu'un inspecteur découvre une femme mariée tuée dans son appartement. (…)
    Mais la liberté, en revanche, est un motif d'assassinat à la fois très peu commun et particulièrement complexe, même si presque tous les hommes mariés peuvent le comprendre. Et, bien qu'on puisse soutenir qu'à certains égards la liberté sous-tend les trois motifs précédents, qu'elle en est le dénominateur commun, Hastroll savait d'expérience que tuer pour la liberté en tant que liberté représentait tout à fait autre chose.
    Les hommes rêvent de nouveaux départs. Pas nécessairement avec une autre femme d'ailleurs. Ils rêvent de recommencer à zéro, de disparaître, de descendre de l'avion lors d'une escale et de se construire une nouvelle vie dans une nouvelle ville. Ils rêvent d'un appartement rien qu'à eux, de silence, de s'engager dans les commandos Delta et d'aller combattre en Irak, de se présenter sous le surnom qu'ils avaient toujours voulu qu'on leur donne. Ils rêvent d'un endroit et d'une époque où ils pourraient utiliser tout ce qu'ils avaient appris et qu'ils ignoraient avant – avant leur mariage, s'entend. Alors ils pourraient être heureux. »
    Cet examen approfondi du couple Pepin les renvoie l'un et l'autre à leur propre mariage qui n'est pas à proprement parler un modèle du genre (y en a-t-il un d'ailleurs ?) : avant d'être inspecteur, Sheppard a été un célèbre médecin accusé, puis innocenté, du meurtre de sa femme enceinte, tandis qu'Hastroll se débat dans une relation conjugale conflictuelle, depuis que sa femme a décrété qu'elle ne quitterait plus son lit sous aucun prétexte.

    Plaçant son Mr Peanut sous le double signe d'Escher et de Möbius, Ross a construit une intrigue retorse, sur le modèle des célèbres métamorphoses et constructions impossibles de l'artiste néerlandais, qui se referme sur elle-même à l'image du fameux ruban du mathématicien allemand.
    Ross met en place un jeu de miroirs diabolique, renvoyant à l'infini des réalités déformées qui s'entrechoquent comme dans une salle des glaces de fête foraine. Cette mise en abyme des trois couples donne le tournis et embarque le lecteur dans une spirale infernale semblable à celle ourdie par Hitchcock, autre figure tutélaire du roman, dans Vertigo.
    Ces trois couples, aux parcours spécifiques, vont finir par se confondre comme dans un dessin d'Escher et n'en faire plus qu'un seul. Au lecteur de démêler le vrai du faux, de faire la part des fantasmes et de la réalité.
    Sous prétexte d'une intrigue à suspense, Adam Ross passe la vie conjugale à la moulinette et livre sur la complexité des relations maritales un point de vue exclusivement masculin (si l'on excepte la vingtaine de pages réservées à Marilyn Sheppard).
    La frontière est mince entre amour et haine, la routine (tout à la fois effrayante et sécurisante), l'incommunicabilité, l'insatisfaction et la lassitude faisant irrémédiablement leur travail de sape
    « Cela tient peut-être à la nature duelle du mariage, cette proximité de la violence avec l'amour. »
    À l'instar du Maître du suspense, Adam Ross fait de son Mr Peanut un thriller psychologique bourré d'humour noir. L'auteur égratigne avec férocité le jeu des faux-semblants auquel se livrent volontiers ses contemporains (lire un extrait).
    « Tout le monde organisait une fête pour le 4 juillet et voulait une maison étincelante comme un diamant pour que les invités imaginent qu'elle était toujours ainsi, qu'au lieu de la petite trace de merde sur le siège des toilettes, ou des poils du chien sur le canapé, ou des caillots mastic de dentifrice dans le lavabo, on pouvait toujours voir son reflet dans les robinets et manger par terre sans souci. Alors les envieux convives se diraient que cette maison était plus propre, plus brillante et plus agréable que la leur, et que par conséquent la vie de leurs hôtes devait être meilleure. »

    Dans ce qui pourrait s'apparenter à un ingénieux guide de survie au mariage à l'usage des maris en perdition, Ross montre qu'il suffit souvent de peu pour faire exploser l'équilibre d'un couple.
    Roman à la structure ambitieuse mais pas exempt de quelques longueurs préjudiciables, Mr Peanut rappelle si nécessaire que le bonheur conjugal est fragile et qu'il faut savoir rester attentif à l'autre, sous peine de se rendre compte trop tard combien on tenait à lui/elle.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2011/11/24/%C2%AB-Le-mariage-peut-il-..
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    • Livres 2.00/5
    Par spleen, le 12 mai 2012

    spleen
    Ce roman fait froid dans le dos, bien qu'il ne s'agisse pas d'un roman d'horreur .
    Non, simplement, la vie de couple racontée par Adam Ross laisse un goût amer.
    Voilà l'histoire de David et Alice Pepin, à l'origine du titre du roman, et ceux des deux policiers chargés de l'enquête sur la mort suspecte d'Alice dont est soupçonné son mari.
    Un des policiers est d'ailleurs Sam Sheppard , qui a vraiment existé et a défrayé les chroniques américaines dans les années cinquante et dont l'histoire est à l'origine du feuilleton "Le Fugitif" , qui décidément me poursuit ,il y a des hasards étonnants à travers nos lectures.
    Bref, l'analyse de la vie conjugale est vue du côté masculin principalement, la femme ayant une image peu flatteuse dans son ensemble , l'écrivain n'essaie pas de les rendre sympathiques, pas plus d'ailleurs que les maris ...
    L'incompréhension des êtres fait suite plus ou moins rapidement à la période de l'idylle et le mariage finit en drame ou en conflit .
    Et que dire de l'arrivée ou plutôt de l'annonce de l'enfant qui n'a pas non plus les faveurs de l'auteur.
    J'ai eu du mal à finir ce livre, les différentes versions de la vie conjugale des Pepin et les multiples hypothèses quant à la mort des deux femmes s'entrecroisent ,avec au milieu un petit personnage Möbius, pion diabolique semblant sorti de l'esprit tordu de David Pepin .
    Donc un livre que je n'ai pas franchement apprécié.
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    • Livres 1.00/5
    Par Vepug, le 11 août 2011

    Vepug
    Je dois admettre que j'ai eu beaucoup de mal à lire ce livre. le style ne m'a pas emporter plus que ça. Mais, j'ai surtout été désemparée par l'histoire, tantôt accrochante, tantôt laborieuse. J'ai plusieurs fois voulu arrêter ma lecture, mais du fait que j'avais eu ce livre grâce à un partenariat, je l'ai poursuivi jusqu'à la fin. Je n'ai pas tout saisi et je suis restée sur ma faim. Peut-être a-t-il aussi une centaine de pages de trop ?
    Ce roman met en scene trois couples, chacun d'eux traversant des crises conjugales. Chaque couple va tenter de surmonter la crise à sa manière. Trois solutions toutes aussi absurdes les unes que les autres sont exposées par l'auteur. Je n'ai absolument pas été convaincue par les solutions proposées par chacun des couples. Seul l'un d'entre eux réussira à recoller les morceaux et aura une nouvelle chance.
    Dans ce roman, des meurtres sont commis, des personnages meurent et nous ne savons pas vraiment qui sont les coupables. Les causes restent floues, les tueurs aussi.
    Cependant je dois admettre que l'auteur se lance dans deux disgressions très intéressantes mais qui n'ont pas forcément lieu d'être. L'une étant la description merveilleuse d'une île hawaïenne, la seconde une étude très rapide d'une partie du cinéma d'Alfred Hitchcock. Ces deux parties sont intéressantes et dénotent énormément avec le reste du roman.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par glow, le 22 mars 2012

    glow
    Adam Ross est un auteur américain et Mr Peanut est son premier roman ; il a été traduit dans plus de treize pays. Son second roman, Ladies and Gentlemen est sorti il y a quelques mois.
    David Pépin, homme marié et heureux… ou presque.
    Mr David Pépin vit avec sa femme depuis de longues années. Leur mariage se passe relativement bien, malgré le fait qu'Alice – sa femme – ait un caractère assez capricieux. Il l'aime énormément, infiniment, mais… depuis quelque temps il rêve qu'Alice meurt. Et se cauchemar lancinant qui vole la tranquillité de Mr Pépin va empirer quand Alice va vraiment mourir…
    C'est ainsi que deux enquêteurs sont mis sur l'affaire. Mr Pépin est-il vraiment le mari inconsolable qu'il parait être ou est-il le meurtrier de sa femme chérie ?
    Le mariage sous ses pires coutures
    Mr Peanut est en fait un très sombre tableau de la relation conjugale. le mariage sous ses pires aspects y est présenté. L'envie de tromper, de hurler, de cacher… le côté lugubre de l'homme (est de la femme) est ici à son apogée.
    L'incompréhension des hommes face au langage muet et subtil des femmes. le temps qui passe sur un couple les constants jeux de pouvoirs… Adam Ross nous dissèque méthodiquement le comportement et les motivations de chacun.
    Avouons que l'annonce d'une telle intrigue a de quoi allécher, d'autant que la psychologie de Mr Peanut et de sa femme Alice sont creusées jusqu'à l'extrême, mettant à nu pour nous lecteur, les recoins les plus obscurs de la psychologie de couple.
    L'idée de départ de ce roman est excellente ; mais son exploitation n'est malheureusement pas à la hauteur.
    Dans ce premier roman, ce sont trois couples très différents qui sont ici racontés, et cela dans une construction parfois déstabilisante et hasardeuse. Entre polar et roman psychologique le mélange des deux donne un récit assez flou au final. On pressent où veut nous emmener Adam Ross sans jamais voir notre destination finale, c'est bien dommage. Car on s'attache beaucoup au couple Pépin tout au long de ce très long roman (plus de 500 pages) on traverse avec eux leur désarroi, leurs joies et leurs terribles peines (bien plus nombreuses). Mais la transition entre les différentes « scènes » fait perdre le fil conducteur de l'intrigue.
    Enfin, autre point noir, certains personnages sont très peu crédibles : et dans leur psychologie et dans leur histoire passée. Et leurs réactions dans l'histoire présente sont encore plus étranges…
    C'est donc un roman en demi-teinte qui nous est ici livré. A la fois très bien ficelé pour son côté intriguant, haletant mais terriblement décevant dans sa mise en forme. Donner un avis clairement positif ou négatif n'es pas possible sur Mr Peanut, car on ne peut s'empêcher d'avoir de l'émotion en lisant les pages de ce premier roman. Émotions qui sont malheureusement emberlificotées dans une intrigue triple parfois peu claire. Un roman qui aurait pu être une franche réussite, dommage.

    Lien : http://glowmoonlight.unblog.fr
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Critiques presse (3)


  • Actualitte , le 08 février 2012
    Un roman qui montre comment une petite cacahuète peut incarner le dépassement de la fiction par la réalité, à consommer d'urgence avec ou sans anti-allergène.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Telerama , le 16 novembre 2011
    Derrière ce premier roman plein de fantaisie, se cache une œuvre profonde sur les blessures minuscules qui mènent au naufrage, voire au crime.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LesEchos , le 20 septembre 2011
    Un « page turner », comme on dit outre-Atlantique, ironique et sophistiqué. Suspense, humour noir, mise en abyme de la vie conjugale : Hitchcock rencontre Bergman... le lecteur entraîné dans un labyrinthe de glaces, où apparaît parfois sa propre image déformée, ne sait plus à quel saint se vouer.
    Lire la critique sur le site : LesEchos

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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    Un meurtre ramène l’individu à l’essentiel, estimait Hastroll. Il réduit sa personnalité à ses désirs les plus élémentaires.
    Les femmes par exemple tuent presque toujours leurs maris pour se défendre. C’est un fait avéré. Il y a des exceptions bien sûr, mais neuf fois sur dix, quand une femme a abattu, empoisonné ou poignardé son mari, vous avez affaire à un homme qui, d’une façon ou d’une autre, l’a mérité. »
    Les hommes, eux, tuent en général leur épouse pour l’une des quatre raisons suivantes : l’argent, le sexe, la vengeance ou la liberté. Les trois premières ne nécessitent aucune explication, elles sont si courantes qu’elles constituent une sorte de check-list lorsqu’un inspecteur découvre une femme mariée tuée dans son appartement. (…)
    Mais la liberté, en revanche, est un motif d’assassinat à la fois très peu commun et particulièrement complexe, même si presque tous les hommes mariés peuvent le comprendre. Et, bien qu’on puisse soutenir qu’à certains égards la liberté sous-tend les trois motifs précédents, qu’elle en est le dénominateur commun, Hastroll savait d’expérience que tuer pour la liberté en tant que liberté représentait tout à fait autre chose.
    Les hommes rêvent de nouveaux départs. Pas nécessairement avec une autre femme d’ailleurs. Ils rêvent de recommencer à zéro, de disparaître, de descendre de l’avion lors d’une escale et de se construire une nouvelle vie dans une nouvelle ville. Ils rêvent d’un appartement rien qu’à eux, de silence, de s’engager dans les commandos Delta et d’aller combattre en Irak, de se présenter sous le surnom qu’ils avaient toujours voulu qu’on leur donne. Ils rêvent d’un endroit et d’une époque où ils pourraient utiliser tout ce qu’ils avaient appris et qu’ils ignoraient avant – avant leur mariage, s’entend. Alors ils pourraient être heureux.
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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    David passa par le vestiaire des hommes, un lieu, se dit-il, que seul Dante aurait pu imaginer. Ce n’était pas le côté fétide ou souillé. En réalité, l’endroit était même tout à fait propre et bien éclairé, les serviettes récemment lavées aussi chaudes que du pain frais, et près des lavabos, les peignes trempant dans de l’eau de Cologne Clubman. Mais il y avait des monstres ici, appartenant à l’espèce humaine, des hommes constitués de cubes et de sphères attachés les uns aux autres qui paraissaient tous obligés de déambuler nus, parfaitement inconscients, semblait-il, de leurs difformités, aussi spontanés que des enfants. Dégoulinants de sueur au sortir du sauna ou du hammam, la peau rouge comme des homards bouillis, ils s’interpellaient les uns les autres aussi simplement qu’ils se croisaient dans la rue.
    - Leland, fit l’un d’eux. Alors, comment vas-tu ?
    - Slim, alors, qu’est-ce que tu deviens ?
    Je ne regarde pas ton pénis, tel était le sous-titre de ces échanges, imagina David, suivi de Je ne regarde pas ton pénis, moi non plus. Mais il regardait, lui. C’était une véritable fascination, exactement ce à quoi pensait Virgile avec son petit voyage dans les enfers : face à un choix si vaste, une si grande variété de formes et de tailles, vous ne pouviez faire autrement que regarder. Des pénis d’éléphant, des queues de cheval, des bites de chien, des shlongs juifs et des chibres d’âne. Des pénis avec une seule burne visible, une seule burne, ou pas de burne du tout. Des micros sur des géants, des macros sur des avortons, et vice versa. Des pénis de Noirs, le gland aussi rose qu’une langue de chien, les tailles confirmant ou infirmant tous les stéréotypes, des pénis orientaux confirmant ou infirmant la même chose. Des pénis circoncis, le prépuce aussi tendu qu’un lifting, si peu souples alors qu’ils pendaient flacides, qu’on imaginait toute érection douloureuse. Même des pénis avec piercing – des Prince Albert -, l’anneau enfoncé dans le méat ressortant par l’urètre comme aux narines d’un bœuf. Un panoptique de pénis, un champ de phallus, et en présence de tant de bites, sa seule pensée fut qu’aucune loi ne semblait gouverner l’univers – pas de bienfaits garantis pour les bons, ou des châtiments pour les méchants, aucune équité dans ce que Dieu donnait ou reprenait, excepté le fait indéniable de la corporalité, et par conséquent, de votre propre mort.
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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    Un meurtre ramène l’individu à l’essentiel, estimait Hastroll. Il réduit sa personnalité à ses désirs les plus élémentaires.
    Les femmes par exemple tuent presque toujours leurs maris pour se défendre. C’est un fait avéré. Il y a des exceptions bien sûr, mais neuf fois sur dix, quand une femme a abattu, empoisonné ou poignardé son mari, vous avez affaire à un homme qui, d’une façon ou d’une autre, l’a mérité. »
    Les hommes, eux, tuent en général leur épouse pour l’une des quatre raisons suivantes : l’argent, le sexe, la vengeance ou la liberté. Les trois premières ne nécessitent aucune explication, elles sont si courantes qu’elles constituent une sorte de check-list lorsqu’un inspecteur découvre une femme mariée tuée dans son appartement. (…)
    Mais la liberté, en revanche, est un motif d’assassinat à la fois très peu commun et particulièrement complexe, même si presque tous les hommes mariés peuvent le comprendre. Et, bien qu’on puisse soutenir qu’à certains égards la liberté sous-tend les trois motifs précédents, qu’elle en est le dénominateur commun, Hastroll savait d’expérience que tuer pour la liberté en tant que liberté représentait tout à fait autre chose.
    Les hommes rêvent de nouveaux départs. Pas nécessairement avec une autre femme d’ailleurs. Ils rêvent de recommencer à zéro, de disparaître, de descendre de l’avion lors d’une escale et de se construire une nouvelle vie dans une nouvelle ville. Ils rêvent d’un appartement rien qu’à eux, de silence, de s’engager dans les commandos Delta et d’aller combattre en Irak, de se présenter sous le surnom qu’ils avaient toujours voulu qu’on leur donne. Ils rêvent d’un endroit et d’une époque où ils pourraient utiliser tout ce qu’ils avaient appris et qu’ils ignoraient avant – avant leur mariage, s’entend. Alors ils pourraient être heureux.
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  • Par Eipoca, le 13 juillet 2011

    Une fois qu'ils sont dans leur avion, ils le voient comme une rupture dans la séquence de leur vie, des sortes de limbes ou de refuge sûr. Mais la vie voyage avec nous. Vous le savez bien. Il y a des divorces en avion. Des gens se fiancent en latitude. Des enfants sont conçu là-haut. Des enfants naissent là-haut aussi, en bonne santé. Et des gens meurent, d'infarctus, d'attaques cérébrales, de ruptures d'anévrismes... Ils boivent un verre et sombrent dan un sommeil éternel. Certains s'étouffent en mangeant. Ils sont sauvés. Des gens tombent amoureux. Des livre sont finis, qu'ils soient lus ou écrits. De grandes découvertes et des percées scientifiques sont faites. Et malgré tout cela, les gens considèrent le voyage, le mouvement, comme un moment de répit dans leur vie. Mais ils se trompent. Le mouvement n'a rien d'un répit. Il n'existe pas de répit. Le mouvement est notre état permanent.
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  • Par PerdreUnePlume, le 21 juin 2011

    C'est çà le truc, la beauté élémentaire de l'anonymat en ligne. On peut dire ce qu'on veut à qui on veut. Être quelqu'un d'autre ou soi-même. C'est la forme ultime de la franchise.
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