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> Pierre Barillet (Autre)
> Patrice Pavis (Autre)

ISBN : 2253005673
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 4.37/5 (sur 1489 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le nez de Cyrano s'est mis en travers de son coeur. La belle Roxane aime ailleurs, en l'espèce un cadet sans esprit mais de belle apparence, Christian de Neuvillette.
La pièce de Rostand met en scène la tragique complicité entre deux moitiés d'homme, et s'achève ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 24 octobre 2013

    Nastasia-B
    Ah ! Cyrano ! Cyrano ! Je défaille à ton nom, à ta seule évocation, noble Sire, anneau de mes épousailles avec la lyre, avec la fougue, avec l'immatériel. Fasse que jamais ne meure le soucis de la rime en tes accents sublimes ni choir la fière petite plume qui vient couvrir ton chef de son panache blanc...
    Il y a quelque chose d'une époque révolue, quelque chose comme on n'en fait plus. Même pour l'époque de Rostand, un je-ne sais-quoi, un parfum 1600, un mélange de Cervantès et de Shakespeare, un mélange de sveltesse et d'élixir.
    Des mots qui répugnent à dire leur âge tant ils sont éternels, on les croirait tombés, au hasard, d'un manuscrit perdu, d'une poche oubliée de Beaumarchais ou de je ne sais quel autre de ses devanciers ou de je ne sais quelle muse des temps du beau français.
    Et l'on a beau marcher, par avant, par après, rien de comparable ne s'est jamais rejoué.
    Cyrano de Bergerac est l'ultime avatar de ces temps où le français était un art, ou dentelle ou brodé, piqué, surpiqué un fil d'or de douze pieds ; un art qu'on plaçait comme un étendard pour dire : " Vous voyez, je suis Français, jugez comme ça sonne, oyez comme ça claironne ce qui sort de mon gosier ! " Et des quatre coins de la Terre on accourait pour l'écouter.
    Pas comme désormais où l'on ne jure que par l'anglais, le chinois, l'arabe, le russe ou le javanais.
    " Vous parlez français ? Qu'est-ce que ce dialecte malsonnant difficile à apprendre ? Do you speak english ? No, really ? I'm sorry ! Next, please. "
    Ah ! le français d'Edmond Rostand, aaaaahhh !, bon sang !, ça vous fait frétiller les coronaires, ça vous fait chanter les artères, ça vous fait swinguer les ulcères !
    Que pouvons-nous dire ici-bas de cette pièce culte ?
    Drôle à crever, triste à périr ; c'est un saut, c'est un vol, c'est un jet,
    Que dis-je, c'est un jet, c'est une catapulte !
    Bon allez, rien que pour le plaisir de la redite,
    C'est un top, c'est un hit, c'est un feu,
    Que dis-je, c'est un feu, c'est une dynamite !
    N'aurait-il fait que cela, l'ami Rostand, qu'il pouvait s'arrêter là, une légende était assurée.
    J'évoquais plus haut Cervantès et Shakespeare et je souhaite m'en expliquer.
    Indéniablement, il y a du Don Quichotte dans Cyrano, une chevalerie d'un autre temps, batailleur pour un rien et surtout si c'est inutile, pour les motifs les plus anodins qui égratignent ou qui heurtent son sens de l'honneur qu'on sait assez sensible à la moindre stimulation.
    Le personnage ou le nom même de Don Quichotte est mentionné dans la pièce. (Acte I, Scène 7, Cyrano : J'ai dix cœurs ; j'ai vingt bras ; il ne peut me suffire de pourfendre des nains... Il me faut des géants ! et Acte II, Scène 7, de Guiche : Avez-vous lu Don Quichot ? Cyrano : Je l'ai lu.)
    Il y a également dans son amour illimité, irréfléchi pour Roxane une bonne dose de celui de l'hidalgo pour sa Dulcinée du Toboso. Mais au lieu de le rendre grotesque comme son illustre père littéraire, Rostand le rend touchant, pathétique, mélancolique et ajoute au comique le tragique tel que sut le faire Lope de Vega, éveillant en nous un fort élan de compassion et de commisération.
    Il y a aussi indubitablement des accents shakespeariens tels que la fameuse scène du balcon de l'acte III, qui évoque sans ambages Roméo et Juliette.
    Bon, il va sans dire également que l'auteur emprunte probablement beaucoup, pour son Cyrano, au D'Artagnan d'Alexandre Dumas, pour forger un côté un peu plus pittoresque, mais aussi, peut-être, pour réactiver cette image de mousquetaire vaillant, très présente dans l'imaginaire d'alors. D'ailleurs, Dumas lui aussi comparait son héros à Don Quichotte.
    Pourtant, on ne peut pas dire qu'Edmond Rostand n'emprunte également beaucoup aux textes mêmes du véritable Cyrano de Bergerac, je pense notamment à sa pièce le Pédant Joué, auquel on doit l'inspiration du nez (excusez-moi, c'était facile) qui précède en tous lieux d'un quart d'heure son propriétaire.
    Rostand intitule sa pièce "comédie héroïque", j'écrirais plus volontiers tragi-comédie car constamment, derrière des bribes de comique, il y a de la douleur, du tragique, des souffrances pudiquement retenues qui évoquent en nous, lecteur ou spectateur, des larmes qui n'ont rien d'un rire. (On se souvient à ce propos que Pierre Corneille trouvait le terme tragi-comédie désuet et qu'il lui préféra, pour désigner ses propres tragi-comédies, une appellation de sa création, à savoir la comédie héroïque. Tout s'explique donc, sauf qu'à cette appellation, je trouve trop peu de résonance en moi ou de fallacieuses tandis que tragi-comédie, n'importe qui perçoit de quoi il s'agit.)
    Cette pièce, vous le savez tous est une histoire d'amour, enrobée dans beaucoup d'autres choses, mais une histoire d'amour.
    L'amour d'un homme qui porte une plaie béante, énorme, en plein milieu de la figure, comme un pied de nez à ses autres talents, immenses, mais qui lui interdit d'accéder à la félicité, être aimé par celle qu'il voudrait.
    Cyrano est vibrant, touchant, de loyauté envers celui qui lui prête sa belle figure pour approcher sa belle cousine. le sens de l'honneur mis au plus haut degré, plus haut que tout, certains diraient, jusqu'à la bêtise, d'autres pensent que non, que c'est ça la grandeur, même si elle est terrifiante...
    J'en ai assez dit, je pense, sur celle, cette œuvre, que tout le monde connaît et que chacun adore ou chérit, à sa façon, en un coin de son cœur.
    Non, encore un mot cependant. Ce Cyrano, si laid dehors, si beau dedans, touche à l'inconscient collectif, à la perception que l'on a communément de nous-même, cette impression, lorsque l'on aime, que si l'autre nous connaissait du dedans, il y verrait nos trésors qui palpitent, mais que malheureusement, notre enveloppe charnelle occulte.
    Peut-être est-ce là, le vrai secret de Cyrano, de matérialiser, d'être le symbole de cette incompréhension du monde à notre charme et à notre beauté, qui sait ?
    Il est des œuvres nobles et par delà les modes et par delà les siècles, Cyrano de Bergerac, assurément figure parmi celles-là.
    Plus rien, à présent, laissez-vous faire et venez croiser le fer avec ce héros au long nez rehaussé d'un plumet qu'on appelle...
    ... SON PANACHE.
    Ah oui, j'oubliais... ceci n'est que mon avis, un amuse-bouche au moins aussi maigre que ceux qui remplissent l'estomac du héros de ce livre, autant dire, pas grand-chose, face à l'immensité, face à l'œuvre, qui elle est consistante, qui elle nourrit pour des jours, pour des nuits, pour des décennies, ceux qui s'en repaissent goulûment et qui ont bien raison...
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    • Livres 5.00/5
    Par Laurence64, le 30 octobre 2012

    Laurence64
    Sur une île déserte avec moi Cyrano
    Saurait me rappeler que les mots furent beaux
    Avant les SMS qu'on appelle texto
    Et la médiocrité érigée en credo.
    Oui, lire Cyrano c'est refuser le pot
    De soupe moulinée pour deux milliards de sots
    Qu'on nous prie d'avaler sans piper un seul mot.
    C'est rêver, s'échapper et encore rêver
    C'est tenir l'idéal, jamais l'abandonner
    C'est courir dans les cieux, tempêter, exiger
    Toujours mieux, toujours plus; croire et espérer.
    C'est créditer l'esprit de qui semble si laid.
    C'est de l'envol des mots être persuadé.
    C'est abattre en douceur l'homme infatué
    Dégonfler les baudruches, percer les vanités.
    C'est aimer bien ou mal mais aimer sans compter
    Tendre un fil entre deux fait de phrases celées.
    C'est s'enchanter d'un trait, jouir d'un quolibet
    Servi avec panache et quelqu'hilarité
    C'est le rustre puissant qui se fait brocarder
    C'est l'homme-éléphant qui va se faire aimer.
    Cyrano c'est cela et aussi davantage.
    C'est tellement pour moi bien qu'avancée en âge;
    Comme à l'adolescence j'admire sans partage
    Et je sers cet hommage proche du bredouillage.
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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 19 décembre 2012

    litolff
    Cyrano aime Roxane qui aime Christian qui aime Roxane : il y en a un de trop… oui mais à Cyrano il manque la beauté, à Christian il manque l'esprit : qu'à cela ne tienne, à eux deux ils ne formeront qu'un pour séduire et se faire aimer de Roxanne, Roxanne pour qui amour rime avec esprit et beauté.
    Le panache, la grandeur, le désintéressement, la générosité, autant de vertus magnifiquement célébrées par les parfaits alexandrins de Rostand ; la quintessence de la comédie et de la tragédie réunies en un texte sublime et extraordinairement indémodable, capable de tirer autant de rires que de larmes, aux enfants comme à leurs grands-parents
    Et je cite un adolescent sortant du Théâtre où il était allé voir la pièce « ouais, ça déchire grave cette pièce : Cyrano, il a un texte trop cool ! »
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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 04 novembre 2012

    peloignon
    Si certains artistes exceptionnels s'imposent universellement en fonction des horizons nouveaux qu'ils ont su ouvrir aux yeux éblouis de leurs contemporains (les éblouissant parfois au point de rendre la majorité aveugle à leur art), la plupart d'entre eux, bien plus modestes, travaillent à construire leurs œuvres au sein d'horizons préétablis par quelque prédécesseurs aux génies plus hardis. La qualité du travail de ces derniers ne doit donc pas être évaluée en terme d'originalité mais plutôt en fonction de leur capacité à atteindre les plus hauts sommets de la perfection au sein de ces horizons préétablis.
    À mon sens, Rostand est un géant au sein de ce deuxième type d'artistes. Si il n'invente rien, il arrive à une synthèse parfaite entre les Théâtres tragique et comique. Son Cyrano peut, en effet, être apprécié uniquement en tant que comédie d'une grande finesse sans décevoir aucun amateur du genre, comme il peut également être apprécié exclusivement en tant que tragédie avec autant de succès. En cours de lecture, la constitution de notre jugement, taillé au burin de l'histoire de l'Art, se voit ainsi ballotté du comique au tragique, puis du tragique au comique, jusqu'à atteindre la position de synthèse dialectique propre à la pièce de manière rétrospective.
    Rostand s'impose de plus le lourd carcan de l'alexandrin rimé avec une telle maîtrise que, loin d'en faire sentir le poids à son lecteur, il l'entraîne plutôt à une sensation de légèreté et de vivacité qui accentue aussi bien la noblesse des sentiments que la finesse comique du récit.
    Tout cela constitue déjà un véritable exploit littéraire que Rostand a voulu dédier à l'âme de Cyrano et c'est effectivement ce qu'il fait. Car Cyrano a existé comme personnage historique avant de devenir personnage de Théâtre. Ce Cyrano réel avait effectivement un grand nez (il en existe toujours quelques portraits) et aimait s'en moquer tout en se montrant très susceptible à ce sujet, il a écrit quelques récits de voyages imaginaires, des lettres, des poèmes et une pièce de Théâtre.
    Dans son Voyage sur la lune, tous les lunaires ont d'ailleurs le nez long, et Cyrano s'en fait ainsi expliquer la raison par l'un deux :
    « Maintenant, afin que vous sachiez pourquoi en ce pays tout le monde a le nez grand, apprenez qu'aussitôt que la femme est accouchée, la matrone porte l'enfant au Prieur du Séminaire; et justement au bout de l'an les experts étant assemblés, si son nez est trouvé plus court qu'à une certaine mesure que tient le Syndic, il est censé camus, et mis entre les mains des gens qui le châtrent. Vous me demanderez la cause de cette barbarie, et comme il se peut faire que nous chez qui la virginité est un crime, établissons des continences par force? Mais sachez que nous le faisons après avoir observé depuis trente siècles qu'un grand nez est le signe d'un homme spirituel, courtois, affable, généreux, libéral, et que le petit est un signe du contraire. » (Voyage sur la lune, 119)
    En échos, Rostand écrira :
    « Énorme, mon nez!
    Vil camus, sot camard, tête plate, apprenez
    Que je m'enorgueillis d'un pareil appendice,
    Attendu qu'un grand nez est proprement l'indice
    D'un homme affable, bon, courtois, spirituel,
    Libéral, courageux, tel que je suis, et tel
    Qu'il vous est interdit à jamais de vous croire,
    Déplorable maraud! »(42-42)
    Le vrai Cyrano, comme le raconte Rostand, avait aussi un fort penchant pour la philosophie et goûtait particulièrement Gassendi (119, 135) dont il a souvent glissé des opinions dans la bouche de ses personnages. Ses récits de voyages sur la lune et le soleil ont quelque chose de parfaitement ridicules au premier abord, mais contiennent tellement de formules ingénieuses et amusantes, tellement d'inventions mécaniques et de réflexions philosophiques que même le plus récalcitrant à cette lecture se laissera gagner et pourrait finir par dire, comme de Guiche devant la porte de Roxanne :

    « Mes compliment, monsieur l'inventeur des machines :
    Votre récit eut fait s'arrêter au portail
    Du paradis, un saint! Notez-en le détail,
    Car vraiment cela peut resservir dans un livre! »(160)
    Les talents d'écriture du vrai Cyrano de Bergerac sont si indéniables que le grand Molière lui-même été lui plagier certains passages, dont la fameuse phrase « Que diable allait-il faire dans cette galère? » des Fourberies de Scapin que Cyrano avait d'abord écrite dans le Pédant Joué. Plagiat auquel Rostand ne manquera évidemment pas d'y faire allusion dans son hommage.
    Le Cyrano historique, comme Rostand le raconte (227), est aussi bel et bien mort des suites d'une pièce de bois qui lui est tombé sur la tête, et l'on ne sait effectivement pas si l'incident s'est produit de manière accidentelle ou non, il aurait aussi tenu tête à cent hommes à la porte de Nesle (29) et montré une grande liberté d'esprit avec beaucoup de constance dans son œuvre par rapport aux vérités religieuses.(232)
    Bref, l'hommage à l'âme de Cyrano que fait Rostand se trouve aussi bien dans la forme tragi-comique pleine d'ingéniosité verbale que dans le fond historique de ce chef d'œuvre qui est vraiment à lire et relire, voir et revoir, ouïr et entendre!
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    • Livres 5.00/5
    Par Luniver, le 12 avril 2013

    Luniver
    Une représentation de Théâtre est sur le point de démarrer à l'hôtel de Bourgogne. Les spectateurs affluent, mais pas seulement pour la pièce elle-même : un acteur se produit alors que Cyrano de Bergerac le lui a formellement interdit. Osera-t-il interrompre la représentation comme il l'a dit ?
    Et oui, il osera ! Car Cyrano est un personnage entier, qui refuse les compromis, qui agit sans se soucier des conséquences de ses actes et des inimitiés qui en résulteront. Ajoutons à cela un esprit vif et une langue agile qui s'allie pour mettre en pièce les adversaires, et on obtient un héros presque parfait. Mais presque seulement, puisque son long nez le défigure et le complexe horriblement.
    Cyrano aime en secret sa cousine Roxane, qui elle est amoureuse de Christian. Mais ce dernier n'a pas grand chose dans la cervelle. Qu'à cela ne tienne ! Cyrano se sacrifiera, lui écrira ses poèmes et ses déclarations, lui soufflera les répliques qui lui feront gagner le cœur de sa belle.
    Cyrano de Bergerac est une pièce magistrale, à mi-chemin entre comédie et tragédie. On peut qu'aimer ce personnage plein de panache, et qui va jusqu'au bout de ses idées. Les tirades sont admirables et restent gravées dans la mémoire (j'ai dû apprendre le tirade du nez il y a presque dix ans, j'ai été ravi de constater que je n'en avais pas perdu grand chose).
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Citations et extraits

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  • Par petitours, le 25 janvier 2010

    Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
    On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme.
    En variant le ton,-par exemple, tenez:
    Agressif: " Moi, Monsieur, si j'avais un tel nez, Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse ! "
    Amical: " Mais il doit tremper dans votre tasse ! Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap! "
    Descriptif: " C'est un roc ! . .. c'est un pic ! . . . c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ?. .. C'est une péninsule ! "
    Curieux: " De quoi sert cette oblongue capsule ? D'écritoire, Monsieur, ou de boite à ciseaux ? "
    Gracieux: " Aimez-vous à ce point les oiseaux Que paternellement vous vous préoccupâtes De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? "
    Truculent: " Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez, La vapeur du tabac vous sort-elle du nez Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? "
    Prévenant: " Gardez-vous, votre tête entrainée Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! "
    Tendre: " Faites-lui faire un petit parasol De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! "
    Pédant: " L'animal seul, Monsieur, qu'Aristophane Appelle Hippocampelephantocamelos Dût avoir sous le front tant de chair sur tant d'os !” Cavalier: " Quoi, I'ami, ce croc est à la mode ? Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode! " ,
    Emphatique: " Aucun vent ne peut, nez magistral, T'enrhumer tout entier, excepté le mistral ! "
    Dramatique: " C'est la Mer Rouge quand il saigne ! " Admiratif: " Pour un parfumeur, quelle enseigne ! " Lyrique: " Est-ce une conque, êtes-vous un triton ?"
    Naïf: " Ce monument, quand le visite-t-on ? "
    Respectueux: " Souffrez, Monsieur, qu'on vous salue, C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue! "
    Campagnard: " He, arde ! C'est-y un nez ? Nanain ! C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! "
    Militaire: " Pointez contre cavalerie ! "
    Pratique: " Voulez-vous le mettre en loterie ? Assurément, Monsieur, ce sera le gros lot! "
    Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot: " Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
    A détruit l'harmonie! Il en rougit, le traître! "
    - Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
    Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit:
    Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
    Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
    Vous n'avez que les trois qui forment le mot: sot!
    Eussiez-vous eu, d'ailleurs, I'invention qu'il faut
    Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
    Me servir toutes ces folles plaisanteries,
    Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
    De la moitié du commencement d'une, car
    Je me les sers moi-même, avec assez de verve
    Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve
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  • Par Malaura, le 09 décembre 2012

    Mais… chanter
    Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
    Avoir l’œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
    Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
    Pour un oui, pour un non, se battre, — ou faire un vers
    Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
    A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
    N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
    Et modeste, d’ailleurs, se dire : « Mon petit,
    Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles
    Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles ! »
    Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
    Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
    Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
    Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
    Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
    Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul…
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  • Par Luniver, le 06 avril 2013

    CYRANO
    Je crois qu'elle regarde...
    Qu'elle ose regarder mon nez, cette Camarde !

    Il lève son épée.

    Que dites-vous ? ... C'est inutile ? ... Je le sais !
    Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
    Non ! non ! c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
    – Qu'est-ce que c'est que tous ceux-là ? – Vous êtes mille ?
    Ah, je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
    Le Mensonge ?

    Il frappe de son épée dans le vide

    Tiens, tiens ! – Ha ! ha ! les Compromis,
    Les Préjugés, les Lâchetés ! ...

    Il frappe.

    Que je pactise ?
    Jamais, jamais ! – Ah ! te voilà, toi, la Sottise !
    – Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;
    N'importe : je me bats ! je me bats ! je me bats !

    Il fait des moulinets immenses et s'arrête haletant.

    Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose !
    Arrachez ! Il y a malgré tout quelque chose
    Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,
    Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
    Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
    J'emporte malgré vous,

    Il s'élance l'épée haute

    et c'est...

    L'épée s'échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau.

    ROXANE, se penchant sur lui et lui baisant le front.
    C'est ? ...

    CYRANO, rouvre les yeux, la reconnaît et dit en souriant.
    Mon panache.

    RIDEAU
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  • Par Margotmatou, le 01 janvier 2013

    Le Bret : Eh ! mon Dieu, quelle est donc cette femme ?
    Cyrano : Un danger
    Mortel sans le vouloir, exquis sans y songer,
    Un piège de nature, une rose muscade
    Dans laquelle l'amour se tient en embuscade !
    Qui connaît son sourire a connu le parfait.
    Elle fait de la grâce avec rien, elle fait
    Tenir tout le divin dans un geste quelconque
    Et tu ne saurais pas, Vénus, monter en conque,
    Ni toi, Diane, marcher dans les grands bois fleuris,
    Comme elle monte en chaise et marche dans Paris !...
    Le Bret : Sapristi ! je comprends. C'est clair !
    Cyrano : C'est diaphane.
    Le Bret : Magdeleine Robin, ta cousine ?
    Cyrano : Oui, -Roxane.
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  • Par Nastasia-B, le 23 octobre 2013

    CYRANO : Et que faudrait-il faire ?
    Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
    Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
    Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,
    Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
    Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,
    Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
    Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,
    Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
    Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?
    Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
    Qui plus vite, à l’endroit des genoux, devient sale ?
    Exécuter des tours de souplesse dorsale ?…
    Non, merci. D’une main flatter la chèvre au cou
    Cependant que, de l’autre, on arrose le chou,
    Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
    Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
    Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
    Devenir un petit grand homme dans un rond,
    Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
    Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
    Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
    Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
    S’aller faire nommer pape par les conciles
    Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
    Non, merci ! Travailler à se construire un nom
    Sur un sonnet, au lieu d’en faire d’autres ? Non,
    Merci ! Ne découvrir du talent qu’aux mazettes ?
    Être terrorisé par de vagues gazettes,
    Et se dire sans cesse : « Oh, pourvu que je sois
    Dans les petits papiers du Mercure François ? »…
    Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
    Préférer faire une visite qu’un poème,
    Rédiger des placets, se faire présenter ?
    Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais… chanter,
    Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
    Avoir l’œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
    Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
    Pour un oui, pour un non, se battre, — ou faire un vers !
    Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
    À tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
    N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
    Et modeste d’ailleurs, se dire : mon petit,
    Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
    Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
    Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
    Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
    Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
    Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
    Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
    Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

    Acte II, Scène 8.
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