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> Pierre Barillet (Autre)
> Patrice Pavis (Autre)

ISBN : 2253005673
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 4.39/5 (sur 360 notes) Ajouter à mes livres
Le nez de Cyrano s'est mis en travers de son coeur. La belle Roxane aime ailleurs, en l'espèce un cadet sans esprit mais de belle apparence, Christian de Neuvillette.
La pièce de Rostand met en scène la tragique complicité entre deux moitiés d'homme, et s'achèv... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par paulotlet, le 22 janvier 2012

    paulotlet
    C'est grâce à la pièce de Rostand que j'ai pu faire l'expérience de l'universalité de certaines oeuvres pour la première fois. J'avais perdu mon travail et avais répondu à une petite annonce; une école professionnelle de Bruxelles cherchait d'urgence un professeur de français intérimaire. Bien qu'historien et absolument sans expérience en matière d'enseignement, on m'avait accueilli à bras ouverts et le lendemain je commençais à enseigner la langue de Voltaire à des élèves de professionnelle qui avaient échoué au CEB, notre certificat d'étude. Les enfants étaient tous issus de l'immigration; Marocains et Turcs pour la plupart. C'était l'enfer. Aucun n'avait de cahier, ils saccageaient tout et avaient même fini par forcer la porte d'une armoire remplie de fournitures et à en jeter le contenu par la fenêtre du troisième.
    J'ai craqué. le lendemain je devais passer trois heures de suite avec eux. J'ai attrapé la première cassette vidéo que j'ai trouvée dans mon salon et leur ai passé Cyrano. Je n'y croyais pas trop, mais peut être qu'ils préfèreraient regarder un film plutôt que de chahuter.
    Au bout de trois minutes de projection, j'ai compris qu'il se passait quelque chose. Non seulement, on n'entendait pas une mouche voler mais en plus, mes élèves semblaient passionnés par le film. Là où j'ai vraiment été déconcerté, c'est lorsque la cloche a sonné pour indiquer la récréation et qu'ils m'ont dit préférer voir la suite.
    A la séance suivante, j'ai demandé s'ils avaient aimé le film et l'un d'entre eux a pris la parole: "c'est super parce que c'est un Gascon dont on se moque parce qu'il n'est pas d'ici. Mais il est fort et il met une sacrée raclée à ceux qui se fichent de lui" et une fille a ajouté; "il croit qu'il n'est pas beau et qu'aucune fille ne l'aimera et il ne voit pas que Roxane aurait pu se marier avec lui". Cyrano parlait vraiment à ces jeunes qui y avaient lu l'histoire d'un immigré qui peine à se faire respecter et une histoire d'amour universelle. Bref, il ne faut pas enlever les grands classiques du programme.
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  • Par mksabir, le 18 octobre 2010

    mksabir
    Il faut deux livres pour apprendre à bien parler : le premier c'est la Rhétorique d'Aristote et le second, Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand.
    Cyrano fait partie de ces personnages qui domine la littérature de part leur stature ; il côtoie à ce titre un Hamlet, un Achab ou encore un Julien Sorel.
    Cyrano fait partie de ces hommes, pour paraphraser Marc-Antoine dans le Jules César de Shakespeare, devant la tombe de laquelle la nature elle-même se dresse pour crier : il fut un homme !
    Enfin, Cyrano fait partie de ces œuvres qui éclipsent leurs auteurs, au même titre que le Frankenstein de Mary Shelley ou le Moby-Dick de Melville.
    Le mot « théâtre » vient du grec qui veut dire voir. Et s'il y a bien une pièce qu'il faut voir plutôt que de lire, c'est bien celle-ci. Cyrano n'est pas un personnage en papier. Il est fait de chair et de sang. Il est animé par la passion. Il est jaloux, colérique, tendre et fataliste.
    Il laisse à ce médiocre Jean Baptiste Poquelin la paternité de certains de ses dialogues. Laisse à Christian le soin d'être aimé de Roxane. Il laisse cette vie de médiocrité pour monter vers la lune opaline, y retrouver Socrate et Galilée.
    Tout est magnifique dans la pièce, et c'est assez rare pour le souligner. Pas une ligne est à retrancher, du début, quand il prend à partie Montfleury, jusqu'à la fin, quand il remercie Roxane d'avoir été cette robe qui a passé dans sa vie. Et tout mon sang se coagule en songeant qu'on puisse y changer une virgule.
    Cyrano est une fine lame et qui toujours à la fin de l'envoi, touche ! Mais en fait, c'est un poète, un romantique, égaré au pays des mousquetaires, tout comme Averroès était un grec égaré en pays musulman. Il ne recherche pas de protecteurs, comme tous ces laquais, de Virgile à Voltaire. Lui, concède à ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !
    Pièce en cinq actes écrit en 1897 par Rostand, qui abandonna le droit pour le théâtre, l'auteur, natif de Marseille, se démarque de la tradition réaliste de l'époque pour accoucher d'une radicale romance historique se déroulant au milieu du 17ème siècle. le véritable Cyrano a réellement existé, il était un écrivain français, libre-penseur comme on disait à l'époque, c'est-à-dire porté vers l'athéisme et a écrit entre autres une Histoire comique des États et Empires de la Lune à laquelle Rostand rend hommage quand il fait ‘tomber' Cyrano de la lune pour intercepter le comte de Guiche.
    Cyrano n'est pas une histoire d'amour. Ce n'est pas ‘amour' que d'aimer en secret ; et il est assez paradoxal, que cet homme, qui fait tout en public, qui n'existe que pour que les autres l'admirent, aime en secret, aime par le biais d'un autre. À croire qu'il avait plus honte de ses sentiments que de son nez… Cyrano n'aime pas Roxane. Cyrano n'aime pas la gloire. Il n'aime même pas son verbe ni même sa lame… Cyrano n'aime tout simplement pas ce monde. Il en aime juste ses images, mais il aspire à autre chose, à plus loin… à la lune.
    C'est lui qui est ‘responsable' de l'introduction du mot « panache » dans la langue anglaise. Et c'est justement ce qu'il emporte dans l'autre monde, « sans un pli et sans une tache'… son panache !
    Quand c'est aussi beau, ça en devient grand.
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    • Livres 5.00/5
    Par Marcelline, le 18 décembre 2011

    Marcelline
    Si, parfois, on ne sait pas expliquer pourquoi une oeuvre littéraire est passée à la postérité, il m'a suffi de relire Cyrano de Bergerac pour comprendre ce qui a fait de cette pièce en 5 actes un classique de la littérature française!
    Je l'avais déjà lu et même étudié, il y a longtemps, quand j'étais plus jeune, je l'ai vu jouer au théâtre et au cinéma; puis, à l'occasion du thème "classique" de mon club de lecture, j'ai par hasard pensé à relire ce texte: quel régal!
    L'histoire d'amour, le texte en alexandrins, les réparties tellement pleines d'esprit, l'évolution des personnages, l'attitude si émouvante de Cyrano...tout m'a plu.
    Si je n'ai pas les mots pour démontrer à quel point il s'agit d'un chef d'oeuvre (tant d'autres l'ont fait avant moi... et tellement mieux!), je ne peux que conseiller de lire, ou relire, ce texte pour passer un excellent moment!
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par nanougo44, le 09 juillet 2011

    nanougo44
    Ce livre reste, pour la grande romantique que je suis, une des plus belles déclaration d'amour de la littérature française !
    Elle est belle, il est laid mais loin d'être sot et doté d'une verve et d'un panache exceptionnels (que dis-je ! extraordinaires, peninsulaires)
    Il l'aime en cachette mais elle en aime un autre, très beau mais sot !
    Tel un marionnettiste, il va déclarer sa flamme à la belle Roxanne par l'intermédiaire de Christian, lui même fou amoureux d'elle mais incapable d'aligner deux mots !
    Roxanne tombe amoureuse de Christian au grand désespoir de Cyrano !
    La suite, c'est à vous de la découvrir en lisant cette merveille !
    Le fond est assez banal mais la forme en est tout autre en un français d'un autre temps ! Et tout en "Alexandrins", s'il vous plait !
    A lire et relire
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 16 septembre 2011

    colimasson
    Edmond Rostand décrivait le panache de la sorte :
    « le panache, n'est pas la grandeur mais quelque chose qui s'ajoute à la grandeur, et qui bouge au-dessus d'elle. C'est quelque chose de voltigeant, d'excessif - et d'un peu frisé [...], le panache c'est l'esprit de bravoure. [...] Plaisanter en face du danger c'est la suprême politesse, un délicat refus de se prendre au tragique ; le panache est alors la pudeur de l'héroïsme, comme un sourire par lequel on s'excuse d'être sublime [...] »
    Cette définition pourrait s'appliquer à Cyrano de bergerac, le personnage, mais aussi l'œuvre. Tous autour de Cyrano paraissent fades, attendant la venue d'un évènement qui les sortira de leur torpeur habituelle : et cet évènement, c'est Cyrano. Il débarque au milieu des foules et provoque une émeute, n'hésite pas à se battre en duel en même temps qu'il débite ses poèmes, il anime les dîners trop peu spirituels, mais sait aussi s'effacer, le temps d'une idylle menée au son de la voix avec Roxanne.
    Honnête avec lui-même du début à la fin, fidèle à ses idéaux de beauté et de pureté, Cyrano de bergerac se bat pour défendre une certaine idée de la poésie. Se nourrissant uniquement de mots et de belles phrases, il en oublie presque de vivre, et lorsque les autres mangent, boivent et aiment, lui se contente de déclamer ses poèmes, se faisant l'agréable accompagnateur de ses hôtes.
    Sur un ton qui s'apparente d'abord à celui de la comédie, Cyrano se bat, fanfaronne, part dans des envolées lyriques qui font de lui un homme admiré, mais ces fausses apparences de confiance et de joie s'envolent petit à petit pour nous faire découvrir l'image plus réaliste d'un homme abandonné à sa solitude et enfermé dans un rôle duquel il ne peut plus sortir. Peu à peu, le propos se fait plus mélancolique et se termine d'une façon dramatique qu'il aurait été difficile de prévoir au début de la pièce. Beau retournement de situation qui fait de Cyrano de bergerac une pièce beaucoup moins légère et folichonne qu'il n'y paraissait au début. le tout bercé par une musique des mots aussi agréable au sens qu'à la mélodie…

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-cyrano-de-bergerac-1897-d-ed..
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Citations et extraits

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  • Par petitours, le 25 janvier 2010

    Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
    On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme.
    En variant le ton,-par exemple, tenez:
    Agressif: " Moi, Monsieur, si j'avais un tel nez, Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse ! "
    Amical: " Mais il doit tremper dans votre tasse ! Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap! "
    Descriptif: " C'est un roc ! . .. c'est un pic ! . . . c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ?. .. C'est une péninsule ! "
    Curieux: " De quoi sert cette oblongue capsule ? D'écritoire, Monsieur, ou de boite à ciseaux ? "
    Gracieux: " Aimez-vous à ce point les oiseaux Que paternellement vous vous préoccupâtes De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? "
    Truculent: " Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez, La vapeur du tabac vous sort-elle du nez Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? "
    Prévenant: " Gardez-vous, votre tête entrainée Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! "
    Tendre: " Faites-lui faire un petit parasol De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! "
    Pédant: " L'animal seul, Monsieur, qu'Aristophane Appelle Hippocampelephantocamelos Dût avoir sous le front tant de chair sur tant d'os !” Cavalier: " Quoi, I'ami, ce croc est à la mode ? Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode! " ,
    Emphatique: " Aucun vent ne peut, nez magistral, T'enrhumer tout entier, excepté le mistral ! "
    Dramatique: " C'est la Mer Rouge quand il saigne ! " Admiratif: " Pour un parfumeur, quelle enseigne ! " Lyrique: " Est-ce une conque, êtes-vous un triton ?"
    Naïf: " Ce monument, quand le visite-t-on ? "
    Respectueux: " Souffrez, Monsieur, qu'on vous salue, C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue! "
    Campagnard: " He, arde ! C'est-y un nez ? Nanain ! C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! "
    Militaire: " Pointez contre cavalerie ! "
    Pratique: " Voulez-vous le mettre en loterie ? Assurément, Monsieur, ce sera le gros lot! "
    Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot: " Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
    A détruit l'harmonie! Il en rougit, le traître! "
    - Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
    Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit:
    Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
    Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
    Vous n'avez que les trois qui forment le mot: sot!
    Eussiez-vous eu, d'ailleurs, I'invention qu'il faut
    Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
    Me servir toutes ces folles plaisanteries,
    Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
    De la moitié du commencement d'une, car
    Je me les sers moi-même, avec assez de verve
    Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve
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  • Par latrace, le 07 novembre 2010

    Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances. Je ne m’attife pas ainsi qu’un freluquet, mais je suis plus soigné si je suis moins coquet; je ne sortirais pas avec, par négligence, un affront pas très bien lavé, la conscience jaune encor de sommeil dans le coin de son œil, un honneur chiffonné, des scrupules en deuil. Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise, empanaché d’indépendance et de franchise; ce n’est pas une taille avantageuse, c’est mon âme que je cambre ainsi qu’en un corset, et tout couvert d’exploits qu’en rubans je m’attache, retroussant mon esprit ainsi qu’une moustache, je dais, en traversant les groupes et les ronds, sonner les vérités comme des éperons.
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  • Par Pau, le 05 juin 2010

    CYRANO
    Mais pour le principe, et pour l'exemple aussi,
    Je trouve qu'il est bon d'exagérer ainsi.
    LE BRET
    Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire,
    La fortune et la gloire...
    CYRANO
    Et que faudrait-il faire ?
    Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
    Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
    Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
    Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ?
    Non, merci ! Dédier, comme tous ils le font,
    Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
    Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
    Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
    Non, merci ! Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ?
    Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
    Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ?
    Exécuter des tours de souplesse dorsale ?...
    Non, merci ! D'une main flatter la chèvre au cou
    Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
    Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
    Avoir son encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
    Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
    Devenir un petit grand homme dans un rond,
    Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
    Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
    Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
    Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
    S'aller faire nommer pape par les conciles
    Que dans des cabarets tiennent des imbéciles ?
    Non, merci ! Travailler à se construire un nom
    Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non,
    Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ?
    Être terrorisé par de vagues gazettes,
    Et se dire sans cesse : "Oh ! pourvu que je sois
    Dans les petits papiers du Mercure François" ?...
    Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
    Préférer faire une visite qu'un poème,
    Rédiger des placets, se faire présenter ?
    Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter,
    Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
    Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
    Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
    Pour un oui, pour un non, se battre, - ou faire un vers !
    Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
    À tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
    N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
    Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,
    Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
    Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
    Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
    Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
    Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
    Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
    Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
    Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

    I, 8
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  • Par iarsenea, le 08 février 2011

    Regarde-moi, mon cher, et dis quelle espérance
    Pourrait bien me laisser cette protubérance !
    Oh ! Je ne me fais pas d'illusion ! - Parbleu,
    Oui, quelquefois, je m'attendris, dans le soir bleu;
    J'entre en quelque jardin où l'heure se parfume ;
    Avec mon pauvre grand diable de nez je hume
    L'avril,- je suis des yeux, sous un rayon d'argent,
    Au bras d'un cavalier, quelque femme, en songeant
    Que pour marcher, à petits pas, dans de la lune,
    Aussi moi j'aimerais au bras en avoir une,
    Je m'exalte, j'oublie... et j'aperçois soudain
    L'ombre de mon profil sur le mur du jardin !
    > lire la suite
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  • Par levoyageuraudessusdelamerdesnuages, le 21 décembre 2011

    Tous ceux, tous ceux, tous ceux
    Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe,
    Sans les mettre en bouquet : je vous aime, j’étouffe,
    Je t’aime, je suis fou, je n’en peux plus, c’est trop ;
    Ton nom est dans mon coeur comme dans un grelot,
    Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,
    Tout le temps, le grelot s’agite, et le nom sonne !
    De toi, je me souviens de tout, j’ai tout aimé.
    Je sais que l’an dernier, un jour, le douze mai,
    Pour sortir le matin tu changeas de coiffure !
    J’ai tellement pris pour clarté ta chevelure
    Que, comme lorsqu’on a trop fixé le soleil,
    On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil,
    Sur tout, quand j’ai quitté les feux dont tu m’inondes,
    Mon regard ébloui pose des taches blondes !
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