> Marie-Claire Pasquier (Traducteur)

ISBN : 2070120163
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 62 notes) Ajouter à mes livres
Après onze ans de réclusion volontaire dans la campagne du Massachusetts, Zuckerman remet les pieds à New York, pour une intervention bénigne mais qui le renvoie à sa déchéance physique. Dans la ville accablée par la réélection inattendue de George W. Bush, trois rencon... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 13 décembre 2009

    cprevost
    Avec son dernier roman traduit en français, Philip Roth fait preuve, une nouvelle fois, d'une singulière virtuosité. « Exit le Fantôme » est à la fois mélancolique et moqueur, ancré dans le réel le plus brutal et méditatif. L'histoire pourtant qu'il nous sert est d'une invraisemblable banalité. Quelques peccadilles et quelques jours passés à New York. Nathan Zukerman – le vieil homme, double en papier de l'auteur – lutte avec les séquelles de son cancer de la prostate. Il a en effet accepté une intervention chirurgicale. Voila qu'il se remet à espérer, voila que ressurgit le désir… Mais la libido de ce vieux et irrémédiablement impuissant séducteur est ce que cela nous intéresse ?
    Philip Roth heureusement joue en maître avec le récit, il est comme toujours époustouflant d'intelligence. Certes, Zuckerman décide de faire un échange d'appartement et tombe bien amoureux de Jamie la jeune et riche apprentie écrivain. Trois coups de patte de l'auteur suffisent cependant à réintroduire de la complexité dans le texte : Zuckerman croise Amy Belette ancienne et mourante compagne de l'écrivain E.I. Lonoff qu'il admirait ; le jeune et agressif Richard Kliman écrit la biographie scandaleuse de cet écrivain ; le très médiocre fils Bush est inexplicablement réélu pour la deuxième fois … le tour est joué !
    Philip Roth est universel lorsqu'il traite de la finitude de l'Etre humain et du renoncement qui l'accompagne. Il nous touche lorsqu'il dit la douleur de vivre vieux, les dernières velléités du corps et l'inquiétude de la mémoire qui flanche. le séjour à New York de Zuckerman, après onze ans de solitude, va ouvrir de vieilles plaies, en révéler de nouvelles.
    Zuckerman va être confronté à la violence du monde qu'il a fuit il y a plus d'une décennie. Il croise d'anciennes connaissances et voila qu'instantanément il se retrouve plongé dans le champ des luttes littéraires. Il n'admet pas la marchandisation de l'art d'aujourd'hui qui s'attache aux sordides secrets plutôt qu'aux mystères profonds de la création. L'écriture peut être un sport de combat mais la bagarre avec Richard Kliman qui viole l'intimité de Lonoff est décidément épuisante et sans plaisir. Autre violence, le vieil écrivain est plongé dans un monde qui a changé et qu'il réprouve. Il observe avec beaucoup de justesse ce peuple qui réélit un idiot. Il s'agace de ces fous pendus à leur kit main libre dans les rues et qui parlent tout seul. L'auteur peint décidément le monde d'aujourd'hui avec beaucoup de sagacité.
    Philip Roth est aussi un virtuose de la construction et sans cesse il nous surprend. Un exemple. Un banal rendez-vous manqué au restaurant avec Amy Belette et c'est le doute. le narrateur n'est plus sûr de lui et nous synchroniquement ne sommes plus sûrs du narrateur. Nous partageons de façon saisissante son incertitude. Est-ce que Zuckerman est amnésique ?
    Enfin, Philip Roth est préoccupé de littérature et cela donne quelles très belles pages. Zuckerman écrit, à la suite de ses rencontres avec Jamie, des dialogues fantasmatiques, confidentiels et amoureux. C'est une merveilleuse trouvaille littéraire qui permet au lecteur de s'interroger sur la fiction, le ressort autobiographique et le mensonge. Amy a écrit un article et c'est une réflexion de Philip Roth sur la critique . Zuckerman relit ses classiques et c'est, cette fois, des pensées sur la lecture.
    « Exit le Fantôme » est un livre bilan que seuls permettent la plume incisive et le trait vif d'un grand écrivain, une grande œuvre accomplie.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 05 février 2012

    carre
    En mettant en scène son double littéraire Nathan Zuckerman, Roth nous plonge dans les questionnemnets d'un vieux monsieur qui contemple avec amusement ou agacement le monde qui l'entoure. de retour à New York pour une opération bénigne, Zuckerman va faire d'étonnantes rencontres et ressentir un peu plus le poids des années et ce corps qui le lache.
    Roth signe un nouveau petit bijou ou le regard toujours clairvoyant, se moque, s'irrite, égratigne le politique, le milieu intellectuel. Il nous parle de sa foi en la littérature et sur la force des mots. Un regard lucide sur le temps qui passe. Profond et désenchanté.
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    • Livres 3.00/5
    Par valdemosa38, le 04 décembre 2011

    valdemosa38
    Ce n'est pas mon premier essai avec Philip Roth ...Et pour une fois je suis allée jusqu'au bout en faisant tout de même qqs sauts dans les dialogues " Elle " "Lui" parce que le sujet au départ m'intéressait ....
    Mais rien à voir ou si peu avec le livre de David Lodge " La vie en sourdine " même si le point de départ semble un peu identique.
    Un homme vieillissant et qui doit faire face à ... tout ce qu'Un homme vieillissant doit affronter ....
    Mais si David Lodge arrive à me faire sourire et à m'émouvoir aussi , Philip Roth avec ses velleités de viel impuissant mais" pourquoi pas aimer encore une fois , une toute dernière, cette beauté qui a été mon étudiante , moi qui me suis retiré du monde je me rends compte que je suis passé à côté de plein de choses et ça me fou en l'air" ....
    Et bien, je m'en fou ...Que Monsieur ne puisse plus bander, qu'il soit incontinent, qu'il se soit retiré du monde ( quoique la dessus il y ait de belles pages ) son délire amoureux ne me touche absoluement pas ....D'autres choses tout de même m'ont émues.....ses retrouvailles avec une amie presque amante , malade, un peu folle et démunie....ses descriptions de la vieillesse, terrible naufrage ....
    Du coup, je pense à François Nourricier , décédé il y a qqs jours, dont j'ai encore un livre à finir, son dernier livre d'ailleurs ...Nourricier qui disait que la vieillesse était la pire épreuve de sa vie ....
    Alors ,je vais inclure ce Philip Roth dans une vision plus globale de ce qu'est la vieillesse , dans ce grand tableau universel que nous écrivent jour après jour les écrivains que nous aimons et ceux que nous aimons moins et je me dis qu'à ce titre, ce livre n'est pas si mal ....
    Mais j'ai vraiment du mal avec Philip Roth .... il m'ennuie ....
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    • Livres 2.00/5
    Par poilabois, le 15 janvier 2010

    poilabois
    Un curieux livre comme j'en lis peu (on me l'a offert).
    Le héros est un écrivain vieillissant de la côte est des états-unis, qui souffre d'incontinence et d'impuissance, et vis habituellement retiré du monde.
    Il revient à New-York et y passe une semaine, la semaine de la réélection de Bush.
    Un ou deux quiproquos le remettent en contact avec des éléments de la vie littéraire new-yorkaise, pour qui il est une sorte de mythe, avec comme toile de fond cette semaine si particulière ou l'élite intello New-Yorkaise s'est sentie perdre la main aux états-unis au profit des anti-intellos texans, riches pétroleux héritiers des sécessionnistes.
    C'est assez littéraire, parfois intéressant, mais il faut aimer la culture américaine, ce qui n'est pas mon cas. Faut il que les Etats-Unis soit à ce point une référence pour qu'on en traduise de tels livres. Ca m'étonnera toujours.
    Je ne conseille surtout pas non plus ce livre si vous avez des tendances dépressives. Les histoires de vieux incontinents qui ne comprennent plus beaucoup le monde qui les entoure et se désole de leur virilité perdue, c'est pas pour tout le monde...
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    • Livres 2.00/5
    Par kathel, le 13 septembre 2010

    kathel
    J'ai lu il y a quelques années Pastorale américaine, puis La tache. J'avais trouvé La tache très intéressant, par les questions qu'il soulevait, par le choix des personnages, par l'Amérique qu'il décrivait.
    Dans ce dernier roman en date, j'ai retrouvé Nathan Zuckerman, et ai aimé la description de sa situation d'écrivain reclus campagnard dans l'Amérique du début du vingt et unième siècle et par la suite, celle de son évolution psychologique. Au début du roman, c'est un vieil écrivain, enfermé avec ses lectures, les textes qu'il écrit, ses habitudes, deux ou trois fréquentations locales, pas de télévision, ni d'ordinateur, pas d'animal domestique… le retour à Manhattan, la rencontre d'une vieille femme qui fut la muse d'un de ses amis auteurs, puis celle d'un jeune couple d'écrivains qui cherchent une maison de campagne, lui font envisager différemment un avenir qui s'annonçait très routinier. Malgré des problèmes de santé, physiques, mais pas seulement, comme il apparaît au fil des pages, il imagine qu'il tombe amoureux de Jamie, la jeune femme qui souhaite s'exiler à la campagne. Alors qu'il était venu à New York pour retrouver uniquement un peu de contrôle sur sa vessie, il se met à envisager d'autres possibilités et à prendre des décisions imprévues. Un journaliste qui veut écrire une biographie explosive au sujet de l'un de ses amis, prend contact avec lui, et cela le met assez en rage pour qu'il renaisse un peu au monde qui l'entoure, en pleine campagne pour les élections présidentielles de 2004.
    Enfin, tout cela est tout de même assez long, avec des digressions dont on ne voit pas forcément l'intérêt. J'ai eu un peu de mal à m'intéresser à ce personnage de septuagénaire assez misanthrope, et se prenant beaucoup trop au sérieux. S'il reconnaît avec franchise ses défauts et défaillances, c'est sans une autodérision que j'attendais, sauf lorsqu'il écrit des dialogues imaginaires entre LUI et ELLE, à savoir Jamie, trente et quelques années, et objet de toutes ses attentions et de tous ses fantasmes. Ces dialogues sont assez savoureux, et compensent les silences embarrassés qui sont les siens quand ils sont face à face, créant ainsi un respiration bienvenue dans le roman.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-philip-roth-exit-le-fant..
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Alexis Lacroix pour le Magazine Littéraire

    Il y a plusieurs façons de saluer la publication d'Exit le fantôme (Exit Ghost), le dernier roman de Philip Roth, paru en 2007 et traduit en français ce mois-ci. La première est de s'exclamer : « Zuckerman est ... > lire la suite

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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 02 juillet 2011
    Un roman taillé comme un diamant noir, où l'auteur de Portnoy et son complexe se livre à une réflexion magistrale sur le vieillissement et sur les ravages du temps.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Hebephrenie, le 26 novembre 2011

    Mais le lot de douleur qui nous est imparti n'est-il pas en soi assez insupportable pour n'avoir pas à l'amplifier par la fiction, pour n'avoir pas à donner aux choses une intensité qui, dans la vie, est éphémère et parfois même non perçue ? Pour certains d'entre nous, non. Pour quelques très, très rares personnes, cette amplification, qui se développe de façon hasardeuse à partir de rien, constitue leur seule assise solide, et le non-vécu, l'hypothétique, exposé en détail sur la papier, est la forme de vie dont le sens en vient à compter plus que tout.
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  • Par Hebephrenie, le 26 novembre 2011

    LUI : Parce qu'une rencontre comme celle-ci pour un homme comme moi est une expérience ravageuse.
    ELLE : Je ne veux surtout pas vous ravager. Je suis désolée si c'est le cas.
    LUI: Je suis désolée de n'avoir pas pu vous ravager, vous.
    ELLE : Vous m'avez causé du plaisir.
    LUI : Comme je vous ai dit, tout ceci me tue, il va donc falloir que je parte.
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  • Par Hebephrenie, le 26 novembre 2011

    La fin est si immense qu'elle contient sa propre poésie. Il n'y a pas à faire de rhétorique. Juste dire les choses simplement.
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  • Par shenaz, le 30 décembre 2010

    une biographie,c'est une licence d'exploitation d'une vie.
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  • Par Hebephrenie, le 07 novembre 2011

    Est-il tant soit peu corrompu par l'intégrité?
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Vidéo de Philip Roth

Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Philip Roth Au Nord-Est des Etats-Unis s'étend une région de collines et de prairies, de montagnes et de lacs, de forêts profondes et de plages sauvages. C'est l'une des régions où débuta l'histoire de l'Amérique : la Nouvelle-Angleterre. C'est ici qu'au XVIIe siècle se sont installées les premières universités. En 1636, l'université de Harvard est créée à Boston. Aujourd'hui, de nombreux écrivains habitent cette région et se sont penchés, depuis ces terres, sur l'évolution de la société américaine.








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