> Josée Kamoun (Traducteur)

ISBN : 2070315932
Éditeur : Editions Gallimard (2004)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 198 notes) Ajouter à mes livres
Portrait d'une Amérique à la fois profonde et proche. Voilà le dessein de Philip Roth. Un portrait brossé sans mise à quatre épingles et à travers la figure centrale d'un professeur d'université, Coleman Silk, juif et noir à ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    The Human Stain
    Traduction : Josée Kamoun
    A mes yeux - mais ce n'est qu'un avis probablement orienté par ma passion toute proustienne pour les histoires aux mille et un méandres - un bon romancier se reconnaît au naturel avec lequel il parvient à imposer une histoire extrêmement complexe (et surtout plus complexe qu'elle ne veut le bien paraître) et truffée de personnages si possibles ambigus à un lecteur fasciné.
    Et Philip Roth, qui me paraît entre parenthèses un chantre de la phrase à point-virgule, Philip Roth est un grand romancier qui n'a pas usurpé la réputation qui est la sienne.
    "la tache" - en anglais, "la tache, la souillure humaine" - débute sur un incident si banal que l'auteur, auquel son héros, Coleman Silk, vient le rapporter afin qu'il en rédige un ouvrage vengeur, n'est même pas enthousiasmé par cette histoire d'un doyen d'université américaine que l'utilisation d'un mot bien précis (mais doté de deux acceptions) pour désigner deux élèves de sa classe éternellement absentéistes a fait basculer sans autre sommation dans le camp des "racistes."
    De ces deux étudiants, Silk ne savait rien : il ne les avait même jamais vus. du coup, un jour, il demande aux élèves présents quelque chose comme : "Quelqu'un sait à quoi ils ressemblent ou sont-ce des zombies ?"
    Ah ! Malheur ! Voilà que les absentéistes sont Noirs (pardon ! de couleur !) et que le mot "spook", traduit par "zombi" dans notre langue, désigne en anglais :
    1) tout d'abord un ectoplasme, un fantôme - songez au Spooky des "Casper"
    2) et puis un Noir mais de manière péjorative.
    Et évidemment, bien qu'il ait été le premier à embaucher un professeur noir à l'université d'Athena, il est clair que le doyen Silk ne peut avoir utilisé le terme que dans son sens second.
    Eh ! oui ! Il n'y a pas qu'en France qu'on ne peut plus utiliser certains mots sans se voir traité de raciste et autres billevesées charmantes : aux USA aussi.
    Silk a beau se défendre, en appeler à ses collègues (qui ne bougent pas), rien n'y fait : il finit par démissionner. Il perd aussi sa femme que la maladie ratrappe à ce moment-là. Bref, il perd tout. Sauf sa rage.
    Le narrateur-auteur Nathan Zukermann ayant poliment mais fermement refusé d'écrire le livre vengeur que Silk entend titrer "Zombies", ce dernier s'y attèle. Et puis, un jour, il arrête tout. Au début, Zukermann pense que cela est dû au nouveau scandale que vient de provoquer l'ex-doyen de l'université d'Athena.
    En effet, cet incorrigible anti-conformiste de 71 ans, aidé par le Viagra, prend pour maîtresse une femme de ménage de l'université qui s'affirme complètement illettrée, Faunia Farley, presque traquée en permanence par son ex-époux, un vétéran du Viêt-Nam complètement frappé.
    Avec cet instinct propre à l'écrivain et, de façon générale, à l'artiste, Zukermann, que Silk a pris en amitié, finit par s'intéresser à l'affaire qu'il flaire plus compliquée qu'elle ne lui avait semblé à première vue : il se pose donc des questions, il cherche, il fouille et même s'il n'apprend le secret de l'ancien doyen qu'à l'enterrement de celui-ci, à la fin du roman, ce secret est d'emblée présenté en long et en large dès le chapitre 2, amenant le lecteur à reconsidérer sa vision du racisme - ou plutôt des racismes.
    Mais dans ce livre envoûtant, il n'y a pas que cela que Roth nous contraint à remettre en question. Avec une habileté magistrale, il entremêle tous les fils de ses marionnettes par ailleurs si terriblement humaines de façon telle que tantôt elles nous font pitié, tantôt au contraire elles ne nous inspirent plus que du dégoût. Il n'est pas jusqu'au "dingue" de service, Les Farley, responsable de l'accident où Faunia et Coleman ont perdu la vie tous les deux, qui ne nous apparaisse, dans la scène finale, perdu dans la solitude gelée au milieu de laquelle il pêche, sa perceuse à ses côtés et assis sur un sot en plastique jaune retourné dont la description a quelque chose de grotesque, qui ne se dresse brusquement devant Zukermann-Roth - et donc devant nous, lecteurs - comme bien moins fou et pourtant beaucoup plus dangereux qu'il n'en avait donné jusqu'ici l'impression.
    Ouvrez "la tache", commencez à lire lentement, à haute voix si vous pouvez, ne tombez surtout pas dans le piège apparent de cette rivalité sournoise et typique du milieu universitaire qui conspire à éjecter le doyen Silk après avoir pressé celui-ci comme un citron - ce n'est qu'un leurre lancé par Roth pour jauger son lecteur - et continuez.
    Oubliez les longueurs des paysages, si vous n'aimez pas. Lisez,
    laissez-vous imprégner, laissez-vous envoûter, acceptez de regarder tous les personnages sous les différents prismes que vous tend obligeamment Philip Roth, indignez-vous contre ce "Silky Silk" qui, par ambition et "pour vivre libre", décide de renier sa propre mère dont il fut l'enfant préféré et qui n'a pourtant pas le courage de protéger ses enfants à lui du risque qui les guette et qui guettera leurs propres enfants dans les générations à venir, applaudissez aussi à sa rage de vivre, à son tempérament de "teigneux" irrésistiblement séduisant, jugez et ne jugez pas Fiauna, mère indigne ou pas, fermez un instant les yeux et rappelez-vous toutes les actualités sur les horreurs du Viêt-nam, "Voyage au bout de l'Enfer" de Cimino ou encore le gigantesque et inégalé "Apocalypse Now", absorbez toutes les souffrances, tous les excès, tous les mensonges, toutes les demi-vérités, toutes les erreurs des personnages de Roth ...
    ... et vivez "la tache" qui prouve une fois de plus que, s'il a existé ou s'il existe encore aux USA des Malcom X, des Bush, des politicards irresponsables et des Juifs assez stupidement orthodoxes pour chanter sur une tombe non pas : "Un homme est mort aujourd'hui ..." mais bel et bien "Un Juif est mort", tentant ainsi de faire entrer dans l'Au-delà l'âme même du Ghetto (la scène est d'autant plus grinçante que, si le fils orthodoxe de Silk ignore la vérité, nous, nous la connaissons), leurs contraires absolus existent eux aussi.
    Cinq ans après le 11 septembre 2001 et ses conséquences au Proche-Orient, ce qui a une fâcheuse tendance à nous le faire oublier à l'un ou l'autre moment, ça fait du bien de le savoir.
    Merci, Philip Roth. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Nadja, le 19 janvier 2011

    Nadja
    Il y a des livres qui pourraient en faire dix, il y a des livres qui vous subjuge litteralement, « la tâche » est, pour moi, de ceux-là.
    En 1998, alors qu' « un siècle de destruction sans précédent dans son ampleur vient de s'abattre comme un fléau sur le genre humain », le crime- pardon, les crimes- de Coleman Silk, l'universitaire émérite, est d'avoir dit « spook » (soit « zombi, invisible» ou « noir » dans une acception péjorative) et de s'être acoquiné avec Faunia, une jeune femme de ménage soi-disant illetrée; celui de Bill Clinton, le Président des Etats-Unis, d'avoir reçu quelques turluttes d'une secrétaire pipelette. Les conséquences sont semblables. Tous deux deviennent les bouc-emissaires d'une société tartuffe : « le clou qui dépasse connaîtra le marteau» disait Li M'Hâ Ong, tout comme le penis qui dépasse connaîtra la censure (en passant par le viagra....).
    L'auteur laisse entrevoir avec brio l'extrême ambiguïté de chacun de ses personnages qui se traduit dans l'ambiguité du langage. le mot « spook » cristallise l'ensemble des événements racontés. Un simple mot donc amène à des jugements qui eux sont sans ambiguité de la part "des autres", de la communauté qui s'en nourrit et qui alimente à travers la rumeur la vindicte populaire, toujours tranchante.
    Au delà du fil de l'histoire très intéressante constuite par de nombreux retours en arrière sur la vie de Coleman Silk et de son entourage, j'ai été fascinée par l'écriture, le style, de P. Roth. Il décrit les traits psychologiques de ses personnages avec une finesse et une subtilité admirables, faites à la fois de dit et de non-dit. Il a la sagesse de laisser les nombreuses questions que se posent le narrateur Nathan Zuckerman -et par là même le lecteur- non tout à fait résolues. Il tente avec modestie, à sa mesure, de se rapprocher au plus près non pas de la vérité mais de la subjectivité de ses personnages qu'il traite avec une égale considération. A noter une description de Delphine Roux, normalienne française voulant faire carrière aux Etats-Unis, d'une justesse confondante. Je parie que certaines de ses admiratrices francophones ont alègrement nourri son écriture!
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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 22 juillet 2011

    Malaura
    1998, en pleine affaire Clinton/Léwinsky, Nathan Zuckerman, un écrivain vieillissant et solitaire, se prend d'amitié pour un ancien professeur de Lettres injustement accusé de racisme.
    A l'époque, Coleman Silk avait démissionné mais il attise de nouveau le scandale en entretenant une liaison avec une jeune femme de ménage illettrée.
    Fasciné par la personnalité et le charisme de son ami, Nathan va peu à peu percer à jour le secret de cet homme qui a bâti sa vie sur un mensonge inouï.
    Difficile de décrire l'enthousiasme que procure un tel livre au style admirable, à l'écriture magistrale.
    Véritable satire des moeurs de l'Amérique bien-pensante, réquisitoire féroce d'une société régie par les convenances et les préjugés, ce roman sur l'identité, où chacun porte en lui la marque du secret, est une pure merveille de réflexion et de subtilité.
    Avec autant de finesse que de brutalité, Philip Roth dénonce la bêtise humaine dans un monde où tout n'est qu'équivoque.
    Simplement Géant !
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par petitegenisse, le 24 juin 2010

    petitegenisse
    (Cette critique met en parallèle la tache de Philip Roth et Leviathan de Paul Auster).
    A environ dix ans d'intervalle, Auster précédant Roth, la proximité entre ces deux romans me semble saisissante.

    Léviathan est mon premier Paul Auster. Il fallait bien que je lise quelque chose de lui un jour et on m'a offert Léviathan. Il est resté un moment sur mon étagère, la quatrième de couverture me donnant peu envie de me plonger dans une intrigue que je pensais, à tort, politico-terroriste. Et puis je l'ai ouvert. J'ai commencé à remonter la vie de Benjamin Sachs, écrivain, qui meurt dès le début dans l'explosion d'une bombe artisanale. C'est Peter Aaron, un de ses amis, écrivain également, qui me sert de guide dans la vie de Sachs. La narration est faite de va-et-vient, d'incursions et de digressions, et tente de saisir l'insaisissable Sachs.

    la tache est également le récit de la vie de Coleman Silk, universitaire, mis au ban de l'Université pour propos racistes, au ban de la société pour sortir avec une femme de ménage de la fac, de 40 plus jeune que lui, un peu paumée, un peu analphabète, mais très sexuelle. C'est son voisin, écrivain, qui est ici le narrateur.

    Des points communs entre ces deux romans, il y en a - je ne les aurais pas rassemblées sinon : deux oeuvres majeures de la littérature américaine, milieux intellectuels, un narrateur écrivain qui retrace la vie d'un personnage charismatique, un titre qui est aussi celui du roman qu'écrivent ces narrateurs, une narration sur le mode de l'exhumation des souvenirs, du puzzle à reconstituer, une galerie de personnages secondaires...
    Mais là où Auster déroule une quête assez égale et sans véritable sursaut littéraire - c'est-à-dire cette émotion de l'écriture qui soudain vous happe et vous fait lâcher un "Waouh!" ou plutôt dans mon cas un "putain!" - Roth écrit quelques pages sublimes, où on sent soudain que les mots disent plus qu'une histoire. Je pense notamment au premier monologue de Les Farley (l'ex mari de la copine de Coleman et ancien du Vietnam), texte d'une beauté violente, qui coupe le souffle par sa puissance, la page qui devient rage. Beaucoup d'humour également chez Roth ; les pages sur Delphine, l'universitaire française sont un régal.
    Chez Auster, c'est un personnage, que j'ai particulièrement apprécié, celui de Maria, photographe, qui côtoie d'abord le narrateur puis Sachs. Artiste électron libre, qui vit la vie et la création comme une série d'expériences, se perdant pour mieux se trouver, attachante et horripilante. Je me disais que c'était elle la vraie création d'Auster. Jusqu'à ce matin, où j'ai appris que ce personnage était directement inspiré par Sophie Calle.
    Vous hésitez entre les deux ? Lequel lire en premier... Je dirai la tache, si vous n'êtes pas rebuté par une énième histoire en milieu universitaire (pour le début en tout cas). Pour Auster, ce ne fut pas une révélation, mais ça ne m'a pas non plus fermé les portes de cet auteur. Et c'est un drôle de bilan : j'ai préféré la tache sans forcément avoir envie de lire autre chose de Philip Roth, Léviathan m'a un peu ennuyé mais m'a donné envie de lire autre chose de Paul Auster. Cherchez l'erreur.
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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 09 janvier 2012

    carre
    Coleman Silk professeur réputé est amené à la démission après que deux élèves l'ai accusé d'avoir tenu des propos racistes et qu'une jeune secrétaire le poursuive pour harcèlement sexuel. Il va raconter son histoire à un écrivain Nathan Zuckerman (le double littéraire de Roth). Car Silk a construit sa carrière sur un incroyable mensonge. Bien évidemment c'est l'hypocrisie,puritanisme et les problèmes raciaux de l'Amérique que Roth dénonce dans ce roman. L'histoire ce déroule en 1998, année ou un président passait du bon temps avec une stagiaire et ou l'on parlait de possibles attaques terrorisme venant d'Orient. Roth signe un formidable portrait de cette Amérique en revenant sur l'histoire de ce pays jeune malgré tout et le reflet dans le miroir n'est guère avantageux. Pour moi, le meilleur roman de Roth.
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Citations et extraits

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  • Par mayla, le 02 février 2012

    il s'en suivant qu'il n'y avait rien dans son corps à lui qu'elle n'ait absorbé de manière microscopique, rien sur toute cette surface, que l'évolution avait amoureusement rendue unique, rien dans sa configuration spécifique, sa peau, ses pores, les pattes en haut de ses joues, ses dents, ses mains, son nez, ses oreilles, ses lèvres, sa langue, ses pieds, ses coueilles, ses veines, sa bite, ses aisselles, son cul, sa toison, ses cheveux, son système pileux, rien dans son rire, son sommeil, sa respiration,ses gestes, son odeur, rien dans les frissons convulsifs qui le saisissaient au moment de jouir, qu'elle n'ait enregistré; et mémorisé: et pesé.
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  • Par mayla, le 01 février 2012

    Il y a vérité et vérité. Le monde a beau être plein de gens qui se figurent vous avoir évalué au plus juste, vous ou votre voisin, ce qu'on ne sait pas est un puits sans fond. Et la vérité sur nous, une affaire sans fin. De même que les mensonges. Pris entre deux feux, me disais-je. Dénoncé par les esprits intègres, vilipendé par les vertueux, puis exterminé par un fou criminel. Excommunié par ceux qui ont la grâce, les élus, les évangélistes omniprésents des moeurs du moment, et puis expédié par un démon brutal. Deux appétits humains se sont rejoints en lui. Le pur et l'impur, dans toute leur véhémence, mouvants, semblables dans le besoin de se trouver un ennemi.
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  • Par MarcBibliotheca, le 03 septembre 2010

    Lorsque je réalisai où je me dirigeais, et que je me pris à considérer combien il était étrange d'avoir des nouvelles d'Ernestine, d'être convié à rencontrer Walter, de passer mes jours et parfois mes nuits à penser à un homme que je n'avais connu moins d'un an et qui n'était jamais devenu mon ami intime, le cours des événements me parut somme toute logique. Voilà ce qui arrive quand on écrit des livres. Ce n'est pas seulement qu'une force vous pousse à partir à la découverte des choses ; une force les met sur votre route. Tout à coup, tous les chemins de traverse se mettent à converger vers votre obsession.
    Et c'est ainsi que l'on fait ce que j'étais en train de faire. Coleman, Coleman, Coleman, toi qui n'es plus, tu régis désormais mon existence. Bien sûr que tu ne pouvais pas l'écrire ce livre. Tu l'avais déjà écrit - c'était ta vie. Ecrire à la première personne, c'est révéler et cacher à la fois, mais pour toi il ne pouvait s'agir que de cacher, donc la tâche était impossible. Ton livre, c'était ta vie - et ton art ? Une fois le mécanisme enclenché, ton art a été d'être un Blanc. D'être, selon la formule de ton frère, "plus blanc que les Blancs". Telle fut ton invention singulière : chaque jour tu t'éveillais pour réaliser cet être dont tu étais l'auteur.
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  • Par MarcBibliotheca, le 03 septembre 2010

    Le secret, si l'on veut vive dans le tumulte du monde tout en maintenant la douleur au plus bas, c'est d'entraîner autant de gens que possible dans ses illusions ; le secret, pour vivre seul ici, loin de l'agitation des imbroglios, des séductions, des attentes, et surtout à l'écart de sa propre intensité, c'est d'organiser le silence ; de considérer la plénitude du sommet de la montagne comme un capital, et le silence comme une richesse qui connaît une progression exponentielle. De considérer ce silence qui vous encercle comme un privilège acquis par choix, et d'y trouver votre seul ami intime. Le truc, pour citer Hawthorne une fois de plus, c'est de faire son miel de la "communication d'un esprit solitaire avec lui-même". Le secret, c'est de faire son miel de l'héritage de Hawthorne, des morts talentueux.
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  • Par MarcBibliotheca, le 03 septembre 2010

    On croirait, se dit-il, que Babbitt n'a jamais été écrit. C'est à croire que la conscience est restée imperméable à tout embryon de réflexion et d'imagination susceptible de la perturber. Un siècle de destruction sans précédent dans son ampleur vient de s'abattre comme un fléau sur le genre humain - on a vu des millions de gens condamnés à subir privations sur privations, atrocités sur atrocités, maux sur maux, la moitié du monde plus ou moins assujettie à un sadisme pathologique portant le masque de la police sociale, des sociétés entières régies, entravées par la peur des persécutions violentes, la dégradation de la vie individuelle mise en œuvre sur une échelle inconnue dans l'histoire, des nations brisées, asservies par des criminels idéologiques qui les dépouillent de tout, des populations entières démoralisées au point de ne plus pouvoir se tirer du lit le matin, sans la moindre envie d'attaquer leur journée… voilà ce qui aura marqué le siècle, et contre qui, contre quoi, cette levée de boucliers ? Faunia Farley. Ici en Amérique, on prend les armes contre Faunia Farley ou Monica Lewinsky !
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Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Philip Roth Au Nord-Est des Etats-Unis s'étend une région de collines et de prairies, de montagnes et de lacs, de forêts profondes et de plages sauvages. C'est l'une des régions où débuta l'histoire de l'Amérique : la Nouvelle-Angleterre. C'est ici qu'au XVIIe siècle se sont installées les premières universités. En 1636, l'université de Harvard est créée à Boston. Aujourd'hui, de nombreux écrivains habitent cette région et se sont penchés, depuis ces terres, sur l'évolution de la société américaine.








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