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ISBN : 2070456617
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 148 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est le long et chaud été de 1944 dans le quartier Weequahic de Newark. La plupart des jeunes hommes du pays sont engagés à l'étranger, mais Bucky Cantor, un muscle-bound, instructeur de 23 ans PE, est coincé à la maison à cause de ses yeux louches. Au lieu d'aider son... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 19 juillet 2013

    carre
    Pendant que la jeunesse se bat dans le Pacifique ou en Europe, comme si le malheur n'y suffisait pas, une terrible épidémie de poliomyélite frappe, en cet été 44 la petite ville de Newark. C'est là que vit Bucky Cantor jeune professeur de sport à qui la vie semble sourire, les gosses l'adorent et la belle Marcia lui est promise. Mais Bucky se reproche d'être au pays pendant que ces amis se battent pour la liberté. Alors quand la maladie attaque les jeunes dont il s'occupe, Cantor se torture les méninges. Est-il responsable de ce malheur ? Pourquoi Dieu ou les Dieux s'en prennent à des innocents ? A t'il le droit d'être heureux alors que l'épidémie se répand à une vitesse galopante et cause désolation et peur légitime ? Comment passer à côté d'un destin qui semble tout tracé ? La vengeance de Némésis est impitoyable.
    Roth s'interroge sur la destinée, la culpabilité, sur nos croyances. Il ne porte pas de jugement, n'apporte pas de pistes, il relate juste l'histoire d'Un homme trop sensible, qui refuse l'inacceptable, qui s'accable de tous les maux. Qui préfère se couper des autres, se plonger dans la solitude pour payer sa part de malheur.
    Comme à l'accoutumé chez Roth, le brio de la narration fait merveille. Il nous interroge sur nos questionnements de mortel sans la moindre baisse de rythme. Une nouvelle fois, un grand bouquin.
    A quand le Nobel de littérature pour ce géant ?
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    • Livres 4.00/5
    Par mariech, le 22 janvier 2013

    mariech
    Newark , été 1944 ; les jeunes gens sont partis se battre en Europe , enfin presque tous il y a les réformés pour divers problèmes de santé .
    Bucky Cantor est de ceux-là , il a été réformé pour des problèmes de vue et traîne sa culpabilité . S'il avait fait la guerre , tout aurait été différent . Il est jeune , vigoureux , intelligent , est amoureux d'une belle jeune fille Marcia , tout semble lui réussir cet été -là .
    Mais alors on ne serait pas dans un roman de Philip Roth car ici l'orgueil , la culpabililé vont faire leur oeuvre néfaste
    Cet été 1944 , une épidémie de poliomyélite s'abbat sur Newark , ses jeunes enfants prometteurs , en pleine santé sont gravement touchés , handicapés à vie , certains meurent en quelques jours .
    Bucky Cantor va en faire trop , non seulement , il va s'occuper des enfants pendant leurs vacances au camp d'été mais il va aussi aller rendre visite aux familles touchées , il essaye de ne pas céder à la panique .
    Puis par amour pour Marcia , par désir surtout , il accepte de la rejoindre au camp d'Indian Hill mais dès qu'il arrive , il se sent coupable d'avoir ' abandonné ' les enfants de Newark , Marcia l'a amené à se renier , c'est une situation intolérable pour lui , il a envie de faire demi-tour , il ne peut pas être heureux à Indian Hill . c'est plus fort que lui , il a envie de contrarier Marcia , il lui en veut , il lui demande plusieurs fois pourquoi 'son ' Dieu permet ça ;
    Toute sa vie , il s'est efforcé d'être honnête , de faire la fierté de ses grands -parents , lui qui n'a pas connu sa mère , morte en le mettent au monde .Il est complexé , il est étonné que les parents de Marcia d'un milieu beaucoup plus aisé que le sien non seulement l'acceptent mais sont heureux de l'avoir comme beau-fils .
    Quand il arrive à Indian Hill , il apprend qu'à Newark la situation s'est aggravée , les espaces de jeux doivent fermés , il aurait donc perdu son travil et n'aurait pas dû donner sa démission .
    A Newark , chacun cherche un coupable , c'est peut-être l'autre communauté ' les Italiens ' qui ont propagé la maladie , c'est peut-être Horace , le jeune handicapé mental à l'hygiène douteuse , il faut un coupable , un bouc émissaire .
    Losrque la polio arrive à Indian Hill , le monde de Bucky Cantor s'écroule , et si c'était lui , le porteur sain , celui par qui le handicap , la mort même arrivent .
    Par orgueil , il va renoncer à Marcia , il ne veut pas qu'elle passe sa vie au côté d'une personne handicapée , diminuée , il doit passer le reste de sa vie à expier ; Encore un très beau roman de l'auteur sur les paradoxes de l'être humain , sur le sens de l'honneur , l'orgueil , la culpabilité . Pourtant , un autre voie était possible , c'est ce que le jeune héros va découvrir des années après , un jeune de Newark qui a la polio a une vie heureuse , il est marié , il a des enfants .
    Le contexte est bien rendu , la seconde guerre mondiale , la mentalité des années 40 , l'histoire de la maladie invalidante , parfois mortelle de la ploimyélite avec l'évocation du président Roosevelt touché en pleine force de lâge , le passages sur les rites Indiens à Indian Hill ajoutent encore au plaisir de lecture .
    Une lecture qui m'a demandé un petit effort pour ' rentrer ' dedans . Un bon Philip Roth , ce n'est que quelques jours après avoir teminé que je me suis rendue compte de sa grande qualité , une lecture qui pose de bonnes questions sur la destinée .
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    • Livres 5.00/5
    Par mariecesttout, le 28 avril 2014

    mariecesttout
    Dans un entretien accordé aux Inrocks , Philip Roth se défend d'écrire des romans " philosophiques". Qu'est ce alors que ce Némésis? Une tragédie grecque.. Némésis est une messagère de justice qui sanctionne la démesure par un châtiment approprié. Et le châtiment sera rude.
    "Parfois on a de la chance, et parfois on n'en a pas. Toute biographie tient du hasard et, dès le début de la vie, tout relève du hasard, de la tyrannie de la contingence. le hasard , je crois que c'est ce que Mr Cantor voulait dire quand il accusait ce qu'il appelait Dieu."
    Ce Bucky Cantor est encore très jeune, sa mère est morte en le mettant au monde -c'est déjà lourd à porter-et son père, un voleur, a disparu . Il a été élevé par des grands parents aimants , le grand père lui inculquant très fortement le sens des responsabilités. Trop, sans doute, car cette impossibilité d'accepter l'inexplicable , cette constante volonté de trouver un responsable aux malheurs qui frappent les autres , ou une explication alors qu'il n'y en a pas, cette quasi pathologie très enfantine du "pourquoi " ressassé , va aboutir exactement au contraire de ce qu'il aurait tant souhaité. Et mérité.. Car Philip Roth est vraiment dur avec son héros, qui n'est coupable (?) que de son incapacité à accepter l'absurdité souvent totale de la vie.
    Encore une fois un beau et très sombre roman. le dernier.
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    • Livres 4.00/5
    Par Laurence64, le 05 janvier 2013

    Laurence64
    Les lendemains chanteront.
    Ainsi en est-il pour Bucky Cantor, au corps sportif, au coeur d'or, doté d'un métier qu'il aime (il enseigne le sport) et d'une charmante amie, fille de médecin, auquel il est fiancé.
    Les lendemains doivent chanter.
    Malgré le hasard ou le destin ou Dieu (au choix) qui frappe de façon aveugle et antipathique. Une épidémie de poliomyélite s'abat sur Newark pendant l'été caniculaire de 1944. Les ambulances hurlent, les gens paniquent, les gosses meurent. Bucky Cantor assiste, impuissant, à la tornade virale.
    Les lendemains auraient dû chanter pour celui qui n'était pas parti à la guerre en raison d'une mauvaise vue.
    "Parfois on a de la chance, et parfois on n'en a pas. Toute biographie tient du hasard et, dés le début de la vie, tout relève du hasard,de la tyrannie, de la contingence."
    Cette réflexion centrale de l'écrivain Philip Roth fait défaut à Bucky Cantor. Jamais ce dernier ne parviendra à accepter l'inacceptable. Il a fui l'atmosphère mortifère, se le reproche, la retrouve de façon abrupte. Cantor endosse alors une culpabilité qui ne lui appartient pas. Il se fait martyr.
    Les lendemains ne doivent plus chanter.
    Puisque telle est sa conviction, les lendemains deviennent aphones. Cantor rate sa vie avec autant d'ineptie que d'entêtement.
    Corps et âme, l'homme est fragile. Philip Roth s'en fait le témoin et accompagne, avec lucidité, le désarroi de son héros qui refuse la mélodie des jours.
    Peut-être est-il temps de fredonner…
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    • Livres 4.00/5
    Par Thorp, le 15 novembre 2012

    Thorp
    L'histoire débute dans la ville fétiche des romans de Philip Roth, Newark, pendant l'été 44, où cette fois une épidémie de poliomyélite affole la population, et crée insidieusement un climat délétère de suspicion généralisé : du simple idiot de quartier au bon dieu en personne, en passant par les mouches, la chaleur ou les hot-dogs, tout ou presque est suspecté d'être vecteur de l'épidémie. Bucky Cantor est un jeune homme de 23 ans, lanceur de javelot émérite, et cet été-là il anime le centre sportif de Newark. Personnage central du roman, la honte et le remords de ne pas participer à la grande guerre le rongent, et donnent d'entrée le ton à ce récit traversé de part en part de doutes, d'angoisses, de remords ou de culpabilités.
    Dernier opus de Philip Roth (annonce faite par ses propres soins), Némésis est surtout un sacré roman. On y retrouve toute la densité et la puissance habituelles de sa prose, entremêlée à son art consommé de la narration.
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Critiques presse (5)


  • Actualitte , le 11 avril 2013
    Philip ROTH ne suggère pas [...] que le refus des responsabilités est la seule barrière à l'abattement quand les désillusions se font immenses, mais, avec ce roman franchement morose, il met clairement Dieu devant ses responsabilités.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Lhumanite , le 17 décembre 2012
    Philip Roth nous offre également une galerie de personnages attachants, chacun incarnant une attitude différente face à l’injustice.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • Culturebox , le 10 octobre 2012
    Tout le talent de Roth est d'aborder des questions philosophiques complexes, simplement en racontant une histoire. "Némésis" est un très grand roman, qui vaudra peut-être à son auteur, oublié jusqu'ici malgré une œuvre colossale, de recevoir le Nobel de littérature.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • LeMonde , le 08 octobre 2012
    Rien donc n'est vrai dans Némésis. Mais de cette fiction totale est née l'inoubliable vérité d'un homme terrassé par sa grandeur d'âme et par son incapacité de consentir à la part de hasard et d'absurdité que comportent toutes les choses humaines.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeFigaro , le 08 octobre 2012
    L'écrivain américain Philip Roth signe un roman poignant qui raconte l'histoire d'une communauté atteinte de la polio.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 10 mars 2013

    Horace était le « dingo » du quartier […]. Il traînait ses pieds sous lui, et sa tête, qui avançait au-devant de son cou comme celle d’une tortue, se balançait à chaque pas, ce qui lui donnait l’air de se déplacer en trébuchant plutôt qu’en marchant. La salive s’accumulait au coin de ses lèvres lors des rares occasions où il parlait et, quand il se taisait, il bavait quelquefois. Il avait un visage maigre, irrégulier, comme s’il avait été écrasé et tordu dans l’étau du col utérin au moment de la naissance, à part le nez, qui était grand et, étant donné l’étroitesse de son visage, bizarrement et grotesquement bulbeux, ce qui invitait certains gamins à se moquer de lui en criant « Hé, nez en clairon ! » quand il passait de son pas traînant devant le perron ou l’allée où ils étaient réunis. Ses habits étaient parsemés de taches sanguines, petites écorchures de la peau qui témoignaient du fait que, même si Horace avait l’esprit d’un bébé, il avait aussi la barbe d’un homme et que, tant bien que mal, il se rasait, ou se faisait raser par son père ou sa mère avant de partir de chez lui tous les jours.
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  • Par colimasson, le 08 mars 2013

    Il y eut la fois où le petit garçon, qui n’avait alors que dix ans, tomba sur un gros rat gris dans la réserve plongée dans la pénombre à l’arrière du magasin. Il faisait déjà noir dehors lorsqu’il vit le rat fourrager au milieu d’une pile de cartons de livraison vides qu’il avait aidé son grand-père à déballer. Son premier réflexe, naturellement, fut de s’enfuir. Au lieu de quoi, sachant que son grand-père était devant avec une cliente, il alla sans bruit chercher dans un coin la pelle à charbon creuse et lourde avec laquelle il apprenait à alimenter la chaudière qui chauffait le magasin.
    Retenant son souffle, il s’avança sur la pointe des pieds jusqu’à ce qu’il ait acculé le rat terrorisé dans un coin. Quand le garçon leva la pelle en l’air, le rat se dressa sur ses pattes de derrière et fit grincer ses dents menaçantes, se préparant à sauter. Mais avant qu’il ait pu quitter le sol, le garçon rabattit vivement la pelle et, atteignant le rongeur en plein sur le crâne, lui fit éclater la tête. Du sang mêlé à des fragments d’os et de cervelle s’écoula dans les rainures du plancher de la réserve pendant que, n’ayant pas tout à fait réussi à surmonter une soudaine envie de vomir, il se servait de la pelle pour ramasser l’animal mort. Le rat était lourd, plus lourd qu’il n’aurait imaginé, et il paraissait plus grand et plus long, dans la pelle, qu’il n’avait semblé l’être, dressé sur ses pattes de derrière. Bizarrement, rien, pas même la longue queue inanimée et les quatre pattes immobiles, n’avait l’air aussi mort que la paire de moustaches fines comme des aiguilles et tachées de sang.
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  • Par colimasson, le 06 mai 2013

    Il faut qu’il convertisse la tragédie en culpabilité. Il lui faut trouver une nécessité à ce qui se passe. Il y a une épidémie, il a besoin de lui trouver une raison. Il faut qu’il se demande pourquoi. Pourquoi ? Pourquoi ? Que cela soit gratuit, contingent, absurde et tragique ne saurait le satisfaire. Que ce soit un virus qui se propage ne saurait le satisfaire. Il cherche désespérément une cause plus profonde, ce martyr, ce maniaque du pourquoi, et il trouve le pourquoi soit en Dieu soit en lui-même, ou encore, de façon mystique, mystérieuse, dans leur coalition redoutable pour former un destructeur unique. Je dois dire que, quelle que soit ma sympathie pour lui face à l’accumulation de catastrophes qui brisèrent sa vie, cette attitude n’est rien d’autre chez lui qu’un orgueil stupide, non pas l’orgueil de la volonté ou du désir, mais l’orgueil d’une interprétation religieuse enfantine, chimérique.
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  • Par colimasson, le 30 mars 2013

    De temps en temps, il avait le sentiment que tout le monde était parti à la guerre sauf lui. Avoir été soustrait au combat, avoir échappé au massacre, tout ce qu’un autre aurait pu considérer comme une chance, il le voyait comme une calamité. Il avait été élevé par son grand-père dans l’intention d’être un combattant sans peur, il avait appris à être un homme habité par un sens aigu de ses responsabilités, prêt à défendre ce qui était juste, au lieu de quoi, face à la bataille du siècle, un affrontement planétaire du bien et du mal, il ne pouvait pas jouer le moindre rôle.
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  • Par strummer, le 11 janvier 2013

    Il ne put poursuivre, il s'était mis à pleurer, de façon gauche, inexperte, comme pleurent les hommes qui d'habitude se croient de taille à faire face à n'importe quoi.

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