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> Colette Carrière (Traducteur)

ISBN : 2352942837
Éditeur : Bragelonne (2009)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 270 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
J'ai libéré des princesses. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'oserait même évoquer. J'ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J'ai été exclu de l'Univ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Allison, le 16 mai 2014

    Allison
    Le Nom du Vent est un de mes livres préférés, un coup de cœur comme j'en ai rarement eu. J'écris cette critique après une relecture qui m'a été tout aussi agréable que l'avait été la première. J'ai été à nouveau emportée par l'histoire de Kvothe et je confirme que ce livre est définitivement l'un des meilleurs que j'ai eu entre les mains.

    On y rencontre Chroniqueur, jeune scribe et grand biographe de renom, lequel se fait sauver de l'attaque d'une créature arachnide terrifiante par l'aubergiste d'un petit village reculé et perdu. Mais Chroniqueur ne se laisse pas berner par l'apparente banalité de l'aubergiste qui dit s'appeler Kote, d'autant qu'il a fait le déplacement exprès pour lui. Il s'agit de Kvothe, célèbre arcaniste, musicien légendaire et tueur de roi. Chroniqueur veut son histoire à tout prix, même si cela doit lui coûter trois jours de sa vie overbookée de biographe super connu, même si d'habitude, une journée suffit pour quelqu'un d'aussi jeune que Kvothe, même s'il avait des choses à faire et même s'il doit endurer la présence inquiétante de Bast, l'étrange ami et apprenti de Kvothe...

    Kvothe se lance alors dans le récit de sa vie, débutant par sa jeunesse dans la troupe des meilleurs comédiens itinérants qui soient avant de raconter son entrée à l'Université où il apprendra la magie toute scientifique qu'est le sympathisme, magie crédible, palpable, que l'on a presque l'impression de pouvoir pratiquer nous aussi. Mais ne vous laissez pas berner, on est loin d'une belle histoire de sorcellerie, l'histoire de Kvothe est tragique et sa vie repose sur le drame qui le touchera alors qu'il n'est qu'un enfant... On découvre alors que le jeune Kvothe n'a que deux idées en têtes. La première, c'est d'en savoir plus sur les Chandrians, ces mystérieux croquemitaines issus des légendes et devenus de simples contes pour enfants aux yeux de tous... Et Kvothe veut apprendre le Nom du Vent. La vraie magie, la magie des Noms, celle de Taborlin le Grand.

    Si vous me connaissez un minimum, vous aurez remarqué que je répète souvent à quel point je déteste les héros parfaits. Pourtant ici, Kvothe est quasiment le meilleur dans tout ce qu'il entreprend, et il le sait. Son insupportable arrogance est pardonnée par le fait qu'il ait raison et que ça lui retombe souvent en travers de la figure, mais je vous laisse découvrir par vous même comment on se fait des ennemis à l'Université. Mais surtout, le personnage de Kvothe prend tout son sens dans son parallèle avec Kote, l'aubergiste insignifiant, presque déprimant. Malgré son apparente perfection, on sait avant même que l'histoire ne commence que Kvothe finira tout seul dans cette auberge reculée. Et on meurt d'envie de savoir pourquoi.

    Patrick Rothfuss a créé une mythologie et un culte tout nouveaux, ainsi que des légendes passionnantes contées par différents protagonistes au fur et à mesure de l'histoire. le mystère qui entoure les Chandrians, les Amyrs, Landre et Telhu est très épais et sombre et Kvothe a bien du courage de tenter de démêler le vrai du faux... Si je meurs d'impatience d'avoir la fin entre les mains, je meurs aussi de peur !

    J'ajouterais quelques mots sur la place accordée à la musique dans l'histoire de Kvothe. Quel que soit votre rapport à la musique, vous serez touché par la place qu'elle occupe dans la vie du héros. La scène de l'Eolian m'a coupée le souffle et faite pleurer par deux fois, et j'ai été émue comme rarement je l'ai été par la relation qui unit Kvothe et son luth. Ça peut sembler bébête comme ça, mais croyez moi, ça vous donnera des frissons.

    Je ne veux pas trop en révéler afin de vous laisser le plaisir de la découverte, je dirais donc juste un dernier petit mot sur les personnages de la saga, lesquels sont tous très particuliers et très bien travaillés. Vous rencontrerez beaucoup de femmes, et toutes seront belles et fortes (la palme à Devi, que j'aime beaucoup) Vous rêverez d'avoir certains personnages comme ami ou comme professeur et vous serez trèèès heureux que d'autres ne le soient pas. Beaucoup sont touchés par la folie, qu'elle soit douce ou... pas du tout. Elodin et Auri vous feront sourire plus d'une fois. Auri aura même droit à une nouvelle rien que pour elle, The Slow Regard of Silent Thing, qui sort en V.O. à la fin de l'année... Et que j'attends avec grande impatience.

    Le style est très bon, fluide, poétique – non, musical, Kvothe prendrait mal que je parle de poésie – et aurait pu être parfait sans quelques erreurs de traduction que j'avoue ne pas avoir remarqué lors de ma première lecture. La deuxième fois, des phrases comme « Il se remit en chemin et emprunta le chemin [...] » m'ont un peu dérangée, mais on pardonne facilement au traducteur ces quelques erreurs face à son excellent travail sur l'ensemble de l'œuvre. Et c'est vraiment le seul défaut que j'ai pu trouver au roman.

    Je ne peux pas parler du Nom du Vent sans parler de sa couverture. Elle est absolument parfaite, à mes yeux indissociable du roman tant elle est en parfaite adéquation avec l'histoire. Elle n'a d'égale que les couvertures des deux parties de La Peur du Sage, tout aussi belles. Elle est signée Marc Simonetti (lequel a lancé un crossfunding pour la sortie de son artbook et je vous encourage fortement à participer)

    Je conseille ce roman a tout le monde, même à vous qui avez la fantasy en horreur, car il vous fera changer d'avis. Je vous interdit de ne pas l'aimer. C'est mon coup de cœur absolu, et il n'a été détrôné que dernièrement par la deuxième partie de sa suite, La Peur du Sage, qui a repoussé les limites de la perfection. Lancez vous !

    Lien : http://allison-line.blogspot.fr/2014/05/chronique-du-tueur-de-roi-pr..
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    • Livres 5.00/5
    Par Shenandoah, le 13 septembre 2014

    Shenandoah
    Parfois, mon esprit de contradiction me force à repousser la lecture de livres aux critiques pourtant élogieuses. Ainsi, ce roman était dans ma liste de livres à lire au moins depuis sa parution française, et si je n'étais pas tombée dessus par hasard dans ma bibliothèque, j'aurais peut-être attendu encore des années avant de le lire. Et ça aurait sans doute été la pire erreur de ma vie tant ce roman est incroyable.
    Kote est aubergiste dans un petit village isolé. Un jour, il sauve la vie de Chroniqueur, un biographe renommé, qui reconnaît en lui le légendaire Kvothe, supposé mort. Mais pourquoi ce héros qui a accompli tant de prouesses a-t-il décidé de disparaître en se faisant passer pour mort ? Chroniqueur va le convaincre de lui raconter son histoire, ce que Kvothe accepte à condition d'étaler son récit sur trois jours (chacun des tomes de la trilogie correspondant ainsi à une journée de récit).
    J'ai été emportée dès les premières lignes par la plume grandiose de Patrick Rothfuss. Il a un talent extraordinaire pour créer des ambiances ou évoquer des sentiments, et certaines scènes m'ont donné la chair de poule tant les émotions ressenties étaient intenses. Le passage à L'Eolian est à ce titre absolument magistral. Je ne sais pas si l'auteur est lui-même musicien, mais je n'ai jamais lu de la musique aussi bien décrite.
    Évidemment, pour faire un bon roman il faut aussi une bonne histoire, et c'est une réussite également à ce niveau.
    Déjà, l'univers crée par l'auteur fonctionne très bien, avec un système de magie original et bien équilibré, qui ne permet pas de résoudre tous les problèmes. Là-dessus viennent s'ajouter quelques créatures magiques, si rares que ce sont quasiment des légendes, et revisitées par l'auteur de façon plutôt inattendue. Ce monde est du coup assez crédible, médiéval mais avec juste ce qu'il faut de merveilleux pour qu'on soir dépaysé.
    De plus, la narration sur deux niveaux (l'histoire du Kvothe "moderne", et l'histoire du jeune Kvothe racontée par ce Kvothe plus âgé) est très intéressante. Cela nous donne dès les premières pages une assez bonne idée de la façon dont le récit de Kvothe va se terminer et des différents exploits qu'il va accomplir. Et le suspense n'est pas gâché, bien au contraire, puisque l'on meurt d'envie de savoir comment il en est arrivé là.
    Enfin, le personnage de Kvothe est fascinant dans chacune de ses versions. Certes, le jeune Kvothe est parfois trop arrogant, mais non seulement cette attitude est justifiée par ses capacités hors du commun, mais le recul du Kvothe plus âgé lui permet de reconnaître lui-même ses erreurs de jeunesse. Du coup, cela rend le personnage vraiment humain, et finalement très attachant.
    D'ailleurs, ce roman est davantage centré sur ses personnages mémorables que sur l'action. Il y a des scènes d'action, mais elles ne sont pas forcément toutes épiques. En revanche, la façon dont Kvothe ou d'autres personnages les utilisent pour créer le mythe de Kvothe est souvent plus intéressante que l'événement lui-même.
    En conclusion, oui, j'ai adoré ce livre, qui se propulse en tête de mes lectures préférées de l'année. J'ai dévoré ce pavé de plus de 600 pages en trois jours, et je me suis déjà procuré la suite. Je regrette vraiment d'avoir attendu si longtemps pour découvrir ce chef d’œuvre, bien qu'en y réfléchissant j'aurai ainsi moins de temps à patienter pour découvrir le dernier tome (prévu en 2015 en anglais).
    Si vous vous intéressez un tant soit peu à la fantasy, ou si vous voulez découvrir le genre, lisez ce livre immédiatement, ce serait un crime de passer à côté !
    Challenge Pavés 2014-2015
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    • Livres 5.00/5
    Par LittleMary226, le 24 février 2015

    LittleMary226
    C’est en lisant cet extrait d’à peine quelques lignes que j’ai eu envie de découvrir Chronique du tueur de roi, 1re journée : Le Nom du vent :
    « J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi des pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer durant le jour. J’ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels. J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent. Mon nom est Kvothe. Vous avez dû entendre parler de moi. »
    Pas vraiment convaincue de prime abord par cette plume, toutes mes appréhensions sont rapidement disparues, balayées par un enthousiasme grandissant à mesure que je m’enfonçais dans les profondeurs cette magnifique histoire. J’aurais voulu dévorer les 792 pages qui la composent d’une seule traite. J’aurais voulu ne pas m’arrêter une seule seconde, même pas pour manger ou pour dormir, tellement j’ai été envoûtée. Je me suis mise à regretter l’époque de mon école secondaire, quand je pouvais me permettre de passer jours et nuits à lire!
    (À ce moment-ci de la rédaction de mon post, je me suis intéressée à la date de parution du troisième tome. J’ai appris que ça faisait 4 ans que les anglophones l’attendaient, et j’ai eu envie de pleurer. Puis, je suis tombée sur cette réponse de l’auteur aux cinq étoiles accordées d’avance au bouquin par certains lecteurs sur le site goodreads : http://www.goodreads.com/review/show/327213074?book_show_action=true&page=1. He’s the best, seriously.)
    Ce roman m’a fait renoué avec mes anciennes amours, la fantasy. Je ne sais pourquoi je m’en étais éloignée, mais je suis maintenant convaincue que ça n’arrivera plus. Ces auteurs (Goodkind, Tolkien, Pratchett, Eddings, Gabaldon, Pullman, pour ne nommer que quelques-uns parmi ceux que j’ai lus) qui arrivent à composer de toute pièce un nouvel univers et à nous donner envie d’en faire partie, qu’importent tous les événements effroyables qui s’y produisent… Ces auteurs qui créent des personnages auxquels on s’attache de telle sorte que, le temps de quelques centaines, voire de quelques milliers de pages, notre cœur bat au rythme de leurs aventures… Ces auteurs ont de la magie dans les doigts et dans la tête, j’en suis persuadée.
    Pour en revenir au sujet principal de cette critique (oui, bon, ça tient davantage de l’éloge), l’histoire commence avec une mise en situation de quelques chapitres au cours desquels on fait la connaissance de Kote, aubergiste de son état, dont le premier nom a été Kvothe. Mais qui est cet homme d’une trentaine d’années qui semble avoir tant vécu? Que cache-t-il, sous ses airs de simple tenancier de village? C’est l’arrivée de Chroniqueur, un scribe/historien, à Newarre qui nous permettra de le découvrir. Mais, pour obtenir de Kvothe le récit de son vécu, Chroniqueur doit lui accorder trois jours, pas un de moins. C’est ainsi que sont divisés les trois tomes de cette trilogie : le premier, le deuxième (qui a été divisé en deux volumes dans sa version française étant donné l’augmentation du nombre de mots lors du passage de l’anglais au français) et le troisième jour (qui reste encore à paraître, comme mentionné plus haut).
    Je dois admettre que, dans l’extrait que je vous ai proposé, c’est la phrase « J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. » qui a vraiment allumé mon intérêt. Ça et le fait de chercher le nom du vent, évidemment. Un héros qui se retrouve dans une Université d’un autre temps, d’un autre univers, il me semble que ça ne peut qu’être palpitant. Sans parler du fait qu’il y entre jeune (comme tout bon héros doté d’une intelligence presque – non, pas presque – dangereuse pour lui et les autres), et qu’il en soit expulsé. Forcément, j’avais besoin de savoir. Pas vous? Bref, c’est quelque chose qui me fait un peu peur par rapport au tome suivant… Il est clairement établi à la fin du premier ouvrage que le temps que Kvothe à l’Université est maintenant compté. J’espère de tout mon cœur que mon intérêt ne s’émoussera pas au cours des ses autres aventures!
    Dans une autre perspective, quelque chose de vraiment intéressant, de vraiment particulier, qui pourrait vous pousser à lire ces livres-là parmi tant d’autres, c’est la place qu’accorde Ruthfoss au concept, à la structure, à l’origine, à l’évolution des histoires/légendes/mythes/etc. Un passage que j’ai trouvé spécialement jouissif, à une quarantaine de pages de la fin du premier tome, est un aparté du récit principal que nous narre Kote/Kvothe. On revient dans l’auberge où sont installés notre héros, son étudiant Bast et Chroniqueur, la plume à la main, quand entrent quelques hommes du village. Tout en se remplissant la panse, ces derniers se mettent à se raconter les palpitantes aventures du grand Kvothe, chacun y allant de sa petite anecdote, de son petit ajout, sans se douter le moins du monde que le personnage légendaire est en train de leur servir à boire. On a ainsi l’occasion d’entendre des versions altérées, « remixées », de la véritable histoire que nous a en partie contée Kote/Kvothe, certains de ces détournements étant dus au temps et au bouche-à-oreille, tandis que d’autres étant du fait même du principal concerné.
    P.S. Petite mention également à un simili tome 2.5 qui est sorti en français il y a trois mois : La Musique du Silence, une nouvelle dont l’action se déroule dans le même univers, mais qui s’attarde sur un personnage secondaire vraiment intriguant dont Kvothe a fait la rencontre au cours de son séjour à l’Université. Je n’ai pas encore eu le temps de lire ce livre, mais j’ai bien hâte de le faire!

    Lien : https://enattendantdemain.wordpress.com/2015/02/24/168/
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    • Livres 5.00/5
    Par Igguk, le 12 mai 2014

    Igguk
    Depuis quelques mois, je me suis remis à suivre un peu plus l’actualité en littérature (enfin, la littérature fantastique, fantasy, policier… Les trucs intéressants quoi, m’en fous du dernier Goncourt), et depuis j’entends beaucoup parler de Patrick Rothfuss, son nom débarque comme un rien à la moindre occasion, sur les 4ème de couv’ pour faire vendre, dans les critiques pour référence, dans des articles ou juste dans « t’as lu ça JP ? C’est cool ». Donc évidemment à un moment j’ai tenté la chose, j’ai acheté « Le nom du vent », premier tome de la « chronique du tueur de roi ». Et donc ? Ça vaut la hype ? Ça déchire sa gaine ?
    Ouais, plutôt, et même « grave » comme disent les jeunes (ou les jeunes d’il y a quelques années, qui sont donc moins jeunes, mais les jeunes suivants disent peut-être plus ça, j’arrive pas à suivre, au secours). Au début de l’histoire, Chroniqueur, le scribe célèbre et grand démystificateur, est secouru alors qu’il se fait attaquer par de sauvages bestioles. Son bienfaiteur est l’aubergiste de la bourgade d’à côté mais Chroniqueur ne se laisse pas berner, il reconnait le célèbre Kvothe, l’homme derrière la légende. Il persuade alors ce dernier de lui raconter son histoire, la vraie, lavée de toutes les élucubrations qu’ont pu y ajouter les rumeurs qui ont couru. Kvothe va alors entreprendre de lui raconter son passé, et il lui faudra trois jours pour ça. Trois jours, trois tomes, et la chronique du tueur de roi commence.
    Le nom du vent est le premier de ces jours de narration, et retrace la jeunesse de Kvothe de son enfance dans la caravane de ses parents à ses années à l’université où il est entré à un âge précoce, en passant par la pauvreté et la faim. Mais Kvothe, on s’en rend vite compte, est un génie. Il est doué pour l’art, les sciences, la magie, et la grande gueule qui va avec lui attire autant d’amis que d’ennemis. Et à travers cette histoire, la trame de fond de sa vie se dessine, ses recherches sur les Chandrians et l’apparition d’un ennemi mystique qui va attirer son attention. Je reste vague comme d’habitude, il ne s’agirait pas de vous foutre en l’air la découverte !
    A première vue, l’histoire apparaît comme un peu foutoir, un gros fourre-tout sous forme de quête initiatique et de récit de jeunesse, mais ce qui lie le tout est d’une part le caractère du héros qui est loin des stéréotypes de « l’élu destiné à sauver le monde », c’est un génie un poil arrogant, pas toujours exemplaire mais vraiment attachant et original. Mais on assiste surtout à une démonstration de narration, Patrick Rothfuss donne vie à son histoire par la beauté de l’écriture, le rythme, les chants, les mots. Que ce soit dans la forme et même dans le fond (Kvothe est un Edema Ruh, un comédien né, chanteur, musicien), l’art et les mots ont une grande importance et tout au long du livre on a vraiment l’impression qu’un type est devant nous en train de nous raconter tout ça, et ce type est un conteur foutrement doué.
    Ici point de grandes scènes de bataille épique ou de nobles guerriers résistant à un envahisseur en surnombre, on reste (pour le moment ?) sur une histoire proche des personnages dans un monde moyenâgeux où la magie est un peu scientifique et la science un peu magique, où de petits mystères se cachent et la connaissance est la meilleure arme qui soit. On passe dans les tavernes, les salles de classes, les rues sales et sous les toits gelés, tout est question d’ambiance à chaque chapitre et on plonge vraiment dans l’univers. Certaines scènes arrivent à emporter le lecteur à un point rarement atteint en fantasy (Oui, la représentation sur scène de Kvothe à L’Eolian est un grand moment de lecture). L’écriture fine et subtile fonctionne vraiment bien.
    Finalement, l’auteur parvient à nous faire vivre la vie de Kvothe et nous embarque sans problème dans chaque aventure qu’il traverse, ce « jour un » est vraiment un excellent début pour cette saga. La suite, le jour 2, est encore plus longue et a du être découpée en deux tomes par l’éditeur (le premier fait déjà ses 800 pages bien tassées). Espérons qu’ils tiennent le niveau.

    Lien : http://ours-inculte.fr/le-nom-du-vent/
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    • Livres 5.00/5
    Par Sando, le 01 juillet 2013

    Sando
    Il n'est pas donné à tout le monde de devenir une légende. Seuls quelques-uns, les plus courageux, les plus téméraires et les plus talentueux ont une chance de marquer les esprits... Mais à quel prix ? Quels sacrifices faut-il être prêt à faire pour rentrer dans l'Histoire ?
    C'est ce que l'on va découvrir à travers le récit de Kvothe, dont le destin extraordinaire a marqué à jamais les Quatre Coins de la civilisation. Sentant venir sa fin, alors même qu'il n'a pas trente ans, cet homme à la chevelure d'un rouge flamboyant, reconverti en aubergiste, va conter son histoire dans les moindres détails à Chroniqueur, un colporteur itinérant. Réputé pour être l'un des plus grands magiciens de tout les temps et pour avoir accompli un bon nombre d'exploits, Kvothe va rétablir la vérité sur sa vie, renouant ainsi, sur une période de trois jours, avec celui qu'il a été…
    Ce premier tome se déroule sur un jour et décrit la jeunesse de Kvothe, du temps où il parcourait les routes avec sa famille, une troupe de comédiens itinérants appartenant aux Edema Ruh, ainsi que ses années de mendicité dans une ville impitoyable, puis son entrée à l'université et son apprentissage des sciences et de la magie… Il raconte sa jeunesse, profondément marquée par l'art, par l'amour des siens et par les tragédies. Il confie sa haine pour les Chandrians, ces démons impitoyables et responsables de son plus grand malheur et son désir de vengeance qui n'aura de cesse d'être assouvi…
    Peu habituée à lire de la Fantasy, j'ai été complètement conquise et captivée par ce premier tome ! 800 pages qui se tournent toutes seules et ne donnent qu'une envie : se jeter sur la suite ! Difficile de résister à ce personnage flamboyant et passionné, musicien hors pair, animé d'une rage de vivre et d'une force de caractère impressionnants, qui séduit également par sa candeur, sa fragilité et son innocence. Bref, Kvothe est un héros comme on les aime, avec sa part d'ombre et ses faiblesses et pour lequel on ressent une empathie naturelle. Par ailleurs, les personnages secondaires ne sont pas en reste, loin de là ! Chacun contribue à créer la légende, que ce soit Ben, son premier professeur, la jolie et imprévisible Denna, le terrible Ambrose ou ses maîtres à l'université… Un premier tome qui pose donc les fondations de tout un univers moyenâgeux peuplé de magie, de croyances, de démons et de créatures fantastiques et nous livre les prémices d'une quête qui promet de prendre toute son ampleur dans les tomes suivants… Un roman d'aventure palpitant et addictif, habilement mené qu'il est difficile de lâcher une fois commencé…
    Un énorme merci à Babelio et à Bragelonne pour ce partenariat Masse Critique !
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Citations et extraits

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  • Par LittleMary226, le 23 février 2015

    C’est comme pour l’océan. Je peux toujours vous parler des vagues et de l’eau, mais vous commencerez seulement à vous en faire une petite idée quand vous vous tiendrez au bord du rivage. Vous ne pouvez pas réellement comprendre l’océan avant de ne vous trouver en plein milieu, avec rien d’autre que de l’océan de tous les côtés, et qui s’étend à l’infini. C’est seulement à ce moment-là que vous prenez conscience de votre insignifiance, de votre vulnérabilité.
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  • Par LittleMary226, le 24 février 2015

    Utiliser des mots pour parler de mots, c’est comme se servir d’un crayon pour dessiner ce crayon, sur ce crayon.

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  • Par LittleMary226, le 23 février 2015

    — Que m’as-tu apporté ? a-t-elle demandé d’une voix tout excitée.
    — Et toi, que m’as-tu apporté ? l’ai-je taquinée en souriant.
    Elle a souri à son tour et ouvert une main. Quelque chose a lui sous la clarté des étoiles.
    — Une clé, a-t-elle annoncé fièrement en me la tendant.
    Je l’ai prise. Elle pesait agréablement dans ma main.
    — C’est très gentil. Et qu’est-ce qu’elle ouvre ?
    — La lune, a-t-elle répondu d’un air grave.
    — Ça peut être utile.
    — C’est ce que je me suis dit. Comme ça, s’il y a une porte sur la lune, tu pourras l’ouvrir.
    Elle s’est assise en tailleur tout au bord du toit et m’a souri.
    — Ce qui ne veut pas dire que j’encouragerais une entreprise aussi périlleuse, a-t-elle ajouté.
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  • Par LittleMary226, le 23 février 2015

    - Alors, tu as trouvé ? a-t-elle demandé.
    - Quoi donc ?
    - Mais, ce que je fais là ! a-t-elle expliqué avec un gentil sourire. Je me suis posé cette question toute ma vie. Je m'étais dit que tu en avais peut-être une idée...

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  • Par LittleMary226, le 23 février 2015

    Celui qui prend les garçons pour de doux agneaux innocents n’a jamais été un enfant lui-même, ou bien l’a oublié. Et celui qui croit les hommes incapables de faire le mal et de se montrer cruels ne doit pas souvent mettre le nez dehors.

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