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> Colette Carrière (Traducteur)

ISBN : 2352942837
Éditeur : Bragelonne (2009)


Note moyenne : 4.47/5 (sur 224 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
J'ai libéré des princesses. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'oserait même évoquer. J'ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J'ai été exclu de l'Univ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Allison, le 16 mai 2014

    Allison
    Le Nom du Vent est un de mes livres préférés, un coup de cœur comme j'en ai rarement eu. J'écris cette critique après une relecture qui m'a été tout aussi agréable que l'avait été la première. J'ai été à nouveau emportée par l'histoire de Kvothe et je confirme que ce livre est définitivement l'un des meilleurs que j'ai eu entre les mains.

    On y rencontre Chroniqueur, jeune scribe et grand biographe de renom, lequel se fait sauver de l'attaque d'une créature arachnide terrifiante par l'aubergiste d'un petit village reculé et perdu. Mais Chroniqueur ne se laisse pas berner par l'apparente banalité de l'aubergiste qui dit s'appeler Kote, d'autant qu'il a fait le déplacement exprès pour lui. Il s'agit de Kvothe, célèbre arcaniste, musicien légendaire et tueur de roi. Chroniqueur veut son histoire à tout prix, même si cela doit lui coûter trois jours de sa vie overbookée de biographe super connu, même si d'habitude, une journée suffit pour quelqu'un d'aussi jeune que Kvothe, même s'il avait des choses à faire et même s'il doit endurer la présence inquiétante de Bast, l'étrange ami et apprenti de Kvothe...

    Kvothe se lance alors dans le récit de sa vie, débutant par sa jeunesse dans la troupe des meilleurs comédiens itinérants qui soient avant de raconter son entrée à l'Université où il apprendra la magie toute scientifique qu'est le sympathisme, magie crédible, palpable, que l'on a presque l'impression de pouvoir pratiquer nous aussi. Mais ne vous laissez pas berner, on est loin d'une belle histoire de sorcellerie, l'histoire de Kvothe est tragique et sa vie repose sur le drame qui le touchera alors qu'il n'est qu'un enfant... On découvre alors que le jeune Kvothe n'a que deux idées en têtes. La première, c'est d'en savoir plus sur les Chandrians, ces mystérieux croquemitaines issus des légendes et devenus de simples contes pour enfants aux yeux de tous... Et Kvothe veut apprendre le Nom du Vent. La vraie magie, la magie des Noms, celle de Taborlin le Grand.

    Si vous me connaissez un minimum, vous aurez remarqué que je répète souvent à quel point je déteste les héros parfaits. Pourtant ici, Kvothe est quasiment le meilleur dans tout ce qu'il entreprend, et il le sait. Son insupportable arrogance est pardonnée par le fait qu'il ait raison et que ça lui retombe souvent en travers de la figure, mais je vous laisse découvrir par vous même comment on se fait des ennemis à l'Université. Mais surtout, le personnage de Kvothe prend tout son sens dans son parallèle avec Kote, l'aubergiste insignifiant, presque déprimant. Malgré son apparente perfection, on sait avant même que l'histoire ne commence que Kvothe finira tout seul dans cette auberge reculée. Et on meurt d'envie de savoir pourquoi.

    Patrick Rothfuss a créé une mythologie et un culte tout nouveaux, ainsi que des légendes passionnantes contées par différents protagonistes au fur et à mesure de l'histoire. le mystère qui entoure les Chandrians, les Amyrs, Landre et Telhu est très épais et sombre et Kvothe a bien du courage de tenter de démêler le vrai du faux... Si je meurs d'impatience d'avoir la fin entre les mains, je meurs aussi de peur !

    J'ajouterais quelques mots sur la place accordée à la musique dans l'histoire de Kvothe. Quel que soit votre rapport à la musique, vous serez touché par la place qu'elle occupe dans la vie du héros. La scène de l'Eolian m'a coupée le souffle et faite pleurer par deux fois, et j'ai été émue comme rarement je l'ai été par la relation qui unit Kvothe et son luth. Ça peut sembler bébête comme ça, mais croyez moi, ça vous donnera des frissons.

    Je ne veux pas trop en révéler afin de vous laisser le plaisir de la découverte, je dirais donc juste un dernier petit mot sur les personnages de la saga, lesquels sont tous très particuliers et très bien travaillés. Vous rencontrerez beaucoup de femmes, et toutes seront belles et fortes (la palme à Devi, que j'aime beaucoup) Vous rêverez d'avoir certains personnages comme ami ou comme professeur et vous serez trèèès heureux que d'autres ne le soient pas. Beaucoup sont touchés par la folie, qu'elle soit douce ou... pas du tout. Elodin et Auri vous feront sourire plus d'une fois. Auri aura même droit à une nouvelle rien que pour elle, The Slow Regard of Silent Thing, qui sort en V.O. à la fin de l'année... Et que j'attends avec grande impatience.

    Le style est très bon, fluide, poétique – non, musical, Kvothe prendrait mal que je parle de poésie – et aurait pu être parfait sans quelques erreurs de traduction que j'avoue ne pas avoir remarqué lors de ma première lecture. La deuxième fois, des phrases comme « Il se remit en chemin et emprunta le chemin [...] » m'ont un peu dérangée, mais on pardonne facilement au traducteur ces quelques erreurs face à son excellent travail sur l'ensemble de l'œuvre. Et c'est vraiment le seul défaut que j'ai pu trouver au roman.

    Je ne peux pas parler du Nom du Vent sans parler de sa couverture. Elle est absolument parfaite, à mes yeux indissociable du roman tant elle est en parfaite adéquation avec l'histoire. Elle n'a d'égale que les couvertures des deux parties de La Peur du Sage, tout aussi belles. Elle est signée Marc Simonetti (lequel a lancé un crossfunding pour la sortie de son artbook et je vous encourage fortement à participer)

    Je conseille ce roman a tout le monde, même à vous qui avez la fantasy en horreur, car il vous fera changer d'avis. Je vous interdit de ne pas l'aimer. C'est mon coup de cœur absolu, et il n'a été détrôné que dernièrement par la deuxième partie de sa suite, La Peur du Sage, qui a repoussé les limites de la perfection. Lancez vous !

    Lien : http://allison-line.blogspot.fr/2014/05/chronique-du-tueur-de-roi-pr..
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    • Livres 5.00/5
    Par Shenandoah, le 13 septembre 2014

    Shenandoah
    Parfois, mon esprit de contradiction me force à repousser la lecture de livres aux critiques pourtant élogieuses. Ainsi, ce roman était dans ma liste de livres à lire au moins depuis sa parution française, et si je n'étais pas tombée dessus par hasard dans ma bibliothèque, j'aurais peut-être attendu encore des années avant de le lire. Et ça aurait sans doute été la pire erreur de ma vie tant ce roman est incroyable.
    Kote est aubergiste dans un petit village isolé. Un jour, il sauve la vie de Chroniqueur, un biographe renommé, qui reconnaît en lui le légendaire Kvothe, supposé mort. Mais pourquoi ce héros qui a accompli tant de prouesses a-t-il décidé de disparaître en se faisant passer pour mort ? Chroniqueur va le convaincre de lui raconter son histoire, ce que Kvothe accepte à condition d'étaler son récit sur trois jours (chacun des tomes de la trilogie correspondant ainsi à une journée de récit).
    J'ai été emportée dès les premières lignes par la plume grandiose de Patrick Rothfuss. Il a un talent extraordinaire pour créer des ambiances ou évoquer des sentiments, et certaines scènes m'ont donné la chair de poule tant les émotions ressenties étaient intenses. Le passage à L'Eolian est à ce titre absolument magistral. Je ne sais pas si l'auteur est lui-même musicien, mais je n'ai jamais lu de la musique aussi bien décrite.
    Évidemment, pour faire un bon roman il faut aussi une bonne histoire, et c'est une réussite également à ce niveau.
    Déjà, l'univers crée par l'auteur fonctionne très bien, avec un système de magie original et bien équilibré, qui ne permet pas de résoudre tous les problèmes. Là-dessus viennent s'ajouter quelques créatures magiques, si rares que ce sont quasiment des légendes, et revisitées par l'auteur de façon plutôt inattendue. Ce monde est du coup assez crédible, médiéval mais avec juste ce qu'il faut de merveilleux pour qu'on soir dépaysé.
    De plus, la narration sur deux niveaux (l'histoire du Kvothe "moderne", et l'histoire du jeune Kvothe racontée par ce Kvothe plus âgé) est très intéressante. Cela nous donne dès les premières pages une assez bonne idée de la façon dont le récit de Kvothe va se terminer et des différents exploits qu'il va accomplir. Et le suspense n'est pas gâché, bien au contraire, puisque l'on meurt d'envie de savoir comment il en est arrivé là.
    Enfin, le personnage de Kvothe est fascinant dans chacune de ses versions. Certes, le jeune Kvothe est parfois trop arrogant, mais non seulement cette attitude est justifiée par ses capacités hors du commun, mais le recul du Kvothe plus âgé lui permet de reconnaître lui-même ses erreurs de jeunesse. Du coup, cela rend le personnage vraiment humain, et finalement très attachant.
    D'ailleurs, ce roman est davantage centré sur ses personnages mémorables que sur l'action. Il y a des scènes d'action, mais elles ne sont pas forcément toutes épiques. En revanche, la façon dont Kvothe ou d'autres personnages les utilisent pour créer le mythe de Kvothe est souvent plus intéressante que l'événement lui-même.
    En conclusion, oui, j'ai adoré ce livre, qui se propulse en tête de mes lectures préférées de l'année. J'ai dévoré ce pavé de plus de 600 pages en trois jours, et je me suis déjà procuré la suite. Je regrette vraiment d'avoir attendu si longtemps pour découvrir ce chef d’œuvre, bien qu'en y réfléchissant j'aurai ainsi moins de temps à patienter pour découvrir le dernier tome (prévu en 2015 en anglais).
    Si vous vous intéressez un tant soit peu à la fantasy, ou si vous voulez découvrir le genre, lisez ce livre immédiatement, ce serait un crime de passer à côté !
    Challenge Pavés 2014-2015
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    • Livres 5.00/5
    Par Igguk, le 12 mai 2014

    Igguk
    Depuis quelques mois, je me suis remis à suivre un peu plus l’actualité en littérature (enfin, la littérature fantastique, fantasy, policier… Les trucs intéressants quoi, m’en fous du dernier Goncourt), et depuis j’entends beaucoup parler de Patrick Rothfuss, son nom débarque comme un rien à la moindre occasion, sur les 4ème de couv’ pour faire vendre, dans les critiques pour référence, dans des articles ou juste dans « t’as lu ça JP ? C’est cool ». Donc évidemment à un moment j’ai tenté la chose, j’ai acheté « Le nom du vent », premier tome de la « chronique du tueur de roi ». Et donc ? Ça vaut la hype ? Ça déchire sa gaine ?
    Ouais, plutôt, et même « grave » comme disent les jeunes (ou les jeunes d’il y a quelques années, qui sont donc moins jeunes, mais les jeunes suivants disent peut-être plus ça, j’arrive pas à suivre, au secours). Au début de l’histoire, Chroniqueur, le scribe célèbre et grand démystificateur, est secouru alors qu’il se fait attaquer par de sauvages bestioles. Son bienfaiteur est l’aubergiste de la bourgade d’à côté mais Chroniqueur ne se laisse pas berner, il reconnait le célèbre Kvothe, l’homme derrière la légende. Il persuade alors ce dernier de lui raconter son histoire, la vraie, lavée de toutes les élucubrations qu’ont pu y ajouter les rumeurs qui ont couru. Kvothe va alors entreprendre de lui raconter son passé, et il lui faudra trois jours pour ça. Trois jours, trois tomes, et la chronique du tueur de roi commence.
    Le nom du vent est le premier de ces jours de narration, et retrace la jeunesse de Kvothe de son enfance dans la caravane de ses parents à ses années à l’université où il est entré à un âge précoce, en passant par la pauvreté et la faim. Mais Kvothe, on s’en rend vite compte, est un génie. Il est doué pour l’art, les sciences, la magie, et la grande gueule qui va avec lui attire autant d’amis que d’ennemis. Et à travers cette histoire, la trame de fond de sa vie se dessine, ses recherches sur les Chandrians et l’apparition d’un ennemi mystique qui va attirer son attention. Je reste vague comme d’habitude, il ne s’agirait pas de vous foutre en l’air la découverte !
    A première vue, l’histoire apparaît comme un peu foutoir, un gros fourre-tout sous forme de quête initiatique et de récit de jeunesse, mais ce qui lie le tout est d’une part le caractère du héros qui est loin des stéréotypes de « l’élu destiné à sauver le monde », c’est un génie un poil arrogant, pas toujours exemplaire mais vraiment attachant et original. Mais on assiste surtout à une démonstration de narration, Patrick Rothfuss donne vie à son histoire par la beauté de l’écriture, le rythme, les chants, les mots. Que ce soit dans la forme et même dans le fond (Kvothe est un Edema Ruh, un comédien né, chanteur, musicien), l’art et les mots ont une grande importance et tout au long du livre on a vraiment l’impression qu’un type est devant nous en train de nous raconter tout ça, et ce type est un conteur foutrement doué.
    Ici point de grandes scènes de bataille épique ou de nobles guerriers résistant à un envahisseur en surnombre, on reste (pour le moment ?) sur une histoire proche des personnages dans un monde moyenâgeux où la magie est un peu scientifique et la science un peu magique, où de petits mystères se cachent et la connaissance est la meilleure arme qui soit. On passe dans les tavernes, les salles de classes, les rues sales et sous les toits gelés, tout est question d’ambiance à chaque chapitre et on plonge vraiment dans l’univers. Certaines scènes arrivent à emporter le lecteur à un point rarement atteint en fantasy (Oui, la représentation sur scène de Kvothe à L’Eolian est un grand moment de lecture). L’écriture fine et subtile fonctionne vraiment bien.
    Finalement, l’auteur parvient à nous faire vivre la vie de Kvothe et nous embarque sans problème dans chaque aventure qu’il traverse, ce « jour un » est vraiment un excellent début pour cette saga. La suite, le jour 2, est encore plus longue et a du être découpée en deux tomes par l’éditeur (le premier fait déjà ses 800 pages bien tassées). Espérons qu’ils tiennent le niveau.

    Lien : http://ours-inculte.fr/le-nom-du-vent/
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    • Livres 5.00/5
    Par Sando, le 01 juillet 2013

    Sando
    Il n'est pas donné à tout le monde de devenir une légende. Seuls quelques-uns, les plus courageux, les plus téméraires et les plus talentueux ont une chance de marquer les esprits... Mais à quel prix ? Quels sacrifices faut-il être prêt à faire pour rentrer dans l'Histoire ?
    C'est ce que l'on va découvrir à travers le récit de Kvothe, dont le destin extraordinaire a marqué à jamais les Quatre Coins de la civilisation. Sentant venir sa fin, alors même qu'il n'a pas trente ans, cet homme à la chevelure d'un rouge flamboyant, reconverti en aubergiste, va conter son histoire dans les moindres détails à Chroniqueur, un colporteur itinérant. Réputé pour être l'un des plus grands magiciens de tout les temps et pour avoir accompli un bon nombre d'exploits, Kvothe va rétablir la vérité sur sa vie, renouant ainsi, sur une période de trois jours, avec celui qu'il a été…
    Ce premier tome se déroule sur un jour et décrit la jeunesse de Kvothe, du temps où il parcourait les routes avec sa famille, une troupe de comédiens itinérants appartenant aux Edema Ruh, ainsi que ses années de mendicité dans une ville impitoyable, puis son entrée à l'université et son apprentissage des sciences et de la magie… Il raconte sa jeunesse, profondément marquée par l'art, par l'amour des siens et par les tragédies. Il confie sa haine pour les Chandrians, ces démons impitoyables et responsables de son plus grand malheur et son désir de vengeance qui n'aura de cesse d'être assouvi…
    Peu habituée à lire de la Fantasy, j'ai été complètement conquise et captivée par ce premier tome ! 800 pages qui se tournent toutes seules et ne donnent qu'une envie : se jeter sur la suite ! Difficile de résister à ce personnage flamboyant et passionné, musicien hors pair, animé d'une rage de vivre et d'une force de caractère impressionnants, qui séduit également par sa candeur, sa fragilité et son innocence. Bref, Kvothe est un héros comme on les aime, avec sa part d'ombre et ses faiblesses et pour lequel on ressent une empathie naturelle. Par ailleurs, les personnages secondaires ne sont pas en reste, loin de là ! Chacun contribue à créer la légende, que ce soit Ben, son premier professeur, la jolie et imprévisible Denna, le terrible Ambrose ou ses maîtres à l'université… Un premier tome qui pose donc les fondations de tout un univers moyenâgeux peuplé de magie, de croyances, de démons et de créatures fantastiques et nous livre les prémices d'une quête qui promet de prendre toute son ampleur dans les tomes suivants… Un roman d'aventure palpitant et addictif, habilement mené qu'il est difficile de lâcher une fois commencé…
    Un énorme merci à Babelio et à Bragelonne pour ce partenariat Masse Critique !
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    • Livres 4.00/5
    Par boudicca, le 08 avril 2012

    boudicca
    Premier tome de la trilogie « Chronique du tueur de roi » et premier roman de Patrick Rothfuss, « Le nom du vent » fut une véritable claque. On y découvre le personnage de Kvothe, arcaniste légendaire désormais retiré du monde, qui nous propose un récit de sa vie et de ses aventures, le tout relaté en l'espace de trois jours (« Le nom du vent » correspondant à la première journée de narration). On est très vite happé par l'univers fascinant dépeint par l'auteur, tant par les paysages et villes évoqués que par l'originalité et la complexité du système de magie élaboré. Tout au long du roman on suit donc le parcours de ce tout jeune héros qui nous fait découvrir tour à tour le quotidien et les coutumes du peuple itinérants des Edema Ruh, les bas-fonds mal famés de la ville de Tarbean, et enfin et surtout la fameuse Université de magie d'Imre qui ne manquera pas de ravir n'importe quel fan d'Harry Potter, bien que la comparaison avec les romans de J. K. Rowling s'arrête là.
    De la première à la toute dernière page, l'histoire se fait passionnante, à tel point qu'il devient difficile de lâcher ce pavé de près de 800 pages qui, grâce au talent de conteur exceptionnel de Patrick Rothfuss, se lit avec une rapidité déconcertante. Si à certains moments l'intrigue n'avance guère, le narrateur se concentrant sur le récit de ses études, ses amours ou sa musique, jamais l'intérêt du lecteur ne vacille tant la plume de l'auteur nous rend le personnage attachant. Difficile sur ce point de ne pas penser à Robin Hobb et à son célèbre personnage de Fitz, héros de la série « L'assassin royal ». Certaines scènes sont véritablement bouleversantes (notamment la performance musicale de Kvothe à l'Eolian) tout comme les personnages, tour à tour attachants, drôles, surprenants ou intrigants (la palme d'or revenant ici au déjanté Elodin, « maître nommeur »).
    Vous l'aurez compris ce livre fut un véritable coup de cœur et j'attends avec beaucoup d'impatience de découvrir le second volume, « La Peur du Sage », qui sera pour sa part découpé en deux volumes.
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Citations et extraits

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  • Par TeaSpoon, le 02 octobre 2013

    [...] Tu as traversé les flammes et j'ai su que tout se passerait bien.
    Elle a fait un petit pas vers moi et m'a posé la main sur le bras. J'ai senti la chaleur de ses doigts à travers ma chemise.
    - J'allais mourir et... (Elle s'est tue, embarrassée.) Je ne fais que me répéter.
    J'ai secoué la tête.
    - C'est faux. Je t'ai vue. Tu cherchais à t'échapper.
    - Non, j'étais figée, comme une de ces filles idiotes des histoires que me lisait ma mère. Je les ai toujours détestées, ces filles. Je me demandais toujours: Mais pourquoi elle ne pousse pas la sorcière à la fenêtre? Pourquoi ne glisse-t-elle pas du poison dans la nourriture de l'ogre?
    Fela regardait ses pieds, à présent. Les cheveux tombaient en pluie sur son visage. Sa voix s'est faite moins forte, jusqu'à ne plus être qu'un murmure.
    - Pourquoi reste-t-elle assise là comme une idiote, en attendant qu'on vienne la sauver? Pourquoi ne se sauve-t-elle pas par ses propres moyens?
    J'ai posé la main sur la sienne en espérant la réconforter. J'ai alors remarqué que sa main n'était pas la petit chose délicate et fragile à laquelle je m'étais attendu. Elle était ferme et calleuse. C'était celle d'un sculpteur qui a connu des heures de dur labeur à manier le ciseau et le marteau.
    - On ne dirait pas la main d'une oie blanche, ai-je remarqué.
    Elle m'a regardé, les yeux brillants de larmes, et a eu un petit rire qui s'est étranglé en sanglot.
    - Comment?
    J'ai rougi en me rendant compte de ce que j'avais dit, mais je suis passé outre.
    - Ce n'est pas la main d'une princesse sujette aux pâmoisons qui se contente de rester assise en triturant son morceau de dentelle en attendant qu'un prince vienne à sa rescousse. C'est la main d'une femme qui, pour s'évader, grimperait à une corde qu'elle aurait tressée avec ses propres cheveux. Une femme qui étranglerait l'ogre dans son sommeil, ai-je dit en la regardant droit dans les yeux. C'est aussi la main d'une femme qui aurait pu échapper aux flammes par ses propres moyens, si je n'avais pas été là. Les vêtements roussis, peut-être, mais saine et sauve.
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  • Par Lefso, le 23 avril 2011

    La plus remarquable des facultés de notre esprit est sans doute sa capacité à faire face à la douleur. Selon la pensée classique, l'esprit est doté de quatre portes, que chacun franchit selon la nécessité qui l'y pousse.
    La première, c'est celle du sommeil. Le sommeil nous procure un abri loin du onde et de toutes ses souffrances. Le sommeil facilite la passage du temps, mettant à distance ce qui nous fait mal. Lorsqu'une personne est blessée, bien souvent, elle perd connaissance. De même, quelqu'un qui apprend une nouvelle bouleversante pourra s'évanouir. franchir cette première porte, c'est la façon dont l'esprit se protège de la douleur.
    La deuxième porte est celle de l'oubli. Il est des blessures trop profondes pour guérir, du moins pour s'en rétablir promptement. De surcroît, nombre de souvenirs sont tout simplement trop douloureux et on ne peut en espérer aucun apaisement. Le vieux dicton selon lequel "le temps guérit tous les maux" est faux. Le temps guérit la plupart des maux. Le reste est dissimulé derrière cette porte.
    La troisième porte est celle de la folie. Il y a des moments où 'esprit subit un tel choc qu'il se réfugie dans la démence. Bien qu'il semble difficile de pouvoir en tirer quelque bénéfice que ce soit, c'est pourtant le cas : il est des moments où la réalité n'est que souffrance et pour échapper à cette souffrance, l'esprit doit s'affranchir de la réalité.
    La dernière porte est celle de la mort. L'ultime recours. Rien ne peut nous atteindre une fois que nous sommes morts, du moins c'est ce que l'on nous a dit.
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  • Par Acr0, le 18 septembre 2009

    Mon nom est Kvothe, ce qui se prononce presque comme « Quoth ». Les noms sont importants, car ils en disent long sur une personne. J'ai moi-même eu bien plus de noms qu'on a le droit d'en porter.

    Les Adems m'appellent Maedre. Ce qui, selon la façon dont on le prononce, peut vouloir dire « La Flamme », « Le Tonnerre » ou « L'Arbre fendu ».

    « La Flamme », c'est évident à peine m'a-t-on aperçu. Mes cheveux sont d'un roux flamboyant. Si j'étais né quelques siècles plus tôt, on m'aurait sans doute pris pour un démon et brûlé vif. Je les coupe court, mais ils sont d'une nature rebelle. Dès que je les laisse pousser, ils se hérissent et on dirait que j'ai pris feu.

    « Le Tonnerre », je l'attribue à ma voix de baryton et au fait que j'ai arpenté les tréteaux des théâtres dès mon plus jeune âge.

    Je n'ai jamais trouvé que « L'Arbre fendu » soit très significatif. Bien que, avec le recul, j'imagine que l'on pourrait considérer ce surnom comme en partie prophétique.

    Mon premier mentor m'appelait E'lir, parce que j'étais malin et que je le savais. Ma première véritable maîtresse m'appelait Dulator parce qu'elle en aimait la sonorité. J'ai aussi porté le nom de Shadicar, de Doigts légers et de Six Cordes. On m'a aussi appelé Kvothe, Celui qui ne saigne pas, Kvothe l'Arcaniste, Kvothe le Tueur de Roi. Tous ces noms-là, je les ai gagnés. Je les ai mérités et j'ai payé pour chacun d'entre eux.

    Mais j'ai grandi sous le nom de Kvothe. Mon père m'a dit une fois que ça signifiait « savoir ». Bien entendu, on m'a donné bien d'autres noms. La plupart étaient fort grossiers, mais ils n'étaient pas souvent usurpés.
    J'ai libéré des princesses retenues dans les tumulus de rois. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai passé une nuit en compagnie de Felurian et m'en suis sorti la vie sauve et en possession de tous mes esprits. J'ai été chassé de l'Université à un âge où la plupart n'y sont pas encore admis. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'osera
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  • Par TeaSpoon, le 01 octobre 2013

    - Je t'ai apporté des tomates et des haricots mais aussi quelque chose de très spécial...
    Je lui ai montré le sachet pour lequel j'avais dépensé presque tout mon argent, deux jours plus tôt, avant que tous mes ennuis commencent.
    - Du sel de mer.
    Auri l'a pris et a regardé à l'intérieur du petit sac en cuir.
    - Mais c'est merveilleux, Kvothe! Qui est-ce qui vit dans le sel?
    Des traces de minéraux, me suis-je dit. Chrome, bassal, malium, iode... tout ce dont ton corps a besoin mais que les pommes, le pain et les restes que tu parviens à grappiller ne peuvent lui procurer.
    - Les rêves des poissons, ai-je répondu. Et les chants de marins.
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  • Par brigaldufenec, le 24 avril 2013

    Une corde s'était cassée. Elle a claqué très haut sur le manche m'accrochant le dos de la main au passage pour y laisser une fine trace sanglante.
    Je suis resté hébété. Elle n'aurait pas dû casser. Pas une seule des cordes de mon luth n'était usée à ce point. Pourtant cela s'était produit et, lorsque les derniers échos de la musique se sont tus, j'ai senti le public commencer à s'agiter. Les auditeurs émergeaient du rêve éveillé que j'avais tissé pour eux avec les fils de ma chanson.
    Dans le silence, je l'ai senti s'effilocher, tirant le public d'un songe inachevé et détruisant tous mes efforts. Alors que pendant ce temps, ce qui brûlait en moi, c'était la chanson. La chanson!
    Sans savoir ce que je faisais, j'ai reposé mes doigts sur les cordes et je suis descendu en moi-même. J'y ai retrouvé le temps où les coussinets de mes doigts étaient endurcis par un cal et où ma musique m'était aussi naturelle que ma respiration. Je suis revenu à l'époque où j'avais tiré d'un luth à six cordes le bruit du Vent qui fait virevolter une feuille.
    Je me suis remis à jouer. Lentement, tout d'abord, puis avec une vélocité plus grande au fur et à mesure que mes doigts se souvenaient. J'ai réuni les brins effilochés de ma chanson pour leur faire reprendre la place qu'ils avaient occupée un instant plus tôt. Ce n'était pas parfait .....mais j'étais parvenu à faire passer l'émotion et j'ai senti le public se détendre, soupirer et retomber doucement sous l'influence du sortilège que j'avais créé à son intention.
    J'ai cessé de penser au public. Une minute plus tard, je l'avais complètement oublié. Mes mains dansaient, couraient et se fondaient avec les cordes tandis que je luttais pour que les deux voix de mon luth continuent à chanter avec la mienne. Puis j'ai oublié mes doigts, alors même que mes yeux étaient rivés dessus. J'ai tout oublié, obnubilé par l'idée de mener ma chanson jusqu'à son terme.
    Le refrain est arrivé et Aloine a repris la parole. Pour moi, ce n'était pas un être humain ni même une voix, c'était seulement une partie de la chanson qui jaillissait de moi tel un flot de lave brûlant.
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