Les grands bonheurs et les petits malheurs d'une gamine dans les années 1950.
Entrer dans l'eau sans se mouiller, jouer aux osselets, se mettre sur son trente et un pour la messe du dimanche, raconter des secrets aux copines, se préoccuper des garçons avec désinv... > voir plus
Ce livre est passionnant au sens où sont reconstitués de façon extrêmement méticuleuse, voire gourmande le rôle et les passions des petites filles du début des années 1950, à une époque où le monde transitait vraiment du XIXe au XXe siècle.
A conseiller à tous les jeunes qui n'ont pas connu cette enfance-là où l'on s'amusait d'un rien, où l'on était sûrement plus créatif que de nos jours...
C'est un livre non seulement instructif mais écrit dans un style très beau.
A tous les amoureux de notre belle langue française !!
Seul bémol, les descriptions sont tellement minutieuses que certains lecteurs les trouveront un peu longues.
Qui n'a pas joué il y a 50 ans à faire du Land art sans le savoir ? Marie Rouanet nous plonge dans cet univers des vacances sans internet, ni télé quand on faisait marcher son imagination. Des centaines de jeux autour des plantes, fruits, noyaux et autres objets de récupération qui nous servaient Nous les filles à refaire le monde magique de nos parents. Un brin nostalgique mais un régal
un texte un brin nostalgique peut-être, mais superbement écrit, je l'ai dévoré au jardin, par un chaud après-midi de fin août... J'ai bien apprécié aussi, pour ceux qui veulent aller plus loin, les règles et variantes de certains jeux d'enfants, plutôt de fillettes, de la marelle, des osselets (joués différemment des garçons), etc. Assurément un témoignage qui servira dans le futur aux ethnologues (il y en a toujours aujourd'hui qui étudient les relations entre filles et entre garçons dans les cours d'école...). Et j'ai appris le secret de l'antipetitsserpentigraphe, dans le jeu des métiers (faire deviner par un mime ou des questions un métier), mais chut... la signification est réservée aux initié(e)s. Il vous faudra donc lire ce livre !
Certes, parfois grâce à la dévotion, la vie de tous les jours gagnait en mystère et grandeur, mais nous investissions si fort le sacré d notre puissance de jeu que nous habitions la vie religieuse comme les trottoirs du quartier, saisissant toutes ses particularités, les faisant servir à des usages inattendus.
Ce qui paraissait inutile devenait parfois pour nous essentiel. On avait beau nous dire que l’important est ailleurs, nous revenions sans cesse à l’accessoire, au futile qui faisaient notre joie et nous subissions l’essentiel.
La saponaire poussée « exprès » au bord de l’eau pour qu’on puisse se laver les mains; le mouron semé d’yeux de Jésus et d’yeux de Joseph; la passiflore recélant la couronne d’épines du Christ et les clous de la crucifixion; les graines duveteuses du chardon qui passaient dans l’air de l’été, insaisissables comme des bulles- nous les appelions des « anges » et nous ne doutions pas de leur essence divine à cause de leur couleur et de leur légèreté; les enfants de cœur cachés dans le bouton du coquelicot- d‘où in ne restait plus qu‘à les faire jaillir ; le fruit de l’iris qui ressemblait à une courgette ; toutes ces multiples magies du monde nous apparaissaient comme autant de manifestations de la Providence.