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ISBN : 2841092348
Éditeur : Le Temps des Cerises


Note moyenne : 4.31/5 (sur 35 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jacques Roumain est né en Haïti à Port-au-Prince. Poète, romancier, ethnologue, diplomate, il a été aussi le fondateur du Parti communiste haïtien. Son roman - qui avait fait l'objet d'une adaptation télévisée par Maurice Failevic - est un livre miraculeux de poésie. Un... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 17 mars 2013

    Charybde2
    Magnifique roman haïtien de l'union des paysans pauvres contre l'adversité et l'oppression.
    Publié en 1944 dans une relative indifférence, quelques mois avant la mort de son auteur, à 37 ans, "Gouverneurs de la Rosée", le troisième roman de l'activiste infatigable (en particulier contre la féroce occupation américaine des années 1915-1934) Jacques Roumain, est devenu depuis un grand classique de la littérature haïtienne moderne.
    Sous la plume du fondateur du Parti Communiste haïtien, en 1934, des personnages et une histoire prennent rapidement forme et se donnent rapidement les moyens d'accéder à un statut quasi-mythique.
    Lorsque le jeune Manuel revient de Cuba, où il a passé quinze ans comme ouvrier agricole dans les plantations de sucre, et participé de près à l'éveil d'une conscience socio-politique chez les prolétaires de la plus grande île caraïbe, il découvre son village natal haïtien au bord du gouffre, terrassé à la fois par une terrible sécheresse qui, ruinant les cultures vivrières des paysans pauvres, les met à la merci des riches marchands, qui rachètent leurs lopins à vil prix, et de leurs cohortes d'intermédiaires et fonctionnaires corrompus, qui les saignent de prêts usuraires et de tracasseries arbitraires, et par une sombre vendetta qui divise les forces vives des travailleurs de la terre, déjà amoindries, en deux clans apparement irréconciliables.
    Il faudra toute l'abnégation de Manuel, arpentant inalssablement les mornes et les ravines à la recheche d'une source, et tout son amour partagé pour Annaïse, belle jeune fille du clan d'en face et complice de son rêve d'unité et de liberté, pour que, peut-être, les choses changent...
    En forme de fable, dans une langue magnifique où les dialogues font mouche et tapent fort, où les personnages ne sont jamais caricaturaux, où les descriptions, pourtant tout en retenue, font vivre la beauté, où transparaît comme le souffle d'un Giono qui aurait disposé d'une conscience socio-politique, un très grand roman.
    "Il touchait le sol, il en caressait le grain :
    - Je suis ça : cette terre-là, et je l'ai dans le sang. Regarde ma couleur : on dirait que la terre a déteint sur moi et sur toi aussi. Ce pays est le partage des hommes noirs et toutes les fois qu'on a essayé de nous l'enlever, nous avons sarclé l'injustice à coups de machette.
    - Oui, mais à Cuba, il y a plus de richesse, on vit plus à l'aise. Icitte, il faut se gourmer dur avec l'existence et à quoi ça sert ? On n'a même pas de quoi remplir son ventre et on est sans droit contre la malfaisance des autorités. le juge de paix, la police rurale, les arpenteurs, les spéculateurs en denrées, ils vivent sur nous comme des puces. J'ai passé un mois de prison, avec toute la bande des voleurs et des assassins, parce que j'étais descendu en ville sans souliers. Et où est-ce que j'aurais pris l'argent, je te demande, mon compère ? Alors qu'est-ce que nous sommes, nous autres, les habitants, les nègres-pieds-à-terre, méprisés et maltraités ?
    - Ce que nous sommes ? Si c'est une question, je vais te répondre : eh bien, nous sommes ce pays et il n'est rien sans nous, rien du tout. Qui est-ce qui plante, qui est-ce qui arrose, qui est-ce qui récolte ? le café, le coton, le riz, la canne, le cacao, le maïs, les bananes, les vivres, et tous les fruits, si ce n'est pas nous, qui les fera pousser ? Et avec ça nous sommes pauvres, c'est vrai. Mais sais-tu pourquoi, frère ? A cause de notre ignorance : nous ne savons pas encore que nous sommes une force, une seule force, tous les habitants, les nègres des plaines et des mornes réunis. Un jour, quand nous aurons compris cette vérité, nous nous lèverons d'un point à l'autre du pays et nous ferons l'assemblée générale des Gouverneurs de la Rosée, le grand coumbite des travailleurs de la terre pour défricher la misère et planter la vie nouvelle."
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    • Livres 5.00/5
    Par Lyv, le 15 janvier 2012

    Lyv
    La première fois que j'ai lu ce roman remonte à environ dix ans. de lui, je me rappelais la silhouette fine d'une femme qui remontait un sentier, une jarre sur la tête.
    Je me rappelais une histoire d'amour, tendre et simple. Je me rappelle qu'après l'avoir refermé, j'avais soupiré et je m'étais dit "quelle belle histoire"
    J'ai ressenti à peu près la même chose à cette deuxième lecture, mais ai été plus sensible à la force et à la poésie de ce récit.
    L'histoire se passe en Haïti.
    Dans la commune de Fonds-rouge, les temps sont durs. La sécheresse fait rage, et d'elle découle la pauvreté, les habitants étant dépendants des fruits de la terre pour subsister.
    Manuel revient de Cuba, après des années d'exil, pour retrouver une terre qu'il ne reconnaît plus. L'eau y a disparu, et l'unité d'antan avec elle. Des rivalités entre familles et une haine dont on a oublié la raison font rage.
    Sur son chemin, Manuel rencontre Annaïse. A deux ils décident d'entreprendre un projet : ramener l'eau à Fonds Rouge et rassembler un peuple désuni.
    Plus qu'un roman, c'est un poème. C'est un chant qui raconte une histoire d'amour entre la terre et l'homme, entre l'homme et les siens, une histoire d'amour entre un homme et une femme.
    L'écriture de Roumain enchante, tout en images et en métaphores.
    Ce livre regorge de leçons de force, de courage et de solidarité.
    Il parle de la condition de nègre à l'époque, mais ses messages ont encore place aujourd'hui et s'appliquent à tous, surtout dans un monde où l'homme cause tant de dommages à la terre, où l'eau devient une ressource rare, et où la division règne au sein des peuples.
    Roumain était politiquement engagé dans le parti communiste quand il a écrit ce livre, et certains trouveront les messages politico / philosophiques trop évidents, mais ce livre se lit plus comme une fable qu'un roman.
    Je le recommande à tous, pour ses messages forts, et pour la beauté du langage, surtout.
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    • Livres 5.00/5
    Par olivberne, le 19 janvier 2013

    olivberne
    Ce roman est un classique de la littérature antillaise, puisqu'il a été écrit dans les années 40 par un Haïtien, Jaques Roumain et publié à titre posthume. C'était un militant politique de la liberté, des droits des plus pauvres et plus tard il fut diplomate avant de mourir jeune.
    C'est cette envie de liberté, de droit et de vie au pays qu'on retrouve dans ce roman, qui n'a pas vieilli et que j'ai dévoré avec plaisir.
    Manuel rentre de Cuba où il travaillait et a été formé à la lutte syndicale et retrouve ses parents en Haïti, où la terre est sèche et rien ne pousse. Il va lutter pour se faire accepter, pour mener les pauvres et les esprits face aux planteurs et pour se faire aimer de la belle Annaïsse. Son œuvre sera de retrouver la source de la rivière qui empêche le village de vivre. Mais il aura aussi contre lui tous les opposants à ses idées et à son bonheur. La fin est inévitable mais je vous laisse la découvrir.
    Il y a là tous les ingrédients pour faire un roman à l'eau de rose et pourtant, il y a toute l'âme d'Haïti chérie dans ce livre, avec des mots et expressions empruntées au créole et très couleur locale. Les descriptions, les réflexions des personnages, tout concourt à s'attacher aux personnages et en faire des amis. le texte est bien écrit, avec une langue châtiée telle qu'on pouvait l'utiliser dans certains cercles cultivés de l'époque.
    Je ne sais pas si ce roman est réédité aujourd'hui mais il a été pour moi une bonne découverte et un réel plaisir de lecture.
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    • Livres 5.00/5
    Par Belem, le 15 février 2013

    Belem
    Mon livre préféré, je crois. Il y a quelque chose d'universel dans cette histoire. A Saint-Domingue, deux clans s'opposent alors que sévit la sécheresse, et la misère. Un jeune revient au village avec de nouvelles idées. Epris d'une jeune fille du clan opposé, ils vont tous les deux chercher à réconcilier leurs familles, car la mise en valeur de la source d'eau qu'ils ont découvert nécessite la participation de tous et la solidarité.
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    • Livres 5.00/5
    Par mguy, le 15 janvier 2011

    mguy
    Très beau livre, très bien écrit. C'est un beau livre sur l'entraide et la tolérance.
    En Haïti, l'eau vient à manquer. Un jeune garçon va tenter d'unir les habitants pour trouver une solution au problème. Mais il va se heurter à l'intolérance d'un groupe rival.
    C'est vraiment magnifique !
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Citations et extraits

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  • Par Sand, le 26 octobre 2009

    Si l'on est d'un pays, si l'on y est né, comme qui dirait : natif-natal, eh bien, on l'a dans les yeux, la peau, les mains, avec la chevelure de ses arbres, la chair de sa terre, les os de ses pierres, le sang de ses rivières, son ciel, sa saveur, ses hommes et ses femmes : c'est une présence dans le cœur, ineffaçable, comme une fille qu'on aime : on connaît la source de son regard, le fruit de sa bouche, les collines de ses seins, ses mains qui se défendent et se rendent, ses genoux sans mystère, sa force et sa faiblesse, sa voix et son silence.
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  • Par Sand, le 26 octobre 2009

    Non, mon Dieu, tu n'es pas bon, non, c'est pas vrai que tu es bon, c'est une menterie. Nous te hélons à notre secours et tu n'entends pas. Regarde notre douleur, regarde notre grande peine, regarde notre tribulation.
    Est-ce que tu dors, mon Dieu, est-ce que tu es sourd, mon Dieu, est-ce que tu es aveugle, mon Dieu, est-ce que tu es sans entrailles, mon Dieu ? Où est ta justice, où est ta pitié, où est ta miséricorde ?
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  • Par getchens, le 01 février 2014

    Ce que nous sommes? Si c'est une question, je vais te repondre: eh bien, nous sommes ce pays et il n'est rien sans nous, rien du tout. Qui est ce qui plante, qui est ce qui arrose, qui est ce qui recolte? Le café, le coton, le riz, la canne, le cacao, le mais, les bananes, les vivres et tous les fruits, si ce n'est pas nous, qui les fera pousser? Et avec ca nous sommes pauvres, c'est vrai, nous sommes malheureux, c'est vrai, nous sommes miserable, c'est vrai. Mais sais-tu pourquoi, frere? A cause de notre ignorance: nous ne savons pas encore que nous sommes une force, une seule force: tous les habitants, tous les negres des plaines et des mornes reunis. Un jour quand nous aurons compris cette verite, nous nous leverons d'un point a l'autre du pays et nous ferons l'assemblee generale des gouverneurs de la rosee, le grand coumbite des travailleurs de la terre pour defricher la misère et planter la vie nouvelle.
    ( Collection du Centenaire, Page 77)
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  • Par thursdaynext, le 14 novembre 2010

    Le rire de Délira était étonnamment jeune, c'est qu'elle n'avait pas tellement l'habitude de le faire entendre, la vie n'est pas assez gaie pour ça ; non, elle n'avait jamais eu le temps de trop l'user : elle l'avait préservé tout frais, comme un chant d'oiseau dans un vieux nid.

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  • Par Sand, le 26 octobre 2009

    Non, c'est pas possible. Est-ce qu'on peut déserter la terre, est-ce qu'on peut lui tourner le dos, est-ce qu'on peut la divorcer, sans perdre aussi sa raison d'existence et l'usage de ses mains et le goût de vivre ?

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Vidéo de  Jacques Roumain

"Jacques Roumain, la passion d'un pays" est le dernier documentaire du cinéaste haïtien, Arnold Antonin, consacré à l'un des auteurs majeurs de la littérature haïtienne (extrait 1)








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