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> Michèle Crogiez (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253160997
Éditeur : Le Livre de Poche (2001)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.63/5 (sur 211 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
En sortant d'une longue et douce rêverie, en me voyant entouré de verdure, de fleurs, d'oiseaux et laissant errer mes yeux au loin sur les romanesques rivages qui bordaient une vaste étendue d'eau claire et cristalline, j'assimilais à mes fictions tous ces aimables obje... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par missmolko1, le 16 avril 2012

    missmolko1
    Lu pendant mes études, Rousseau nous transmet a travers ce livre, ses pensées sur la vie et réflexions philosophiques et son amour pour la nature.
    Un très beau classique à lire pour lequel je garde un très bon souvenir.

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    • Livres 3.00/5
    Par misanthropologue, le 14 juin 2012

    misanthropologue
    Jean-Jacques Rousseau n'avait pas fini de rédiger les Rêveries lorsqu'il mourut en 1778. La première publication est de 1782. Cette œuvre posthume et inachevée compte dix chapitres nommés Promenades (auxquelles je me réfèrerai par leur numéro dans ces notes).
    Le titre est parfait.
    Ce qui saute aux yeux d'abord, dans le texte, c'est la parano. Justifications interminables, jérémiades exagérées. Rousseau est «livré tout entier au plus horrible sort qu'ait éprouvé sur la terre aucun mortel» (III), il subit le «plus triste sort qu'ait jamais connu un mortel» (VII). Rien que ça.
    J'aime le passage très concret où il raconte son accident. Un chien danois courant à toute vitesse lui fonce dans les jambes alors qu'il se promène dans la rue, et le fait tomber (II).
    Bon moment de rigolade, quand il fait son numéro d'ours. A une admiratrice qui le gonfle, il envoie ce billet : «Rousseau ne recevant chez lui aucun auteur remercie madame d'Ormoy de ses bontés et la prie de ne plus l'honorer de ses visites.» (II).
    Dans ses propos sur la vieillesse, de la résignation : «Est-il temps au moment qu'il faut mourir, d'apprendre comment on aurait dû vivre? ... Que sert d'apprendre à mieux conduire son char quand on est au bout de la carrière?» (III). Je préfère le devoir bouddhiste de perfectionnement perpétuel mais qu'en dirai-je à cet âge ? Il y revient plus loin : «Je ne cherche point à m'instruire : il est trop tard.» La résignation est au cœur d'une série de vertus qu'il énumère : «la patience, la douceur, la résignation, l'intégrité, la justice impartiale» (III).
    «Tout est dans un flux continuel sur la terre» (V) est repris plus loin : «Tout est sur la terre dans un flux continuel qui ne permet à rien d'y prendre une forme constante. Tout change autour de nous. Nous changeons nous-mêmes...» (IX). Vérité profonde, quoiqu'un peu banale. On pourrait faire une anthologie des phrases disant la même chose, depuis les présocratiques.
    J'aime bien «le poids de l'obligation me fait un fardeau des plus douces jouissances» (VI).
    La phrase centrale du livre est sans doute : «La rêverie me délasse et m'amuse, la réflexion me fatigue et m'attriste» (VII). Charmant parti pris, mais en contradiction totale avec ses longues périodes de ratiocinations (passim). Il faudrait compter les «rêver», «rêverie», on l'a sans doute déjà fait.
    Les mots du bonheur : «ravissement» (V), «extase» (V, V, VII, VII, VII, VII), «ivresse» (VII). Mon préféré, c'est «aise» : «rêver à mon aise» (V, V), «rêver plus à mon aise» (VII), «j'étais transporté d'aise» (IX), «me sentir ravi d'aise» (IX).
    Ce qu'il aime contempler, ce n'est pas exactement la nature mais la végétation, surtout les fleurs et les herbes, un peu moins les arbres. le reste ne l'intéresse guère mais il essaie de rationaliser ce qui n'est qu'une question de goût, et je trouve ses arguments spécieux : les étoiles sont trop loin (VII), les animaux sont dégoûtants à disséquer (VII) (comme si c'était une obligation). le pire c'est pour les pierres : «Le règne minéral n'a rien en soi d'aimable et d'attrayant» (VII). Là, Jean-Jacques, tu pousses. D'accord, t'avais pas lu Caillois, mais quand même, c'est pas bien malin, ça.
    En résumé, Rousseau est un peu agaçant mais je l'aime bien, quand même. (I 1999)
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    • Livres 3.00/5
    Par bina, le 17 octobre 2012

    bina
    Au terme de sa vie, la soixantaine passée, Jean-Jacques Rousseau souffre de paranoïa. Il est persuadé d'être victime d'un complot.
    Il publie alors ses Confessions, qui sont loin de faire l'unanimité. Se voyant rejeté de tous et de Dieu, selon lui, il se lance alors dans les rêveries du promeneur solitaire. ‘'Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. le plus sociable et le plus aimant des humains.''
    Ainsi s'ouvre la première promenade, dans un ouvrage qui en compte dix. L'édition à ma disposition est aussi constituée de son portrait (composé de notes brèves), de Notes écrites sur 28 cartes à jouer, et d'une sélection de lettres écrites dans des moments pathétiques. Elles montrent sa sensibilité et le respect pour les autres et lui-même.
    Ses rêveries abordent différents thèmes qui lui sont chers. Dans la première promenade, comme dans un récit autobiographique, il établit une sorte de pacte autobiographique avec ses lecteurs. Il nous précise ce dont il veut parler dans ses écrits, la manière dont il va aborder différents sujets.
    Il nous présente donc au fil de ses promenades son goût pour la rêverie, les conditions pour atteindre cet état, il étudie son tempérament et ses penchants. Il allie la rêverie à la nonchalance et à ses difficultés à raisonner. Il développe aussi son retour à la nature, l'herborisation, l'observation de petits riens qui apportent des réjouissances intimes.
    Ainsi, à travers ses Rêveries, il souhaite ‘'s'éclairer en dedans'', se comprendre, et trouver le bonheur en dépit des médisances. Il tente de théoriser l' ‘'inthéorisable''.
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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 14 avril 2012

    ivredelivres
    je vous invite à suivre Rousseau dans ses Rêveries solitaires.
    Ecrites dans les dernières années de sa vie, en parcourant les allées d'Ermenonville, ces textes sont l'occasion de mêler littérature et philosophie, d'herboriser, de rêver.
    Les écouter est un grand plaisir, vous n'êtes plus le lecteur qui fait un effort mais l' auditeur qui se laisse porter par le texte.
    Vous entrez en communion avec la nature aux côtés de Rousseau, vous éprouvez ce sentiment de plénitude que les Rêveries distillent.
    Texte qui est à la fois une méditation sur la nature et sur le temps.
    "Avant une heure, même les jours les plus ardents, je partais par le grand soleil, pressant le pas, dans la crainte que quelqu'un de vint s'emparer de moi avant que j'eusse pu m'esquiver ; mais quand une fois j'avais pu doubler un certain coin ; je commençais à respirer en me sentant sauvé, en me disant : Me voilà maître de moi pour le reste du jour." (Lettre à Malesherbes)
    Rousseau y fait appel à ses souvenirs, ses bonheurs, sa solitude, les détails de sa vie qui approchent l'autobiographie, des réflexions philosophiques, autant de promenades paisibles qui nous aident à mieux connaître l'écrivain et sa pensée, une invitation au voyage.

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2012/03/21/les-rever..
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    • Livres 4.00/5
    Par letteratura, le 27 juillet 2011

    letteratura
    J'ai lu ce livre dans l'espoir de retrouver la belle écriture du livre Le sentiment de l'existence ou était présenté un extrait de ce livre. J'ai globalement apprécié le livre sous forme de témoignage et de plaıdoyer.
    L'écriture de Rousseau a été une veritable découverte, puisque je ne m'attendais pas a une telle qualité. J'ai essayer de lire quelques passages a haute voix, et j'ai découvert la musicalité et l'ecriture semblable a une poésie. C'est vraiment une écriture qui met en avant la langue francaise dans toute sa splendeur, j'ai beaucoup aimé cette écriture envoutante.Donc, c'est tout naturellenent que je vous conseille ce livre magnifique du point de vue de l'écriture et du style. J'ai aussi remarquer que les phrases de Rousseau sont tres touchantes, elle m'ont touché de mon coeur.
    Parlons un peu du sujet, une autobiographie de l'ame et du corps suivi d'un plaidoyer contre ses persécuteurs. Je n'ai pas beaucoup aimé la partie ou il se presente comme un innocent persecuté sans cesse par le peuple, cependant, j'ai beaucoup apprecié l'autobiographie et l'analyse de son ame. L'analyse est vraiment tres bien faite, elle nous devoile toutes ses parties cachés.Il travaille a l'analyse avec minutie et philosophie, il nous ne devoile pas tout tout de suite mais par partıes et etapes. Ce fonctionnement est vraiment tres ınteressant, donc j'ai aimé le sujet du livre.
    J'ai donc apprecier le livre cependant ce livre n'est pas facile a comprendre, il faut réellement se concentrer pour bien comprendre les écrits de Rousseau. Donc. ce n'est un livre "léger" qui se lit d'une traite, il faut du temps et de la patience pour lire ce type de livre.
    Ce livre est tres bien, mais il y a un probleme, ce livre est inachevé et le restera toujours ce que je trouve vraiment désolant. Je trouve que ce livre pouvait vraiment etre un classique de la description de l'ame. Je finis en vous conseillant ce livre avec violence.

    Lien : http://litteraire-en-herbe.blogspot.com/2011/07/reveries-du-promeneu..
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Citations et extraits

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  • Par Cielvariable, le 11 mai 2013

    PREMIÈRE PROMENADE

    Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m’attachaient à eux. J’aurais aimé les hommes en dépit d’eux-mêmes. Ils n’ont pu qu’en cessant de l’être se dérober à mon affection. Les voilà donc étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi puisqu’ils l’ont voulu. Mais moi, détaché d’eux et de tout, que suis-je moi-même ? Voilà ce qui me reste à chercher. Malheureusement cette recherche doit être précédée d’un coup d’œil sur ma position. C’est une idée par laquelle il faut nécessairement que je passe pour arriver d’eux à moi.

    Depuis quinze ans et plus que je suis dans cette étrange position, elle me paraît encore un rêve. Je m’imagine toujours qu’une indigestion me tourmente, que je dors d’un mauvais sommeil, et que je vais me réveiller bien soulagé de ma peine en me retrouvant avec mes amis. Oui, sans doute, il faut que j’aie fait sans que je m’en aperçusse un saut de la veille au sommeil, ou plutôt de la vie à la mort. Tiré je ne sais comment de l’ordre des choses, je me suis vu précipité dans un chaos incompréhensible où je n’aperçois rien du tout ; et plus je pense à ma situation présente et moins je puis comprendre où je suis.
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  • Par solasub, le 22 janvier 2012

    Toutes mes courses de botanique, les diverses impressions du local, des objets qui m’ont frappé, les idées qu’il m’a fait naître, les incidents qui s’y sont mêlés, tout cela m’a laissé des impressions qui se renouvellent par l'aspect des plantes herborisées dans ces mêmes lieux. Je ne reverrai plus ces beaux paysages, ces forêts, ces lacs, ces bosquets, ces rochers, ces montagnes, dont l'aspect a toujours touché mon cœur : mais maintenant que je ne peux plus courir ces heureuses contrées je n’ai qu’à ouvrir mon herbier & bientôt il m’y transporte. Les fragments des plantes que j’y ai cueillies suffisent pour me rappeler tout ce magnifique spectacle. Cet herbier est pour moi un journal d'herborisations qui me les fait recommencer avec un nouveau charme & produit l’effet d’un optique qui les peindrait derechef à mes yeux. C’est la chaîne des idées accessoires qui m’attache à la botanique. Elle rassemble & rappelle à mon imagination toutes les idées qui la flattent davantage. Les prés, les eaux, les bois, la solitude, la paix surtout & le repos qu’on trouve au milieu de tout cela sont retracés par elle incessamment à ma mémoire. Elle me fait oublier les persécutions des hommes, leur haine, leur mépris, leurs outrages, & tous les maux dont ils ont payé mon tendre & sincère attachement pour eux. Elle me transporte dans des habitations paisibles au milieu de gens simples & bons tels que ceux avec qui j’ai vécu jadis. Elle me rappelle & mon jeune âge & mes innocents plaisirs, elle m’en fait jouir derechef, & me rend heureux bien souvent encore au milieu du plus triste sort qu’ait subi jamais un mortel.


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  • Par ivredelivres, le 06 avril 2012

    L'habitude de rentrer en moi-même me fit perdre le sentiment et presque le souvenir de mes maux, j'appris ainsi par ma propre expérience que la source du vrai bonheur est en nous, et qu'il ne dépend pas des hommes de rendre vraiment misérable celui qui sait vouoir être heureux

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  • Par RoxNeeqh, le 01 août 2012

    Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachaient à eux. J'aurai aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes.
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  • Par Malahide75, le 09 mai 2013

    C'est la chaîne des idées qui m'attache à la botanique. Elle rassemble et rappelle à mon imagination toutes les idées qui la flattent davantage. Les prés, les eaux, les bois, la solitude, la paix surtout et le repos qu'on trouve au milieu de tout cela sont retracés par elle incessamment à ma mémoire. Elle me fait oublier les persécutions des hommes, leur haine, leur mépris, leurs outrages, et tous les maux dont ils ont payé mon tendre et sincère attachement pour eux. Elle me transporte dans des habitations paisibles au milieu de gens simples et bons tels que ceux avec qui j'ai vécu jadis. Elle me rappelle et mon jeune âge et mes innocents plaisirs, elle m'en fait jouir derechef, et le rend heureux bien souvent au milieu du triste sort qu'ait subi jamais un mortel.
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