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> Michèle Crogiez (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253160997
Éditeur : Le Livre de Poche (2001)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.59/5 (sur 347 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
En sortant d'une longue et douce rêverie, en me voyant entouré de verdure, de fleurs, d'oiseaux et laissant errer mes yeux au loin sur les romanesques rivages qui bordaient une vaste étendue d'eau claire et cristalline, j'assimilais à mes fictions tous ces aimables obje... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LeMalouin, le 15 septembre 2014

    LeMalouin
    Premières infos : JJ est Suisse, sensible et philosophe (il a beaucoup de défiance vis-à-vis du progrès ce qui est mal vu des Lumières, il aime la nature et les animaux ce qui lui vaut les moqueries de Voltaire).
    Il est balèze comme herboriste.
    Il est le précurseur de l'autobiographie.
    Il a inventé la méditation laïque.
    Après le scandale de L'Emile, il est condamné à l'exil et retourne en Suisse.
    Les rêveries sont décomposées en promenades.
    Il s'agit de son dernier livre, il est inachevé…
    Edgar Morin qui classe J-J dans son « top ten » des philosophes me donne envie de relire ce bijou.
    La première (promenade): il parle de son exil. Il a mis dix ans a accepté cet isolement qui lui semble terrible : lui qui fut le plus social des hommes.
    N'espérant plus rien, il est désormais soulagé.
    Rousseau propose donc une conversation avec son âme.
    Il donne le mode d'emploi de ce livre : il s'agit d'une annexe aux confessions.
    Il dit aussi que ce sera l'inverse des Essais : Montaigne écrit pour les autres, lui pour lui…
    J-J a t-il été persécuté ou était-il parano ? Les deux, selon moi.
    La deuxième : Il raconte son accident survenu à Paris.
    Renverser par un Danois (le chien) : il est dans un sale état et est déçu par le genre humain.
    Il faut dire que les oraisons funèbres qui ont circulé après la rumeur de sa mort ne sont pas, pour le moins, élogieuses.
    Mais il se console en se disant qu'un tel acharnement contre lui est sa destinée et que confiant en Dieu, il pense que tout finira par rentrer dans l'ordre.
    Sa religion est plutôt le déisme : il croit en un créateur mais pas en ses intermédiaires.
    Dans la troisième : JJ nous raconte sa crise de la quarantaine.
    Il décide d'arrêter le bling-bling : fini les montres et les collants blancs, il décide de rentrer à l'intérieur de lui-même ( !).
    JJ explique qu'à un certain âge apprendre à vivre ne sert plus à grand-chose et qu'il vaut mieux apprendre à mourir (Exactement ce à quoi refuse de penser les vieux).
    de sa retraite intérieure, il espère non pas devenir bon mais simplement plus vertueux.
    Tout ce travail philosophique qu'il sait imparfait, a le mérite d'être honnête et lui servira dans les épreuves
    La quatrième parle du mensonge.
    Il commence par raconter un très ancien souvenir qui le traumatise encore.
    Un jour on lui demande s'il a des enfants et il répond que non (alors qu'il en a eu environ cinq avec Thérèse).
    La cinquième est consacrée au bonheur de son exil et du farniente.
    La sixième il y parle de sa vertu.
    La septième a pour sujet sa passion botanique
    La huitième : il est question de l'indifférence à ce que pensent les autres comme source d'apaisement.
    La neuvième : donne sa vision de l'amitié.
    La dixième : il revient sur celle qu'il a tant aimé (et qui l'a fait tant souffrir) : Mme de Warrens.
    C'est ode à la contemplation est magnifiquement bien tourné car en plus d'être Suisse, sensible et philosophe, Jean-Jacques est un sacré écrivain.
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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 11 mai 2014

    Folfaerie
    Voilà un livre que j'ai choisi de relire dans le cadre de ma 3ème année de licence. Pour une fois qu'on nous donne le choix d'une lecture, je n'allais pas m'en priver !
    Lu une première fois au collège, le livre m'avait marquée par son ton (je pensais que Rousseau était définitivement misanthrope ce qui convenait fort bien à mon état d'esprit à l'époque) et par la place que l'auteur accordait à la nature. Deux décennies plus tard, je retrouve avec plaisir les états d'âme de Rousseau.
    Cette oeuvre inachevée est celle de la maturité, de l'acceptation du monde. Au fil de ses promenades, Rousseau se réconcilie avec l'idée qu'il se fait de lui-même. Mener une vie paisible et quelque peu isolée (son isolement fut subi au départ, et finalement recherché vers la fin de sa vie) herboriser, c'est un peu le secret du bonheur. Il ne cherche plus à se justifier (Rousseau écrit pour lui, non pour le lecteur) mais part du constat que puisque la société des hommes ne lui a apporté que des désagréments, il vaut encore mieux s'en passer.
    Une certaine ambiguité plane sur ces réflexions : Rousseau s'éloigne de la société des hommes à force d'amères désillusions et de souffrances. Il trouve enfin la paix dans l'isolement et cependant il ne hait point ses semblables. Il écrit pour lui, pour parfaire sa connaissance de soi et cependant, un lecteur lui est nécessaire.
    Le personnage lui-même était bourré de contradictions (mais qui ne l'est pas ?). Il abandonne ses enfants à l'assistance publique mais écrit un traité sur l'éducation, épouse une lingère dont la personnalité est à mille lieux de la sienne mais tombe régulièrement amoureux de belles dames, ce qui lui occasionne bien des brouilles avec ses amis, se fait de nombreux ennemis "littéraires" et se croit victime d'un complot (mais comment démêler le vrai du faux ?), mais sa nature soupçonneuse finit même par décourager ses véritables amis... bref, un homme qui était vraisemblablement destiné à vivre seul...
    Enfin, il insiste pour ne pas confondre rêveries et méditations mais la frontière demeure parfois floue entre ces deux notions. Et ces rêveries sont nécessaires à l'homme.
    Résigné peut-être, indifférent assurément, Jean-Jacques Rousseau nous offre ses plus belles pages sur la recherche du bonheur et l'introspection. S'il règne un parfum de mélancolie sur cette oeuvre, il ne s'en dégage pas moins une impression de paix et de sérénité, une harmonie découlant du contact répété avec la nature, qui constitue le réel point d'ancrage de la vie de Rousseau. Un très beau livre pour lequel j'ai toujours autant d'affection.
    "La source du vrai bonheur est en nous".


    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/2014/05/reveries-du-pro..
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    • Livres 3.00/5
    Par missmolko1, le 16 avril 2012

    missmolko1
    Lu pendant mes études, Rousseau nous transmet a travers ce livre, ses pensées sur la vie et réflexions philosophiques et son amour pour la nature.
    Un très beau classique à lire pour lequel je garde un très bon souvenir.

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    • Livres 3.00/5
    Par misanthropologue, le 14 juin 2012

    misanthropologue
    Jean-Jacques Rousseau n'avait pas fini de rédiger les Rêveries lorsqu'il mourut en 1778. La première publication est de 1782. Cette œuvre posthume et inachevée compte dix chapitres nommés Promenades (auxquelles je me réfèrerai par leur numéro dans ces notes).
    Le titre est parfait.
    Ce qui saute aux yeux d'abord, dans le texte, c'est la parano. Justifications interminables, jérémiades exagérées. Rousseau est «livré tout entier au plus horrible sort qu'ait éprouvé sur la terre aucun mortel» (III), il subit le «plus triste sort qu'ait jamais connu un mortel» (VII). Rien que ça.
    J'aime le passage très concret où il raconte son accident. Un chien danois courant à toute vitesse lui fonce dans les jambes alors qu'il se promène dans la rue, et le fait tomber (II).
    Bon moment de rigolade, quand il fait son numéro d'ours. A une admiratrice qui le gonfle, il envoie ce billet : «Rousseau ne recevant chez lui aucun auteur remercie madame d'Ormoy de ses bontés et la prie de ne plus l'honorer de ses visites.» (II).
    Dans ses propos sur la vieillesse, de la résignation : «Est-il temps au moment qu'il faut mourir, d'apprendre comment on aurait dû vivre? ... Que sert d'apprendre à mieux conduire son char quand on est au bout de la carrière?» (III). Je préfère le devoir bouddhiste de perfectionnement perpétuel mais qu'en dirai-je à cet âge ? Il y revient plus loin : «Je ne cherche point à m'instruire : il est trop tard.» La résignation est au cœur d'une série de vertus qu'il énumère : «la patience, la douceur, la résignation, l'intégrité, la justice impartiale» (III).
    «Tout est dans un flux continuel sur la terre» (V) est repris plus loin : «Tout est sur la terre dans un flux continuel qui ne permet à rien d'y prendre une forme constante. Tout change autour de nous. Nous changeons nous-mêmes...» (IX). Vérité profonde, quoiqu'un peu banale. On pourrait faire une anthologie des phrases disant la même chose, depuis les présocratiques.
    J'aime bien «le poids de l'obligation me fait un fardeau des plus douces jouissances» (VI).
    La phrase centrale du livre est sans doute : «La rêverie me délasse et m'amuse, la réflexion me fatigue et m'attriste» (VII). Charmant parti pris, mais en contradiction totale avec ses longues périodes de ratiocinations (passim). Il faudrait compter les «rêver», «rêverie», on l'a sans doute déjà fait.
    Les mots du bonheur : «ravissement» (V), «extase» (V, V, VII, VII, VII, VII), «ivresse» (VII). Mon préféré, c'est «aise» : «rêver à mon aise» (V, V), «rêver plus à mon aise» (VII), «j'étais transporté d'aise» (IX), «me sentir ravi d'aise» (IX).
    Ce qu'il aime contempler, ce n'est pas exactement la nature mais la végétation, surtout les fleurs et les herbes, un peu moins les arbres. le reste ne l'intéresse guère mais il essaie de rationaliser ce qui n'est qu'une question de goût, et je trouve ses arguments spécieux : les étoiles sont trop loin (VII), les animaux sont dégoûtants à disséquer (VII) (comme si c'était une obligation). le pire c'est pour les pierres : «Le règne minéral n'a rien en soi d'aimable et d'attrayant» (VII). Là, Jean-Jacques, tu pousses. D'accord, t'avais pas lu Caillois, mais quand même, c'est pas bien malin, ça.
    En résumé, Rousseau est un peu agaçant mais je l'aime bien, quand même. (I 1999)
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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 14 avril 2012

    ivredelivres
    je vous invite à suivre Rousseau dans ses Rêveries solitaires.
    Ecrites dans les dernières années de sa vie, en parcourant les allées d'Ermenonville, ces textes sont l'occasion de mêler littérature et philosophie, d'herboriser, de rêver.
    Les écouter est un grand plaisir, vous n'êtes plus le lecteur qui fait un effort mais l' auditeur qui se laisse porter par le texte.
    Vous entrez en communion avec la nature aux côtés de Rousseau, vous éprouvez ce sentiment de plénitude que les Rêveries distillent.
    Texte qui est à la fois une méditation sur la nature et sur le temps.
    "Avant une heure, même les jours les plus ardents, je partais par le grand soleil, pressant le pas, dans la crainte que quelqu'un de vint s'emparer de moi avant que j'eusse pu m'esquiver ; mais quand une fois j'avais pu doubler un certain coin ; je commençais à respirer en me sentant sauvé, en me disant : Me voilà maître de moi pour le reste du jour." (Lettre à Malesherbes)
    Rousseau y fait appel à ses souvenirs, ses bonheurs, sa solitude, les détails de sa vie qui approchent l'autobiographie, des réflexions philosophiques, autant de promenades paisibles qui nous aident à mieux connaître l'écrivain et sa pensée, une invitation au voyage.

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2012/03/21/les-rever..
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Citations et extraits

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  • Par art-bsurde, le 03 septembre 2014

    Que cette vie n'étant qu'un état d'épreuves,il importait peu que ces épreuves fussent de telle ou telle sorte pourvu qu'il en résultât l'effet auquel elles étaient destinées,et que par conséquent plus les épreuves étaient grandes,fortes,multipliées plus il était avantageux de les savoir soutenir.Toutes les plus vives peines perdent leur force pour quiconque en voit le dédommagement grand et sûr ; et la certitude de ce dédommagement était le principal fruit que j'avais retiré de mes méditations précédentes.
    Il est vrai qu'au milieu des outrages sans nombre et des indignités sans mesure dont je me sentais accablé de toutes parts,des intervalles d'inquiétude et de doutes venaient de temps à autre ébranler mon espérance et troubler ma tranquillité.Les puissantes objections que je n'avais pu résoudre se présentaient alors à mon esprit avec plus de force pour achever de m'abattre précisément dans les moments où surchargé du poids de ma destinée j'étais prêt à tomber dans le découragement.Souvent des arguments nouveaux que j'entendais faire me revenaient dans l'esprit à l'appui de ceux qui m'avaient déjà tourmenté.Ah,me disais-je alors dans des serrements de cœur prêt à m'étouffer,qui me garantira du désespoir si dans l'horreur de mon sort je ne vois plus que des chimères dans les consolations que me fournissait ma raison ? si,détruisant ainsi son propre ouvrage,elle renverse tout l'appui d'espérance et de confiance qu'elle m'avait ménagé dans l'adversité ! Quel appui que des illusions qui ne bercent que moi seul au monde ?

    "Troisième promenade"
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  • Par Carosand, le 29 novembre 2013

    Le sentiment de l'existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement et de paix qui suffirait seul pour rendre cette existence chère et douce à qui saurait écarter de soi toutes les impressions sensuelles et terrestres qui viennent sans cesse nous en distraire et en troubler ici bas la douceur.
    Mais un infortuné qu'on a retranché de la société humaine et qui ne peut plus rien faire ici bas d'utile et de bon pour autrui ni pour soi, peut trouver dans cet état à toutes les félicités humaines des dédommagements que la fortune et les hommes ne lui sauraient ôter.
    Il est vrai que ces dédommagements ne peuvent être sentis par toutes les âmes ni dans toutes les situations. Il faut que le cœur soit en paix et qu'aucune passion n'en vienne troubler le calme. Il y faut des dispositions de la part de celui qui les éprouve, il en faut dans le concours des objets environnants. Il n'y faut ni un repos absolu ni trop d'agitation, mais un mouvement uniforme et modéré qui n'ait ni secousses ni intervalles. Sans mouvement, la vie n'est qu'une léthargie. Si le mouvement est inégal ou trop fort il réveille ; en nous rappelant aux objets environnants, il détruit le charme de la rêverie, et nous arrache d'au-dedans de nous pour nous remettre à l'instant sous le joug de la fortune et des hommes et nous rendre au sentiment de nos malheurs. Un silence absolu porte à la tristesse. Il offre une image de la mort. Alors le secours d'une imagination riante est nécessaire et se présente assez naturellement à ceux que le Ciel en a gratifiés. Le mouvement qui ne vient pas du dehors se fait alors au dedans de nous. Le repos est moindre, il est vrai, mais il est aussi plus agréable quand de légères et douces idées sans agiter le fond de l'âme ne font pour ainsi dire qu'en effleurer la surface. Il n'en faut qu'assez pour se souvenir de soi-même en oubliant tous ses maux.
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  • Par solasub, le 22 janvier 2012

    Toutes mes courses de botanique, les diverses impressions du local, des objets qui m’ont frappé, les idées qu’il m’a fait naître, les incidents qui s’y sont mêlés, tout cela m’a laissé des impressions qui se renouvellent par l'aspect des plantes herborisées dans ces mêmes lieux. Je ne reverrai plus ces beaux paysages, ces forêts, ces lacs, ces bosquets, ces rochers, ces montagnes, dont l'aspect a toujours touché mon cœur : mais maintenant que je ne peux plus courir ces heureuses contrées je n’ai qu’à ouvrir mon herbier & bientôt il m’y transporte. Les fragments des plantes que j’y ai cueillies suffisent pour me rappeler tout ce magnifique spectacle. Cet herbier est pour moi un journal d'herborisations qui me les fait recommencer avec un nouveau charme & produit l’effet d’un optique qui les peindrait derechef à mes yeux. C’est la chaîne des idées accessoires qui m’attache à la botanique. Elle rassemble & rappelle à mon imagination toutes les idées qui la flattent davantage. Les prés, les eaux, les bois, la solitude, la paix surtout & le repos qu’on trouve au milieu de tout cela sont retracés par elle incessamment à ma mémoire. Elle me fait oublier les persécutions des hommes, leur haine, leur mépris, leurs outrages, & tous les maux dont ils ont payé mon tendre & sincère attachement pour eux. Elle me transporte dans des habitations paisibles au milieu de gens simples & bons tels que ceux avec qui j’ai vécu jadis. Elle me rappelle & mon jeune âge & mes innocents plaisirs, elle m’en fait jouir derechef, & me rend heureux bien souvent encore au milieu du plus triste sort qu’ait subi jamais un mortel.


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  • Par adilosa, le 29 août 2013

    "Seul et délaissé, je sentais venir le froid des premières glaces, et mon imagination tarissante ne peuplait plus ma solitude d’êtres formés selon mon coeur. Je me disais en soupirant : qu’ai-je fait ici-bas ? J’étais fait pour vivre, et je meurs sans avoir vécu. Au moins ce n’a pas été ma faute, et je porterai à l’auteur de mon être, sinon l’offrande des bonnes oeuvres qu’on ne m’a pas laissé faire, du moins un tribut de bonnes intentions frustrées, de sentiments sains mais rendus sans effet, et d’une patience à l’épreuve des mépris des hommes."
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  • Par raynald66, le 01 février 2014

    Le bonheur est un état permanent qui ne semble pas fait ici-bas pour l'homme. Tout est sur la terre dans un flux continuel qui ne permet à rien d'y prendre une forme constante. Tout change autour de nous. Nous changeons nous-mêmes et nul ne peut s'assurer qu'il aimera demain ce qu'il aime aujourd'hui. Ainsi tous nos projets de félicité pour cette vie sont des chimères. Profitons du contentement d'esprit quand il vient ; gardons-nous de l'éloigner par notre faute, mais ne faisons pas des projets pour l'enchaîner, car ces projets-là sont de pures folies. J'ai peu vu d'hommes heureux, peut-être point ; mais j'ai souvent vu des coeurs contents, et de tous les objets qui m'ont frappé c'est celui qui m'a le plus contenté moi-même. Je crois que c'est une suite naturelle du pouvoir des sensations sur mes sentiments internes. Le bonheur n'a point d'enseigne extérieure ; pour le connaître il faudrait lire dans le coeur de l'homme heureux ; mais le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien, dans l'accent, dans la démarche, et semble se communiquer à celui qui l'aperçoit.
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