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> Michel Launay (Éditeur scientifique)

ISBN : 2080701177
Éditeur : Flammarion (1999)


Note moyenne : 3.49/5 (sur 143 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
«Savez-vous quel est le plus sûr moyen de rendre votre enfant misérable ?
C'est de l'accoutumer à tout obtenir : car ses désirs croissant incessamment par la facilité de les satisfaire, tôt ou tard l'impuissance vous forcera malgré vous d'en venir au refus ; et c... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par kristolikid, le 11 juillet 2013

    kristolikid
    J'ai entamé la lecture de ce livre enthousiaste, je l'ai achevée las.
    Rousseau avait développé, dans le discours sur les sciences et les arts par exemple, l'idée que l'humanité se divisait entre les hommes vertueux et ceux dépravés par la société. Emile ou de l'éducation se propose de comprendre comment former au mieux un homme dès le plus jeune âge. L'objet de Rousseau est de proposer une éducation qui institue l'homme de la nature dans la société, et le prépare à la condition humaine.
    Il imagine alors avoir la charge de l'éducation d'un nouveau né, qu'il nomme Emile et dont il va rapporter l'éducation. Chaque âge est abordé, suivant la chronologie du développement d'Emile. Impossible de faire l'inventaire des recommandations, conseils, imprécations fournis par l'auteur... Mais d'une manière générale, est à prescrire tout ce qui dénature les enfants (l'emmaillotage des nourrissons par exemple les prive de faire l'expérience de leur corps et du mouvement) et à encourager tout ce qui leur accorde la liberté. Rousseau écrit ainsi ces lignes : « le premier de tous les biens n'est pas l'autorité, mais la liberté. L'homme vraiment libre ne veut que ce qu'il peut, et fait ce qui lui plaît. Voilà ma maxime fondamentale. Il ne s'agit que de l'appliquer à l'enfance, et toutes les règles de l'éducation vont en découler ».
    Mais ce livre m'a également profondément lassé. La longueur inutile de l'ouvrage. Les digressions fréquentes qui hachent la lecture (la première partie de la profession de foi du vicaire Savoyard m'a ennuyé, la seconde réjoui). Les changements dans le style m'ont également gêné. L'auto-fiction romanesque où Rousseau imagine trouver à Emile sa promise, Sophie, n'a pas manqué de me faire éclater de rire pas mal de fois.
    Sa vision de la femme n'est pas des plus modernes. Il lui donne un caractère qui sied, j'imagine, aux Zemmourophiles, mais qui aujourd'hui n'a plus guère de sens. Un exemple de sa poésie : « le désir ne vient pour [les femmes] qu'avec le besoin ; le besoin satisfait, le désir cesse ; elles ne repoussent plus le mâle par feinte, mais tout de bon : elles font tout le contraire de ce que faisait la fille d'Auguste ; elles ne reçoivent plus de passagers quand le navire a sa cargaison. »
    Enfin, les deux choses qui m'ont le plus déplu dans ce livre n'ont finalement pas trait à l'ouvrage mais à l'auteur.
    La première, c'est le caractère pénible de Rousseau, que lui-même définit mieux que quiconque : « Ce qu'il y avait en moi de plus difficile à détruire était une orgueilleuse misanthropie, une certaine aigreur contre les riches et les heureux du monde, comme s'ils l'eussent été à mes dépens, et que leur prétendu bonheur eût été usurpé sur le mien. La folle vanité de la jeunesse, qui regimbe contre l'humiliation, ne me donnait que trop de penchant à cette humeur colère, et l'amour-propre, que mon mentor tâchait de réveiller en moi, me portant à la fierté, rendait les hommes encore plus vils à mes yeux, et ne faisait qu'ajouter pour eux le mépris à la haine ». L'absence de circonspection et de tendresse pour son lecteur, l'en font juger.
    La seconde, on essaie de l'oublier, on n'y pense plus, puis on voit revenir Rousseau fielleux contre les erreurs des hommes, donc on y repense : il a donné ses cinq enfants à l'Assistance Publique, et de cela, il n'en parle pas. Cela grève inexorablement le fonds de son commerce qui est la transparence du coeur. Témoin éloquent, cette phrase qu'il ose écrire : « Mais que fait cet homme riche, ce père de famille si affairé, et forcé, selon lui, de laisser ses enfants à l'abandon ? Il paye un autre homme pour remplir ces soins qui lui sont à charge. Âme vénale ! Crois-tu donner à ton fils un autre père avec de l'argent ? Ne t'y trompe point ; ce n'est pas même un maître que tu lui donnes, c'est un valet ».
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 30 décembre 2014

    chartel
    Cet essai est une oeuvre formidable. Par son ampleur tout d'abord. Jean-Jacques Rousseau qui tire à boulet rouge sur la littérature et les livres ne donne pas l'exemple. Il nous abreuve de théories fumeuses et de leçons moralisatrices, c'est lassant à la longue, mais c'est surtout comique pour un lecteur contemporain. Mais ce qui emporte inévitablement, c'est le style si particulier de Rousseau. Il fait souvent appel à des images inattendues pour rendre son propos plus vivant et varié. Il a le don également d'interpeller directement son lecteur pour le secouer un peu quand il commence à s'assoupir sous le ronron du maître. Et puis, malgré ses calamiteuses positions conservatrices (respect des lois et des maîtres, primauté du patriarcat), il étonne par des propositions révolutionnaires. Non seulement en matière de pédagogie, mais aussi au niveau théologique, par exemple dans les dogmes de l'Eglise et sa gouvernance, au niveau social enfin, avec sa volonté de promouvoir les mariages d'amour au détriment des mariages de raison, mais surtout son fameux contrat social, qui est repris dans l'Émile de manière synthétique.
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    • Livres 3.00/5
    Par bina, le 03 février 2013

    bina
    Rousseu rédigeant un essai sur l'éduction? Quel paradoxe quand on pense qu'il a abandonné tous ses enfants. Ce qu'il rédige est moins un traité qu'une ''rêverie d'un visionnaire sur l'éducation'' comme il le définit lui-même dans sa préface.
    ce serait donc un recueil de réflexions, construit autour d'une armature solide, abordant les étapes successives de l'éducation en fonction de l'âge de l'enfant, et des différentes sortes d'éducation (morale, sensorielle, intellectuelle..). Il part d'un élève imaginaire, Emile, et se place lui-même dans la fonction du gouverneur idéale.
    Il n'a qu'un objectif, former un homme libre, et pour cela il faut respecter l'être qu'est l'enfant, en lui laissant sa liberté. Attention au contresens, cela ne signifie pas que celui-ci est libre d'obtenir ce qu'il veut, il doit apprendre à aller dans le sens de la nature, sans être esclave de ses désirs. il propose une éducation qui se veut universelle, quelque soit le rang, la classe ou la condition future de son élève.
    Un gros pavé qu'il faut avoir le courage d'avaler, je ne suis pas prête de le relire dans un futur proche.
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  • Par Aela, le 16 février 2011

    Aela
    Le personnage d'Emile est inventé pour véhiculer à travers lui une vision radicalement nouvelle de l'éducation, en rupture avec celles qui sont en usage au XVIII ème siècle.
    Rousseau insiste sur l'importance et la nécessité, pour le père et la mère, d'élever eux-mêmes leurs enfants, précepte en effet nouveau à l'époque où on voyait tant d'enfants mourir en nourrice.
    La bonne éducation pour Rousseau passe par la campagne et par la liberté de mouvement.
    L'enfant doit pouvoir raisonner par lui-même, apprendre un métier manuel et comprendre la valeur et la nécessité du travail.
    Une pensée novatrice et attentive aux motivations de l'enfant dans son apprentissage. Un texte révolutionnaire à l'époque.
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    • Livres 4.00/5
    Par Hindy, le 03 janvier 2011

    Hindy
    Il nous est certes impossible d'appliquer ici l'éducation préconisé par Rousseau, néanmoins.... Néanmoins nous devrions réfléchir à certaines règles intemporels énoncées qui n'ont pas souffert du nombre des années écoulées...

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Critiques presse (1)


  • LeMonde , le 29 juillet 2011
    Rompant avec des siècles d'indifférence, de mépris, de défiance et d'autoritarisme, l'Emile, ou De l'éducation, le traité rédigé par Rousseau, marque indiscutablement la naissance de l'enfant dans la pensée moderne.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par courgette, le 12 mai 2010

    Notre manie enseignante et pédantesque est toujours d'apprendre aux enfants ce qu'ils apprendraient beaucoup mieux d'eux-mêmes, et d'oublier ce que nous aurions pu seuls leur enseigner. Y a-t-il rien de plus sot que la peine qu'on prend pour leur apprendre à marcher, comme si l'on en avait vu un qui, par la négligence de sa nourrice, ne sût pas marcher étant grand ? Combien voit-on de gens au contraire marcher mal toute leur vie, parce qu'on leur a mal appris à marcher !
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  • Par chartel, le 30 décembre 2014

    Si vous regardez la science en elle-même, vous entrez dans une mer sans fond, sans rive, toute pleine d’écueils ; vous ne vous en tirerez jamais. Quand je vois un homme épris de l’amour des connaissances se laisser séduire à leur charme et courir de l’une à l’autre sans savoir s’arrêter, je crois voir un enfant sur le rivage amassant des coquilles, et commençant par s’en charger, puis, tenté par celles qu’il voit encore, en rajouter, en reprendre, jusqu’à ce qu’accablé de leur multitude et ne sachant plus que choisir il finisse par tout jeter, et retourne à vide.
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  • Par bina, le 03 février 2013

    Vivre, ce n'est pas respirer, c'est agir; c'est faire usage de nos organes, de nos sens, de nos facultés, de toutes les parties de nous-mêmes qui nous donnent le sentiment de notre existence.

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  • Par chartel, le 30 décembre 2014

    Rendez votre élève attentif aux phénomènes de la nature, bientôt vous le rendrez curieux ; mais, pour nourrir sa curiosité, ne vous pressez jamais de la satisfaire. Mettez les questions à sa portée, et laissez-les lui résoudre. Qu’il ne sache rien parce que vous le lui avez dit, mais parce qu’il l’a compris lui-même ; qu’il n’apprenne pas la science, qu’il l’invente.

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  • Par Elvira, le 02 février 2012

    On me dira, comme on le fait sans cesse, que les fautes sont du médecin, mais que la médecine en elle-même est infaillible. A la bonne heure ; mais qu’elle vienne donc sans médecin ; car, tant qu’ils viendront ensemble, il y aura cent fois plus à craindre des erreurs de l’artiste qu’à espérer du secours de l’art .

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