Nostalgie quand tu nous tiens… L'an dernier, quand j'ai tourné la dernière page de la saga Harry Potter, que j'avais suivie avec fébrilité à chaque parution, je m'étais promis de ne pas acheter cet exemplaire des contes de Beedle le Barde, frustrée de me dire que les livres ayant trait au jeune sorcier étaient désormais derrière moi, et soucieuse de ne pas remuer le couteau dans la plaie, par des histoires n'ayant finalement qu'un rapport lointain avec la saga.
Las ! Je suis finalement très faible, et j'ai craqué. Je me suis dit qu'en fait, ce pourrait être un bon moyen pour couper le cordon en douceur (et, oui, je l'avouer, un excellent moyen également de retrouver – même un tout petit peu- cet univers dont les histoires m'ont tenue en haleine ces dernières années…)
Et finalement, je ne suis pas déçue d'avoir craqué.
Les contes de Beedle le barde se présentent sous la forme d'un livret bleu, à la couverture surimprimée d'illustrations de la main même de l'auteur. A l'intérieur, cinq contes. Cinq courtes histoires où magie, poésie et humour s'entrelacent pour le bonheur de tous, fans convaincus d'HP de la première heure, aussi bien que novices, curieux de découvrir l'univers du jeune sorcier à lunettes. En somme, nul besoin d'avoir lu toute la saga Potter pour lire ces cinq contes, qui forment chacun des histoires pleines et entières.
- le sorcier et le marmite sauteuse : premier conte du recueil, on retrouve bien là l'imagination de J.K. Rowling. C'est une histoire dont la portée moralisatrice s'efface derrière l'humour de la situation de ce sorcier revêche dont la marmite, legs paternel, va lui causer quelques soucis… pour finalement lui ouvrir de nouvelles perspectives.
- La fontaine de la bonne fortune : Un de mes contes préférés. Récit initiatique de trois sorcières et un chevalier moldu. Histoire poétique et féerique, dont la fin illustre parfaitement une certaine philosophie de la vie et du bonheur à laquelle beaucoup plus de gens devraient adhérer, afin de pouvoir eux aussi profiter pleinement de leur bonne fortune… ^^
- le sorcier au cœur velu : Mon conte préféré ! C'est le conte le plus noir, le plus cruel, et le plus sanglant (à ne pas raconter aux jeunes enfants d'ailleurs ! Ils risqueraient d'en être traumatisés, à l'image de la sorcière Karen Bloxam…).
L'histoire s'occupe de la part de ténèbres des sorciers, qui sont aussi des hommes, et dont le cœur peut se trouver prisonnier de sortilèges qu'il aurait mieux valu ne pas leur appliquer… Ce conte est terrible, mais d'une portée profonde et philosophique. le commentaire de Dumbledore, qui s'appuie sur le premier principe des lois fondamentales de la magie d'Adalbert Lasornette, convaincra définitivement ceux qui n'auraient pas compris la gravité du sujet abordé dans ce conte : « Ne touche aux plus profonds mystères – la source de la vie, l'essence de soi- que si tu es préparé à en subir les conséquences les plus extrêmes et les plus redoutables. »
Et j'aime désormais beaucoup l'expression « avoir le cœur velu » pour désigner une personne froide ou insensible !
- Babitty Lapina et la souche qui gloussait : Peut-être le conte qui ressemble le plus à l'un de nos contes de Moldus. L'histoire est plus mignonnette que les autres, moins acérée. Celle sans doute où l'humour s'affiche le plus. Et comme dans les deux premiers contes, les Moldus ne sont jamais loin…
- le conte des trois frères : LE conte qui apparaît dans le tome 7 des aventures de Harry Potter (Harry Potter et les reliques de le Mort) et avec lequel nous avions pris connaissance de l'existence de ces contes de Beedle le Barde… Après le sorcier au cœur velu, c'est le conte que je préfère.
Deux raisons à cela : tout d'abord, c'est le conte qui entretient le rapport le plus étroit avec la saga HP, qui établit un pont avec le dernier tome. Donc forcément, petit pincement au cœur de nostalgie qui s'est emparé de moi lorsque j'ai lu le conte, dont je connaissais pourtant le fond pour l'avoir justement lu dans le tome 7… Et c'est là que je me rends compte qu'un an après, je n'ai toujours pas véritablement coupé le cordon avec cette série…
Deuxième argument pour me plaire : il me fait furieusement penser à tous ces contes bretons et celtiques où la Mort (parfois c'est le diable) attend les humains sur un pont, ou un gué, et passe des pactes avec eux. C'est un schème folklorique assez répandu, mais J.K Rowling, avec l'ingéniosité qu'on lui connaît bien désormais, revisite la trame narrative habituelle et l'adapte à son univers de sorciers. La magie opère (c'est le cas de le dire ! ) et le conte des trois frères propose ainsi un récit où magie et conte traditionnel trouvent un parfait équilibre.
Il faut souligner que les illustrations qui accompagnent le livre sont de la main même de
JK Rowling. Et force est de constater qu'elle dessine bien ! C'est simple et sans grand effets picturaux, mais ça apporte une touche supplémentaire au livre. Personnellement, ces dessins crayonnés me font penser aux illustrations qu'il y avait dans un vieux livre de contes –justement- chez ma grand-mère.
Mon bémol ira probablement aux commentaires de Dumbledore qui suivent chaque conte. Même si je les ai trouvés très intéressants, j'ai aussi trouvé qu'ils coupaient trop brusquement le rythme narratif des contes. Entre chaque histoire, il faudrait faire un passage par l'analyse de Dumbledore. A vrai dire, je crois que je conseillerais à un lecteur de lire d'abord les 5 contes, pour bien s'imprégner de l'ambiance du livre, puis, dans un second temps, de revenir aux commentaires de Dumbledore. En outre, même si je parle naturellement des « commentaires de Dumbledore », je dois avouer que j'ai trouvé ces passages exégétiques un peu désincarnés du grand magicien, directeur de Poudlard : on sent encore trop, à mon sens, la présence de
JK Rowling derrière ces passages. D'autant qu'elle intervient parfois dans les notes, renforçant sa présence derrière le personnage de Dumbledore. Mais bon, c'est un reproche assez infime au final.
En tout cas, c'est un ouvrage où l'humour, la poésie, la magie et les réflexions sur le monde magique d'Harry Potter se marient à merveille. Nous, Moldus, sommes biens contents de pouvoir enfin découvrir les contes qui ont bercé l'enfance des sorciers du Monde Magique. Donc, en définitive, que vous soyez, comme moi, fans d'Harry Potter, et nostalgiques des années où vous suiviez la saga, ou tout simplement curieux de découvrir l'univers ensorcelant de
JK Rowling, ce petit livre fera un parfait cadeau de noël.
A noter enfin que tous les bénéfices liés à la commercialisation de ce livre sont entièrement reversés à une œuvre de charité, le « Children's High Level Group » (CHLG), co-fondée en 2005 par J. K. Rowling et Emma Nicholson dans le but d'améliorer le sort d'enfants maltraités.
Terminé le 07 décembre 2008
Lien : http://fabulabovarya.canalblog.com/archives/2008/12/07/11657622.html..