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Le malheur d'aimer,: Roman2Ajouter à mes livres
«Quand il revint, Anna n'était plus là, ni sa valise. Elle avait laissé un mot : "Je t'expliquerai un jour. Merci de tout. Love. Anna." Il descendit en courant au bureau de l'hôtel. Il y avait un train pour Paris à 18 h 36. Il était 18 h 34. Quand il arriva à la gare, l... > voir plus
sur la page de garde de ce beau livre prêté par Cat Cat (merci !) je lis :
les livres doivent aller de mains en mains
oeuvres de transmission
marches pour l'élévation des âmes.
Exactement ce que disait et appliquait Tony. l'immense écrivain qui n'eut pas le temps d'écrire ses romans,
Avalé en une soirée et petit matin ensoleillé
bien aimé finalement malgré qq. longueurs
coup de théâtre, un peu comme dans la gd mère de Jade
mais presque ... ne pas déflorer l'essentiel surtout ...
laisser aux babeliennes et aux babeliens le plaisir de savourer
jusqu'au bout du bout
Les gens heureux n'ont pas d'histoire. Ils s'en inventent. Ils bougent un peu, pour prendre un plaisir précautionneux et rétrospectif aux instants où ils ne bougeaient pas. Alain cherchait le prétexte de quelque chose à prendre dans la maison, la soif qu'ils n'avaient pas, le livre qu'ils ne liraient pas, la couverture dont ils n'avaient pas besoin afin de se redonner la merveille de retrouver Anna et se faire le cadeau de la redécouvrir.
Aimer un seul être rend pourtant tous les êtres aimables, leur accorde de beaux restes. La passion comblée nous rend fugitivement semblables à ce que serait un dieu dans ses meilleurs moments, qui verrait les hommes tels qu'ils sont, et les aimerait pour ce qu'ils sont, malgré ce qu'ils sont.
Il est rare que ce qui nous importe nous apparaisse d'abord très beau. La beauté, la plupart du temps, c'est à nos yeux ce que nous reconnaissons, ce qui est pour nous familier, et sans trouble.
elle photographiait les gens dans la rue et partout, quand ils oublient de faire semblant, quand ils laissent tomber leurs masques, tout à fait abandonnés à la fatigue ou concentrés dans une envie.
Il y avait une série de photos d'acheteuses se disputant des coupons en solde au comptoir d'un grand magasin, surprises au moment où elles sont furieuses et hérissées : féroce volaille autour du grain qu'on vient de leur jeter.
Il se réjouissait qu'Anna se dérobât aussi et fut un ciel changeant, parfois moqueur, plutôt qu'un miroir monotone. Il se sentait peu de goût pour cet amour qui consiste à s'aimer soi-même dans le regard d'un être, dans cet autre soi-même qui nous flatte à l'excès. Anna n'embellissait rien, ni elle-même. Elle aimait les bonheurs précis et la souffrance pure, amère, qui mord sans entamer, sans altérer.