J'avais beaucoup aimé l'émouvant Parle-moi. J'ai un avis plus mitigé sur ce recueil de Nouvelles : certaines sont excellentes, en particulier "Sonia" sur le ratage amoureux du couple Sonia et Léon Tolstoï, mais à l'inverse, je n'ai pas du tout accroché aux histoires plus ou moins fantastiques et abracadabrantes.
L'ensemble me laisse plutôt un sentiment de déception, même si le livre reste globalement agréable à lire.
Elle se regarde dans la glace. Elle approche la lampe. Cette image défaite, qui est-ce ? Elle ne sait plus. Elle tend les bras et touche sa joue, ses yeux, suit du doigt la courbe de ses lèvres. C'est donc ça, Sonia Tolstoï ? Ce visage inconnu, cette femme seule ? C'est donc ça, la vie ? On se bat, on s'acharne à construire, et au centre de nos batailles, il y a le vide ? Qu'est-ce que nous sommes ? Des machines à broyer du vide ?
Fréderique Deghelt . Comme Claude Delarue, Pascale Roze ou Bruno Gibert, Frédérique Deghelt habite sur la butte Montmartre, un très bel appartement plein de lumières, d?objets rapportés de ses voyages et de cris d?oiseaux des îles. En parlant avec Frédérique, je me dis que ces entretiens définissent peut-être « un auteur Actes Sud » - voyez Pierrette, Alice, Anne, Anne-Marie ? sur lesquels on sentirait l?esprit bienveillant d?Hubert Nyssen. Comme le lieu le permet, je m?essaye à la diversification des plans et des cadres, avec plus ou moins de bonheur, vérifiant la parabole sur la difficulté d?être à la fois à l?eau et au moulin. Caméra éteinte, nous discutons encore longuement, Frédérique et moi, avant de retrouver la rue, gardant cette impression d?avoir passé un moment dans une cabane posée au-dessus des arbres. www.auteurs.tv