ISBN : 2907681931
Éditeur : Tristram (2012)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Des adolescents, pour certains à peine sortis de l’enfance et déjà en perdition : massacrés par la famille, la société, les institutions.
Six d’entre eux vont raconter, à la première personne, dans la langue brutale et splendide qui est leur seule arme, la guerre... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 15 avril 2012

    Kittiwake
    D'emblée entraîné dans le sillage de Marco, Goliath de la banlieue bordelaise, le lecteur se trouve pris dans un tourbillon infernal où sombrent Malid, le lettré qui vend son corps, tout comme Manon, même si elle ne joue pas dans la même cour, Sylvie (elle a eu le tort de molester deux voyous qui voulaient apprendre la vie à sa petite sœur), Xavier le lecteur-voleur de bédés, et Thierry bousillé très tôt par des adoptifs (ils ne méritent pas le nom de parents) pervers. Leur route va se croiser là où les autorités tentent de les contrôler. Juges, éducs, flics, autant d'obstacles mis sur un chemin qu'ils n'ont pas anticipés, pris dans cette course folle, et dont les balises vont se définir entre survie et vengeance, dans un crescendo de haine et d'incompréhension., au cours d'une fuite éperdue et vaine
    Ce n'est pas une promenade de santé, âmes sensibles s'abstenir : la violence du langage est à la hauteur de la brutalité ou du désespoir des protagonistes, qu'ils soient du côté de la délinque ou des redresseurs de torts. Sans oublier le sexe aussi : assorti de fougue ou de violence, qu'il soit tarifé ou non.
    Quant à la langue : c'est Céline revisité par Audiard! Un rythme effréné, j'ai dû interrompre ça et là la lecture pour reprendre mon souffle! :
    "ah le mec, c'est un, un dindon, un, un, pintadeau! Un chapon! J'sais pas comment ils font les Vouvous pour travailler avec lui. Aux ordres il est. le doigt sur la couture. Un pauvre type qu'arrête pas de faire chier l'éduc chef. Ce mec faut le dégraisser. Stage de balayage dans les foyers. Quarante jours, sans manger, à peine. Tous les directeurs,ils,devraient y passer. Tous. Ça rend humble. Comme nous."
    C'est Malid qui donne le ton, il a beaucoup lu et beaucoup retenu, mais sur ce terrain, les autres ne sont pas à la ramasse. Les mots sont torturés, triturés, ré-inventés (le correcteur d'orthographe a dû péter un plomb), scandés avec l'énergie du désespoir et brandis comme des armes inutiles face à des cibles inaccessibles et vainement combattues.
    L'auteur ne ménage personne, et l'on se prend une sacrée claque, pas de démagogie ni d'apitoiement, juste un constat d'une réalité sociale dérangeante, et dont les sources sont trop complexes pour y appliquer un contrepoison unique : les antidotes judiciaires ou éducatives sont autant de cautères sur une jambe de bois
    Et pourtant on se surprend à sourire! :
    «on marche pas. On limace dépressif. Les escargots à côté de nous c'est Usain Bolt, et c'est pas les baggies qui nous causent l'effet, parce que les pantalons de taulards on les a pas, rien, tenus de marin à la con, et faut les laver en plus»
    «C'est comme un film sur les graffitis en allemand, avec des sous-titres en sioux où ils parlent finlandais»
    «Ils ont des tronches pas possibles les chameaux de près. Gueule prétentieuse. les dents en avant. L'air du fort en thème fier de son dico. Tout ce qui fait qu'on les tabasse.»
    Ce roman a obtenu le prix France-Culture télérama, auquel participent des lecteurs.



    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2012/04/le-dernier-contingent.html
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Critiques presse (4)


  • Lexpress , le 10 février 2012
    Le rare Alain Julien Rudefoucauld explore l'adolescence, ses illusions et ses vertiges. Etouffant et rageur.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeMonde , le 03 février 2012
    Dans un paysage littéraire français qui s'intéresse peu à la jeunesse, ou seulement pour l'utiliser comme une figure de l'ennui et de la résignation, le choeur d'adolescents rageurs qui porte cette épopée tragique en douze semaines se fait entendre d'autant plus fort.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 11 janvier 2012
    Voilà longtemps qu'on n'avait lu pareil texte et pareille langue en littérature française. Le ­Dernier Contingent d'Alain Julien Rudefoucauld est incontes­ta­blement l'un des meilleurs r­omans de cette rentrée
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Liberation , le 11 janvier 2012
    En douze semaines, le Dernier Contingent scande l’engrenage de la violence. L’auteur, Alain Julien Rudefoucauld [...], ferraille avec un panache sans pareil. Il procure à ses déshérités l’arme infaillible du langage.
    Lire la critique sur le site : Liberation

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Citations et extraits

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  • Par Kittiwake, le 15 avril 2012

    En plein devant, Y'a un casque qui se déboite et qui arrive sur nous comme un diable.. Je pousse un coup de gueulante et je continue sur ma lancée, comme un vieux à qui il manque une case, presque un tiroir
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  • Par Kittiwake, le 15 avril 2012

    ah le mec, c'est un, un dindon, un, un, pintadeau! Un chapon! J'sais pas comment ils font les Vouvous pour travailler avec lui. Aux ordres il est. Le doigt sur la couture. Un pauvre type qu'arrête pas de faire chier l'éduc chef. Ce mec faut le dégraisser. Stage de balayage dans les foyers. Quarante jours, sans manger, à peine. Tous les directeurs,ils,devraient y passer. Tous. Ça rend humble. Comme nous
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  • Par Kittiwake, le 15 avril 2012

    on marche pas. On limace dépressif. Les escargots à côté de nous c’est Usain Bolt, et c’est pas les baggies qui nous causent l’effet, parce que les pantalons de taulards on les a pas, rien, tenus de marin à la con, et faut les laver en plus
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  • Par Kittiwake, le 15 avril 2012

    Ils ont des tronches pas possibles les chameaux de près. Gueule prétentieuse. les dents en avant. L’air du fort en thème fier de son dico. Tout ce qui fait qu’on les tabasse.
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  • Par Kittiwake, le 15 avril 2012

    Ils ont des tronches pas possibles les chameaux de près. Gueule prétentieuse. les dents en avant. L’air du fort en thème fier de son dico. Tout ce qui fait qu’on les tabasse.
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Alain Julien Rudefoucauld vous présente son ouvrage "Le dernier contingent" aux éditions Tristram.








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