> Laurence Viallet (Traducteur)

ISBN : 2264045965
Éditeur : 10-18 (2008)


Note moyenne : 3.28/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
De nos jours, dans un monde qui ressemble comme deux gouttes d'eau au nôtre et qui pourtant n'est pas tout à fait le même... Jane Charlotte est arrêtée en flagrant délit, pour un meurtre qu'elle vient de commettre. Au commissariat, elle raconte aux inspecteurs une histo... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par narmiz, le 12 septembre 2010

    narmiz
    Un roman qu'on lit d'une traite (ou presque) ne peut pas être foncièrement mauvais, a fortiori s'il s'agit d'un thriller comme c'est le cas ici. Avec un art rare de l'accroche, Matt Ruff emporte le lecteur dès les premières pages, avec ce pitch imparable : une jeune femme dans une prison, un psychologue, j'ai tué cet homme car je fais partie d'une organisation secrète dont le but est de supprimer les hommes mauvais.
    Et voilà Jane Charlotte embarquée dans son récit, depuis son adolescence mouvement, son recrutement par l'organisation en question, ses missions, ses réussites et ses échecs.
    Bien entendu, au fur et à mesure du livre, comme si l'appropriation du concept déjà assez riche ne suffisait pas, des zones d'ombres apparaissent, des revirements s'opèrent, des perspectives se modifient.
    Puis, plus on se rapproche du dénouement, plus les coups de théâtre s'enchaînent, à un rythme presque effrené, jusqu'aux pages finales fort denses, que j'éviterai de spoiler !
    On est ici dans l'univers assez cadré du thriller américain contemporain. Stylistiquement, c'est du travail propre et carré mais sans grand intérêt littéraire. La construction du roman est banale, le flash back n'étant pas une invention récente.
    C'est sur les personnages que Matt Ruff réussit le plus, et notamment sur son héroïne Jane Charlotte (quel prénom :!), dont il nous narre en détail les aspects noirs de la personnalité et qu'on ne peut s'empêcher de pendre en effectioin.
    Sur l'intrigue, elle est vraiment rondement menée; il n'y a pas un seul temps mort; on est d'ailleurs presque sur le scénario et le découpage d'un film dont on n'imagine pas qu'il ne puisse pas se faire tellement l'adaptation coule de source.
    Le livre est malin, l'auteur fait preuve d'une vraie fantaisie, d'une légèreté mais aussi d'un souci du sérieux et de la cohérence, qui fait qu'on arrive à croire à son organisation secrète dont les départements s'appellement Les Murs ont des yeux ou Coûts Bénéfices.
    Je dois dire que j'ai très peu saisi l'aspect SF ou monde parallèle du livre, à parti quelques idées pratiques pour l'avancement de l'histoire, le reste donne (malheureusement) bien à croire qu'il s'agit de notre pauvre monde. De même, l'héritage du thriller paranoÏaque et de la SF déjantée à la Philip K. Dick me semble assez lointain, plus une vague influence qu'une composante majeure.
    Enfin, il faut reconnaître que les dernières pages sont assez embrouillées, on sent que renouer tous les fils et rendre tous les twists cohérents les uns avec les autres n'a pas dû être simple, d'où cet enchaînement de révélations sans beaucoup de substance et de liens entre elles; clairement on aurait aimé une fin plus travaillée...
    Cependant au global un excellent moment, un bon potential d'addiction et quelques idées qui trottent dans la tête encore quelques temps après avoir fermé le livre.
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    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 07 octobre 2008

    sentinelle
    Né en 1965, « Bad Monkeys » est le quatrième roman de l'auteur Matt Ruff, son troisième traduit en français après « Un requin sous la lune » (Gallimard SF, 2004) et le thriller « La proie des âmes » (Seuil, 2005), très apprécié des internautes en général.
    Ses influences sont à rechercher du côté de Ray Bradbury, Stephen King et surtout Philip K. Dick dans sa construction d'une réalité truquée, d'un univers paranoïaque (on est tout le temps sous écoute et observés), des réalités alternatives et du pouvoir des drogues. Hommage également à Philip K. Dick en prénommant l'héroïne du même prénom que sa jeune sœur jumelle décédée dans sa petite enfance, la protagoniste principale nommée Jane Charlotte ayant elle-même un plus jeune frère du nom de Phil, c'est dire l'importance de la référence !
    J'ai bien aimé ce roman aux multiples rebondissements et fausses pistes, nageant en eau trouble sans très bien savoir si j'étais dans un récit SF, un polar, un thriller ou une dimension parallèle. Délire paranoïaque provenant d'une schizophrène-mythomane ou réalité dans un monde où le bien et le mal ne sont pas toujours faciles à départager, contrairement aux apparences ? On ne peut s'empêcher d'avoir beaucoup de sympathies pour Jane Charlotte, personnalité pourtant peu recommandable mais à la répartie si jubilatoire que nous lui pardonnons vite ces petits travers (quel euphémisme, lisez le bouquin et vous comprendrez qu'elle est tout sauf un ange tombé du ciel).
    J'ai trouvé la fin malheureusement moins inspirée mais qu'importe, je n'ai pas boudé mon plaisir de lectrice pour autant : récit en trompe l'œil, manipulations diverses, vérité qui ne cesse de se dérober, apparences trompeuses, écriture fluide, rythme alerte bref un bon moment de divertissement. Un roman qui a tout pour être adapté au cinéma (genre film d'action, pas film d'auteur hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis). Sans pour autant être une réussite totale, ce roman est sans conteste écrit par un auteur à surveiller, sûr que le monsieur en question a du potentiel et de l'avenir devant lui dans le monde littéraire !

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-22488698.html
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par yokai, le 14 juillet 2011

    yokai
    Avant ce Bad Monkeys, j'avais lu deux livres de Matt Ruff: Un requin sous la lune (traduction bizarre du titre original Sewer, Gas and Electric) et La proie des âmes. Ces deux livres partagent avec Bad Monkeys une grosse dose d'originalité frisant la loufoquerie. Il faut donc une bonne ouverture d'esprit pour apprécier l'oeuvre de cet auteur américain. Cette fois, j'ai du en manquer ... Pourtant, j'avais adoré Un requin sous la lune dans lequel on croisait, parmi bien d'autres choses étranges, la tête d'Ayn Rand ramenée à la vie par des ordinateurs ou un sous-marin rempli d'écologistes. Dans La proie des âmes, Matt Ruff abordait le trouble de la personnalité multiple sous un angle pour le moins original et imagé (Un autre titre traitant du même sujet est Les mille et une vies de Billy Milligan de Daniel Keyes). Plusieurs personnes cohabitent, au sens propre, dans le corps d'Andrew. Chacun des habitants de cette véritable maison se partage, à tour de rôle, le pilotage du corps. Dans Bad Monkeys il est question d'une organisation secrète dont le but est d'éliminer les malfaisants. On est bien loin du réalisme des Falsificateurs d'Antoine Bello, on est bien chez Matt Ruff. Jane Charlotte, le personnage principal, dispose d'un pistolet MN pour Mort Naturelle. C'est l'arme de prédilection des Bad Monkeys qui permet d'éliminer une personne discrètement en provocant une crise cardiaque. La quatrième de couverture parle de se perdre dans un labyrinthe avant de retrouver la lumière et évoque Philip K. Dick. Je pense que je me suis perdu sans trouver l'interrupteur et que je suis définitivement hermétique aux scénarios de Philip K. Dick. Une grande déception car j'étais vraiment enthousiaste à l'idée de lire ce livre qui réunissait tous les ingrédients pour me plaire.

    Lien : http://www.aubonroman.com/2010/06/bad-monkeys-par-matt-ruff.html
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Wilt, le 21 mai 2012

    Wilt
    acheté au pif, séduit par la couverture, c'est rigolo. l'auteur vit à seattle, bon délire sur des sociétés parallèles qui se fichent des lois, thriller qui flirte avec la parano, des twists sympas, ça se passe à frisco et vegas, plaisant à lire, pas le livre de l'année non plus, mais un bon moment
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 07 octobre 2008

    C'est une salle qu'un auteur dramatique en manque d'inspiration aurait pu imaginer, les yeux rivés sur sa page blanche : des murs blancs. Un plafond blanc. Un sol blanc. Pas complètement dépouillée, mais assez pour que les rares éléments du décor laissent pressentir qu'ils tiendront un rôle crucial dans la pièce qui va se jouer.
    Une femme est assise sur l'une des deux chaises alignées contre une table blanche rectangulaire. Ses mains sont menottées devant elle ; elle est vêtue de la combinaison orange des détenus, dont la couleur vive paraît terne dans toute cette blancheur. Un homme politique sourit sur une photographie accrochée au mur, au-dessus de la table. De temps à autre, la femme lève les yeux vers la photo ou vers la porte qui est l'unique issue de la pièce, mais en général elle ne quitte pas ses mains du regard et attend.
    La porte s'ouvre. Un homme en blouse blanche entre, apportant de nouveaux accessoires : un dossier et un magnétophone.
    - Bonjour, dit-il. Jane Charlotte ?
    - Elle-même.
    - Je suis le Dr Vale.
    Il ferme la porte et s'approche de la table.
    - Je suis ici pour vous poser quelques questions, si vous êtes d'accord.
    Comme elle hausse les épaules, il demande :
    - Savez-vous où vous êtes ?
    - Sauf s'ils ont déplacé la salle... Puis :
    - Dans la prison de Las Vegas. L'aile des barjots.
    - Et vous savez pourquoi vous êtes ici ?
    - Je suis en prison parce que j'ai tué quelqu'un que je n'étais pas censée tuer, répond-elle, impassible. Quant à savoir pourquoi je me trouve dans cette pièce avec vous, j'imagine que ça a un rapport avec ce que j'ai raconté aux policiers qui m'ont arrêtée.
    - Oui.
    D'un geste de la main, il désigne la chaise vide.
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