> Jean Guiloineau (Traducteur)

ISBN : 2253050407
Éditeur : Le Livre de Poche (1989)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 49 notes) Ajouter à mes livres
À minuit, les nations émergent dans la liesse et la frénésie et les horloges joignent les mains pour saluer les enfants qui naissent. C'est ainsi que vont les choses à Bombay. Dans Les Enfants de minuit, Rushdie allie à merveille histoire p... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Mamzelle, le 20 juin 2008

    Mamzelle
    Même sans être un dévoreur de livre, vous avez certainement déja entendu parler de Salman Rushdie, romancier anglais né à Bombay et auteur de plusieurs best-seller dont un, "Versets sataniques" (1989) a été considéré comme blasphématoire par les musulmans et lui a valu une fatwa de l'ayatollah Khomeini, qui appelait tous les fidèles à l'assassiner.
    "Les Enfants de minuit" est son premier roman, paru en 1981 et a recu le Booker Prize la même année.

    Pitch: Saleem Sinaï est un "enfant de minuit". Il est né à minuit le 15 août 1947, jour de l'indépendance de l'Inde et par cette naissance, lie à jamais son sort avec celui de la nation qui l'a vu naître. Tous les évenements sociaux, politiques ou économiques du pays trouvent leurs causes dans les évenements qui parsèment la vie de Saleem et de toute sa famille.
    De plus, tous les enfants nés cette nuit-là entre minuit et une heure du matin (ils sont 1001) ont recu un don. Saleem, né à minuit-pile, a recu le don le plus puissant, le don de pouvoir investir l'esprit des gens, un don encore plus fort que de la simple télépathie et cela, enchevêtré avec le rôle de "symbole" dont il a hérité, fait de sa vie un canevas aux fils multiples et indémêlables.
    Salman Rushdie nous livre ici une saga familiale baroque où l'on rencontre les grands-parents de Saleem au Cachemire, où l'on suit ses parents de Bombay au Pakistan, où l'on écoute chanter sa soeur, Jamila, où l'ont suit finalement toutes les aventures burlesques ou grandioses auxquelles Saleem, volontairement ou non, va participer.
    C'est un roman riche, extrêmement riche, l'écriture de Salman Rushdie couplée au destin de Saleem Sinaï nous emmène tantôt dans un récit digne des Contes des Mille Et Une Nuits, tantôt dans un pamphlet politique rigoureusement exact, tantôt dans une farce vaudevillesque.
    Car c'est tout le talent de Rushdie, celui d'arriver à concilier roman imaginaire et histoire, les deux paraissant impossible à mêler mais dont le mélange final est tout simplement fantastique: que l'on soit ou non un fanatique de l'histoire de l'Inde ou de l'Histoire tout court, on est forcément fasciné par la construction de ce pays aux mille visages, on apprend ou re-découvre des détails historiques sous couvert de suivre la vie d'une famille au destin marqué...
    Le style de Rushdie est dense, je ne le nie pas, l'entrée dans le livre est difficile, car Saleem nous fait le récit de sa vie en usant et abusant des flash-backs, des digressions, des commentaires annexes, des détails sans queue ni tête.
    Mais une fois entrée dedans, je ne l'ai pas lâché: dès que je me plongeais dans ces 675 pages, je voyais des saris or et pourpre, des madras, des rues poussiéreuses, je sentais l'odeur du curry , du poulet massala et des masures des intouchables, j'entendais les dizaines de dialectes se mélanger, j'étais transportée dans une Inde que je ne connais pas mais que Rushdie décrit avec tant de talent qu'il m'était impossible de ne pas être fascinée.
    Un livre merveilleux, à ne pas manquer. Accrochez-vous au début et laissez-vous emporter au pays des rickshaws...
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 05 août 2008

    Woland
    Midnight's Children
    Traduction : Jean Guiloineau
    Voici un roman fabuleux dont l'auteur parvient à tenir en haleine son lecteur avec le même brio que Shéhérazade dans "Les Mille et une Nuits." Pourtant, ce n'est pas cela qui est ici le plus remarquable : ce qui séduit et émeut avant tout, c'est la certitude, très vite acquise, du drame vécu par Rushdie, profondément et viscéralement Indien avant que d'être musulman.
    "Les Enfants de minuit" est un hymne somptueux à l'Inde, une Inde au passé multi-ethnique et multi-religieux mais dans laquelle la sagesse millénaire de la civilisation indo-européenne s'impose comme référence primordiale. Comme l'indo-européen, ancêtre des langues parlées sur notre planète par à ce jour trois milliards d'individus, a uni l'Occident à une partie de l'Orient, Rushdie tente de sceller dans ce livre l'union de l'Inde hindoue et de l'Inde musulmane.
    Déiste plus qu'athée véritable, conteur-né dont la sensibilité au merveilleux permet de faire admettre naturellement le basculement de l'intrigue, à certains moments, dans une forme de fantastique, poète incontestable bercé aussi bien par les mythes flamboyant de couleur de la culture hindoue que par les récits tout aussi colorés venus d'Arabie par le biais de l'islam, Rushdie brosse ici une fresque grouillante et pleine de lumière où seules les dérives et les interdits religieux sont traités sans tendresse.
    Résumer l'intrigue est chose impossible - sous peine, entre autres, d'en dévoiler un peu trop les fils. En gros, il s'agit de la vie d'une famille indienne de religion musulmane, les Sinai-Aziz, depuis la perte de la foi par le grand-père maternel, Aadam Aziz, jusqu'à la rupture avec le Pakistan et le retour dans le giron de la Grande Mère Inde de son petit-fils, Saleem, qui est aussi le narrateur du récit.
    En toile de fond, les tribulations de l'Inde, de l'immédiate Indépendance jusqu'au règne d'Indira Gandhi (magnifiquement identifiée à la déesse Kali par Rushdie) en passant par la partition du Pakistan - "pays de la pureté" (!!!) - et, bien entendu, la guerre qui opposa le Pakistan à la République indienne dans les années soixante.
    Le style est chatoyant, on dirait une foule de soieries, plus luxueuses les unes que les autres, qui se déplient une à une, affolant et ravissant l'oeil tout à la fois et dont l'éblouissant assemblage sert à masquer autant qu'à mettre en valeur le ton pince-sans-rire, attendri, cruel aussi, avec lequel Rushdie évoque sa nation et son peuple.
    Un livre fascinant et une bouffée d'espoir pour tous ceux qui pensent qu'un jour, l'islam connaîtra sa révolution des Lumières. Mais un livre qui conforte aussi dans la certitude que ces Lumières-là ne pourront venir que d'un peuple non-arabe. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par ignatus-reilly, le 04 janvier 2011

    ignatus-reilly
    L'histoire de Saleem Sinaï, né à Bombay, à OH (minuit),le 15 août 1947, le jour de l'indépendance de l'Inde. Cette histoire commence le jour, où Aadam Aziz se cogne le front en faisant sa prière et perd la foi. Les héros du livre ont leur destin inextricablement lié à l'Histoire ; Saleem, tout particulièrement, lui qui est né en même temps que l'Inde (de même que 1000 autres enfants).
    C'est un roman foisonnant, coloré, odorant, baroque à l'effigie de l'Inde et de ses multiples communautés.
    Saleem se sent plus indien que musulman et vivra avec désespoir la partition de l'Inde et la création du Pakistan puis plus tard celle du Bangladesh.
    Durant cette période de 60 ans (30 ans avant la naissance de l'Inde, 30 ans après) , l'Inde aura vécu plusieurs guerres et de nombreux bouleversements dont l'avènement d'Indira Gandhi n'est pas le moindre, en particulier lors de la promulgation de l'état d'urgence.
    Elle mettra en place la politique d'embellissement des villes en organisant la destruction des bidonvilles, jetant ainsi des milliers de gens à la rue ; le contrôle des naissances et la stérilisation forcée...
    Saleem, l'alter ego de l'Inde, aura été malmené par la vie et aura vu disparaître sa famille.
    On sent l'immense amour de Salman Rushdie pour l'Inde, ce qui ne l'empêche d'en critiquer certains de ses aspects, notamment les dérives religieuses et politiques.
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    • Livres 5.00/5
    Par bluemoon, le 20 novembre 2010

    bluemoon
    Simplement époustouflant, Salman Rushdie est un conteur magnifique. Il use d'une langue savoureuse, qui donne envie de lire à haute voix (en V.O !). Lu il y a des années de cela, il reste un des plus beaux livres jamais lus jusqu'à maintenant.
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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    Saga baroque et burlesque qui se déroule au c?ur de l'Inde moderne, mais aussi pamphlet politique impitoyable, Les enfants de minuit est le livre le plus réussi et le plus attachant de Salman Rushdie.
    Traduit en quinze langues , il a reçu en 1981 le Booker Prize.
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Citations et extraits

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  • Par ignatus-reilly, le 01 janvier 2011

    Nous avons quitté Bombay , définitivement, en février 1963 ; et, le jour de mon départ, j'allais enterrer sous les cactus du jardin un vieux globe terrestre en fer-blanc. Dedans : la lettre d'un Premier ministre et une photo de bébé, grande taille première page, intitulée "L'Enfant de Minuit"... ce ne sont peut-être pas de reliques sacrées - je n'aurai pas le présomption de les comparer au poil du prophète de Hazratbal ou au corps de saint François-Xavier dans la cathédrale de Bombay - mais elles sont tout ce qui me reste de mon passé : un globe de fer-blanc écrasé, une lettre moisie, une photo. Rien d'autre, même pas un crachoir d'argent.
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  • Par ignatus-reilly, le 01 janvier 2011

    Il tient à la main un savon de Mysore parfumé au santal ; il se redresse de toute sa hauteur ; il passe fièrement la porte... Sur quoi des employés pathans se saisissent de lui, comme d'habitude des Indiens protègent des Européens contre une révolte d'Indiens, et il sort en se battant vaillamment, retourne dans Warden Road et s'écrase dans la poussière. Le nageur du Pas-de-Calais dans la rue, ratant de peu chameaux taxis bicyclettes (Vishwanath fait un écart pour éviter le morceau de savon)... mais il n'est pas découragé ; il se relève ; brosse la poussière qui le recouvre ; et promet de revenir demain.
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  • Par bluemoon, le 20 novembre 2010

    I was born in the city of Bombay ... once upon a time. No, that won't do, there's no getting away from the date : I was born in Doctor Narlikar's Nursing home on August 15th 1947. And the time ? The time matters, too. Well then, at night. No, it's important to be more ... On the stroke of midnight, as a matter of fact. Clock hands joined palms in respectul greeting as I came. Oh, spell it out, spell it out : at the precise instant of India's arrival at independance, I tumbled forth into the world.
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  • Par parmifil, le 28 juin 2009

    "On n'échappe pas à son passé. Ce que vous avez été est à jamais ce que vous êtes."
    "Ce qui ne peut être soigné doit être enduré."
    "Chaque nuage est bordé d'or."
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  • Par ignatus-reilly, le 01 janvier 2011

    La seule façon de se procurer de l'alcool était d'avoir un certificat médical disant qu'on était alcoolique ; une nouvelle race de médecins fit son apparition, des médecins-djinns, et l'un d'eux, le docteur Sharabi, fut présenté à mon père par Homi Catrack, notre voisin.
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Vidéo de Salman Rushdie

Si vous deviez emporter trois livres sur une île déserte? Quelle est la réponse de l`auteur des Versets sataniques? La réponse en images. http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/index.php?id_video=92








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