ISBN : 9782846790956
Éditeur : Ginkgo (2011)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Ce livre raconte l'enfance et l'adolescence de Léodine, fille de colons.

Née au Congo Belge au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle apprend adolescente que dans ses veines coule du sang noir, celui de son arrière grand-mère, esclave en Louisiane... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 14 octobre 2011

    Luniver
    "Léodine l’Africaine" est l'histoire de Léodine, jeune fille dont les origines s'étalent sur plusieurs continents. Sa mère, Astrid, est belge, son père, Gregory, américain, ils se sont rencontrés en France peu après la libération. Après une cour assidue au Congo Belge, où le grand-père occupait un poste dans les colonies, ils se marient. Mais leur bonheur dure peu, puisque l'avion que prit Gregory pour aller voir sa fille qui venait de naître s'écrase.
    Quelques années plus tard, son oncle Jeff apprend à Léodine que son arrière grand-mère paternelle était esclave, et noire. Cette révélation est un choc pour la jeune fille : les opinions de l'époque et le milieu du colonialisme dans lequel elle vit rend ce fait difficile à supporter. Les mots utilisés pour décrire son "sang noir" sont durs : impure, péché, souillée. Sa mère lui demande de garder absolument le secret, Léodine vit désormais avec la hantise que son secret soit révélé. Au-delà de la simple question existentielle "D'où viens-je ?", il y a une véritable crainte d'être mis au ban de la société si la nouvelle se répand : les deux "races" ne doivent pas vivre ensemble. Léodine se lie alors d'amitié à l'école avec une métisse, Yolande, tout en ayant peur que cette promiscuité donne des soupçons aux autres, et lui révèle son secret. La situation sociale est assez bien illustrée par la famille de Yolande : son père est blanc et a épousé une angolaise. le père et la fille, métisse mais plus blanche de peau, vivent dans la maison, la mère noire est reléguée dans la boyerie au fond du jardin, le demi-frère plus noir de peau n'est accepté que dans une école de missionnaire, et doit rejoindre la cité indigène tous les soirs. "De cette manière [...] il leur épargnait à tous les trois des situations confuses, voire humiliantes, qui se répèteraient forcément".
    Vient ensuite un passage où la famille de Léodine part en voyage à travers le Congo. J'ai été un peu déçu de cette coupure, je venais seulement de prendre vraiment conscience du problème racial et de toutes les conséquences que ça amenait dans la vie des familles, je ne voulais pas le quitter pour un autre thème. On découvre dans cette partie les différents paysages qu'offre le Congo, la faune si particulière, et la culture du pays (des anecdotes, des dictons, une rencontre avec un ancien). Lors de ce voyage, deux collègues du nouvel époux d'Astrid invitent Léodine à visiter le pays en avion avec eux. Après une soirée alcoolisée, l'un deux viole la jeune fille, qui garde le silence.
    Au retour, les soucis retombent sur Léodine : sa promiscuité avec Yolande en font la cible des ragots, certaines étudiantes la prennent en grippe. Elle tombe presque amoureuse du demi-frère de Yolande. Ils vont s'embrasser et avoir une relation sexuelle ensemble. Persuadée après d'être enceinte (d'un noir, qui plus est), Léodine tombe malade et finit par tout révéler à sa mère, qui décide de l'envoyer en Amérique chez ses grands-parents paternels. Malgré la nostalgie et le mal d'Afrique, Léodine est persuadée que son "exil" est un bien, puisqu'elle lui a évité de poursuivre une relation de "couple maudit".
    La lecture de ce livre a été assez heurtante pour moi, puisque les préjugés sociaux et raciaux sont exposés sans fard, et sont certainement fidèles à ce qui se faisait et se disait à l'époque. C'est d'autant plus choquant qu'il n'y a qu'une soixantaine d'années entre cette époque et la nôtre. Je suis content d'avoir pu découvrir cet ouvrage, témoignage très vivant d'une époque dont on m'a trop peu parlé.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ccilivre, le 17 octobre 2011

    Ccilivre
    Petite Léodine deviendra grande... A Elisabethville (Lubumbashi aujourd'hui), la "perle du Katanga" alors colonie belge, il est difficile de se positionner quand on est une jeune fille blanche enracinée dans sa terre chérie africaine. Imprégnée du discours colonial mais attirée comme un aimant par les forces du continent, Léodine tente de se frayer une identité sur sa terre natale. Bouleversée par le secret du sang qui coule dans ses veines, Léodine se cherche. En portant son affection à une domestique africaine, au cours d'un voyage qui lui fait découvrir les splendeurs de la nature, en partageant une amitié avec une camarade métisse, à travers un éveil ambivalent à la sensualité.
    Le titre du livre est un clin d'oeil à Léon l'Africain, le roman d'Amin Maalouf qui retrace le parcours de l'explorateur Hassan al-Wassan du XVIe siècle. Mais Léodine l'Africaine joue bien plus sur la tension entre attirance et répulsion pour l'Afrique, en explorant le sentiment étrange d'un continent à la fois insaisissable et prégnant, qui tient souvent celui qui s'y aventure vraiment, qui plonge au coeur de ses entrailles, pour le meilleur et pour le pire. Dans une écriture assez formelle mais agréable, Albert Russo emporte le lecteur dans un voyage initiatique.
    Le petit + : une autre approche du Congo (RDC)
    Le truc : à mettre dans sa valise (idéalement pour un voyage en Afrique !)

    Lien : http://ccil.over-blog.net/article-leodine-l-africaine-d-albert-russo..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par midola, le 28 octobre 2011

    midola
    Mon avis un peu mitigé après cette lecture. Deux choses m'ont gêné dans cette lecture. La première est peut-être due à mon manque de connaissance de l'Afrique… L'auteur profite de ce roman pour faire de longs développements sur l'Afrique, ce qui a alourdi ma lecture. Je manquais de références pour me représenter tous les paysages, les ambiances ou pour intégrer toutes les références historiques ou géopolitiques. Mais certainement qu'un lecteur qui connaît mieux l'Afrique que moi appréciera plus ces passages.
    Par contre, ma deuxième et véritable critique porte sur le décalage entre l'écriture et l'âge du narrateur. C'est Léodine, une jeune adolescente qui nous raconte son histoire mais les propos et la manière de s'exprimer ne colle pas du tout à son âge. Je ne suis pas certaine qu'à treize ans (l'âge n'est pas précisé), on est une vision aussi claire du pays dans lequel on vit. de plus, je ne suis pas du tout certaine qu'une ado, quelque soit le milieu dans lequel elle puisse vivre, s'exprime de la sorte :
    "La métamorphose du jour était ponctuée par le chant des oiseaux. Ils s'en donnaient à cœur joie, dans un orphéon de roucoulades et de pépiements qui rassurait, car le volcan, lui, dont les colonnes de feu s'élevaient à la surface de la marmite, léchant les crêtes un eu trop goulûment comme pour rappeler à qui voudrait l'ignorer…"
    C'est un exemple pris au hasard mais qui montre bien le décalage. Certes, on ne peut pas reprocher à l'auteur de bien écrire, mais je pense que le choix du narrateur n'était pas judicieux.
    Autrement, en ce qui concerne l'histoire en elle-même je l'ai trouvé intéressante. On suit les états d'âme de cette jeune fille qui s'interroge sur son identité et qui ne sait comment se positionner face à la question du métissage.

    Lien : http://www.midola.fr/post/2011/10/20/Léodine-l’Africaine-/-Albert-Ru..
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Citations et extraits

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  • Par Luniver, le 13 octobre 2011

    Jusqu'à présent, j'avais mené l'existence d'une petite Européenne privilégiée et qui, si elle témoignait d'une réelle sympathie envers ses serviteurs, ne se démarquait pas vraiment des autres coloniaux qui, eux, ne mettaient jamais en doute la supériorité dont ils se croyaient dotés vis-à-vis des autochtones. N'était-il pas implicite que "nous" contribuions tous à la grande œuvre civilisatrice ?
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  • Par AlexBundy, le 20 octobre 2011

    Ayant vécu en Afrique, je me suis fait conseiller ce livre par un vendeur de la Fnac. J'ai été transporté du début à la fin. Ayant déjà lu Sang Mêlé auparavant, je connaissais déjà l'auteur. Ce livre est remarquablement bien écrit et l'histoire est vraiment enivrante. Je le recommande chaudement...

    Un lecteur conquis
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  • Par Luniver, le 13 octobre 2011

    Non seulement, comme tout autre catholique, j'étais née avec le péché originel, que le baptême seul pouvait effacer, mais j'en portais un autre en moi, bien plus grave, car inavouable, celui-là.
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  • Par AlexBundy, le 20 octobre 2011

    Ayant vécu en Afrique, je me suis fait conseiller ce livre par un vendeur de la Fnac. J'ai été transporté du début à la fin. Ayant déjà lu Sang Mêlé auparavant, je connaissais déjà l'auteur. Ce livre est remarquablement bien écrit et l'histoire est vraiment enivrante. Je le recommande chaudement...

    Un lecteur conquis
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  • Par Ccilivre, le 17 octobre 2011

    Je lui en voulais presque d'être aussi détachée, si nonchalante, alors que le feu s'était introduit dans mon sang et qu'en un rien il me consumerait.
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