ISBN : 2264034890
Éditeur : 10-18 (2002)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Auteur dans sa jeunesse d’un roman qui connu un semblant de succès, William Devereaux Jr. ne peut se résoudre à accepter son destin d’enseignant dans la médiocre université de Railton, Pennsylvannie. Ce n’est pas tout : persuadé que sa femme le trompe avec le doyen de l... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 27 février 2012

    le_Bison
    La miction (du latin mingere, « uriner »), l'action d'uriner, désigne l'élimination d'urine par la vidange de la vessie. Comme beaucoup de fonctions liées à la génitalité humaine, la miction est désignée par de nombreux termes familiers et argotiques, en particulier pisser.
    Quel bonheur de commencer une chronique par une telle définition. Imaginez donc un roman traitant de ce sujet si sensible et si délicat qui encombre de façon incongrue toutes les perspectives des hommes mûrs. Se retrouver seul devant ses responsabilités ses choix professionnels et familiaux son urinoir et attendre que cela vienne, écouter le silence à la recherche d'un bruit furtif, signal d'un caillou projeté sur la faïence de cette cuvette, libération d'un urètre bouché, nouvelle vie qui démarre.
    Je me retrouve dans un campus universitaire américain, des plus classiques et banals. Rien de prestigieux, juste un trou perdu de Pennsylvanie, en compagnie de William Henry Devereaux fils, un professeur quinquagénaire en proie avec sa prostate, avec ses disciples, avec ses collègues et le budget de son service. Folie du monde, furie des hommes, des femmes et des entre-deux, tous se déchaînent sur ce pauvre Hank. Ce dernier n'est pas en reste, et tous les coups bas, et attaques verbales sont les bienvenus pour rabaisser ses collègues et pour mettre à l'honneur une carrière professionnelle complètement ratée dans une existence totalement médiocre. Constat d'échec d'un quinquagénaire pour lequel sa vie lui a totalement échappé et pour lequel la seule porte de sortie pour gagner un pouce d'honneur semble être la dérision, l'ironie et la mauvaise foi. Rien ne me sera épargné, à mon grand ravissement, jusqu'à imaginer un William Henry Devereaux fils tordre le coup à une oie devant les caméras d'une télévision locale chaque jour que Dieu fait, jusqu'à l'obtention de son budget par l'administration universitaire.
    430 pages de pur bonheur, de fous rires et de répliques totalement déjantées. Un drôle de portrait de l'Amérique profonde et une critique acerbe de son système universitaire. J'ai adoré ce William Henry Devereaux fils, excellentissime dans la mauvaise foi et la mise en boite de ses collègues. Protagoniste admirable, je n'ai cessé de sourire de ses actions, de le suivre rampant, tel un espion, dans les faux plafonds jusqu'à l'espionner dans les toilettes, seul face à son urinoir et ses pensées. Est-ce que tous les romans de Richard Russo ont cette dérision co(s)mique ? Pas sûr, mais sa plume, drôle et désabusée, m'a enchanté avec sa verve désopilante. Un pur délire, un surprenant délice.
    Drôle, caustique, désopilant, désabusé...

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 17 janvier 2012

    carre
    Encore une fois, Richard Russo nous enchante à travers ce portrait d'un homme qui arrivé à la cinquantaine voit de nombreuses certitudes séécrouler comme un château de sable. La crise de la cinquantaine va être douloureuse. J'y arrive et cela m'inquiête !!!
    Russo s'amuse à passer ces compatriotes au microscope de nos questionnements. le tout sur un ton désabusé, souvent très drôle, sincère et surtout extrémement juste. Russo réussit une fois de plus un grand roman.Jubilatoire. Découvrez son oeuvre c'est vraiment formidable.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Fantasio, le 07 juillet 2010

    Fantasio
    J'aime énormément cet écrivain dont j'ai déjà lu deux romans magnifiques : Le déclin de l'empire Whiting et Un homme presque parfait et un recueil de nouvelles un peu moins convaincant : Le Phare de Monhegan et je dois dire que ce très bon livre me conforte dans mon opinion. De l'humour certes mais au service d'un récit où l'on voit les différents protagonistes qui se débattent, prisonniers d'une existence assez médiocre d'universitaire sans grande envergure. le narrateur, William, qui est aussi le « héros » du roman, essaye par une dérision de tous les instants, de soigner son mal-être. Son ironie mordante se retournant souvent contre lui.
    Un rôle qui me convient est tout à fait typique de ce que donne la (bonne) littérature américaine : critique féroce de la société universitaire américaine et de ses enseignants, de l'ennui dans lequel s'engluent la classe moyenne d'une petite ville et des luttes intestines et souvent dérisoires de professeurs désabusés par leur métier.
    Les aventures cocasses de William H. Devereaux Jr. nous divertissent grâce à leur drôlerie omniprésente mais n'empêchent pas ce gros livre passionnant et intelligent de poser de véritables problèmes et de montrer que l'enseignement supérieur américaine n'a pas forcément l'excellence que l'on lui prête parfois.
    Ce livre est un pur régal !


    Lien : http://lefantasio.fr
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 27 février 2012

    ...je me dirige avec hâte aux toilettes, au fond du couloir, où je me retrouve face à l’implacable miroir à attendre mes mictions. Entre-temps, trois étudiants se présentent, se déboutonnent, pissent, se reboutonnent et partent sans se laver les mains, alors que je n’ai pas bougé et que je médite ces choses de la vie que les jeunes croient acquises. J’ai tous les symptômes du vieillissement - insomnie, craquements et raideurs articulaires (dans les neurones aussi). Je sais que bien des hommes plus âgés que moi confessent veiller la nuit, solitaires et patients, assis comme de vieilles femmes sur le siège fatidique à trois heures du matin, à attendre et attendre, jusqu’à ce qu’ils s’endorment, la tête dans les mains, pour s’éveiller plus tard en sursaut au son de leurs urines. A quelques semaines de la cinquantaine, il semble que je sois bientôt membre de ce club.
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Vidéo de Richard Russo

Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Richard Russo Au Nord-Est des Etats-Unis s'étend une région de collines et de prairies, de montagnes et de lacs, de forêts profondes et de plages sauvages. C'est l'une des régions où débuta l'histoire de l'Amérique : la Nouvelle-Angleterre. C'est ici qu'au XVIIe siècle se sont installées les premières universités. En 1636, l'université de Harvard est créée à Boston. Aujourd'hui, de nombreux écrivains habitent cette région et se sont penchés, depuis ces terres, sur l'évolution de la société américaine.








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