ISBN : 2742799079
Éditeur : Actes Sud (2011)


Note moyenne : 3/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Des lions se sont mystérieusement échappés d’une ménagerie et menacent les autres animaux de semer la terreur dans Paris.

Pour déjouer leur menace, le Conseil des animaux décide de faire appel à Karka, le vieux corbeau chargé des missions délicates.
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Critiques et avis(4)

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  • Par Ecarlate, le 09 novembre 2011

    Ecarlate
    A Paris, les animaux se sont organisés autour d'un grand conseil pour gérer leur cohabitation avec les humains. Karka, un corbeau freux, vit en exil au Parc Montsouris jusqu'à ce que le conseil finisse pas le rappeler auprès de lui. On a besoin du détective adepte des méthodes à l'ancienne. L'enquête peut commencer. Celle-ci est d'une certaine façon un prétexte à dévoiler cette contre-société animale, on respire le parfum de la fable avec un plaisir indéniable.
    Le titre évoque bien son sujet, le rythme est celui de personnages mélancoliques, entre ancien temps et nouvelle donne, avec des personnages pittoresques comme on en trouverait dans un roman policier. de plus, l'auteur sait créer un monde, celui des animaux, avec son axe fort, l'animalité s'opposant à l'humanité par cet élément essentiel qui est la peur et cette connaissance instinctive d'avoir une place précise dans la chaîne alimentaire, chose dont l'homme s'est affranchie, oubliant même les lois de la Nature. L'idée de ce rapport permanent proie/prédateur est très bien rendu avec le concept du Sanglier de la peur, que ressentent les animaux lorsque la panique les prend, et à l'inverse, beaucoup plus rare, le brame du Cerf, pour exprimer le plaisir et la joie, et donc très lié à la reproduction mais pas seulement.
    C'est vraiment intéressant pour tous ces aspects, ainsi que cette vision particulière d'un Paris vu par les animaux. Notre enquêteur de Corbeau a de bonnes raisons d'être mélancolique, car à trop penser l'animal ne se rapprocherait-il pas de l'homme ? Un roman très agréable, bien écrit et intelligent.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Litterature_et_Chocolat, le 19 mars 2012

    Litterature_et_Chocolat
    Rares sont les livres qui dénotent une véritable recherche stylistique. Rares également sont les auteurs dont la prose est une véritable ode à la langue française, entre la délicatesse de la poésie, la beauté voluptueuse des passés simples et la modernité des idées et du langage. Avec sa Mélancolie des corbeaux, Sébastien Rutés est de la trempe des écrivains qui éblouissent les lecteurs les plus exigeants.
    .
    Le talent de cet auteur n'est cependant pas fait que d'apparat. Sa maîtrise stylistique lui permet de se payer le luxe d'un réel travail d'exploration et d'expérimentation de nouvelles formes romanesques. Il s'aventure dans des intrigues inédites, dangereuses, et s'en tire bien : mettre en scène les animaux de Paris dans un roman policier, il fallait oser. On se prend à considérer avec beaucoup de sérieux cette faune bigarrée qui hante les rues et les airs de la capitale. Les réflexions de Karka le Corbeau sur la mort, la maladie ou l'amour sont d'une profondeur qui force le respect. La Tourterelle est une petite pimbêche, les Chats de dangereux loubards, et le vieux Lion a bien mérité sa retraite au Jardin des Plantes. Bref, on reste ébaubi devant tant d'imagination et impressionné par la consistance de ces personnages inhabituels.
    .
    Pour autant, le principal défaut réside dans le surprenant décalage entre le fond et la forme: le contraste est saisissant entre la richesse du style et la décevante simplicité de cette fable animalière. le processus d'identification, condition nécessaire au lecteur pour s'immerger dans un récit, n'est pas aisé; malgré l'habileté de l'auteur, il n'est pas certain que chacun puisse se laisser captiver par ce roman policier d'un autre genre. le style époustouflant et les considérations intéressantes sur la vie n'ont pas suffi et j'ai refermé ce livre à la moitié; alors que Monsieur Choco, pour sa part, a été pénétré par ce roman et l'a dévoré. Mais incontestablement, Mélancolie des corbeaux est une très belle réussite.

    Lien : http://litteratureetchocolat.wordpress.com/2012/03/19/melancolie-des..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par argali, le 25 janvier 2012

    argali
    On retrouve dans ce livre tous les ingrédients du polar : des meurtres, des corps qui disparaissent, un tueur en série.
    Oui mais voilà, les tueurs sont des lions arrivés à Paris, on ne sait pas très bien comment ni pourquoi, l'enquêteur est un corbeau et d'autres animaux gravitent autour de l'enquête.
    Le corbeau est commandité par les humaines qui s'inquiètent de ces cadavres humains et du risque de déséquilibre qui pourrait arriver entre les diverses classes animales.
    A la fois polar et récit urbain avec des relations humaines ou animalières très riches, cette histoire est finement écrite. le genre fait penser, bien sûr, à "La ferme des animaux" d'Orwell. Où le genre animal jette un regard lucide sur ses difficultés, ses faiblesse et ses rapports aux hommes.
    Bien écrit et original. Mais déroutant.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Unecomete, le 13 mars 2012

    Unecomete
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Critiques presse (1)


  • Lhumanite , le 12 décembre 2011
    Rutés est un tout jeune auteur, mais il témoigne d’une maîtrise époustouflante de la langue et, à l’heure des fausses nouveautés et des esbroufes à vieillissement prématuré garanti, son français riche en couleur, en odeur, plein de piquant et de sensualité, m’a procuré autant de plaisir qu’une relecture de mes maîtres Rabelais et Pergaud ! Pour Mélancolie des corbeaux, un Croa d’honneur !
    Lire la critique sur le site : Lhumanite

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Citations et extraits

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  • Par Litterature_et_Chocolat, le 19 mars 2012

    Les meilleurs choix procèdent-ils de l’instinct ou de la raison?

    . Tu ne me sortirais pas d’ici?
    . Pourquoi le ferais-je?
    . Pourquoi ne le ferais-tu pas?
    . Pourquoi pas en effet? La cage n’avait qu’un loquet, le bec du Toucan ne passait pas entre les barreaux. A moi, il ne m’aurait rien coûté de le pousser mais l’instinct ne m’y encourageait pas. Qu’avaient à voir avec les miens les malheurs de ce drôle d’oiseau? Etait-il meilleur pour moi de le voir dehors que dedans? Les efforts ne se consentent pas pour rien, pourquoi agir lorsque ni la faim ni la peur ne nous y obligent? L’altruisme et la solidarité ne sont pas naturels… ni non plus la raison: sans savoir pourquoi je poussai le loquet. On a parfois de ces comportements inexplicables qui nous paraissent sur le moment une victoire contre l’instinct et dont on finit toujours par se repentir tôt ou tard. Plus tôt que tard dans mon cas…
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    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Myrtle, le 06 janvier 2012

    La nuit était tombée depuis longtemps lorsque les premiers bruits m'éveillèrent. Craquements des branches, halètements et grognements : les Chiens arrivèrent les premiers. Du moins fut-ce ce que je crus en m'éveillant mais des salutations susurrées me détrompèrent : bruissements et couinements, les Rats secrets les avaient devancés. J'imaginai Ruff le Savant, le Setter roux au poil grisonnant, s'asseyant pour discuter en vieil ami avec Tssis, le maître des Rats, si gros sur sa souche qu'on aurait pu le prendre pour un petit Chien. Plus loin sans doute, Boj IV, le Beauceron aux bas rouges, organisait-il la garde rapprochée des Beagles, ces Chiens de chasse qui n'étaient pas les plus dangereux mais ne perdaient jamais une piste. Le troisième conseiller canin était un Labrador que je ne connaissais pas plus que les autres Rats. Leur longévité ne dépassant pas les trois ans, ces derniers succédaient au Conseil à un rythme qui ne permettait à aucun d'y laisser la moindre trace, à l'exception notable de l'inusable Tssis.
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    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Myrtle, le 06 janvier 2012

    Des Lions dans Paris?
    Ils sont affamés!
    Le Conseil n'a rien fait?
    Que faire?
    Les bois, pourquoi ne pas les évacuer?
    Et offrir aux Lions Paris en guise de terrain de chasse? Aussi longtemps qu'ils trouveront à se nourrir dans les bois, ils ne les quitteront pas. Le sacrifice est élevé mais tu connais notre priorité : coûte que coûte éviter que les Humains ne soient leur gibier. Tu sais comment ils réagiraient. Les Humains ne comprennent pas l'instinct, la chaîne alimentaire leur est étrangère. Il ne faut pas espérer de distinction dans la répression : un bon animal est un animal mort. L'équilibre de notre cohabitation et notre mode de vie sont en jeu, les Humains ne doivent rien savoir des Lions ! Ces derniers l'ont compris, qui ont dévoré, hier, un promeneur...
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Myrtle, le 06 janvier 2012

    Le discours de l'Humain le plus noir achevé, d'autres se mirent à chantonner. J'en profitai pour faire mes besoins du matin. La fiente fit comme un flocon précoce sur la boîte de bois qui protégeait le cadavre. Les Humains ont cette habitude, ils n'aiment pas l'idée de retourner à la terre. Quoi de plus naturel pourtant? Savoir que les Vers ou les Fourmis dévoreront leur corps n'est pas pour eux un réconfort. La plupart des animaux éprouvent le contraire : les Chats savent que leur chair doit disparaître pour que leur esprit accède à une autre de leurs neuf vies ; les Chiens voient dans la dévoration un rite de purification ; nous, les Corbeaux, pensons que l'esprit doit se libérer pour voler plus léger vers les plaines de l'Au-delà.
    N'est-il pas normal de nous acquitter de notre dû envers la Nature en lui rendant ce qu'Elle nous a donné? Tant d'animaux ont contribué à ma survie : pourquoi ne leur rendrais-je pas la pareille? Je n'ai oublié le goût de la chair d'aucun, j'ai pour chacun d'entre eux la gratitude du ventre et une dette que je paierai à ses héritiers. Prendre et donner : la vie demande pour se perpétuer que ceux qui viennent se nourrissent de ceux qui partent. Comme la conscience de prendre part à sa perpétuation doit rendre plus doux le départ!
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  • Par Myrtle, le 06 janvier 2012

    Fugacement, comme je détournai le regard avant de me reprendre, je songeai aux yeux : le plus fragile organe d'un corps, le plus sensible et pourtant le seul qui résiste au temps. S'usent les crocs les plus durs, les griffes les plus solides se brisent ; les yeux résistent. Les Corbeaux ne sont pas la seule espèce à y voir l'organe de la vie. Les aveugles sont morts, qui ne peuvent plus voler. Voilà pourquoi les yeux sont ce que, chez les cadavres, nous prisons le plus. Non pas pour leur goût, qui est doucereux, mais l’œil donne la force et la vie : c'est avec le regard qu'on soumet l'autre, pas avec la gueule ou la serre.
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