> Claude-Henri Rocquet (Traducteur)

ISBN : 2220046958
Éditeur : Desclée de Brouwer (2000)


Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
De l'échelle que Jacob vit en songe jusqu'à la montée du Carmel évoquée par saint Jean de la Croix, la vie mystique a souvent été perçue comme élévation, ascension, progression de l'âme vers Dieu. Mais pour Jean Ruysbroeck (1293-1381), mystique flamand, précurseur de la... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par Piling, le 01 juillet 2009

    Piling
    J'ai toujours pensé que par rapport à l'islam ou au judaïsme, le christianisme était une religion de l'impossible. On peut vivre selon la loi de Moïse. On peut vivre selon la chari'a. On peut vivre en imitant les prophètes, parce que ce ne sont que des prophètes et en plus de pragmatiques législateurs d'Etat. Mais il est impossible de vivre selon les commandements du Christ, à moins d'être un saint. L'Eglise a pu aménager par la suite des lois vivables pour le temporel, mais le fait demeure. Si l'on se reporte uniquement à la parole du Christ, à moins d'être un saint, on ne peut vivre en chrétien. le prologue de Ruysbrock confirme :

    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2009/07/les-sept-degres-de-lamour-spiri..
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 30 juin 2009

    On retrouve cette image et ce thème de l'ascension dans la littérature moderne. Dans Le château de Kafka, par exemple, ou Le Mont Analogue de René Daumal. L'un des plus beaux poèmes d'Eluard, Poésie ininterrompue, est une montée du désastre à la lumière : "Si nous montions d'un degré." Et les récits d'exploits en montagne, ou les romans d'alpinisme, de même que les récits d'exploration de caverne ou les traversées solitaires, peuvent se déchiffrer comme l'expression d'un désir dont la clef, inconsciente, cachée, est d'ordre spirituel. "Le sacré, dans nos sociétés désacralisées, déchristianisées, se camoufle dans le profane", disait encore Eliade. Mais il est vrai que c'est avec la matière commune, quotidienne, avec l'expérience de chacun, que se représente ce qui est d'ordre spirituel, surnaturel. C'est avec ce que l'on touche et qu'on voit que se représente l'invisible et ce qui ne se peut représenter. C'est par l'analogie, non par le syllogisme, qu'on peut entrevoir l'au-delà de tout, l'essentiel. Les paraboles se servent de lampe et d'épi, d'argent, de perle et de filet, de champ, d'arbre et de graine, de sénevé, de levain dans la pâte, pour dire le Royaume de Dieu. Avec quoi dire les choses du ciel sinon avec celles de la terre ? Et voici qu'il arrive que la chose la plus ordinaire et la plus humble nous apparaisse, en retour, dans une lumière d'éternité. C'est la grâce de quelques poètes, de certains peintres, de manifester, au sein de la vie quotidienne, cette lumière-là. La lumière d'Emmaüs.
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  • Par Piling, le 30 juin 2009

    Le thème de la montée spirituelle, l'image de l'ascension intérieure, on les retrouve de siècle en siècle, et d'une façon exemplaire chez saint Jean de la Croix, dans La montée du Carmel ou La nuit obscure. Il structure la Divine Comédie et Dante voit, au vingt et unième chant du Paradis, une échelle couleur de l'or qu'un rayon de soleil illumine. L'islam raconte et chante l'ascension de Mahomet qui, dans ce voyage intérieur, vit une échelle mystique. La voie soufie connaît l'échelle intérieure de l'illumination et de l'extase. La Chine taoïste et la Chine confucéenne ont, comme l'Inde, leur doctrine de perfection graduelle. Le yoga est montée de l'énergie mentale et physique de chakra en chakra jusqu'au sommet de soi ou jusqu'à la sortie de soi. Platon connaît cet envol de l'âme où Mircea Eliade voyait le rappel, philosophique, - ou la métamorphose - de l'expérience chamanique. Saint Paul parle d'un homme - lui-même, sans doute, qui fut ravi au troisième ciel : "Je connais un homme dans le Christ qui, il y a quatorze ans, avec ou sans son corps, je l'ignore, Dieu le sait, fut ravi au troisième ciel, fut enlevé jusqu'au paradis, où il entendit des paroles ineffables que l'homme ne saurait redire.
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  • Par Piling, le 30 juin 2009

    Cinquième degré : la noblesse. Cette vertu peut surprendre. Et nous la rattachons, d'abord, au monde médiéval, à l'époque de Ruysbroeck, et à la tradition courtoise telle qu'elle se trouve évoquée, par exemple, par Hadewijch d'Anvers, mystique et poétesse du XIII° siècle, visionnaire, et dont Ruysbroeck connaît bien l'oeuvre. Mais au-delà d'un trait d'époque, cette noblesse est un trait chrétien. Il nous rappelle que le Christ est seigneur, Notre Seigneur. Il nous rappelle que la gloire de Dieu demande qu'on la serve, bien que notre service lui soit inutile : mais alors sa gloire nous revêt. Il nous rappelle l'honneur de Dieu et la parole jurée, fidèle, et que serment et sacrement sont mots de même racine : sacer. Il nous rappelle que la chevalerie est par dessus tout d'ordre spirituel et que saint Paul lui-même évoque les armes du combat intérieur.
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  • Par Piling, le 30 juin 2009

    Comme le gris d'un ciel soudain s'éclaire, ou comme dans la plaine un champ, un jardin, ou du linge étendu, un drap sur un fil, s'illumine de soleil - on voit cela dans certaine toile de Ruysdael, on voit cette lumière céleste dans celle du jour, cet éclat surnaturel ou cette apparition angélique dans l'étoffe commune du monde, cette gloire sur la terre -, soudain l'ordinaire des conseils d'un père spirituel se transfigure et le ciel s'ouvre à l'horizon de l'âme, à son zénith.
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  • Par Piling, le 30 juin 2009

    Et nous ne montons à Dieu que parce que nous remontons vers lui : nous ne montons que par ce nous sommes tombés. Felix culpa ! Heureuse faute. Notre Chute fait notre élévation parce que le Très-Haut est descendu dans les enfers et l'abîme de notre désastre. Nous sommes la brebis remontée sur ses épaules et sauvée de la mort.
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