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ISBN : 2811218394
Éditeur : Milady (21/10/2016)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 154 notes)
Résumé :
Vaelin Al Sorna, héros légendaire du Royaume Unifié, accomplit son dernier voyage. Sur le navire qui l’emmène vers sa condamnation, il raconte à un jeune chroniqueur impérial les événements qui l’ont conduit à cette tragique conclusion.

Vaelin aurait dû succéder à son père, le célèbre Seigneur de Guerre, mais il était promis à un autre destin. Confronté dès l’enfance au quotidien rude d’un combattant de la Foi, il n’aura désormais pour seule famille q... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
22 avril 2014
★★★★★
★★★★★
Merci Babelio, merci Bragelonne, merci Masse Critique. Un bon livre de Fantasy qui fait passer de bons moments car c'est bien écrit, c'est bien rempli, c'est bien construit. Depuis plusieurs années maintenant, une nouvelle génération d'auteurs Fantasy nous livre des premiers romans ma fois déjà bien aboutis : nous vivons une époque formidable !
Je laisse à d'autres le soin de commenter le parcours de l'auteur qui s'est auto-édité avoir d'être édité en bonnes et dues formes. Je gage qu'en cours de route, l'oeuvre a su être tirée par le haut.
Je laisse à d'autres le soin de commenter le name dropping du service marketing, car franchement il y a bien plus intéressant à dire à propos de l'oeuvre en elle-même (même si je me ferai une joie de mettre en valeur l'héritage gemmellien d'Anthony Ryan sur http://david-gemmell.frbb.net).

L'histoire démarre immédiatement. Nous découvrons Vaelin al Sorna tiré des geôles impériales d'Alpiran où il croupissait pour le meurtre de l'Héritier de l'Empire, pour un livrer un duel judiciaire organisé par ses ennemis les plus acharnés. Il est accompagné pour son dernier voyage par Verniers Alishe Someren, chroniqueur, poète et amant du défunt prince héritier, qui désire recueillir son témoignage ou à défaut ses dernières paroles…
Je ne sais pas si le récit de Verniers est un flashforward qui nous présente la version alpirane des événements, ou si le récit de Vaelin est un flashback qui présente la version boréenne des événements. Dans tous les cas Vaelin, qui alterne narration à la 1ère personne et narration à la 3e personne, ne raconte pas la même histoire aux lecteurs qu'à son chroniqueur. Ainsi l'homme et sa légende conservent une part de mystère…
La 1ère moitié du livre se concentre sur la formation de Vaelin et son camarade au sein du Sixième Ordre. On est dans la traditionnelle phase d'initiation du héros. Mais quand c'est bien fait, pourquoi vouloir critiquer le classicisme du sujet ?
Anthony Ryan a ici su trouver le parfait équilibre entre Robin Hobb et David Gemmell. Car dans un faux-rythme qui dégage une ambiance douce-amère, on partage les joies et les peines de Vaelin et ses compagnons : Canis l'intellectuel rêveur, Barkus le fils de forgeron réservé, Dentos le fils de catin fanfaron, Northa le fils de noble passionné, auxquels s'ajouteront entre autres le rusé Frentis, Balafre le fidèle molosse et Écume le destrier revêche. Les valeurs d'égalité, de solidarité et de fraternité sont clairement mises en avant et on s'attache rapidement à ce Club des Cinq coincé dans une commanderie templière qui a adopté quelques us et coutumes de l'agogê spartiate.
Cette partie dégage une belle unité de lieu et d'action et les pages défilent étonnement vite, car l'auteur recours aux techniques de foreshadowing pour que les lecteurs découvrent en même temps que le héros narrateur l'univers qui l'entoure (et pour nous rappeler que cette phase de formation n'est que le prélude des dangers à venir).
La 2e moitié qui fait la part belle aux intrigues de cours et aux champs de bataille ne dégage pas cette belle unité de lieu et d'action. Vaelin et ses compagnons désormais adultes participent aux conflits et aux complots du Royaume qui les a vu naître. On passe d'un théâtre d'opération à un autre en sentant bien une montée en puissance qui annonce l'inéluctable fin.
Les mystères se multiplient et se complexifient, alors mêmes que Vaelin est de plus en plus esseulé pour les résoudre et faire face aux menaces qu'ils dissimulent. Les nombreuses ellipses, donc les nombreux événements traités hors-champ, ne permettent pas de bien identifier le véritable fils conducteur (à moins d'être particulièrement attentif au whodunit qui se met discrètement en place…)
Si Anthony Ryan n'atteint pas le souffle épique des maîtres du gente, difficile de ne pas voir dans les scènes d'action bien troussées un héritage gemmellien, quoique je soupçonne clairement l'auteur de piocher assez largement dans un chef-d'oeuvre lu, étudié et apprécié dans le monde entier sauf dans le pays qui l'a vu naître (je parle bien sûr du célébrissime "Trois Mousquetaires" d'Alexandre Dumas).

Au niveau du worldbuilding,

Au niveau du magicbuilding,

L'essentiel de mes bémols concernent la 2e partie, plus ambitieuse mais aussi plus casse-gueule :

Contrairement à d'autres lecteurs, j'ai trouvé le dénouement très intéressant : attention SPOILERS !


Un récit n'a pas besoin d'être un chef-d'oeuvre pour être appréciable, et il n'a pas non plus besoin d'être révolutionnaire pour être plaisant. Les néophytes et les casuals devraient adorer, et comme ceux qui ont aimé Pierre Pevel et Antoine Rouaud en 2013 vont se retrouver en terrain connu, c'est évidemment une bonne pioche pour Bragelonne, l'éditeur français spécialisé dans les littératures de l'imaginaire.
Easy readers allez-y sans aucune crainte, hardcore readers passez votre chemin sans trop de regrets.
Ce tome 1 qui évite tous les écueils du tome d'introduction se suffit presque à lui-même, mais c'est avec impatience que je vais guetter la sortie du tome 2 placé sous le signe de la lutte du Bien contre le Mal. Quels dangers attendent Vaelin et les survivants du tome 1 ? Quel camp vont choisir le Septième Ordre, l'envoûteuse apostate et la sorcière volarienne ? Qui est la Reine de Feu annoncée par les uns ou par les autres ? (vu les inspirations historiques de l'auteur il va falloir trancher entre Bloody Mary et un équivalent héroïc fantasy de la reine vierge Elisabeth Ière) Je ne vous cache pas que j'ai hâte d'y être !
PS : Et j'avais failli oublier de mentionner la traduction sobre donc classe de Maxime le Dain, qui colle bien à prose efficace et sans fioriture de d'Anthony Ryan qui fait se faire coulante et fluide pour être accessible, mais aussi se poser pour construire une belle ambiance quand il le faut.
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steppe
23 avril 2014
★★★★★
★★★★★
La quatrième de couverture nous promettait la révélation fantasy de l'année et nous présentait Anthony Ryan comme le nouveau Gemmel, son livre comme « une épopée flamboyante et lyrique qui laissera sa marque sur le genre de la fantasy moderne ». En découvrant ce petit pavé de presque 700 pages – reçu dans le cadre d'une opération Masse Critique - je croisais les doigts et espérais que le contenu serait à la hauteur des promesses des éditions Bragelonne.
Alors, oui, j'ai passé un bon, très bon moment même en compagnie de Vaelin al Sorna et ses acolytes.
Pourtant loin de révolutionner le genre, La voix du sang s'en tire honorablement en nous offrant des personnages attachants, une intrigue riche en rebondissements, le tout sans temps morts.
J'ai beaucoup hésité entre 3 et 4 étoiles pour la notation finale. Parce que beaucoup de « petites choses » m'ont gênée.
D'abord, le manque de précision. On rencontre différents peuples tout au long du récit mais l'auteur ne s'attarde pas à décrire leurs us et coutumes. Les Lonachs par exemple, intrigants à souhait que l'on aurait aimé découvrir un peu plus.
Tout comme ces apostats, jugés hérétiques par les serveurs de la Foi et pourchassés par les Frères de l'Ordre ou la Ténèbre, force occulte qui regroupe en fait toute croyance contraire à celle admise par le pouvoir en place. Et cet Ordre justement, ses origines, son histoire. J'ai eu le sentiment que tout cela n'était pas assez fouillé. J'ai par contre beaucoup aimé l'idée d'une Foi qui ne vénère aucun Dieu – contrairement justement aux apostats – mais défend la croyance en un Au-delà royaume des défunts.
On reste aussi dans le flou permanent pour ce qui concerne le « don » du héros, son lien avec l'énigmatique loup, cette « voix du sang » justement mais ça s'arrange sur la fin et nul doute qu'on en apprendra plus dans les tomes suivants.
Le chapitre sur la Cité Déchue m'a aussi laissée un peu sur ma fin. J'ai trouvé l'idée très prometteuse, intrigante, amenant mystère et questions. Mais l'on n'y fait qu'un court séjour alors qu'on aurait aimé s'y attarder un peu.
L'étude psychologique des personnages, surtout au début est assez travaillée. Les premiers chapitres racontant le noviciat des différents protagonistes s'y prêtent bien et tout au long du livre, Vaelin prend de l'épaisseur. Il voit ses croyances malmenées tout comme sa conscience. Ses certitudes s'en trouvent ébranlées et il devient bien plus sympathique que le jeune novice aveuglé par sa foi et croulant sous la culpabilité. Bref, je ne veux pas trop en dire pour ne pas spoiler mais c'est un point fort du livre pour moi et l'un des côtés qui m'a fait pencher pour les quatre étoiles finales.
Parmi les aspects qui m'ont paru manquer de développement, les relations de Vaelin et Balafre, son chien. J'ai eu l'impression que celui-ci avait été amené là un peu par hasard, pour combler et que l'auteur n'a plus su quoi en faire par la suite, jusqu'au chapitre final en tout cas.
A ce sujet, je vais d'ailleurs me permettre un petit coup de gueule :

Anthony Ryan donc, présenté comme le nouveau Gemmel…. Il lui manque, à mon sens un peu de souffle, lors des batailles particulièrement. J'ai vu aussi des allusions à Robin Hobb et franchement on en est loin. L'émotion est bien là, tout au long du roman mais on n'atteint pas les sommets de L'assassin royal, ni la finesse de l'étude psychologique de ses personnages.
Peut-être simplement ne faut-il chercher aucune ressemblance, et laisser à Anthony Ryan la chance de trouver son propre style, se détacher de ses influences pour venir à bout des quelques imperfections de ce premier tome. Car, au final, l'ensemble est vraiment plaisant, la lecture addictive, le tout cohérent et la construction solide. L'écriture sert une histoire pas forcément originale mais qui s'avère passionnante. Et le dénouement, pour ma part a fini de me convaincre. Je l'ai trouvé bien amené, inattendu et apportant enfin quelques réponses. Soudain le récit devient d'une gravité et d'une noirceur jusque là pas assez présentes à mon goût.
N'oublions pas non plus qu'il s'agit d'un premier tome. Anthony Ryan y démontre un talent certain et je vais attendre avec impatience la suite de cette trilogie.
Pour finir, un grand merci à Babelio et aux éditions Bragelonne pour cette belle découverte.
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tousleslivres
08 mai 2014
★★★★★
★★★★★
Vaelin, 10 ans a perdu sa mère il y a un an. Il s'en remet mal. C'est à cet age et avec la douleur de la perte de sa maman, que Vaelin va devenir un frère du Sixième Ordre. En effet, son père, Seigneur de Guerre, l'Épée du Royaume, héros de Beltrian, sauveur du Roi et fils d'un père célèbre va conduire son enfant auprès des frères. C'est alors que Vaelin al Sorna va entrer sans la loge du Sixième Ordre à l'âge de 10 ans.
Au fil de son apprentissage, l'enfant va développer des « pouvoirs » plutôt des aptitudes qu'il ne soupçonnait pas. Il va aussi chercher des informations sur sa mère qu'il n'a presque pas connu. le début de sa petite vie a été assez compliquée avec ce père qu'il connaît, mais il dit assez justement qu'il n'a pas de père. Il n'oublie pas qu'il l'a abandonné en ces lieux, alors pour lui il n'existe plus, même quand ce dernier veut le récupérer... Mais sa mère reste un énigme qu'il va, au fil du temps, essayer de résoudre.
Vaelin grandit, il mûrit et il deviendra de plus en plus fort, il apprendra à vivre avec les autres en communauté et il s'accoutumera à la souffrance des pertes de ses camarades au fil des années passées dans ces murs. Il deviendra quelqu'un de bien. Mais bien pire que tous ces secrets bien gardés, le jeune homme va en découvrir un qui va le laisser perplexe étant donné qu'il est pour le Roi un atout majeur pour l'avenir au Royaume. En effet le Roi prévoit de grands projets pour le fils du Seigneur de Guerre et d'une ancienne maîtresse du Cinquième Ordre...
660 pages qui se divisent en deux grandes parties ; une première qui est l'arrivée et l'apprentissage de Vaelin dans le Sixième Ordre avec tout ce que cela peut entraîner comme : l'isolement, la solitude, le manque des ses parents et d'un autre coté, les copains Dentos, Barkus, Nortah, Caenis, l'apprentissage, la réussite. Vaelin est très courageux et il est surtout très optimiste. Il développe même un espèce de don qui va l'aider, il a beaucoup de ressource.
Puis dans la seconde partie, la plus longue, c'est la guerre : Vaelin part pour se battre avec ses copains du Sixième Ordre sous les ordres du Roi qui va faire de lui, comme son père avant, l'Épée du Roi.
Ce livre est sans la lignée de l'Assassin royal de Robin Hobb, que je n'ai pas aimé au demeurant. Tout comme l'Assassin royal, je reste sur mon idée que dans ce genre de littérateur qui se classe en Fantaisie, il manque toujours un quelque chose pour que ce genre de lecture me tienne du début à la fin dans sauter des pages, voir des chapitres...
Je trouve qu'ici, il manque un petit quelque chose d'historique ou plus de magie, voir de fantaisie, quelque chose pour que la lectrice invétérée de romans d'aventure et thriller y trouve son compte.
Lien : http://tousleslivres.canalbl..
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agenet
22 mai 2014
★★★★★
★★★★★
La critique complète sur mon blog.
Je n'en poste ici qu'une partie
[...]L'histoire
L'histoire est finalement assez, voire très classique:
- Dans ce qu'on pourrait qualifier de prologue en narration à la première personne, un prisonnier, Vaelin al Sorna, présenté comme un guerrier précédé de sa légende, est conduit sur un bateau à un duel qui devrait s'achever par sa mort. Un chroniqueur, qui est aussi le narrateur et appartient à un peuple ennemi du prisonnier, l'accompagne. C'est l'occasion pour Vaelin de lui raconter sa propre version de son histoire (même si l'on se rend compte bien plus tard que seul le lecteur a cette version, et qu'il en dit beaucoup moins au chroniqueur).
- On passe alors à une longue analepse, parfois entrecoupée par un passage dans le présent, où l'histoire de Vaelin est contée (à la troisième personne). Enfant, il est confié à l'un des Ordres au service de la Foi, en l'occurrence le 6è, un ordre guerrier. L'apprentissage y est rude et crée des liens indéfectibles entre les jeunes apprentis en même temps qu'il en fait des guerriers extraordinaires (à remarquer que, d'emblée, Vaelin est largement au-dessus du lot). Bien sûr, il est confronté également à divers incidents et dangers que les autres élèves ne rencontreront pas, entre autres, des assassins qui le poursuivent et un loup géant qui veille sur lui. Ce qui prend déjà une bonne part du roman.
- Une fois sa formation finie, il se retrouve malgré lui poussé dans divers batailles et guerres au service d'un roi qui apparaît bien fourbe, alors que se réveille en lui de plus en plus ce qui fait le titre de ce roman: la voix du sang (une sorte de "super instinct" si l'on peut dire).
Je n'en dirai pas plus si ce n'est qu'on se dirige finalement vers une histoire de prophétie et d'être élu (je vous laisse deviner de qui il s'agit).
[...]
Avis
Alors, autant être franche, j'ai eu beaucoup de mal à arriver au bout et je me suis demandée si je parviendrais à lire ce pavé dans les temps. N'eût été la critique Babelio à fournir, je me serais probablement arrêtée en route, car je me suis vraiment ennuyée.
Mais fi d'avis expéditif et personnel, je vais tâcher d'expliquer cela d'une façon aussi complète que possible.
[...]
Choix narratif
Si l'appréciation du style est affaire de goût, le choix narratif porte plus à caution.
En effet, tout repose sur l'analepse (ce qui fait que, durant tout le roman, j'ai plus ou moins attendu le moment où l'histoire rejoindrait enfin le temps présent pour partir sur l'inconnu). Mais surtout, il y a des analepses dans l'analepse, et là, cela devient compliqué. D'une manière générale, je trouve la notion de temps mal gérée.
Il a souvent été difficile de s'y retrouver quant au moment où se passe la récit, mais aussi quant au temps écoulé, car les repères sont très peu présents (parfois, j'avais l'impression que quelques mois à peine s'étaient écoulés et d'un seul coup, je me dis que la force ou l'expérience du personnage ne correspondent plus à l'âge, ou bien le narrateur précise que le personnage n'a plus vu Untel depuis des années alors que pour moi, c'était tout récent).
L'effet est augmenté par les raccourcis voire des ellipses: de nombreuses scènes sont passées sous silences ou diminuées à leur plus simple expression. Ainsi, des combats qu'on nous présente comme impressionnants, horribles, violents ou que sais-je encore, et qui mériteraient à eux seuls un roman entier, se trouvent résumés à quelques lignes. Non seulement cela rend l'évaluation du temps difficile, mais, à mon goût, cela empêche complètement l'immersion et l'émotion à la lecture. Des scènes qui promettaient d'être intéressantes, car difficiles pour les personnages ou importantes pour l'histoire sont ainsi passées sous silence et on n'en voit que les conséquences. Ce qui fait penser que l'auteur oublie trop souvent le fameux "show, don't tell" que l'on ne cesse de rappeler sur les forums d'écriture.
Un détail désagréable: à plusieurs reprises, on a droit à des expressions telles que "il ne devait plus la revoir avant plusieurs années", ou "il nen le savait pas encore, mais ça allait être la pire journée de sa vie"... Cela casse tout effet dramatique. On sait d'avance à quoi s'attendre, je déteste ça.
En résumé, concernant la forme et le choix narratif, j'ai eu l'impression que l'auteur voulait raconter une histoire, plus qu'écrire un roman. On peut penser que c'est la même chose, mais ce que je veux dire par là, c'est que le support importe peu ici, c'est l'intrigue qui prime. Les particularités permises par la littérature ne sont pas, ou peu, exploitées (style, figures de style, introspection, descriptions...). C'est dommage, même si certains apprécieront peut-être cet aspect.
L'intrigue
Comme je l'ai dit au début de cette critique, l'intrigue est classique (phase de formation pour faire du héros ce qu'il est, amours contrariées, trahisons, perte d'êtres chers, prophétie). le personnage l'est tout autant, un héros, un vrai, dès le départ plus fort que tout un chacun (même si les premières pages où il est montré enfant laissent, très éphémèrement, penser le contraire).
Comme il est plus fort que tout le monde, il tue beaucoup, mais comme c'est un héros avec de belles grandes valeurs (modernes), il le regrette.
Je passe sur ce point, je sais que ce type de héros est souvent très apprécié, même si, pour ma part, je n'aime pas. Ils ont tendance à m'agacer, je n'arrive pas à y croire car trop peu réalistes et, de plus, je ne peux pas m'inquiéter pour eux. du début à la fin du roman, malgré les épreuves traversées, pas une seule fois je n'ai tremblé pour Vaelin.
Goût personnel.
Des valeurs classiques là aussi: amitié indéfectible, loyauté et amour naissant face à la corruption du monde autour des personnages.
Comme le veut une certaine catégorie actuelle de roman de fantasy, on rencontre un nombre important de personnages, qui meurent, se remplacent, disparaissent, sont là pour une page, un chapitre, reviennent ou pas plus tard. Cela donne à la fois l'impression d'un monde complexe et peuplé et un certain recul à la lecture. Parce que beaucoup de personnages, même sur 665 pages, cela ne laisse guère le temps d'approfondir chacun d'eux. de fait, comme l'enchaînement trop rapide des événements et des incessants rebondissements peu développés, ce nombre d'intervenants, relativement peu développés eux aussi, participe sans aucun doute au fait que j'ai vite décroché de l'histoire. Je préfère l'introspection, l'approfondissement, et avoir des renseignements assez précis pour me construire d'emblée une image mentale juste qui ne sera pas démolie trois chapitres plus loin, car le début manquait de détails. C'est ainsi, un avis encore très subjectif, car je sais que nombre de lecteurs trouvent la richesse d'une histoire justement dans le foisonnement de personnages et d'actions.
Le bon côté, qui va avec ce qui précède, se trouve dans le monde créé par l'auteur. Même si certains aspects mériteraient des développements, on sent ce monde pensé, réfléchi, construit et vaste, avec des systèmes politiques et des religions développés. Car bien sûr, Vaelin, malgré ses valeurs, traverse un monde plein de tromperies et de luttes de pouvoir.
C'est, à mes yeux, le vrai point fort du roman, ainsi que les idées nombreuses (même si j'aurais préféré qu'il y en ait moins mais plus développées).
Cependant, quant à l'intérêt de l'intrigue à proprement parler, si j'en ai peu trouvé dans la première partie, la fin (à partir de la page 500 environ) semble promettre autre chose, un développement différent, plus original et plus intéressant.
Quelques incohérences et deus ex machina n'entament pas assez la crédibilité de l'ensemble pour être vraiment gênantes.
[...]
Conclusion:
Pour ma part, je n'ai pas du tout aimé et aurais vite reposé le livre si je l'avais feuilleté dans une librairie, notamment parce qu'à vouloir enchaîner trop d'actions et de personnages dans une même histoire, on finit par affaiblir plutôt qu'enrichir. Aurais-je noté en fonction de mon propre ressenti, je n'aurais accordé sur Babelio qu'une ou deux étoiles, puisque, comme je l'ai signalé dès le début, je me suis ennuyée, n'étant jamais vraiment rentrée dans cette histoire aux côtés du héros, et ayant peiné à arriver au bout. Malgré les promesses de la fin, je ne lirai pas la suite.
J'ai pourtant choisi d'attribuer trois étoiles. Car pour les amateurs du genre, ceux qui aiment les intrigues politiques, les royaumes nombreux sur fond médiéval, les personnages innombrables et l'action permanente avec peu de description, ce roman devrait plaire. Il respecte les poncifs du genre et ne comporte pas vraiment d'erreurs désagréables ou rédhibitoires, que ce soit dans l'écriture ou dans l'intrigue.
[...]
Lien : http://lesmotsdag.over-blog...
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Ptitelfe
27 avril 2014
★★★★★
★★★★★
Je remercie Babelio et Bragelonne pour l'envoi de cette épreuve non corrigée, un titre fantasy qui sortira le 18 juin prochain, en papier et en numérique.
Avant de vous dire ce que j'en ai pensé, je tiens à remettre dans son contexte le moment où j'ai lu ce pavé de presque 700 pages :
Je l'ai lu en parallèle d'un grand nom de la fantasy : Brandon Sanderson. (auteur que j'ai récemment découvert et chaque lecture est un coup de coeur). Tout ça pour vous dire que contrairement aux mots de l'éditrice en 4e, j'ai été nettement moins enchantée par Blood Song.
Reprenons justement les mots de l'édito : « Entre le nom du vent et Légende.. » Je ne connais toujours pas Patrick Rothfuss mais par contre j'ai lu quelques romans de Gemmell dont Légende, et personnellement, je ne trouve pas que la qualité soit aussi bonne. Il y a des combats, certes, et c'est un des aspects que j'aime beaucoup en Fantasy, mais les scènes ici sont décrites assez vite et franchement, je m'attendais à plus de batailles que ça.
« Blood song vous laissera sans voix . C'est une histoire qui vous emportera sans prévenir, que vous garderez longtemps au coeur après avoir refermé le livre, qui vous inspirera l'envie de la partager. Une histoire qui se distingue par ses enjeux, son envergure et les différents niveaux d'interpretation qu'elle offre, à celui qui prendra le temps de s'arrêter ».
Alors oui, il y a différents niveaux d'interprétation, Anthony Ryan prend bien tous les ingrédients pour concevoir un bon premier tome dans le genre, intrigues politiques, religion, quête initiatique, magie, mais je n'irai pas à dire que c'est un roman qui me laisse sans voix et que je garderai en mémoire bien longtemps. La faute à quelques défauts qui m'ont fait des tours pendant la lecture :
D'abord, j'espérais une écriture à la première personne. Or, dans sa construction, l'auteur place deux points de vue : le premier, celui de Verniers, un scribe qui interroge le « Tueur d'Espoir » à quelques jours de sa condamnation. Ces interludes placées à chaque début de partie sont à la première personne. Or, j'aurai préféré qu'on ait le point de vue direct du héros : Vaelin al Sorna, qui nous raconte son histoire. Ce choix, que je respecte évidemment, a quand même entravé mon plaisir d'immersion dans l'univers médiéval inventé par Anthony Ryan.
Ensuite l'histoire de Vaelin en elle même : le livre est découpé en 5 parties, reprenant des passages important de la vie du héros. J'ai adoré toute la première partie, dans laquelle on découvre qu'à l'âge de 10 ans, le garçon a été déposé par son père, Epée du Roi, à la Loge afin qu'il soit recueilli par le 6e Ordre. Les Ordres sont sous l'influence de la Foi, et chaque Ordre a sa spécialité. le 6e entraîne les plus jeunes à devenir de grands guerriers. Leur noviciat est très rude, tous les jours pleut sur eux des coups de bâton, et chaque chapitre est dédié à une épreuve importante dans leur formation. J'ai vraiment aimé cet aspect, découvrir Vaelin, son caractère, son passé, ses mystères, mais j'ai aimé aussi rencontrer ses compagnons d'Ordre, tous plus différents les uns que les autres, les Aspects, qui sont les dirigeants des Ordres, voir l'influence qu'à la Foi ou la Ténèbre, comment sont condamnés les Apostats ou tout autre personnage qui dévient de la Foi.
Dans un même mouvement, les cinq amis se levèrent pour former un cercle et se joindre les mains. Dentos, Barkus, Nortah, Caenis et Vaelin… Ce dernier les observa tour à tour, se remémorant les enfants qu'ils étaient autrefois. Barkus, massif et empoté. Caenis, chétif et inquiet. Dentos, hâbleur et fanfaron. Nortah, amer et taciturne. Les gamins déboussolés d'alors avaient faits place à de jeunes hommes sveltes, puissants et déterminés. Des tueurs, voilà ce que l'Ordre avait fait d'eux.
Puis plus on avance, plus on découvre dans quelles intrigues le jeune Vaelin va être impliqué contre son gré et par la force des choses. Comment le Roi Janus va en faire son Epée du Royaume, comment il succèdera à son père. Comment il va devoir faire des choix qu'il n'aurait jamais cru un jour… Et pendant le reste de la lecture, on perd un peu pied niveau temporalité. Bien que l'auteur laisse des indices « Il ne la reverra que 5 ans après » ou bien « Sollis avait le visage plus marqué, quelques rides apparaissaient ici et là... » on ne sait plus trop quel âge a le héros et donc comment il a tant d'influence sur ses armées… Cela est bien dommage, et j'aurai aimé avoir un petit rappel des dates dans un index ou en début de partie.
Vaelin éprouva une fois encore ce malaise diffus qui s'était emparé de lui lors de sa première rencontre avec le Roi - la prise de conscience déconcertante qu'il n'etait que le rouage minuscule d'un plus vaste et invisible engrenage.
Ensuite, je n'ai malheureusement pas réussi à m'attacher complètement aux personnages. Vaelin a tout ce qu'il faut pour marquer nos coeurs, mais là encore, j'ai du passer à côté de son surnom notamment : le Tueur d'Espoir. En découvrant ça en début d'histoire, je m'attendais vraiment à une histoire révolutionnaire et sanglante. Or, Espoir, c'est juste un gars important chez un autre peuple qu'il a tué, et qui lui a valu ce colibriquet. Là, j'ai été déçue… Mais bon, je suis un peu raide dans cet avis parce que je trouve que l'édito exagère et force la vente en équilibrant pas à son niveau ce roman…
Si j'ai eu un peu de mal à m'attacher à Vaelin, j'ai par contre adoré les femmes de l'univers.
La première place va à Lyrna, la princesse et fille du Roi Janus. J'ai adoré sa sensibilité, même si elle peut paraître calculatrice, je sais qu'au fond elle est bonne et qu'elle ne demande qu'à être heureuse et je suis sûre qu'elle aurait bien échangé sa place de princesse ! Les scènes dans lesquelles elle s'entretient avec Vaelin, qui lui au contraire, ne l'apprécie pas tant que ça, sont touchantes car elle s'ouvre quand même à lui en dépit de sa froideur et de sa distance.
Une autre femme que j'ai aimée, c'est Sella, une Apostate atteinte par la Ténèbre. Dès qu'on la rencontre, elle a su me toucher. J'espère qu'on la retrouvera dans les prochains tomes.
Sherin la guerisseuse qui se retrouve toujours dans des guépiers apporte un peu de légèreté et d'amour au récit.
Dans les personnages secondaires, celui que j'ai le plus aimé est Frentis, le jeune garçon sauvé par Vaelin. J'ai eu du mal tout du long avec Caenis que je ne trouve toujours pas sincère dans son amitié.
L'aspect Magie (Ténèbre) et Religion (Foi) m'a également plu. L'auteur nous parle d'autres peuples comme les Lonakes par exemple, mais il ne s'étale pas dessus bien longtemps. Peut être y reviendra t-il plus tard ?
Les Lonaks sont passionnés d'histoire. Les enfants incapables de réciter la saga de leur clan sont sévèrement punis. On raconte qu'ils possèdent l'une des plus importantes bibliothèques du monde, bien qu'aucun étranger ne l'ait jamais vue. Ils raffolent des légendes de leur peuple et peuvent passer des heures autour d'un feu de camp a écouter leur chaman.
Enfin, comme dans l'assassin royal de Robin Hobb, Vaelin détient un Don, la voix du sang, qui lui permet de savoir si un grand danger approche par exemple, et il est sous la protection à plusieurs reprises d'un loup, et dès qu'il y a des loups, je tombe dedans ! J'adore cet animal et dans le roman, les personnages nous parlent à un moment de la signification du loup dans les légendes. J'espère aussi le revoir plus souvent !
Au niveau du style, l'écriture est fluide, le traducteur a fait un beau travail. Les villes sont bien décrites, l'auteur laisse imaginer les lieux sans être lourd et amène quelques explications bien placées.
En conclusion, ce premier tome et roman est très bien mais loin d'être aussi bon que Gemmell ou Gabriel Katz. L'auteur reprend la base d'une bonne fantasy à savoir la quête initiatique d'un jeune garçon plein d'avenirs et qui sera malheureusement au milieu d'un grand rouage politique. Il y a de la magie, et malgré les nombreux personnages rencontrés, on ne se perd pas dans les noms. Un index se trouvant à la fin du roman peut aussi aider le lecteur débutant en fantasy qui s'y perdrait. Cependant, je n'ai pas réussi à m'attacher plus que ça à Vaelin et ce malgré un parcours semé d'embûches et de rebondissements. Avec les promesses écrites en 4e de couverture, je m'attendais à plus de batailles et plus de palpitations
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Citations & extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric15 avril 2014
S’il faisait preuve d’érudition et d’une intelligence presque effrayante, Caenis restait un incorrigible rêveur. Il consignait dans sa bibliothèque mentale des milliers d’histoires et croyait dur comme fer à chacune d’entre elles. Les innombrables héros, félons, demoiselles en détresse, monstres et épées magiques qui enfiévraient son imagination lui étaient aussi réels, aussi précieux que ses propres souvenirs.
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Laureline46Laureline4612 septembre 2014
- J'ai le sentiment que mon âme pourrait profiter d'une telle retraite afin de méditer les grands mystères, maître, répondit Nortah, son sourire équivoque découvrant deux impeccables rangées de dents.
Pour la première fois depuis des mois, Vaelin éprouva l'envie de rire.
- Dis plutôt que tu veux passer une semaine le cul dans un fauteuil, grinça Sollis.
- La position assise est en effet la plus indiquée pour la méditation, maître.
N'y tenant plus, Vaelin éclata de rire. Trois heures plus tard, alors qu'il achevait son quarantième tour du terrain d'entrainement, il en gloussait encore.
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AlfaricAlfaric16 avril 2014
- Je peux le retrouver, déclara-t-il à l’Aspect, une froide détermination dans la voix. Je tuerai ceux qui l’ont fait prisonnier et le ramènerai à la Loge. Mort ou vif.
Les yeux de l’Aspect glissèrent sur maître Sollis.
- De quoi as-tu besoin ? lui demanda l’instructeur.
- D’une demi-journée de permission, de mes frères et de mon chien.
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AlfaricAlfaric18 avril 2014
- Certains des hommes sont revenus. A les entendre, cinquante crevures vous seraient tombées sur le râble. (Makril qualifait constamment les Cumbraëliens de « crevures. ») Sur le tas vous en avez eu combien ?
Vaelin brandit l’arc long dérobé à leur ennemi.
- Un.
Les sourcils épais de Makril se froncèrent.
- Un seul sur cinquante ?
- Un seul sur un, mon frère.
Le pisteur poussa un profond soupir.
- Nous ferions mieux d’en rendre compte à sa seigneurie. Il a une nouvelle missive à écrire.
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AlfaricAlfaric17 avril 2014
Dans un même mouvement, les cinq amis se levèrent pour former un cercle et se joindre les mains. Dentos, Barkus, Nortah, Caenis et Vaelin… Ce dernier les observa tour à tour, se remémorant les enfants qu’ils étaient autrefois. Barkus, massif et empoté. Caenis, chétif et inquiet. Dentos, hâbleur et fanfaron. Nortah, amer et taciturne. Les gamins déboussolés d’alors avaient faits place à de jeunes hommes sveltes, puissants et déterminés. Des tueurs, voilà ce que l’Ordre avait fait d’eux.
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