ISBN : 2070424197
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 330 notes) Ajouter à mes livres
Depuis 1931, le dernier empereur de Chine règne sans pouvoir sur la Mandchourie occupée par l'armée japonaise.
Alors que l'aristocratie tente d'oublier dans de vaines distractions la guerre et ses cruautés, une lycéenne de seize ans joue au go.
Place des M... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (43)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 22 février 2012

    lehane-fan
    Shan Sa ( pseudonyme signifiant bruissement de vent dans la montagne ) voit le jour en 1972 . D'origine Chinoise , elle décidera de renaitre en France comme elle le dit si bien , les évenements de Tian An Men l'ayant poussé à l'éxil en 1990 . C'est La joueuse de go , troisieme roman de cette jeune auteure multifacette , qui la révelera véritablement en décrochant le prix goncourt des lycéens en 2001 .
    Années 1930 , Mandchourie , la guerre sino-japonaise fait rage .
    A ma droite , une jeune chinoise ( dont on taira le nom , ce dernier , tristement révélateur , n'étant dévoilé qu'à la toute fin ) qui possede l'insouciance et la fraicheur de ses 16 ans . Son univers immédiat se résume à d'innombrables parties de Go qu'elle remporte inlassablement , Place des Mille Vents , sa réputation de redoutable joueuse n'étant plus à établir .
    A ma gauche , un Lieutenant de l'armée Japonaise froid et distant pétri de rites séculaires , élevé dans le respect des traditions familiales et l'honneur de la mere patrie .
    De ces deux univers antagonistes , une rencontre improbable , un attachement inconcevable...
    Sa , au travers de courts chapitres alternés ou visions Chinoise et Japonaise se font écho , développe admirablement ses personnages dans une Mandchourie à feu et à sang . Une incroyable joueuse de Go que la guerre va se charger de faire grandir trop vite . Ses premiers émois amoureux aupres de Min et Jing , deux jeunes révolutionnaires activement recherchés par l'armée Japonaise . Cependant , lorsqu'il y a trouble , la désillusion n'est jamais bien loin . Son amitié avec Huong alors promise , comme de coutume , à un vieil homme riche qu'elle n'a jamais vu . Son indéfectible mais néanmoins réprobateur soutien à une soeur malheureuse , mal mariée et qui ne reve que d'une chose , une maternité qui lui donnerait enfin le sentiment d'exister..
    Parallelement à cela , un officier Japonais solitaire , parfait exécutant , ne connaissant de l'amour que les prostituées qu'il cotoie afin de ne pas s'attacher . Meme s'il en vient à douter , il ne peut exprimer ni ressentiment patriotique , ni manquement familial dans ses lettres , la censure l'interdisant tout bonnement ! La cause est juste , la famille n'y a plus sa place...
    Meme si la rencontre survient tardivement , autour d'une table de Go alors que l'officier exécute une mission d'infiltration , elle n'en est pas moins belle . Ces deux destins Shakespearien vont se jauger , s'apprivoiser , se lire sans jamais se parler . Deux papyrus décriptés par le prisme d'attitudes , d'apparences , de gestes aussi révélateurs que fondateurs . La graine est semée entre ces deux naufragés de la vie que tout oppose , que tout réuni...
    Un récit sobre , haletant porté par une écriture à la poésie métaphorique subtile et touchante . Il y a véritablement du Shakespeare en Shan Sa , c'est dire...
    La joueuse de go ? Go ! Et le premier qui dit dancer aura une tapette...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (29 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Ameni, le 02 mai 2012

    Ameni
    La joueuse de go de Shan Sa est juste… exceptionnel. Mon premier contact avec la culture chinoise et une belle découverte littéraire.
    Pas de moment nécessitant de se familiariser avec le livre Dès le début, l'essentiel saute aux yeux grâce à divers ingrédients.
    D'abord, un style simple mais délicieusement addictif, mélangeant avec brio fluidité et poésie, composé de phrases courtes, sans fioritures qui sont d'autant plus percutantes. A tel point qu'on en vient à en relire certaines pour bien apprécier. Poignant.
    La structure même du livre ensuite, des chapitres très courts (il y en a environ 90, c'est dire) qui impulsent un rythme très dynamique à la lecture (très dangereux quand on applique la stratégie du “Allez, encore un chapitre et j'arrête. Ah trop court, allez encore un…”) Ces chapitres alternent le point de vue de La Joueuse de Go, chinoise vivant en Mandchourie et du “joueur inconnu”, lui étant officier de l'armée japonaise. Les deux protagonistes se rencontrant vers le milieu du livre.
    Cette alternance permet de rendre beaucoup plus vivante et complète la situation en Asie de l'est à cette époque. le point de vue de l'envahisseur et de l'envahi, du japonais et du chinois, de ces deux cultures à la fois proches et différentes.
    C'est toute la complexité des rapports entre personnes, traditions de la société, événements politico-militaires qui sont abordés grâce à toute une galerie de personnages liés principalement à La joueuse de go ; ses rapports amoureux avec deux jeunes révolutionnaires chinois, son amitié avec une fille prisonnière des traditions archaïques de sa famille paysanne, sa sœur si malheureuse en mariage,… et l'officier japonais qui petit à petit se rapproche d'elle et de son univers.
    Univers, justement, si violent et plein de conflits mais qui se retrouvent mis à l'écart lorsque la joueuse se met à jouer au go sur la place de sa ville. Jeu qu'il n'est pas du tout nécessaire de connaître avant la lecture tellement l'auteur réussit à retranscrire tout l'esprit qui habite ce jeu :
    Bref, le style est magnifique et subtil, l'histoire riche, la culture et l'histoire passionnants. La fin magnifique également, ce qui ne gâte rien.

    Lien : http://blogameni.wordpress.com/2012/05/02/la-joueuse-de-go-shan-sa/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 23 juin 2011

    Malaura
    Années 1930, en Mandchourie.
    Place des mille vents, une jeune lycéenne oublie l'occupation japonaise et l'oisiveté de l'aristocratie mandchoue en jouant au go. Mélancolique, elle s'évade, battant impitoyablement tous ses adversaires.
    Sa rencontre avec un jeune officier japonais dévoué à la cause impérialiste bouleverse son destin.
    Sans se connaître, sans se parler, tous deux s'affrontent sur le damier avec toute la force de leur impossible amour.
    Véritable merveille que ce roman récompensé par le Prix Goncourt des Lycéens en 2001 !
    Il émane de ces lignes magiques un tel raffinement, une telle délicatesse, une telle poésie et une telle sobriété que l'on ne peut être qu'envoûté par ce drame poignant et vibrant d'émotion. Magnifique.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Biname, le 18 mars 2012

    Biname
    Un superbe roman qui a pour cadre la Mandchourie mais aussi une guerre sino-japonaise qui ravage le pays.
    Un roman fort qui nous plonge dans le traditionnel d'une civilisation avec cette touche d'amour, de famille de détresse, de semblant de patriotisme autour d'un jeu de haute stratégie le Go.
    Un livre poétique, tout en douceur avec une pointe de dureté.
    A découvrir sans attendre.
    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 04 juin 2011

    cicou45
    Roman à deux voix, celui de La joueuse de go et celui d'un officier japonnais. Elle est une jeune lycéenne de 16 ans en Mandchourie et une redoutable joueuse de go. Elle rencontre régulièrement ses adversaires autour d'une table sur la place des Mille Vents. Puis, vient le jour où elle affronte ce fameux officier japonnais. Adversaires dans la partie comme dans la vie puisque la Mandchourie est occupée par l'armée japonaise, ces deux-là se ressemblent plus qu'ils ne veulent bien l'admettre et une irrésistible attirance les pousse l'un vers l'autre. Roman un peu difficile à suivre au début puisque Shan Sa consacre un chapitre à chacun des protagonistes en employant toujours le "je" mais, une fois que l'on a compris le fonctionnement du roman, on ne peut plus s'arrêter. L'avantage est que l'on découvre autant la vie des deux personnages et ce, à travers un récit interne. Tous deux sont autant attachants l'un que l'autre , autant que les peuples qu'ils représentent. Il n'y a ps d'un côté les bons et de l'autre, les méchants. Après tout, La joueuse de go et l'officier ne sont que les pions d'une société qui les a entraînés dans un conflit qu'ils n'ont pas désiré et leur histoire d'amour en est la preuve. Magnifique ouvrage à découvrir !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)

> voir toutes (39)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Moan, le 16 mai 2012

    C'est un supplice de se maintenir digne face à mon adversaire. Depuis une semaine, son visage bruni est un grain de raisin. Elle porte des vêtements sans manches. Coupées près du corps, ces robes mandchoues rendent les femmes plus troublantes que si elles étaient nues. Au-dessus du damier, nos têtes se touchent presque. Luttant contre mes impulsions grâce à une volonté forgée par des années de discipline militaire, je me crucifie au jeu.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Moan, le 16 mai 2012

    Mes parents, comme tous les parents du Japon, m'avaient élevé avec une implacable sévérité. Au moindre écart, je recevais une paire de gifles. Les joues en feu, les larmes aux yeux, le coeur meurtri, je me précipitais dans les bras de ma Chinoise qui pleurait mes malheurs.Pour effacer la douleur, elle m'étreignait et me contait les légendes de son pays.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Moan, le 16 mai 2012

    Chez nous, lorsque les femmes rient, elles cachent leur visage derrière la manche de leur kimono. La Chinoise sourit sans gêne ni artifice. Sa bouche s'ouvre comme éclate une grenade.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Moan, le 16 mai 2012

    Il fait chaud. J'agite en vain mon éventail. Face à moi, mon adversaire m'impressionne. Exposé au soleil, il se laisse brûler sans manifester le moindre agacement. Le visage ruisselant de sueur, les mains sur les genoux, serrant son éventail fermé, il se tient absolument immobile.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Moan, le 16 mai 2012

    Place des Mille Vent, je me détends devant un inconnu. Il est ponctuel et ne se plaint jamais de mes retards. Il parle rarement. Aucune expression ne traverse son visage. Il résiste au soleil, au vent, à mes provocations. Cette force intérieure doit lui épargner bien des peines terrestres.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir La joueuse de go par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (599)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz