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La joueuse de go” est un livre à deux voix. D'un côté, l'histoire nous est contée par la joueuse, de l'autre par l'officier japonais. Chaque chapitre est donc consacré soit à l'un, soit à l'autre, ce qui m'a un peu déroutée au début, d'autant que l'auteur ne les nomme ni l'un ni l'autre, et ce du début jusqu'à la fin.
Shan Sa utilise le “Je” autant pour la joueuse que pour le militaire.
Cependant, l'écriture, très imagée comme savent le faire les auteurs asiatiques, est superbe. Malgré l'histoire, loin d'être un conte de fée, on s'envole vers cette Mandchourie le coeur plein de poésie et de rêve.
Chacun des personnages raconte sa vie et l'un et l'autre ont du mal à se placer dans ce monde : lui, âgé de 20 ans, s'interdit le mariage à cause de la vocation qu'il a choisi et préfère la compagnie des filles légères pour ne pas s'attacher; elle, 16 ans, s'interroge sur des questions que toute adolescente au même âge se pose.
La rencontre entre ces deux êtres était donc peu probable et pourtant le jeu de go va les unir.
Petit à petit, un lien va les attacher l'un à l'autre sans qu'ils s'en rendent compte consciemment. Pour eux, les rencontres sont dues à cause du jeu non terminé la veille.
Si le début du livre ne m'a pas vraiment enthousiasmée, j'ai eu par contre du mal à arrêter ma lecture à partir de cette rencontre. Ils s'aiment sans le savoir, ils souffrent dans leur vie respective; seul le jeu les délivre un instant de leurs maux.
Shan Sa sait avec magnificence nous faire partager leurs émotions et ce qu'ils vivent chacun de leur côté.
J'ai découvert ce livre grâce à la lecture commune du forum “partage lecture” et je ne peux que vous le recommander.