> Michel Bibard (Traducteur)
> Jean-Marie Saint-Lu (Préfacier, etc.)

ISBN : 2020239280
Éditeur : Editions du Seuil (1995)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 42 notes) Ajouter à mes livres
Juan Pablo Castel est artiste peintre et meurtrier. C'est son histoire qu'il va dépeindre depuis sa cellule. Un autoportrait tout en taches sombres, bardé par endroit de couleurs violentes, d'éclairs de lucidité, que ni sa conscience ni les faits ne ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(4)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 14 décembre 2011

    litolff
    Juan-Pablo Castel est un peintre estimé et misanthrope : il n'aime rien ni personne, jusqu'aux critiques dont les louanges le hérissent... Incompris, il est prisonnier de sa solitude jusqu'au jour où il tombe amoureux fou de Maria qu'il finira pourtant par tuer, ainsi qu'il l'annonce dès les premières pages de son récit écrit en prison.
    C'est le récit d'une passion dévorante et exclusive, une passion éprouvée par la jalousie, la vanité, la misanthropie et l'égocentrisme du peintre : Juan-Pablo ne profite jamais de son bonheur mais passe son temps à décortiquer les instants de bonheur qui lui sont accordés afin d'y trouver la preuve de la perfidie, de l'hypocrisie ou de l'infidélité de Maria. Il se sent incompris, persuadé que le reste de l'humanité ne lui arrive pas à la cheville. C'est un homme profondément seul, incapable de voir le bon, le beau sans y soupçonner quelque chose de mesquin ou de sale... et sa solitude le conduira jusqu'à la jalousie dévorante et la folie meurtrière.
    Le récit implacable et minutieux d'une névrose pathologique et meurtrière.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par patouche, le 18 avril 2012

    patouche
    Ecrire une critique sur ce livre n'est pas une chose aisée (en ce qui me concerne).
    Je suis sorti de ce livre avec une impression d'inachevé, de superficiel.
    Malgré tout son côté philosophique ou plutôt "psychiatrique" m'ont maintenu à l'écoute. le personnage principal, peintre de son état, est un être pour le moins complexe.
    Un psychiatre pourrait surement d'écrire sa pathologie... je ne suis pas psychiatre!
    Une femme, pour son malheur, s'intéressera de trop près à l'une de ses toiles...
    L'auteur nous fait pénétrer dans l'âme torturé de cet homme. Nous le suivons dans le labyrinthe (ou plutôt Le tunnel) de son cerveau, se démener avec ses obsessions, sa paranoia...
    Ecrire un livre essentiellement sur ce sujet était osé. Il vaut cependant la peine d'être lu.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par souslevolcan, le 05 février 2012

    souslevolcan
    Cet article a été publié sur : http://souslevolcan.over-blog.com/
    Une petite voix murmure en permanence au plus profond de nous, mais elle est si discrète que nous ne l'entendons pas. La télévision est trop forte, la fatigue trop lourde, la solitude stupéfiante ? Ce chuchotement discret couvert par le bruit du monde s'échappe parfois comme d'une soupape de vapeur et sa musique soudaine emplit notre esprit. Il faut la douleur, la peine, la peur, le manque, la faim, l'amour pour l'entendre siffler et le héros, Juan Pablo Castel, au hasard d'une rencontre, en voit filtrer la vapeur narcotique. Il est foudroyé par l'amour et le gaz placide de son être devient le chant enflammé de son âme. Il croyait se connaitre et il devient sa propre drogue, sa vie silencieuse (contemplative - n'est-il pas peintre ?) devient bruyante et incontrôlable. Et la voix, sa voix, par le talent de Sabato, se confond avec notre propre voix intérieure. le lecteur se trouve à ce point rongé par l'état amoureux du héros qu'il en ressent presque physiquement son enfermement, sa captation par Le tunnel hypnotique de la passion.
    C'est là le tour de force de ce roman magnifique, d'entendre le héros se parler à lui-même comme nous nous parlons au plus profond de nos secrets. La force du livre est de nous voir immergés dans ce dramatique amour avec la force et la gravité de notre concorde d'amant, nous sentons que tout peut toujours s'arrêter tout près du bonheur, mais que de notre seule faiblesse nait cette complicité de pousse au crime qui va acculer le héros au pire, au fond de cette glissade interminable entre deux parois de verre, vers l'abîme du désespoir et de la honte.
    Il y a dans ce livre l'intensité d'une tragédie Wagnérienne, une lente montée en puissance des cordes vers le hurlement solitaire de la violence au cœur de l'amour le plus absolu. Sabato écrit une partition sur l'amour avec l'acuité de celui qui sait. Des êtres se croisent et s'aiment mais ne se retrouvent jamais, il ne reste que ces voix entêtantes, celle du héros et la nôtre, qui se confondent comme deux ondes sœurs et qui nous laissent éblouis et meurtris.
    Voilà un livre limpide, accessible, mais dont la force vous prend par quelque magie du texte et vous laisse pantois de désespoir et de plaisir mêlés. Sa rapide lecture vous laisse penser que vous avez gravi l'Everest des livres le temps d'un escalier, comme si vous aviez traversé des dimensions ignorées de votre univers habituel. Un très Grand petit livre, typique de la tradition littéraire sud-américaine, où le fantastique a l'odeur familière du quotidien.


    Lien : http://souslevolcan.over-blog.com/article-96090046.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Marlow, le 28 mars 2010

    Marlow
    Premier livre de la trilogie romanesque d'Ernesto Sabato, Le tunnel est l'histoire d'une obsession meurtrière du peintre Juan Pablo Castel pour Maria Iribarne, femme dont il tombe éperdument amoureux lors d'une exposition de ses toiles. On sait dès la première page que Castel tuera Maria Iribarne, mais nous ne savons pas pour quelle raison. le meurtrier fait le récit des évènements qui l'ont conduit à assassiner la femme qu'il aimait (et la seule personne qui comprenait ses toiles, selon lui) de façon ‘objective': le lecteur se rend vite compte que...

    La suite sur:
    http://jonathanfrances.wordpress.com/2009/11/14/les-livres-qui-mont-marque-1-le-tunnel-dernesto-sabato/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (17)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par mandarine43, le 16 février 2012

    Je me sentis grotesque et me dis dans un vertige que tout ce que j'avais pensé et fait durant ces mois (y compris cette scène) était le comble du malentendu et du ridicule, une de ces constructions imaginaires qui me caractérisent, aussi présomptueuses que ces reconstitutions d'un dinosaure à partir d'un morceau de vertèbre.
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par mandarine43, le 18 février 2012

    Il m'est arrivé parfois de me retourner brusquement avec la sensation qu'on était en train de m'épier, de ne voir personne et de sentir pourtant que la solitude qui m'entourait était un fait tout récent, que quelque chose de fugace avait disparu, comme si un léger frisson continuait à vibrer dans l'atmosphère.
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par mandarine43, le 05 février 2012

    Je regardai anxieusement son visage dur, son regard dur. "Pourquoi cette dureté ? me demandais-je, pourquoi ?" Elle sentit peut-être mon anxiété, mon besoin de communion : l'espace d'un instant, son regard s'adoucit et parut jeter un pont entre nous ; mais je sentis que c'était un pont provisoire et fragile suspendu au-dessus d'un abîme.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par mandarine43, le 04 février 2012

    [ Incipit ]
    I.
    Il suffira de dire que je suis Juan Pablo Castel, le peintre qui a tué Maria Iribarne ; je suppose que le procès est resté dans toutes les mémoires et qu'il n'est pas nécessaire d'en dire plus sur ma personne.
    Pourtant, du diable si on sait ce que les gens vont se rappeler, et pourquoi ! En réalité, j'ai toujours pensé qu'il n'existe pas de mémoire collective, ce qui pourrait être pour la race humaine une manière de se défendre. Le fameux "bon vieux temps" ne signifie pas qu'il y aurait eu dans le passé moins de malheurs, mais qu'heureusement on s'empresse de les oublier.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par litolff, le 14 décembre 2011

    Je retournai chez moi avec la sensation d'une solitude absolue. Généralement, cette sensation d'être seul au monde s'accompagne d'un orgueilleux sentiment de supériorité : je méprise les hommes, je les vois sales, laids, incapables, avides, grossiers, mesquins. Ma solitude ne m'effraie pas, elle est pour ainsi dire olympienne.
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le tunnel par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (83)

> voir plus

Quiz