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> Isabelle Gugnon (Traducteur)

ISBN : 2207261727
Éditeur : Denoël (2011)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Buenos Aires, 1968 ; Liliana Emma Colotto, enceinte de quelques semaines, est sauvagement violée et étranglée. Benjamin Chaparro, jeune secrétaire au palais de justice, se voit confier l'affaire. Pour tenter d'oublier ses amours contrari&#... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 03 janvier 2014

    marina53
    Benjamin Chapparo vient tout juste de prendre sa retraite. Il était devenu chef administratif du secrétariat de la chambre d'instruction de Buenos Aires. Un repas est organisé pour l'occasion avec ses collègues mais finalement, il décide de ne pas s'y rendre. A la place, il va voir son ancienne collègue, Irène, dont il est secrètement amoureux depuis plusieurs années et lui demande de lui emprunter sa Remington. Car ce dernier a décidé d'écrire. Ecrire sur l'histoire de Ricardo Morales, un homme qui l'aura marqué des années...
    En 1968, la femme de Ricardo, Liliana, s'est fait violer et tuer sauvagement chez elle par un inconnu. Benjamin est appelé sur les lieux. Horrifié par cette mort qui le hantera longtemps, il sera finalement chargé de l'affaire, lui, un simple secrétaire au palais de justice. Face à lui, le mari, anéanti, foudroyé et n'envisageant nullement sa vie sans sa femme, voudra coûte que coûte retrouver son assassin, s'armant de patience. Benjamin remuera ciel et terre pour venir à bout de ce drame qui l'ébranlera plus que de raison. Mais, dans l'Argentine des années de plomb où trahisons et exils politiques sont de mises et où sa hiérarchie est finalement une bande d'incapables, la tâche va s'avérer bien plus compliquée qu'elle n'y paraît...
    Deux hommes unis pour le même combat, deux hommes que tout oppose mais qui finalement vont se trouver un intérêt commun, deux hommes hantés par le meurtre de cette femme, deux hommes dans la tourmente dans ce pays martyrisé... Eduardo Sacheri nous offre ici un roman d'une grande finesse, où la question de la vengeance personnelle est posée. Alternant judicieusement passé et présent, on est happé et ému par le récit de Benjamin. Bien plus qu'une enquête policière passionnante, ce roman nous plonge dans cette Amérique des années 70 où tous les coups bas semblent permis. Avec ses personnages attachants, que ce soit le flic ou le collègue de Benjamin, ce roman à l'écriture subtile et touchante est à la fois dramatique et troublant.
    Dans ses yeux... je m'y noie...
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    • Livres 4.00/5
    Par Coriolis, le 30 août 2014

    Coriolis
    Deux hommes hantés par le passé...Deux hommes rapprochés par le destin. Deux hommes liés par le décès d'une femme...L'un cherche à découvrir son meurtrier, l'autre la pleure et n'accepte pas sa mort...Existe t'il d'ailleurs une façon idéale d'annoncer la mort d'un proche?
    Chef administratif du secrétariat de la 49ème chambre d'instruction de Buenos Aires, Benjamín Chaparro se souviendrait toujours de sa rencontre avec Ricardo Morales. Liliana Colotto, la jeune épouse de cet employé de banque venait d'être violée et assassinée. L'enquête avait échu par le plus grand des hasards à la 49ème chambre.
    30 mai 1968 : une date inoubliable pour Chaparro, le début de l'enfer pour Morales.
    Aujourd'hui retraité, Chaparro se rappelle tout : la beauté du corps de la défunte , l'enquête fastidieuse et le regard de Morales qui n'a plus était le même à compter de ce jour. Dans ses yeux, la détresse et le néant ont élu siège. Ils ont fait de lui un homme qui lutte vainement contre les ravages du temps. Chaque souvenir sera chéri jusqu'à la saveur du dernier petit-déjeuner pris avec la femme de sa vie. Morales, qui a tout perdu, s'accroche éperdument à ces sensations périssables et subit son existence plus éteint que vivant.
    Chaparro amoureux secrètement depuis trente ans d'une collègue de travail prénommée Irène, partage malgré lui la douleur de ce veuf...Après deux divorces cuisants et quelques conquêtes sans lendemain, il est , tout comme Morales privé de son unique véritable amour. Ici les deux hommes que tout sépare, âge, statut social et parcours, se rejoignent. Pour satisfaire quelques velléités littéraires et exorciser certaines souffrances, Chaparro, narrateur de ce roman, couche sur le papier tout ce qui a trait de près ou de loin à cette affaire et décide d'écrire un roman...Si jadis ces événements l'avaient fortement ébranlé, ils vont encore aujourd'hui, à son insu, bouleverser sa vie. Mêlant souvenirs professionnels et faits sordides, le narrateur nous plonge dans les méandres d'une Argentine en pleine crise où la corruption est de mise. Et dans ce pays où l'instabilité politique sème le trouble, ce personnage nous ouvre les portes de sa propre histoire quitte à se noyer dans un passé douloureux entre exil, amis disparus, alcoolisme, amours contrariées et guérillas politisées.
    Roman inoubliable, Dans ses yeux de Eduardo Sacheri ne peut que séduire. Cette histoire d'amour et de mort est ,en effet, peuplée d' une galerie de personnages profondément charismatiques. A cela, il faut ajouter, une intrigue particulièrement soignée, des introspections efficaces et un rythme tendu à l'extrême par des retours incessants entre présent et passé. Une mention particulière au personnage de Pedro Sandoval, ami et collègue de Chaparro, aussi attachant dans le livre que dans l'adaptation cinématographique de Juan José Campanella (oscar du meilleur film étranger en 2010). Si le réalisateur s'est accordé quelques libertés quant au roman, le film retranscrit avec brio l'esprit du livre et les acteurs incarnent admirablement les protagonistes. le livre comme son adaptation méritent amplement que l'on s'y attarde. Deux hommes poursuivis par le souvenir d'une femme...L'un est amoureux et n'ose avouer ses sentiments, l'autre est anéanti par le décès de celle qu'il aime et pense sans cesse au meurtrier. Lequel des deux se décidera à agir?
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    • Livres 4.00/5
    Par Junie, le 03 septembre 2012

    Junie
    Dans ses yeux est le récit que fait un homme qui ne lâche pas le morceau, qui s'accroche a la seule chose qui compte quand il se retrouve face à des pourris, dans un pays corrompu par la dictature, et qu'il comprend peu à peu que son idéal de justice se casse la gueule.
    Il ne prend pas la maquis, il ne flingue pas tous les affreux, il ne pose pas des bombes dans le tribunal, il ne se prend pas pour Superman.
    Il choisit de lutter avec sa mémoire, sa ténacité, sa force de résistance pour ne pas être lui-même entrainé dans un bain de boue.
    L'histoire court sur une longue période, des personnages se croisent et s'affrontent, mais lui qui a perdu nombre d'illusions, qui sait qu'il ne peut être un justicier, il n'oublie jamais qu'il a une sorte de devoir : celui de témoigner, et celui de rester vivant avec les yeux ouverts.
    Dans ses yeux, c'est là que se trouve toute la vérité, ainsi que le savait Eluard : "Et comme le jour dépend de l'innocence, le monde entier dépend de tes yeux purs, et tout mon sang coule dans leur regard".
    Si vous avez omis de voir l'excellente adaptation de ce livre au cinéma, qui donne une version légèrement différente, allez faire un tour en Argentine, ça change des bas-fonds de Los Angeles.
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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 13 mai 2011

    Malaura
    A 60 ans,Benjamin Chaparro,a pris sa retraite du secrétariat de justice de Bueno Aires où il a travaillé pendant plus de 30 ans.Cet homme seul,divorcé 2 fois et secrètement épris d'une juge de ses collègues, veut profiter de son temps libre pour coucher sur le papier l'histoire de Ricardo Morales, dont le meurtre et le viol de l'épouse en 1968 avait eu des répercussions dans sa propre vie.A l'époque, il avait réussi à retrouver le coupable mais sous la dictature des années de plomb, ce dernier avait bénéficié d'une injuste amnistie, contraignant Benjamin à l'exil.
    L'argentin Eduardo Sacheri nous offre un bon moment de lecture, un agréable roman qui se lit d'une traite. L'auteur mêle amour, amitié, meurtre, vengeance et trahison avec une belle maîtrise, une écriture sobre, simple et prégnante, et des personnages sincères et attachants dans leur solitude, leur douleur ou leur volonté de vengeance à une époque où règne la plus intolérable iniquité. L'Argentine des années 1970 et sa dictature militaire, esquissées en filigrane, auraient mérité d'être soulignées davantage mais l'ensemble est honnête et se lit avec beaucoup d'intérêt.
    A noter que l'adaptation cinématographique de ce roman a reçu l'oscar du meilleur film étranger 2010.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ellane92, le 30 juillet 2014

    Ellane92
    Benjamin Chaparro a décidé, finalement, de ne pas se rendre à la petite fête organisée par ses amis et collègues du Tribunal de première instance de Buenos Aires pour son départ à la retraite. A la place, il rend visite à la juge d'instruction, Irène, dont il est secrètement amoureux depuis des années, depuis la première fois où il l'a vue, lorsqu'elle est entrée au tribunal en tant que stagiaire. Pour avoir encore l'occasion d'échanger avec elle pendant quelques temps, il lui emprunte une vieille machine à écrire qui traine en haut d'une étagère, et avec lequel il va écrire "un roman".
    De retour chez lui, il s'attelle à raconter l'histoire qui a marqué sa vie. En ce temps-là, déjà secrétaire au Tribunal, il est appelé pour se rendre sur les lieux d'un crime. La victime s'appelait Liliana Morales, et bien que le tueur l'ait violée et étranglée, elle n'en reste pas moins d'une beauté à couper le souffle. le veuf, Ricardo Morales, un petit homme effacé, est effondré, à la fois conscient de sa chance d'avoir eu Liliana pour épouse, et conscient également de sa perte éternelle. Chaparro se prend d'amitié et de pitié pour lui, et décide de découvrir qui a tué Liliana et pourquoi elle est morte. Mais dans l'Argentine des années 70, Chaparro va apprendre à ses dépens il n'est pas toujours de bon ton de rechercher la vérité.
    J'ai beaucoup aimé cette histoire mélancolique, avec un brin de cynisme et une jolie écriture, très "humaine" vis-à-vis des personnages principaux.
    Ce livre, qui est à ranger dans la catégorie "roman policier" et non thriller, a à mon sens plusieurs atouts, qui compense la faiblesse de l'intrigue et la lenteur du déroulement de l'histoire. Parmi ses points forts, j'ai beaucoup aimé l'écriture d'Eduardo Sacheri, sa façon de nous raconter l'enquête de Chaparro, la détresse de Morales, la corruption d'un système judiciaire, en faisant des détours par la vie sentimentale ratée de son héros. J'ai apprécié l'honnêteté du secrétaire du tribunal, sa ténacité pour résoudre une enquête dans laquelle il n'a aucun intérêt personnel, au contraire. Sacheri raconte son histoire avec beaucoup d'humour, souvent un brin cynique, beaucoup de franchise et de pudeur également. Son regard bienveillant nous amène à nous attacher à ses personnages (j'ai eu un petit faible pour Sandoval, l'adjoint de Chaparro…), qui sont très humains. Si je n'ai pas eu le sentiment d'être dépaysée malgré le cadre argentin dans lequel évolue ce livre, j'ai eu le plaisir de découvrir le fonctionnement, forcément perfectible (et pas qu'un peu !) du Tribunal de première instance de Buenos Aires.
    Dans ses yeux est un roman policier qui fait la part belle à l'humain, à ses beaux cotés comme aux plus laids, et qui a le mérite de poser une question plutôt délicate : quand le système judiciaire faillit, est-ce aux hommes de prendre la relève ?
    Une lecture agréable, même si elle ne révolutionne pas le genre !
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Citations et extraits

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  • Par art-bsurde, le 13 décembre 2014

    Pour moi,un jour parfait est un jour comme celui-ci,a dit Morales en agitant les mains comme un réalisateur mimant une scène d'action.Une matinée chargée de nuages,quelques coups de tonnerre et une bonne pluie qui ne s'arrête pas.Pas une grosse averse,non,parce que les idiots qui vénèrent le soleil râlent encore plus quand la ville est inondée.Une bonne pluie bien régulière me suffit.Il faut qu'elle dure jusque tard dans la nuit,que je puisse m'endormir en l'écoutant tomber.Et s'il y a un ou deux coups de tonnerre à ce moment-là,je suis comblé.
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  • Par art-bsurde, le 06 décembre 2014

    Chaque fois que je regardais des photos,j'éprouvais un réel intérêt pour les vies contenues dans le silence perpétuel du papier glacé,mais j'étais aussi gagné par une profonde mélancolie,une sensation de deuil,d'incurable nostalgie,du paradis perdu derrière ces instants fugaces surgissant du passé comme de naïfs passagers clandestins.

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  • Par Junie, le 31 août 2012

    - Vous savez ce que j'avais du mal à me représenter, dans ma jeunesse, quand j'ai décidé de me consacrer à ce sac d'embrouilles qu'est la brigade des homicides? Pas les actes criminels en soi ni la brutalité qui consiste à faucher une vie. ça je m'y suis habitué assez vite. Ce qui me tracassait, c'était les actions postérieures au crime. J'imaginais que tous les tueurs attendaient en tremblant, désespérés par l'horreur de leur forfait, ne songeant qu'à l'instant où ils avaient supprimé la vie d'un autre être humain.
    Il a soupiré en esquissant un demi-sourire, comme s'il songeait à un fait amusant.
    - Un peu comme le jeune homme de Crime et Châtiment, de Dostoïevski? Vous voyez lequel? Lui a des remords. Il a tué la vieille et ne peut vivre avec un tel poids sur le coeur.
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  • Par Ellane92, le 10 septembre 2014

    En l'observant cet après-midi de juin 1973, je comprenais que la brièveté de la vie d'un être humain ou sa longévité dépend de la somme de souffrances qu'il est obligé d'endurer. Le temps s'écoule plus lentement quand on a mal ; l'angoisse et la douleur laissent des traces définitives sur la peau.

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  • Par Ellane92, le 05 septembre 2014

    S'ils gardent à présent le silence, s'ils en profitent pour s'interroger du regard sans le briser, s'ils se sourient sans parler, c'est que rien ne les retient hormis l'envie d'être simplement face à face et de laisser passer le temps, et c'est là toute la beauté de cet instant.

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Dans ses yeux (El secreto de sus ojos) est un film (2009) argentin, réalisé par Juan José Campanella. Il a remporté l'Oscar du meilleur film en langue étrangère 2010. Bande-annonce








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