> Micha Venaille (Traducteur)

ISBN : 2253126276
Éditeur : Le Livre de Poche (2009)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
Ses enfants croient Lady Slane, qui a toujours été une femme soumise et aimable, "brisée" par la mort de son mari, un ancien vice-roi des Indes. Mais brusquement, repoussant sa famille dont elle déjoue les plans, la respectable vieille dame se retire avec sa gouvernante... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Ikebukuro, le 27 janvier 2011

    Ikebukuro
    Un petit livre léger et délicieux sur la vieillesse mais aussi l'art d'envoyer gentiment promener les contraintes de sa famille et de la "bonne société". Comment une vieille dame à la fin de sa vie se rebelle contre le carcan social dans lequel elle s'est trouvée enfermée auprès d'un mari "politiquement correct" diplomate dans les pays du Commonwealth.
    Lady Slane, âgée de 88 ans, vient de perdre son mari à qui elle a dédié toute sa vie. Contre toute attente et surtout contre l'avis de ses enfants, elle décide de prendre sa vie en main en refusant les solutions trouvées pour elle par ces derniers qui avaient prévu de faire leur BA en la prenant chez eux à tour de rôle. Elle va enfin vivre pour elle et non pour les autres en s'installant dans une petite maison dans le quartier de Hampstead avec sa fidèle servante française Genoux. Elle avait repéré cette petite maison coquette, des années auparavant avant de pouvoir enfin la louer à ce vieil homme, propriétaire exigeant qui attendait une locataire à la hauteur de sa demeure. "Allez-vous lui plaire ?" lui dira-t-il en parlant de sa maison, déjà un peu amoureux de cette vieille dame élégante et discrète. Aussitôt dit, aussitôt fait, Lady Slane emménage grâce à la diligence de Mr Gosheron, entrepreneur et ami du propriétaire, les deux hommes n'ayant de cesse de veiller sur la tranquillité de cette si charmante locataire.
    A la fin de cette vie bien remplie, au diable les contraintes ! Il faut dire que Lady Slane avait un rêve depuis son adolescence et des aspirations d'une autre époque, surtout pour une femme : devenir peintre. "Ainsi pendant des mois avait-elle vécu intensément, secrètement, se préparant avec soin sans jamais poser un pinceau sur une toile, et se contentant de rêver à son oeuvre future." Mais sa vie sera toute autre, accaparée par ses obligations sociales et familiales d'épouse, de mère et de membre de la Haute société. Alors maintenant, elle estime qu'elle a mérité un peu de repos et de calme, loin de toutes les petites mesquineries de sa famille.
    J'ai beaucoup aimé ce livre au charme désuet mais au ton caustique et ironique qui critique la Haute société pour laquelle il faut avant tout savoir sauver les apparences. Il faut voir comment Lady Slane fait le ménage parmi ses enfants et petits enfants, qu'elle ne souhaite pas spécialement recevoir chez elle ; ou comment elle va distribuer une fortune léguée à la mort d'un ancien admirateur, aux musées et aux bonnes oeuvres au grand désarroi de sa famille qui se voyait déjà propriétaire de cet argent tombé du ciel.
    Le style est joliment troussé et l'art de dire les choses sans en avoir l'air, largement mis en avant à travers les petites piques qui ponctuent le récit. Mais je préfère laisser le mot de la fin à Mr Gosheron, son vieil ami. "Sa Seigneurie fera un beau cadavre" dit-il à Mr Bucktrout. Les deux amis avaient décidé d'ignorer Carrie. "Quand on est beau dans la vie, on l'est dans la mort, c'est ce que j'ai toujours dit poursuivi Mr Gosheron. C'est étonnant comme la mort permet à la beauté de s'exprimer."
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    • Livres 2.00/5
    Par Lune, le 28 janvier 2009

    Lune
    Le nom de Vita Sackville-West m'était connu en tant que conceptrice du fameux jardin blanc de Sissinghurst et aussi associé à l'époque littéraire britannique de Virginia Woolf. Je connaissais quelques grands traits percutants de son histoire personnelle et de son audace. Je savais qu'elle avait écrit; je viens de découvrir l'un de ses romans, celui qui fut et est toujours considéré comme le plus abouti.
    Le cadre de vie :première partie du vingtième siècle avec des relents du dix-neuvième qui perdurent dans un milieu artistocratique anglais.
    Les personnages : Lady Slane, 88 ans. Genoux, sa gouvernante depuis plus de soixante ans. Ses enfants (déjà d'un certain âge), des petits et arrière-petits enfants; le propriétaire et gérant de Hampstead; le menuisier; le mystérieux M. FitzGeorge.
    L'action : Lady Slane, devenue veuve, prend pour la première fois ses propres décisions et décide de s'installer librement dans la maison rêvée entrevue il y a de nombreuses années à Hampstead. Les jours qui lui restent à vivre s'écouleront enfin paisibles uniquement nourris des relations qu'elle admet, relations vraies sans le spectre de la compétition, de la réussite sociale et de l'argent. Devenue elle-même, Lady Slane se laissera aller au vertige du passé, à l'introspection et pour la première fois, sans regrets, comprendra la distance entre la vie imposée et la vraie vie. Les récompenses seront au nombre de deux : l'amour de M. FitzGeorge qui révélera la densité de ce qu'aurait pu être une relation amoureuse entre deux êtres respectueux reconnaissant à l'autre le droit d'être et l'arrière-petite fille, projection d'elle-même, qui pourra dépasser préjugés et milieu afin de se réaliser et non de réaliser ce que les autres projettent pour elle. L'amitié vraie des vieux messieurs désintéressés mettra du baume au coeur face à l'égoïsme, l'arrivisme, la froideur des enfants.
    Ce que j'en pense : roman délicieusement désuet mais qui remue lorsqu'on re/découvre ce que fut la condition féminine jusqu'il n'y a pas si longtemps. "Elevées comme des saintes, on les livre comme des pouliches" a dit George Sand. Cette phrase a trotté dans ma tête tout au long de la lecture. L'homme "propriétaire" d'une femme comme d'une maison, d'une écurie, etc... voilà de quoi sentir la nausée monter... et se dire que dans certains endroits du monde, l'histoire se répète, encore plus tragique... Telles sont les considérations qui peuvent monter lors de cet écrit qui est pourtant sage, un peu nostalgique, carrément d'un autre temps. Sa modernité ne réside que dans ces réflexions et le rend intéressant en tant que témoignage de l' histoire sociale féminine.
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 07 mai 2011

    Malaura
    A la mort de l'illustre Henry Holland, comte de Slane, sa veuve Lady Slane suscite la surprise et la désapprobation de ses enfants en décidant de vivre seule dans une petite maison d'Hampstead,seulement assistée par sa vieille et dévouée domestique française Genoux.A 88 ans, après une vie passée à être le faire-valoir de Lord Slane,autrefois 1er ministre et vice-roi des Indes, Milady ne compte plus se laisser dicter sa conduite.Dans sa nouvelle demeure,Toute passion abolie, elle peut enfin laisser libre cours à ses souvenirs et ses rêves passés...
    La fluidité et l'élégance de l'écriture de Vita Sackville-West (1892-1962), l'acuité de ses observations, sa perspicacité quant à la psychologie de ses personnages et l'ironie fine qu'elle met dans la peinture de la bonne société anglaise, tout cela donne à cette oeuvre, écrite dans les années 30, un charme fou tout à fait exquis. Porté par le personnage si attachant de Lady Slane, vieille femme de 88 ans aux idées libérales, ce texte, véritable bouffée d'air frais, offre un moment de littérature littéralement délicieux.
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    • Livres 4.00/5
    Par myloubook, le 05 juin 2009

    myloubook
    A la mort de son époux, beaucoup auraient pensé que Lady Slane se soumettrait de bonne grâce aux décisions prises par ses enfants. Sans doute vivrait-elle à tour de rôle avec chacun d'entre eux, comme ils le souhaitaient. Pourtant il n'en est rien, et cette douce vieille dame qui toute sa vie a appuyé son époux (premier ministre, vice-roi aux Indes) décide de profiter de ses dernières années pour se retirer, loin de sa famille envahissante et de ses obligations sociales et caritatives. Accompagnée de Genoux, sa fidèle servante française, Lady Slane s'installe dans une petite maison de Hampstead afin de passer son temps libre à se retrouver et revenir paisiblement sur les 88 années qui sont derrière elle.
    Ce livre qui m'a semblé au début charmant est beaucoup plus profond qu'il n'y parait à première vue et gagne en intensité vers la fin grâce à la pertinence des remarques, des conversations, des observations personnelles. J'ai beaucoup apprécié la finesse dans le développement des personnages – ce qui est un immense atout puisque j'aime tout particulièrement les romans où la psychologie occupe une place importante.
    Je m'attendais à un livre sur le 5 o' clock tea et j'ai en réalité découvert un roman intelligent qui invite au questionnement. Vous l'aurez compris, amis lecteurs, j'ai beaucoup apprécié ce livre qui parle d'une femme du monde « connue » de toute la bonne société mais curieusement méconnue de tous, à commencer par sa famille. A savourer…

    Lien : http://www.myloubook.com/archive/2009/05/17/toute-passion-abolie-vit..
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    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 26 septembre 2009

    monito
    Comment, au soir de sa vie, une vieille dame, noble, ayant connu tous les honneurs, toutes les mondanités, décide, à la mort de son époux, de son geôlier, de vivre sa vie pour mieux préparer sa mort ?
    C'est, en substance, ce que traduit ce court roman. Leçon de vie, sur la vie, sur les renoncements auxquels on est contraint, auxquels ensuite on souscrit par la force des choses.
    Poids des ans, signe de sagesse ou de retard, quand si près de la mort on veut corriger ses erreurs, en tous les cas, vivre en paix avec soi même.
    Une belle écriture, un peu surannée, de belles galeries de personnages, et l'espoir de toujours faire les bonnes rencontres… les inattendues !
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Citations et extraits

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  • Par Neigeline, le 04 septembre 2009

    ... une maison, surtout vide, n'est pas une simple addition de briques, de plomberie, de placards et de fenêtres, mais bien un monde à part, une entité, presque un être humain, riche de sa propre vie, comme si une âme avait été insufflée au creux de chacune des briques, pour y demeurer jusqu'au jour où les murs finiraient par s'écrouler, dévoilant à tous leur trésor caché ? ... Puisque l'homme revendique le droit à la sensibilité, puisqu'il a le pouvoir de se souvenir et de percevoir, il sait bien que tous ces sentiments ne proviennent pas du seul mouvement mécanique de ses cellules ! De la même manière, la vie intime de la maison échappe à l'entassement de briques fixés à jamais...
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  • Par Neigeline, le 04 septembre 2009

    De toute manière cette présence la déconcertait, bien qu'elle dût reconnaitre que le sentiment qu'elle éprouvait n'était pas désagréable.... Le soir après son départ, elle s'était mise à fixer le feu, dédaignant ses livres, s'interrogeant, essayant de retrouver une sensation qui demeurait pourtant douloureusement hors d'atteinte. Oui, quelque chose avait toutefois résonné en elle, comme lorsque le battant vient cogner contre une cloche fêlée, et que le son ne se propage pas dans la vallée mais demeure à l'intérieur du clocher, vibrant imperceptiblement, dérangeant seulement les étourneaux dans leurs nids et faisant à peine trembler les toiles d'araignée.
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  • Par Neigeline, le 04 septembre 2009

    Oui, ils se devaient de se retrouver ensemble sur la dernière mesure du menuet, quand le cavalier s'incline devant sa partenaire pour lui exprimer toute sa tendresse et que les éventails qui volettent ne suffisent pas pour apporter un peu de fraicheur. Ensemble ils vivaient tous les trois leur grand âge, ce moment de la vie où il n'est plus nécessaire de parler pour se comprendre. Qu'ils semblaient loin, ces jours autrefois vécus dans la violence des passions excessives et brûlantes, où le coeur semblait prêt à se briser sous l'assaut de désirs complexes et contradictoires ! Le paysage était désormais monochrome, les traits identiques, les couleurs effacées, les paroles toutes abolies.
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  • Par Neigeline, le 04 septembre 2009

    Elle avait parfois éprouvé la sensation de vivre dans une humanité plongée dans un monde d'illusions, embarquée dans des rêves à la fois dérisoires et dangereux. Ce système lui semblait être basé sur des conceptions fausses. Le hasard seul avait fait que les hommes avaient pris l'or et non la pierre comme symbole de réussite, qu'ils bâtissaient leur vie sur l'esprit de compétition et non sur la tendresse. Mais pourquoi n'était-il pas venu à l'esprit des habitants de la planète qu'elle tournerait beaucoup mieux tout simplement avec des pierres et de la tendresse ?
    Ses propres enfants, comme si cela allait de soi, s'étaient nourris bien malgré elle de cette philosophie. Ils vivaient donc aujourd'hui dans un univers stérile basé sur l'effort et la compétition, ne se contentant jamais d'être, tout simplement.
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  • Par Neigeline, le 04 septembre 2009

    Quand on est beau dans la vie, on l'est dans la mort... c'est étonnant comme la mort permet à la beauté de s'exprimer... Dans la vie on peut s'embellir si on sait s'habiller. Mais une fois mort, c'est du plus profond de vous-même que naît la beauté.
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La chronique de Gérard Collard - Virginia et Vita 2
Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Albin Michel En 1927, Virginia Woolf et son mari éditeur Léonard vivent à Monk's House dans la campagne du Sussex. Elle vient de publier "La Promenade au phare" et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l'immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l'opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l'amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l'excentrique Vita qui n'a pour règle que le plaisir de l'instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l'amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire. Vous pouvez commander "Virginia et Vita" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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