ISBN : 2253007153
Éditeur : Le Livre de Poche (1973)


Note moyenne : 3.57/5 (sur 98 notes) Ajouter à mes livres
« Avec Justine, un homme du XVIIIe siècle parle, un prisonnier vitupère, un philosophe argumente, tous ensemble, dans une symphonie agressive que notre oreille douillette, accoutumée à de trop douces harmonies peut-être, reçoit comme un coup de poing. C'est précisément ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 12 février 2012

    zorazur
    Justine c'est le roman idéal pour comprendre ce qu'est Sade. Sade proscrit, vitupéré, condamné, emprisonné. Dans "Justine" il y a de la violence, du sang qui coule à gros flots, des pratiques immondes de la part d'êtres monstrueux qui déchainent une cruauté au-delà de tout sur de malheureuses créatures livrées à leur désirs les plus vils. Il y a de pauvres filles maltraitées dans des conditions qui dépassent nos pires cauchemars par des nobles soudards, des chevaliers menteurs, des moines libidineux, des notaires sans scrupules, des brigands sanglants. Il y a des fouets, des crochets, des chaînes. Il y a tout cela et bien pire encore. Pour qu'on n'oublie pas une seconde que c'est un livre du Marquis de Sade qu'on est en train de lire.
    Mais il y a surtout un homme libre.
    On découvre un homme qui pense, qui s'indigne, qui s'interroge sur son époque et ses excès, sur le système politique dans lequel il vit, sur la condition faite à ses contemporains. Un homme que révoltent l'injustice et les inégalités de la société qu'il a sous les yeux, un homme qui n'accepte pas que certains aient tout quand d'autres croupissent dans la misère, un homme qui crie et continuera de crier tant que tant de ses semblables connaîtront le malheur et la souffrance. Un homme qui rêve de liberté, de justice, de démocratie.
    Il y a le fouet, les crochets, les chaînes, etc, certes. Il y a des scènes dont la cruauté inimaginable vous soulève le coeur. Et pourtant, celui qui a décrit ces scènes ignobles est un vrai humaniste, un vrai penseur du siècle des Lumières.
    Alors on l'a combattu, emprisonné, enseveli dans les pires bastilles au motif de sa lubricité, en réalité pour le faire taire et l'empêcher de répandre des idées aussi dangereuses et mettant en jeu l'équilibre du monde.
    Ma vision d'un marquis de Sade humaniste et victime heurtera certains - alors lisez "Justine", au-delà des fouets et des restes de mauvais romans pornos.
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    • Livres 4.00/5
    Par AmandineMM, le 16 septembre 2011

    AmandineMM
    Après la lecture de Les Infortunes de la vertu, je me suis plongée, longuement et lentement, dans celle de Justine: connaissant déjà une grande partie des épisodes, j'ai surtout apprécié les nouveaux ajoutés ultérieurement. Les épisodes antérieurs ont été amplifiés et davantage décrits. J'ai un peu regretté l'art de la litote dont avait fait preuve Sade dans la première version de cette œuvre, mais ai néanmoins apprécié de retrouver son écriture sadienne telle que je la connaissais : à la fois pornographique et essayiste, des réflexions philosophiques fortes émaillées d'épisodes cruels en illustration de ses propos. Fascinée par les discours des libertins mis en scène, je reste d'ailleurs toujours aussi peu convaincue par la conversion finale de Juliette: elle est incompréhensible et trop artificielle selon moi.
    J'ai hâte de pouvoir lire la suite: l'Histoire de Juliette (une fois que j'aurais enfin réussi à me procurer cette œuvre introuvable en poche...)
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    • Livres 5.00/5
    Par nikokroko, le 16 juin 2011

    nikokroko
    J'ai beaucoup aimé ce livre. Tout est bon le style (français du 18ème), l'histoire, les personnages. Sade m'a surprit je ne m'attendais pas à autant de cruauté.
    Selon moi il faut avoir le cœur bien accroché pour lire ce livre. Ma copine l'a lu avant moi, je la voyais faire des grimaces et elle me disais "là c'est costaud quand même". Et c'est vrai que ce que va endurer Justine et tout le cynisme des bourreaux qui vont se succéder prend aux tripes.
    Je suis vraiment heureux de cette lecture.
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    • Livres 3.00/5
    Par olivberne, le 16 février 2012

    olivberne
    Faut-il se moquer des malheurs de Justine ou la plaindre? Il lui arrive tout de même des choses horribles et elle semble bien naïve et innocente face à ce qui semble évident et attendu pour le lecteur. Outre le sadisme, parfois difficile à lire, on se demande si Sade ne se moque pas aussi du lecteur dans cette histoire facile et illimitée en horreurs.
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    • Livres 3.00/5
    Par ildibad, le 09 février 2012

    ildibad
    des longueurs, mais un de mes premiers romans "interdits"- vers 15 ans - emprunté en rougissant peu de temps après avoir reçu l'accès à la section "adulte " de la bibliothèque
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Citations et extraits

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  • Par blogoculture, le 31 décembre 2010

    On vous dit à cela : la vertu est utile aux autres, et, en ce sens, elle est bonne ; car s'il est reçu de ne faire que ce qui est bon aux autres, à mon tour, je ne recevrai que du bien. Ce raisonnement n'est qu'un sophisme ; pour le peu de bien que je reçois des autres, en raison de ce qu'ils pratiquent la vertu, par l'obligation de la pratiquer à mon tour, je fais un million de sacrifices qui ne me dédommagent nullement. Recevant moins que je ne donne, je fais donc un mauvais marché, j'éprouve beaucoup plus de mal des privations que j'endure pour être vertueux, que je ne reçois de bien de ceux qui :e sont ; l'arrangement n'étant point égal, je ne dois donc pas m'y soumettre, et sûr, étant vertueux, de ne pas faire aux autres autant de bien que je recevrais de peines en me contraignant à l'être, ne vaudra-t-il donc pas mieux que je renonce à leur procurer un bonheur qui doit me coûter autant de mal ?
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  • Par Sarpou, le 09 octobre 2007

    Crois moi, laisse là la justice de Dieu, ses châtiments ou ses récompenses à venir, toutes ces platitudes-là ne sont bonnes qu’à nous faire mourir de faim. Ô Thérèse ! la dureté des riches légitime la mauvaise conduite des pauvres; Que leur bourse s’ouvre à nos besoins, que l’humanité règne dans leur cœur, et les vertus pourront s’établir dans le nôtre ; mais tant que notre infortune, notre patience à la supporter, notre bonne foi, notre asservissement ne serviront qu’à doubler nos fers, nos crimes deviendront leur ouvrage, et nous serions bien dupes de nous les refuser, quand ils peuvent amoindrir le joug dont leur cruauté nous surcharge. La Nature nous a fait naître tous égaux, Thérèse, si le sort se plaît à déranger ce premier plan des lois générales, c’est à nous d’en corriger les caprices et de réparer par notre adresse, les usurpations du plus fort. J’aime à les entendre ces gens riches, ces gens titrés, ces magistrats, ces prêtres, j’aime à les voir nous prêcher la vertu; Il est bien difficile de se garantir du vol, quand on a trois fois plus qu’il ne faut pour vivre; bien malaisé de ne jamais concevoir le meurtre quand on n’est entouré que d’adulateurs ou d’esclaves dont nos volontés sont les lois; ...mais nous, Thérèse, que la providence a condamnés à ramper dans l’humiliation comme le serpent dans l’herbe; nous qu’on ne voit qu’avec dédain, parce que nous sommes faibles... tu veux que nous nous défendions du crime quand sa main seule nous ouvre la porte de la vie, nous y maintient et nous empêche de la perdre, tu veux que perpétuellement soumis et dégradé, pendant que cette classe qui nous maîtrise a pour elle toutes les faveurs de la fortune, nous ne réservions que la peine, l’abattement et la douleur, que le besoin et que les larmes. Non, non et non Thérèse…
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  • Par Feenalia, le 05 juin 2011

    [Attention âmes sensibles: extrait d'un passage que j'ai trouvé particulièrement excellent et "drôle", la dernière phrase prononcée par cette malheureuse Justine m'a arraché un sourire]

    Il la saisit alors avec férocité, il la place comme il avait fait de moi, les bras soutenus au plancher par deux rubans noirs : je suis chargée du soin de poser les bandes ; il visite les ligatures : ne les trouvant pas assez comprimées, il les resserre, afin, dit-il, que le sang sorte avec plus de force ; il tâte les veines, et les pique toutes deux presque en même temps. Le sang jaillit très loin : il s'extasie ; et retournant se placer en face, pendant que ces deux fontaines coulent, il me fait mettre à genoux entre ses jambes, afin que je suce ; il en fait autant à chacun de ses gitons, tour à tour, sans cesser de porter ses yeux sur ces jets de sang qui l'enflamment. Pour moi, sûre que l'instant où la crise qu'il espère aura lieu, sera l'époque de la cessation des tourments de la comtesse, je mets tous mes soins à déterminer cette crise, et je deviens, ainsi que vous le voyez, madame, catin par bienfaisance et libertine par vertu.
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  • Par blogoculture, le 31 décembre 2010

    Je suppose une société où il sera convenu que l'inceste (admettons ce délit comme tout autre), que l'inceste, dis-je, soit un crime : ceux qui s'y livreront seront malheureux, parce que l'opinion, les lois, le culte, tout viendra glacer leurs plaisirs ; ceux qui désireront le commettre, ce mal, et qui ne l'oseront, d'après ces freins, seront également malheureux ; ainsi la loi qui proscrira l'inceste n'aura fait que des infortunés. Que dans la société voisine, l'inceste ne soit point un crime, ceux qui ne le désireront pas ne seront point malheureux, et ceux qui le désireront seront heureux. Donc la société qui aura permis cette action conviendra mieux aux hommes que celle qui aura érigé cette même action en crime.
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  • Par Sly, le 04 juillet 2010

    [Dans ce livre Sade rend au sexe sa place,la première "Les passions ont un degré dans l'homme, où nulle voix ne peut les captiver"]

    [La sexualité traverse les infortunes avec la violence d'un orage.]

    [Sade proclame qu'il est une force du désir que seule la satisfaction peut abattre, et que l'homme est plus grand, parce que plus proche de sa nature profonde, dans l'impétuosité de son désir que dans la volonté obstinée de dominer sa chair. parce que sa sexualité, quelles qu'en soit les formes, lui vient de sa nature, l'homme sadien se refuse à plaider coupable. Comment pourrait-il refuser ou même condamner cet appel irrésistible ?]
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L'érotisme au cinéma dans les livres
Frédéric Levêque, libraire à la Musardine, présente une sélection de livres en rapports avec le cinéma érotique, dont "Sade et le cinéma", de Jacques Zimmer, noveauté Musardine 2010.








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