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> Yvon Belaval (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070368009
Éditeur : Gallimard (1976)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 183 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Cachez cet auteur que je ne saurais voir. J'ai nommé le marquis de Sade. Grand absent des anthologies scolaires, Sade fut longtemps le paria de la littérature française. Et pourtant, c'est bien de littérature qu'il s'agit et d'éducation qui... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par akhesa, le 22 mai 2013

    akhesa
    La Philosophie dans le boudoir ou Les Instituteurs immoraux portant en sous-titre"dialogues destines a l'education d'une jeune fille" est probablement une des œuvres majeures du marquis de Sade.L'histoire narre l'education erotique sur une journee,d'une jeune fille,Eugenie de Mistival,que mme de Saint-Ange et le chevalier de Mirval,son frere,vont initier a toutes les facettes de la luxure et de la gymnastique de l'esprit,aides du sodomite Dolmance et d'Augustin,garcon jardinier.Cet ouvrage se compose sous la forme de sept discours entrecoupes sur la liberte,la religion,la politique,la morale.Le livre offre aux lecteurs,la palette des possibles offerts par la lecture de Sade.
    La luxure outranciere et illimitee jusqu'au crime,les discours philosophiques et politiques,insurrectionnels et illumines,pour l'avenement d'hommes naturels jouissant sans entraves.
    Dans ce recueil,il s'attaque aux viols,vices et initiations erotiques.Au-dela meme de l'horreur que l'on peut eprouver en lisant ce livre-horreur due a la manière dont notre societe actuelle a dicte les interdits,qu'ils soient a la fois religieux ou sociaux-on peut trouver dans ces pages le message cache du marquis:beaucoup de philosophie,de verite et de cruaute,double d'un sens de la critique percant.
    Sade ecrit de facon tres crue,mais ce n'est pas la l'essence meme de cette œuvre,il est un philosophe a sa manière et surtout un auteur hors pair
    Je trouve que c'est un sublime recit philosophique double d'un roman libertin;je crois qu'il ne faut pas crier trop vite au scandale mais se pencher plus avant sur cette œuvre qui renferme des petits bijoux de reflexion
    Ce livre est a conseille a tous ceux qui aiment les bons argumentaires
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    • Livres 2.00/5
    Par chartel, le 14 septembre 2007

    chartel
    Ma récente lecture de "La philosophie dans le boudoir" du marquis Donatien Alphonse François de Sade me conforte dans cette idée d'une place forcément oppressante des religions, et de leurs inscriptions obligatoires dans des systèmes politiques qui ont pour but l'asservissement des peuples . On ne doit pas accorder la moindre petite place aux religions dans l'organisation de nos sociétés. Je chérie l'idée même de laïcité dans notre république française et je tremble lorsqu'elle est mise à mal par les sectateurs des divers clergés, car c'est ma liberté de penser qui est directement entravée.
    Même si les progrès ont été notables depuis la Révolution de 1789, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que la société dans son ensemble accepte le fait que le bonheur n'est pas une entité que l'on atteint grâce aux autres mais grâce à soi et sans aide extérieure. Qu'il sera doux le temps où chacun pourra goûter librement son bonheur sans vouloir l'imposer à ses voisins.
    Mais je ne suis pas aussi extrémiste que Sade qui rejette aussi la compassion chrétienne. Je suis convaincu que l'un des éléments qui nous définit en tant qu'humain est cette force de compassion envers autrui, l'amour du prochain comme « ils » disent. Si nous n'étions pas capable d'aimer nous serions alors comme des bêtes, ce que souhaitait être Sade en quelque sorte puisqu'il recommandait de laisser libre cours à nos instinct naturels. Mais si je suis son raisonnement, la nature nous a dotée de la capacité d'aimer et de juger nos actes et nos pensées. Il est donc faux de dire que nous sommes libres lorsque nous nous laissons complètement aller. D'ailleurs, dans les situations où nous perdons vraiment nos moyens de contrôle, notamment sous l'emprise des drogues, nos facultés cérébrales sont complètement déréglées. Cela signifie bien que la nature nous a dotée d'un outil de haute régulation de nos humeurs et de nos instincts primitifs. Je parle de haute régulation car je pense que d'autres espèces vivantes ont plus ou moins cette capacité. Je ne suis pas spécialiste de la question mais il serait intéressant de se renseigner sur les études faites dans ce domaine.
    Bref, le principe de Sade, si on pousse sa logique jusqu'au bout, ne tient pas la route. Naturellement nous sommes des êtres raisonnables, à l'inverse des animaux. Ainsi, Sade fut un déréglé permanent, un malade mental, un dangereux personnage.
    Je comprends son penchant épicurien, mais il est beaucoup trop extrémiste et despotique. Si notre recherche du bonheur passe forcément par l'assouvissement de nos désirs, elle ne peut pas s'en satisfaire. Car après en avoir goûté, on sent bien qu'il manque encore quelque chose, ce fameux mystère dont je parlais précédemment, cette sensation indéfinissable qui ne s'atteint jamais mais que l'on peut approcher chacun à sa manière. Consommer ce que l'on désirait ne nous satisfait qu'un instant, car le désir revient toujours aussi vif, et souvent plus encore, quelques heures plus tard. On rejoint le paradoxe de notre système social et économique qui se base sur l'accumulation et le développement exponentiel des richesses par la consommation de biens matériels plus ou moins inutiles et dispensables.
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    • Livres 4.00/5
    Par jsgandalf, le 14 mai 2012

    jsgandalf
    Avec « La philosophie dans le boudoir » de Sade on touche ce que la littérature française à de plus sulfureux mais vu le nombre de critique et de notation je ne suis pas le seul à avoir des lectures pas forcement conforme. Il faut bien l'avouer un jeune homme ne recherche pas forcément le coté philosophique dans les écrits de Sade. Mais la sous prétexte de divertir (pervertir) une jeune fille, le narrateur atteint des sommets qui n'ont rien à envié à la pornographie actuelle. Certains même ne sont pas cautionnable. En vieillissant par contre le coté philosophique, de rejet d'une société honnie et détestée, apparaît clairement. Sa pensé se rapproche de celles des philosophes de la liberté de sont époques et il dénonce les travers de la société dans la quel il vit. Il est claire que Sade est un fou mais l'écrit devient ce qu'on veut en faire, il y a un coté qu'aujourd'hui on appellerai « provoc ». Il est claire que Sade ici veut choquer le lecteur, le pousser dans le rejet juste pour le plaisir qu'il en retire. Un livre qu'il ne faut donc pas abordé qu'au premier degré. Il y a des parties ou il développe une vrai pensé en alternance avec des « morceaux de bravoure sexuelle » à lire avec humour, sans ce braquer.
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    • Livres 3.00/5
    Par Iboo, le 05 août 2012

    Iboo
    Par analogie à celle de comptoir, je dirais que cet ouvrage n'est pas "La philosophie dans le boudoir" mais "La philosophie de boudoir" . Les uns axant leur vision du monde autour de leur verre et les autres autour de leur trou du cul.
    Pas de quoi se prendre pour des génies, si ce n'est de la provocation pour les seconds. Juste des oisifs, omnipotents, qui ne se sont donnés que la peine de naître et qui s'emmerdent au sens large du terme. Alors, entre deux sodomies, ils pérorent, persuadés de détenir la vérité absolue.
    Si je m'étais laissée guidée par mon ressenti je n'aurais mis qu'une étoile à ce livre et pourtant je ne peux nier qu'il m'a sidérée autant qu'il m'a captivée.
    En effet, après réflexion, il m'est apparu que le XVIIIe siècle c'était "aussi" SADE et l'on ne peut prétendre à un minimum d'honnêteté intellectuelle si l'on n'entend pas tous les discours. Même ceux qui nous déplaisent.
    Enfin... je ne suis pas convaincue que dans ce siècle des lumières celle de SADE ait "positivement" éclairé l'Humanité.
    Quoiqu'il en soit, il est indéniable que le Divin Marquis fût un être "hors du commun" et, personnellement', j'ai l'irrespect de m'en réjouir. Un seul cas d'espèce est bien suffisant.
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    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 11 septembre 2009

    monito
    La lecture de Sade a ceci de particulier : elle confirme le côté sulfureux qu'on lui donne volontiers. Dans cet ouvrage initiatique, il n'est pas aisé de rester insensible. Au-delà de ce qui sur le fond pour Sade est l'essentiel mais qui pour le lecteur que je suis, dans cette position si j'ose dire, reste l'accessoire, La philosophie dans le boudoir est un œuvre épatante.
    Certes le 18ème siècle demeure auréolé du prestigieux libertinage. Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui, les pudibonds, qui nous décrivent un 21ème siècle de déprave et de débauche, devraient relire Sade pour s'apercevoir que de tout temps (et au moins au 18ème siècle) ce qu'ils appellent débauche et ce que Sade appelle plaisir, est intemporel.
    Bien sûr la langue utilisée est celle du siècle, belle et fleurie, mais le caractère pornographique est identique à celui que nous connaissons.
    En tout l'excès nuit paraît-il. Il faut bien avouer que Sade ne fait pas dans la demie mesure. Ses propos sur la religion, sur la charité, sur la vertu, sur l'infanticide, l'inceste, le meurtre même ne peuvent être lus qu'à l'aune du personnage.
    La force du lecteur contemporain et de savoir relativiser le propos et de percevoir dans cet ouvrage l'expression d'une liberté poussée à l'extrême.
    A cette philosophie intégriste, d'aucuns préféreront l'hédonisme, assurément plus politiquement correct et donc intrinsèquement moins puissant, mais socialement plus acceptable.
    Merci à Sade pour ce moment de déraison et de plaisir absolu jusqu'à rendre mal à l'aise…paradoxe ?

    Précision ; cet ouvrage ne comporte que les 4 premiers dialogues…
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Citations et extraits

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  • Par akhesa, le 20 mai 2013

    Livrez-vous,Eugenie;abandonnez tous vos sens au plaisir;qu'il soit le seul dieu de votre existence;c'est lui seul qu'une jeune fille doit tout sacrifier,et rien a ses yeux ne doit etre aussi sacre que le plaisir

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  • Par akhesa, le 20 mai 2013

    Rien n'est affreux dans le libertinage,parce que tout ce que le libertinage inspire,l'est également par la nature

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  • Par akhesa, le 20 mai 2013

    Il est tres doux de scandaliser:il existe la un petit triomphe pour l'orgueil qui n'est nullement a de daigner

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  • Par akhesa, le 20 mai 2013

    Adressez-vous plutôt aux passions qu'aux vertus quand vous voudrez persuader une femme

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  • Par belette2911, le 06 avril 2013

    On n’a pas idée de ce que je conçois, mon ami, de ce que je voudrais faire.

    J’imaginais qu’en m’en tenant aux femmes, cela me rendrait sage ;... que mes désirs concentrés dans mon sexe ne s’exhaleraient plus vers le vôtre ; projets chimériques, mon ami ; les plaisirs dont je voulais me priver ne sont venus s’offrir qu’avec plus d’ardeur à mon esprit, et j’ai vu que quand on était, comme moi, née pour le libertinage, il devenait inutile de songer à s’imposer des freins : de fougueux désirs les brisent bientôt.

    Enfin, mon cher, je suis un animal amphibie ; j’aime tout, je m’amuse de tous les genres ; mais, avoue-le, mon frère, n’est-ce pas une extravagance complète à moi que de vouloir connaître ce singulier Dolmancé qui, de ses jours, dis-tu, n’a pu voir une femme comme l’usage le prescrit, qui, sodomite par principe, non seulement est idolâtre de son sexe, mais ne cède même pas au nôtre que sous la clause spéciale de lui livrer les attraits chéris dont il est accoutumé de se servir chez les hommes ?

    Vois, mon frère, quelle est ma bizarre fantaisie : je veux être le Ganymède de ce nouveau Jupiter, je veux jouir de ses goûts, des ses débauches, je veux être la victime de ses erreurs : jusqu’à présent, tu le sais, mon cher, je ne me suis livrée ainsi qu’à toi, par complaisance, ou qu’à quelqu’un de mes gens qui, payé pour me traiter de cette façon, ne s’y prêtait que par intérêt ; aujourd’hui, ce n’est plus ni la complaisance ni le caprice, c’est le goût seul qui me détermine...
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