> Yvon Belaval (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070368009
Éditeur : Gallimard (1976)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 100 notes) Ajouter à mes livres
Cachez cet auteur que je ne saurais voir. J'ai nommé le marquis de Sade. Grand absent des anthologies scolaires, Sade fut longtemps le paria de la littérature française. Et pourtant, c'est bien de littérature qu'il s'agit et d'éducation qui... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par jsgandalf, le 14 mai 2012

    jsgandalf
    Avec « La philosophie dans le boudoir » de Sade on touche ce que la littérature française à de plus sulfureux mais vu le nombre de critique et de notation je ne suis pas le seul à avoir des lectures pas forcement conforme. Il faut bien l'avouer un jeune homme ne recherche pas forcément le coté philosophique dans les écrits de Sade. Mais la sous prétexte de divertir (pervertir) une jeune fille, le narrateur atteint des sommets qui n'ont rien à envié à la pornographie actuelle. Certains même ne sont pas cautionnable. En vieillissant par contre le coté philosophique, de rejet d'une société honnie et détestée, apparaît clairement. Sa pensé se rapproche de celles des philosophes de la liberté de sont époques et il dénonce les travers de la société dans la quel il vit. Il est claire que Sade est un fou mais l'écrit devient ce qu'on veut en faire, il y a un coté qu'aujourd'hui on appellerai « provoc ». Il est claire que Sade ici veut choquer le lecteur, le pousser dans le rejet juste pour le plaisir qu'il en retire. Un livre qu'il ne faut donc pas abordé qu'au premier degré. Il y a des parties ou il développe une vrai pensé en alternance avec des « morceaux de bravoure sexuelle » à lire avec humour, sans ce braquer.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par chartel, le 14 septembre 2007

    chartel
    Ma récente lecture de "La philosophie dans le boudoir" du marquis Donatien Alphonse François de Sade me conforte dans cette idée d'une place forcément oppressante des religions, et de leurs inscriptions obligatoires dans des systèmes politiques qui ont pour but l'asservissement des peuples . On ne doit pas accorder la moindre petite place aux religions dans l'organisation de nos sociétés. Je chérie l'idée même de laïcité dans notre république française et je tremble lorsqu'elle est mise à mal par les sectateurs des divers clergés, car c'est ma liberté de penser qui est directement entravée.
    Même si les progrès ont été notables depuis la Révolution de 1789, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que la société dans son ensemble accepte le fait que le bonheur n'est pas une entité que l'on atteint grâce aux autres mais grâce à soi et sans aide extérieure. Qu'il sera doux le temps où chacun pourra goûter librement son bonheur sans vouloir l'imposer à ses voisins.
    Mais je ne suis pas aussi extrémiste que Sade qui rejette aussi la compassion chrétienne. Je suis convaincu que l'un des éléments qui nous définit en tant qu'humain est cette force de compassion envers autrui, l'amour du prochain comme « ils » disent. Si nous n'étions pas capable d'aimer nous serions alors comme des bêtes, ce que souhaitait être Sade en quelque sorte puisqu'il recommandait de laisser libre cours à nos instinct naturels. Mais si je suis son raisonnement, la nature nous a dotée de la capacité d'aimer et de juger nos actes et nos pensées. Il est donc faux de dire que nous sommes libres lorsque nous nous laissons complètement aller. D'ailleurs, dans les situations où nous perdons vraiment nos moyens de contrôle, notamment sous l'emprise des drogues, nos facultés cérébrales sont complètement déréglées. Cela signifie bien que la nature nous a dotée d'un outil de haute régulation de nos humeurs et de nos instincts primitifs. Je parle de haute régulation car je pense que d'autres espèces vivantes ont plus ou moins cette capacité. Je ne suis pas spécialiste de la question mais il serait intéressant de se renseigner sur les études faites dans ce domaine.
    Bref, le principe de Sade, si on pousse sa logique jusqu'au bout, ne tient pas la route. Naturellement nous sommes des êtres raisonnables, à l'inverse des animaux. Ainsi, Sade fut un déréglé permanent, un malade mental, un dangereux personnage.
    Je comprends son penchant épicurien, mais il est beaucoup trop extrémiste et despotique. Si notre recherche du bonheur passe forcément par l'assouvissement de nos désirs, elle ne peut pas s'en satisfaire. Car après en avoir goûté, on sent bien qu'il manque encore quelque chose, ce fameux mystère dont je parlais précédemment, cette sensation indéfinissable qui ne s'atteint jamais mais que l'on peut approcher chacun à sa manière. Consommer ce que l'on désirait ne nous satisfait qu'un instant, car le désir revient toujours aussi vif, et souvent plus encore, quelques heures plus tard. On rejoint le paradoxe de notre système social et économique qui se base sur l'accumulation et le développement exponentiel des richesses par la consommation de biens matériels plus ou moins inutiles et dispensables.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 11 septembre 2009

    monito
    La lecture de Sade a ceci de particulier : elle confirme le côté sulfureux qu'on lui donne volontiers. Dans cet ouvrage initiatique, il n'est pas aisé de rester insensible. Au-delà de ce qui sur le fond pour Sade est l'essentiel mais qui pour le lecteur que je suis, dans cette position si j'ose dire, reste l'accessoire, La philosophie dans le boudoir est un œuvre épatante.
    Certes le 18ème siècle demeure auréolé du prestigieux libertinage. Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui, les pudibonds, qui nous décrivent un 21ème siècle de déprave et de débauche, devraient relire Sade pour s'apercevoir que de tout temps (et au moins au 18ème siècle) ce qu'ils appellent débauche et ce que Sade appelle plaisir, est intemporel.
    Bien sûr la langue utilisée est celle du siècle, belle et fleurie, mais le caractère pornographique est identique à celui que nous connaissons.
    En tout l'excès nuit paraît-il. Il faut bien avouer que Sade ne fait pas dans la demie mesure. Ses propos sur la religion, sur la charité, sur la vertu, sur l'infanticide, l'inceste, le meurtre même ne peuvent être lus qu'à l'aune du personnage.
    La force du lecteur contemporain et de savoir relativiser le propos et de percevoir dans cet ouvrage l'expression d'une liberté poussée à l'extrême.
    A cette philosophie intégriste, d'aucuns préféreront l'hédonisme, assurément plus politiquement correct et donc intrinsèquement moins puissant, mais socialement plus acceptable.
    Merci à Sade pour ce moment de déraison et de plaisir absolu jusqu'à rendre mal à l'aise…paradoxe ?

    Précision ; cet ouvrage ne comporte que les 4 premiers dialogues…
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    • Livres 3.00/5
    Par Oburoni, le 28 avril 2012

    Oburoni
    L'éducation d'Eugénie, jeune demoisellle d'une naïveté confondante en matière de sexe, sert de prétexte à une grande scène de baise, un film porno où l'adultère, l'homosexualité, l'inceste et jusq'au viol amuseront la jeune fille mieux que le couvent.
    De la "philosophie" ? Bof. le problème avec Sade est qu'il caricature. La nature serait uniquement cruelle et violente et, donc, nos instincts ne peuvent être que cruels et violents. le viol et le meurtre en deviennent vite justifiés dans un pamphlet certes libertaire, mais qui ressemble plus à un brulôt d'anarchiste idiot qu'à un programme pour une société respectant nos penchants naturels !
    Cela dit peut-on le lui reprocher ? Au fond Sade bataillait avec des questions qui divisent encore aujourd'hui et, si on peut lui pardonner ses réponses ce genre d'aneries (tout est naturel donc tout est permis), bien qu'impardonnable au vu de nos connaissances de la nature, circulent pourtant toujours largement...
    Un bon porno littéraire, libérateur mais dont la pensée, malheureusement, vire trop souvent au ridicule et au caricatural.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ubikson, le 06 mai 2012

    Ubikson
    Y a-t-il une seule personne qui avouera ici s'être aventurer dans les oeuvres du marquis de Sade pour le côté "olé-olé" ? Non ? Dois-je le faire ? Euh...
    Bon ok, j'ai été intrigué par le côté sulfureux et j'ai voulu savoir pourquoi ces oeuvres avaient été interdites aussi longtemps.
    Au final, quelle découverte ! Bien évidemment, ça sent la luxure, et ça dégouline presque à chaque page. Mais l'éducation de la jeune Eugénie ne s'arrête pas à une production Marc Dorcel, bien au contraire.
    Le livre parle avant tout de libertinage, de liberté, notamment la liberté de l'esprit. Les discours et les idées politiques et sociales de cette oeuvre sont tellement puissants, justes et novateurs qu'on finit par se demander si ce ne sont pas la justesse de ses propos qui ont provoqué son interdiction, plutôt que la liberté de moeurs des personnages.
    Une oeuvre mentalement bien membrée !
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Citations et extraits

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  • Par Nucha, le 16 mai 2012

    La bienfaisance est bien plutôt un vice de l'orgueil qu'une véritable vertu de l'âme; c'est par ostentation qu'on soulage ses semblables, jamais dans la seule vue de faire une bonne action; on serait bien fâché que l'aumône qu'on vient de faire n'eût pas toute la publicité possible.
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  • Par Nucha, le 16 mai 2012

    Mettons, s'il vous plaît, un peu d'ordre à ces orgies, il en faut même au sein du délire et de l'infamie.
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  • Par Nucha, le 16 mai 2012

    Et, dans le fait, est-ce bien sûrement la vertu, ou son apparence, qui devient réellement nécessaire à l'homme social? Ne doutons pas que l'apparence seule lui suffise: il a tout ce qu'il faut en la possédant.
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  • Par Storm, le 29 juillet 2009

    Si la matière agit, se meut, par des combinaisons qui nous sont inconnues, si le
    mouvement est inhérent à la matière, si elle seule, enfin, peut, en raison de son
    énergie, créer, produire, conserver, maintenir, balancer dans les plaines immenses
    de l'espace tous les globes dont la vue nous surprend et dont la marche uniforme,
    invariable, nous remplit de respect et d'admiration, quel sera le besoin de
    chercher alors un agent étranger à tout cela, puisque cette faculté active se
    trouve essentiellement dans la nature elle-même, qui n'est autre chose que la
    matière en action? Votre chimère déifique éclaircira-t-elle quelque chose?
    Je défie qu'on puisse me le prouver. À supposer que je me trompe sur les facultés
    internes de la matière, je n'ai du moins devant moi qu'une difficulté. Que
    faites-vous en m'offrant votre Dieu? Vous m'en donnez une de plus. Et comment
    voulez-vous que j'admette, pour cause de ce que je ne comprends pas, quelque chose
    que je comprends encore moins? Sera-ce au moyen des dogmes de la religion
    chrétienne que j'examinerai... Que je me représenterai votre effroyable Dieu?
    Voyons un peu comme elle me le peint...
    Que vois-je dans le Dieu de ce culte infâme, si ce n'est un être inconséquent et
    barbare, créant aujourd'hui un monde de la construction duquel il se repent demain?
    Qu'y vois-je qu'un être faible qui ne peut jamais faire prendre à l'homme le pli
    qu'il voudrait? Cette créature, quoique émanée de lui, le domine; elle peut
    l'offenser et mériter par là des supplices éternels! Quel être faible que ce
    Dieu-là! Comment! il a pu créer tout ce que nous voyons, et il lui est
    impossible de former des hommes à sa guise? Mais, me répondrez-vous à cela, s'il
    l'eût créé tel, l'homme n'eût pas eu de mérite. Quelle platitude! et quelle
    nécessité y a-t-il que l'homme mérite de son Dieu? En le formant tout à fait bon,
    il n'aurait jamais pu faire le mal, et de ce moment seul l'ouvrage était digne
    d'un Dieu. C'est tenter l'homme que de lui
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  • Par chartel, le 14 septembre 2007

    Ce qui détruit l’Eglise, ce ne sont pas les tâtonnements de ceux qui cherchent à y entrer ou qui cherchent à en sortir, mais les professionnels qui en ont le contrôle et qui ont enlevés les cloches des clochers. Il lui semble les voir, infinis, désordonnés, vides, symboliques, glacés, pointés vers le ciel, non en signe d’extase et de passion, mais bien d’adjuration, de menace, et de condamnation. Il semble voir toutes les églises du monde comme un rempart, comme une de ces barricades moyenâgeuses hérissées de pieux morts et pointus, comme un rempart dressé contre la vérité et contre cette paix, ouverte au péché aussi bien qu’au pardon, qui est la vie de l’homme.
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