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> Jean Goulemot (Éditeur scientifique)

ISBN : 2080702149
Éditeur : Flammarion (1998)


Note moyenne : 3.3/5 (sur 159 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Qu'il existât encore, outre la copieuse Nouvelle Justine de 1797 (10/18, ne 1241/1242) et celle, plus ramassée, de 1791, Justine ou les malheurs de la vertu, un troisième ouvrage, de quatre ans antérieur au premier imprimé, au surplus... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Eve-Yeshe, le 10 novembre 2013

    Eve-Yeshe
    je l'ai lu il y a très longtemps dans le cadre d'un séminaire de psychiatrie consacré aux "perversions sexuelles" en 1979 ou 1980.
    Justine m'a plu par sa candeur initiale qui peu à peu se transforme mais la plume de Sade me touche peu.
    certes, on ne nous demande pas d'éprouver du plaisir en lisant les frasques diverses du divin marquis mais j'avoue que je n'ai pas eu envie de lire autre chose, sauf peut-être "La philosophie dans le boudoir"....
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    • Livres 3.00/5
    Par Sara2a, le 24 novembre 2012

    Sara2a
    La plume de Sade est légère, sournoise et répétitive, mais assez agréable à lire, il va s'attaquer tout au long du roman à la religion, à la morale et à l'ensemble de la société en plaçant sa Candide héroïne dans des situations qui s'avèrent « sadiques » mais le ton employé pour les conter les rend subtilement loufoques et parfois à la limite de la dérision. Tout au long de son périple Justine va devoir affronter ce qu'il y a de plus vicieux, de plus cruel et de plus hypocrite dans ce 18 ème siècle.
    Sade n'épargne aucune classe sociale, tout le monde y passe du petit commerçant véreux aux hauts dignitaires ecclésiastiques.
    Il n'épargne pas non plus son héroïne, Justine un modèle de vertu, elle a en elle un besoin presque insensé à ne céder à aucune tentation due t elle en mourir.
    Une héroïne Candide à qui l'expérience n'apporte rien, bien au contraire, à l'image d'une pieuse martyre elle continue à croire que seule la vertu peut triompher du mal et lui apporter le bonheur. Cette jeune fille n'est pas sans rappeler le Candide de Voltaire, la même innocence et une résistance presque surhumaine à surmonter toutes les catastrophes.
    L'aventure de Justine est bien curieuse, elle aspire à une vie pure et pieuse et elle se retrouve sans cesse à fuir, dans des paysages et des lieux de Contes de fées elle parcourt des chemins qui traversent des bois qui recèlent de vils personnages, d'autres fois elle se retrouve emprisonnée dans de sombres châteaux, donjons. Mais hélas pour notre Justine le conte de fée s'arrête là, aucun Prince à l'horizon pour la sauver.
    Les infortunes de la vertu est un véritable conte philosophique à priori il pourrait sembler léger, mais au final Sade avec beaucoup de « miel » et de style mène le lecteur là où il voulait le mener.
    En effet quoi de plus subtil que d'utiliser sa Justine pour nous conter toutes ces horreurs. Justine, une ingénue qui n'utilisera jamais de vocabulaire vulgaire, bien au contraire, son discours est empli de pudeur, de non-dits, elle suggère plus qu'elle ne dit. Elle nous expose pourtant des scènes de viols, de séquestrations, de sadisme, de mutilation mais sans jamais utiliser des mots explicites qui pourraient heurter le lecteur. du coup la lecture est rendue facile, on s'apitoie sur cette pauvre fille, mais elle nous exaspère aussi à toujours se retrouver dans des situations sordides. Et pourtant elle ne baisse jamais les bras, ne renie jamais cette vertu qui pourtant ne lui apporte jamais le moindre bénéfice.
    Sade a réécrit ce texte deux fois, en le développant en lui donnant plus de noirceur. Une seconde version a été écrite en 1791 intitulée Justine ou Les Malheurs de la vertu puis une troisième « La nouvelle Justine ou Les Malheurs de la vertu » un texte encore interdit à la vente au moment de la publication de la présente édition.
    Dans la version que je viens de lire, Sade n'épargne personne, sauf peut-être le lecteur , en effet sa prose dans la voix de son héroïne donne une légèreté étrange à ce conte où l'auteur s'exerce à prouver que les plus vertueux ne sont pas récompensés sur terre et qu'au contraire les plus cruels et immoraux triomphent grâce à leur force, leur habileté et leur intelligence.
    J'ai beaucoup aimé cette lecture, la structure m'a énormément fait penser à « Candide » de Voltaire, j'ai été agréablement surprise et par le ton de l'auteur et son style très subtil.
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    • Livres 4.00/5
    Par Liliealu, le 03 février 2014

    Liliealu
    Ma première lecture de Sade, après la lecture de sa biographie par Gonzague Saint Bris...
    La lecture du divin marquis m'a été vivement conseillé par une amie babélienne : Nathab19 que je remercie pour ses judicieux conseils. Je pensais me lancer dans justine ou les malheurs de la vertu, mais la recherche de l'ouvrage en question fut infructueuse et ne pouvant pas attendre (la patience est une vertu mais ne compte pas parmi les miennes), j'ai donc commencé par Les infortunes de la vertu, première version de Justine, mais néanmoins publiée à titre posthume.
    Je pense que c'est un bon choix que d'avoir commencé par celui-ci... Quand je vois/lis tous les déboires de cette douce, gentille, vertueuse (et pénible !!) Justine, je suis curieuse de savoir quelles autres tortures l'imagination dépravée du marquis lui fera subir... Je voulais du plus piquant que fifty shades... me voilà servie !
    Cerise sur le gateau : cette histoire sadique/sadienne est sublimement écrite : Au delà de ses moeurs douteuses (loin de moi l'audace de juger), l'auteur est un homme de finesse dans l'écriture, un philosophe et un militant qui dépeint une société qui, à bien des égards, est bien plus horrible et vicieuse que le marquis lui-même.
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    • Livres 4.00/5
    Par JacobBenayoune, le 04 décembre 2013

    JacobBenayoune
    L'adjectif qu'il nous a légué est plus connu que son oeuvre (ainsi que lui, certains imaginent que c'est un personnage de la mythologie tout comme Narcisse).
    Le titre du roman (qui aura d'autres versions) résume à peu près l'histoire. Une jeune fille naïvement vertueuse rencontre des mésaventures scandaleuses en voulant suivre opiniâtrement les chemins de la vertu. Sade par ces événements inopinés qui se succèdent comme dans une chaînes (comme dans les contes voltairiens) nous enveniment avec son sadisme et l'on se surprend parfois à maudire la naïveté exagérée de cette fille (voire apprécier sa punition pour sa confiance universelle). Peut-être qu'après tout, le marquis a voulu seulement donner libre cours à son imagination, sans avoir en tête la création d'idées philosophiques sur l'atrocité de l'être humain, avec ces religieux pervers notamment. L'être vertueux se trouve étranger, seul! il est entouré de loups, voilà peut-être l'idée trop religieuse qu'on peut tirer de ce roman.
    Par ailleurs, Sade est un grand prosateur, j'ai adoré sa prose classique.
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  • Par atomicdog, le 28 août 2011

    atomicdog
    Je suis d'accord avec Amandine sur beaucoup de ce qu'elle dit, quoi que je pense que le roman est en soi fini. Deux éléments peuvent prouver cela, et tous deux existent déjà dans ce qu'elle dit. D'abord la position de Sade vis à vis de la vertu et du vice est bien connue et son penchant vers la décadence me semble trop indélébile dans l'ensemble de son oeuvre pour être négligé. Ensuite, comme dit "[l]à où Justine, toujours vertueuse, ne récolte qu'infortunes, les scélérats qu'elle rencontre courent de succès en succès." Et c'est exactement ce que Sade veut prouver, à mon humble avis, car nous comprenons que si la vertu est admirable il n'en est pas moins qu'elle coûte très cher à ses adeptes. Donc, qui oserait en faire profession dans un âge qui la rejette, la châtie et s'en nourrit même? Cette idée je l'ai vu pour la première fois chez Machiavel qui donnant conseil aux princes, dit qu'il est extrêmement nocif à un souverain d'être bon, loyal et vertueux dans un âge qui se moque de ces valeurs et où il est profitable d'être fourbe et impitoyable.Ce que Machiavel fait pour la politique, je pense que Sade le fait pour le social: s'émanciper des valeurs et idéaux chrétiens.
    Il faut aussi tenir en compte le contexte social d'une France révolutionnaire où les moeurs étaient légères et où les soldats Français étaient considérés dans l'Europe comme des athées séparatistes.
    Oui je pense qu'Amandine est dans le vrai quoi que je ne suis pas d'accord sur la conclusion. La fin du roman qui semble pencher vers une éloge de la vertu n'en est rien. Justine n'est elle pas tuée par la foudre (de dieu)? La vraie vertu n'est donc pas viable. Et la soeur qui survit et continue l'oeuvre de vertu n'est pas comme Justine. Elle n'a pas toujours été vertueuse comme la dernière. Je vois dans ce roman la mort d'un model de vertu, d'un temps et d'un esprit peut être trop idéaliste. Merci.
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Citations et extraits

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  • Par Cielvariable, le 11 mai 2013

    Mme la comtesse de Lorsange était une de ces prêtresses de Vénus, dont la fortune est l’ouvrage d’une figure enchanteresse, de beaucoup d’inconduite et de fourberie, et dont les titres quelque pompeux qu’ils soient ne se trouvent que dans les archives de Cythère, forgés par l’impertinence qui les prend et soutenus par la sotte crédulité qui les donne.
    Brune, fort vive, une belle taille, des yeux noirs d’une expression prodigieuse, de l’esprit et surtout cette incrédulité de mode qui, prêtant un sel de plus aux passions, fait rechercher avec bien plus de soin la femme en qui l’on la soupçonne ; elle avait reçu néanmoins la plus brillante éducation possible ; fille d’un très gros commerçant de la rue Saint-Honoré, elle avait été élevée avec une sœur plus jeune qu’elle de trois ans dans un des meilleurs couvents de Paris, où jusqu’à l’âge de quinze ans, aucun conseil, aucun maître, aucun bon livre, aucun talent ne lui avait été refusé. A cette époque fatale pour la vertu d’une jeune fille, tout lui manqua dans un seul jour. Une banqueroute affreuse précipita son père dans une situation si cruelle que tout ce qu’il put faire pour échapper au sort le plus sinistre fut de passer promptement en Angleterre, laissant ses filles à sa femme qui mourut de chagrin huit jours après le départ de son mari. Un ou deux parents qui restaient au plus délibérèrent sur ce qu’ils feraient des filles, et leur part faite se montant à environ cent écus chacune, la résolution fut de leur ouvrir la porte, de leur donner ce qui leur revenait et de les rendre maîtresses de leurs actions.
    Mme de Lorsange qui se nommait alors Juliette et dont le caractère et l’esprit étaient à fort peu de chose près aussi formés qu’à l’âge de trente ans, époque où elle était lors de l’anecdote que nous racontons, ne parut sensible qu’au plaisir d’être libre, sans réfléchir un instant aux cruels revers qui brisaient ses chaînes. Pour Justine, sa sœur, venant d’atteindre sa douzième année, d’un caractère sombre et mélancolique, douée d’une tendresse, d’une sensibilité surprenantes, n’ayant au lieu de l’art et de la finesse de sa sœur, qu’une ingénuité, une candeur, une bonne foi qui devaient la faire tomber dans bien des pièges, elle sentit toute l’horreur de sa position. Cette jeune fille avait une physionomie toute différente de celle de Juliette ; autant on voyait d’artifice, de manège, de coquetterie dans les traits de l’une, autant on admirait de pudeur, de délicatesse et de timidité dans l’autre. Un air de vierge, de grands yeux bleus pleins d’intérêt, une peau éblouissante, une taille fine et légère, un son de voix touchant, des dents d’ivoire et de beaux cheveux blonds, telle est l’esquisse de cette cadette charmante dont les grâces naïves et les traits délicieux sont d’une touche trop fine et trop délicate pour ne pas échapper au pinceau qui voudrait les réaliser.
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  • Par mimi574, le 24 mai 2012

    Le remords ne prouve pas le crime, il prouve seulement une âme facile à subjuguer. Qu'il vienne un ordre absurde de t'empêcher de sortir à l'instant de cette chambre, tu n'en sortiras pas sans remords, quelque certain qu'il soit que tu ne ferais pourtant aucun mal à en sortir. Il n'est donc pas vrai qu'il n'y ait que le crime qui donne des remords ; en se convainquant du néant des crimes ou de la nécessité dont ils sont eu égard au plan général de la nature, il serait donc possible de vaincre aussi facilment le remords qu'on aurait à les commettre, comme il te le viendrait d'étouffer celui qui naîtrait de ta sortie de cette chambre d'après l'ordre illégal que tu aurais reçu d'y rester une fois.
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  • Par VACHARDTUAPIED, le 11 avril 2013

    Mme de Lorsange qui s'était approchée et qui entendait le récit, témoigna tout bas à M. de Corville le désir qu'elle aurait d'entendre de la bouche de cette fille l'histoire de ses malheurs et M. de Corville qui concevait aussi le même désir en fit part aux conducteurs de cette fille, en se faisant connaître à eux ; ceux-ci ne s'y opposèrent point, on décida qu'il fallait passer la nuit à Montargis, on demanda un appartement commode auprès duquel il y en eût un pour les cavaliers, M. de Corville répondit de la prisonnière, on la délia, elle passa dans l'appartement de M. de Corville et de Mme de Lorsange, les gardes soupèrent et couchèrent auprès, et quand on eut fait prendre un peu de nourriture à cette malheureuse, Mme de Lorsange qui ne pouvait s'empêcher de prendre à elle le plus vif intérêt, et qui sans doute se disait à elle-même : “ Cette misérable créature peut-être innocente est traitée comme une criminelle, tandis que tout prospère autour de moi - de moi qui la suis sûrement bien plus qu'elle ”
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  • Par Liliealu, le 03 février 2014

    Ce n'est pas le choix que l'homme fait du vice ou de la vertu, ma chère, qui lui fait trouver le bonheur, car la vertu n'est comme le vice qu'une manière de se conduire dans le monde ; il ne s'agit donc pas de suivre plutôt l'un que l'autre, il n'est question que de frayer la route générale ; celui qui s'écarte à toujours tort.

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  • Par VACHARDTUAPIED, le 11 avril 2013

    Justine voyant cela fut trouver le curé de sa paroisse, elle lui demanda quelques conseils, mais le charitable ecclésiastique lui répondit équivoquement que la paroisse était surchargée, qu'il était impossible qu'elle pût avoir part aux aumônes, que cependant si elle voulait le servir, il la logerait volontiers chez lui ; mais comme en disant cela le saint homme lui avait passé la main sous le menton en lui donnant un baiser beaucoup trop mondain pour un homme d'Église, Justine qui ne l'avait que trop compris se retira fort vite, en lui disant :
    - Monsieur, je ne vous demande ni l'aumône, ni une place de servante, il y a trop peu de temps que je quitte un état au-dessus de celui qui peut faire solliciter ces deux grâces, pour en être encore réduite là ; je vous demande les conseils dont ma jeunesse et mon malheur ont besoin, et vous voulez me les faire acheter par un crime...
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Sade, l'ange de l'ombre de Gonzague Saint Bris .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/l-autre-rive-du-bosphore-de-theresa-revay-574.html 200 ans après sa mort, en décembre 1814, le marquis de Sade continue à effrayer, à choquer, à provoquer. Mais au-delà de l'écrivain sulfureux, qui se cache derrière cet homme né sous Louis XV et mort dans les derniers feux du 1er empire. Avec sa verve habituelle et après de multiples recherches, Gonzague St Bris s'empare du mythe et nous présente un homme, trop humain sans doute. « Sade, l'ange de l'ombre » de Gonzague St Bris aux éditions Télémaque. Gonzague Saint Bris est sur WTC.








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