> Aline Azoulay (Traducteur)

ISBN : 2264047402
Éditeur : 10 (2008)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 85 notes) Ajouter à mes livres
Chez les Kazanci, Turcs d'Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l'amour et parlent avec les djinn, tandis que les hommes s'envolent trop tôt - pour l'au-delà ou pour l'Amérique, comme l'oncle Mustafa. Chez les Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés au... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (22)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par RatonLaveur, le 23 novembre 2008

    RatonLaveur

    La Turquie, un pays inconnu ou presque. le génocide arménien, le massacre d'un peuple si peu connu (j'avais lu il y a quelques années un roman passionnant sur cette triste page d'histoire, Un été sans aube : roman / Agop J. Hacikyan, Jean-Yves Soucy. Publication, [Paris] : Presses de la cité, 1992). « La Bâtarde d'Istanbul » est un roman extraordinaire pour apprendre, pour s'émouvoir, pour comprendre. Elif Sharaf nous transporte de l'Arizona jusqu'à Istanbul, en passant par San Francisco pour nous faire découvrir toute la douleur qu'à laisser l'histoire de ce peuple arménien. En même temps, elle nous plonge dans la bataille entre les exigences de la religion et le modernisme de ces pratiquants et la rébellion de ceux qui la renient.
    Le roman nous fait partager le vie de deux familles qui traînent, chacun dans leur placard, des histoires que l'on doit peut-être cachées à jamais. Une famille turque vivant à Istanbul (avec quelques membres ayant émigrés en Amérique) et une famille arménienne émigrée aux Etats-Unis au début du XX e siècle.
    Les deux clans se verront réunis par le biais de leur fille respective, à la recherche de leurs origines.
    Ce roman est tout à fait adorable. On découvre ces cultures, à travers tous les sens. Et surtout, la culture gastronomique qui tient une grande place dans cette œuvre. Tous les chapitres portent le nom d'un aliment, d'une épice, d'un fruit, etc. C'est une grande partie savoureuse de découvertes culinaires.
    Ce roman est également historique. Madame Shafak nous raconte, par bribes, des horreurs de ce génocide qui ont tant marqué certains personnages. Une scène de clavardage entre des jeunes arméniens vivant aux USA et une jeune turque à Istanbul, est chargée de toute une gamme d'émotions qui nous font vibrer. Cette scène est un petit bijou d'écriture et de passion.
    « La Bâtarde d'Istanbul » est aussi un roman psychologique. La qualité des personnages, leur réaction, les interactions, leurs façons de traiter des sujets un peu « tabous » (comme les filles-mères, l'avortement, le traitement de l'Histoire, etc), tout cela nous permet de découvrir des personnages surprenants, attachants, typiques … Et malgré tout, malgré l'écart de culture, on peut facilement faire des rapprochements avec la société québécoise et les membres de nos familles.
    Elif Shafak est une auteure à découvrir.
    « La Bâtarde d'Istanbul » est un bon moment de lecture et d'apprentissage.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 27 mai 2011

    canel
    Armanoush/May a vingt et un ans. Fille de divorcés, elle vit entre San Francisco et l'Arizona, jonglant entre sa famille paternelle d'origine arménienne et sa mère américaine remariée à un Turc, Mustafa.
    Asya, dix-neuf ans, nièce de ce même Mustafa, vit à Istanbul étouffée au milieu de ses trois tantes, sa mère, et deux aïeules. Jeune fille indépendante au caractère bien trempé, elle cherche à échapper à l'ambiance oppressante du foyer en retrouvant quelques intellectuels dans un café.
    Pour une fois, mon petit résumé introductif porte sur la deuxième partie du récit. Il faut dire que la construction de ce roman est peu commune, au moins sur le premier tiers. Chaque chapitre zoome sur un laps de temps très court, quelques heures tout au plus, et on saute plusieurs années d'un chapitre à l'autre, tout en alternant les personnages. C'est assez déstabilisant, voire décourageant, au point de m'avoir donné envie de lire la quatrième de couverture, pour une fois. Bien m'en a pris : on y apprend qu'Armanoush et Asya vont se rencontrer, et c'est effectivement à ce moment-là que l'on entre vraiment dans le récit. La confrontation de ces deux jeunes femmes que tout semble opposer mais qui ont des racines culturelles communes va se révéler très riche.
    Ce roman subtil donne un excellent aperçu de la Turquie, pays attaché à l'Islam, certes, mais aux moeurs de plus en plus occidentales, depuis sa laïcisation par Atatürk dans les années 1920. La cohabitation relativement harmonieuse de sept femmes de quatre générations différentes, les unes attachées aux traditions, les autres au mode de vie occidental, illustre parfaitement cette problématique, tout en présentant la condition féminine locale. le regard et les questionnements de la jeune Américaine qui arrive sur le sol turc avec ses a priori sont particulièrement intéressants, ils correspondent peu ou prou à ceux de tout Occidental qui ne connaît pas bien la Turquie et sa population. Omniprésente, la réflexion sur le massacre et la déportation des Arméniens en 1915 est également passionnante : il apparaît que les plus hostiles au peuple turc sont les survivants et descendants exilés, toujours en attente d'un pardon, ou à défaut, d'une reconnaissance du terme de génocide.
    Un récit très intéressant, riche, mais dont la lecture n'est pas toujours des plus aisées...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 07 août 2011

    Cath36
    Persuadée que je n'avais pas lu ce livre (attaque précoce d'Alzheimer ?) je me suis lancée dans sa (re)lecture. O divine surprise ! Retrouvant (avec plus de maturité peut-être) un livre que j'avais beaucoup aimé, je me suis replongée avec bonheur, un petit sourire en coin, dans cette belle et terrible histoire de familles arménienne et turque dont les destins se croisent, pour le meilleur plutôt que pour le pire. le charme, l'humour, la sagesse, la profondeur et la très belle écriture de Shafak ont fait merveille, ainsi que sa tendresse pour ses personnages, à laquelle on ne peut qu'entièrement adhérer. A relire lorsque on se prend à penser que des communautés différentes ne pourront jamais vivre ensemble en paix, surtout lorsqu'un passé douloureux rend difficile le devoir de mémoire et la réconciliation, alors même que chacun voudrait vivre en paix avec ses voisins.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 18 octobre 2010

    Lencreuse
    J'ai tout simplement dévoré ce livre avec gourmandise, à l'instar des nombreux protagonistes du roman qui passent, disons-le, beaucoup de temps à table. Il faut dire que dans la famille turque Kazanci ou dans celle venue d'Arménie, les Tchakhmakhian, les repas c'est sacré ! Un point commun, et c'est loin d'être le seul, pour deux familles que tout semble séparer : entre les Turcs et les Arméniens, il y a un génocide qu'on tait et qui a laissé des traces.
    Pourtant entre les deux familles, malgré la distance - une en Turquie, l'autre aux Etats-Unis – un lien est tissé. La rebelle Zeliha Kazanci a donné naissance à 19 ans à Asya, né de père inconnu. Dans une famille essentiellement composée de femmes et où les hommes disparaissent prématurément (le seul encore vivant vit aux Etats-Unis), Asya ne ressent pas vraiment le manque de père mais à l'extérieur, certains mots blessent : elle est « la bâtarde ». De l'autre côté du monde, Rose, l'épouse américaine de Barsam Tchakmakhian quitte son mari (et son envahissante belle-famille arménienne), emportant avec elle leur fille Armanoush… et épouse un Turc, Mustafa Kazanci. Devenue étudiante, Armanoush s'interroge sur ses origines arméniennes et décide d'aller retrouver ses racines à Istanbul en secret. C'est chez la famille de son beau-père qu'elle sera hébergée, chez les Kazanci. Loin de chez elle, elle trouve presque une nouvelle famille dans ce gynécée bien particulier qui l'accueille avec gentillesse et générosité. Et Armanoush va se lier d'amitié avec Asya : les deux jeunes femmes vont apprendre à se connaître et découvrir que leurs histoires familiales sont bien plus liées qu'elles ne l'auraient imaginé.
    Roman foisonnant et tourbillonnant, La Bâtarde d'Istanbul est rempli d'odeurs de cuisine, de ragots de bonne femme, de personnages hauts en couleur et d'amour. Elif Shakaf aborde l'histoire de son pays et celle polémique du génocide arménien – qui lui a valu des interdictions et des menaces d'emprisonnement – à travers deux familles que l'Histoire a dressé l'une contre l'autre et qui pourtant ont des racines bien proches. A travers de menus détails, l'auteur démontre subtilement l'absurdité de ces guerres fratricides sans pour autant faire de son roman un livre historique. Et toute la force de ce petit livre réside sans doute ici : un ton enlevé, enjoué, une trame qui vous emporte, des personnages attachants et derrière la légèreté apparente, un coup de pied dans les consensus et l'évocation d'un conflit sensible qui déchire encore aujourd'hui deux peuples. A lire et à partager!

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par vanillabricot, le 29 décembre 2008

    vanillabricot
    J'ai lu la Batarde d'Istanbul avec le même plaisir que j'avais vu "Lost in Translation" après quelques mois de vie Tokyoïte: le plaisir de la néophyte pas, enfin, plus complètement perdue et qui remarque avec joie comprendre et ressentir l'athmosphère dépeinte.
    Ce livre nous plonge dans le chaos hétéroclite stambouliote et dans la vitalité du peuple turc.
    Il nous dépeint des personnages colorés et leurs rencontres en sont forcément à la hauteur.
    Il les amène à nous faire sentir, gouter, entendre la ville stupéfiante qu'est Istanbul.
    Ce sont aussi des interrogations trans-culturelles, des rencontres intergénérationnelles, tous ces thèmes qui me sont chers, et puis des sujets tabous ici comme le génocide arménien, le devoir de mémoire, la cohabitation, la pluralité turque, des sujets qui m'intéressent et qui sont ici traités avec pétillance et fraicheur.
    Si je ne connais pas assez le sujet arménien pour parler du fond, la forme m'a séduite:
    - une belle introduction à la Turquie que j'aime, à ses odeurs, saveurs, rumeurs, sa fierté, sa générosité si naturelle mais aussi à ses zones d'ombres, ses remords, ses inquiétudes...
    - un souhait évident de rapprocher les peuples
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (16)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par veronique55, le 28 juillet 2010

    « Tu sais le mot Fin n’apparaît jamais quand tu termines un livre. Ce n’est pas comme au cinéma. Quand je referme un roman, je n’ai pas l’impression d’avoir terminé quoi que ce soit, si bien que j’ai besoin d’en ouvrir un autre, la taquina Armanoush, inconsciente de sa beauté exaltée par la lumière du soleil couchant…………….
    Comme de trop nombreuses familles de la diaspora arménienne, rescapées mais traumatisées à jamais, la sienne était à la fois fière et inquiète de son attirance pour la littérature. Il n’était jamais bon de s’écarter du chemin des gens ordinaires. Sans compter que, si les livres étaient potentiellement nocifs en général, les romans étaient les plus dangereux de tous. Car la fiction pouvait facilement vous attirer dans des univers simplistes, chevaleresques, aussi propices aux surprises qu’une nuit sans lune dans le désert. Vous pouviez être transporté au point de perdre tout contact avec la réalité. Cette vérité rigoureuse et sans relief dont aucune minorité ne devrait trop s’éloigner, au cas où le vent viendrait à tourner. Le naïf se mettait en danger en s’imaginant que rien de mal ne pouvait arriver, car le mal survenait toujours. La magie envoûtante de l’imagination était périlleuse pour celui qui se devait de vivre dans le monde réaliste, et pour les êtres condamnés au silence, les mots pouvaient se transformer en poison. Un enfant de survivants avait bien sûr le droit de lire et de méditer, mais il devait le faire sans brui, avec une certaine appréhension, et toujours choisir l’introspection plutôt qu’une manifestation passionnée de ses goûts littéraires. »
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Jenta3, le 25 mars 2011

    Malheureusement, Asya n'avait pas été gratifiée de la moindre prédisposition à espérer en l'avenir. Elle était trop ironique pour se fier au temps. Le feu qui la consumait de l'intérieur ne laissait aucune place à la foi divine. A cet égard aussi, elle ressemblait à sa mère. Ce tempérament ne l'inclinait pas à attendre, le coeur zélé, que le temps la dotât d'un physique avantageux, même si son apparence ordinaire la minait - ce qui était le cas, Zeliha l'avait clairement constaté. Elle aurait voulu dire à sa fille que les beautés attiraient la lie des hommes. Qu'elle avait de la chance de n'être pas née trop jolie. Que les hommes comme les femmes lui manisfesteraient davantage de bienveillance. Que la vie se montraient plus clémente envers les femmes dans son genre.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par latina, le 25 janvier 2012

    Si Rose avait eu plus d'expérience en matière d'étrangers, elle aurait détecté chez lui le "complexe du premier contact", caractérisé par la crainte d'engager une conversation avec les mauvais mots et la mauvaise prononciation.
    De son côté, Rose, qui depuis l'adolescence avait une attitude paranoïaque vis-à-vis du monde extérieur, interpréta ce silence comme un signe de sa propre incapacité à se présenter correctement. Décidée à rectifier son erreur, elle tendit la main:
    - Pardonnez-moi. Je m'appelle Rose.
    - Mustafa...
    Le jeune homme déglutit.
    - D'où venez-vous? le questionna Rose.
    - D'Istanbul, répondit-il sèchement.
    La panique assombrit le regard de la jeune femme. Si Mustafa avait eu plus d'expérience en matière de provinciaux, il aurait détecté chez elle le "complexe d'ignorance", caractérisé par la crainte d'avoir à révéler ses lacunes en histoire et en géographie mondiales. Rose tenta de se rappeler où se trouvait Istanbul. N'était-ce pas la capitale de l'Egypte? ou une ville d'Inde...?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par canel, le 27 mai 2011

    Paroles d'un descendant d'Arméniens exilé aux Etats-Unis : "Tout ce que nous réclamons des Turcs, c'est qu'ils reconnaissent que nous avons souffert et que nous souffrons encore. Sans cela, aucune relation sicnère n'est possible. Nous leur disons : Ecoutez, nous sommes en deuil depuis près d'un siècle maintenant, parce que nous avons perdu des êtres chers, parce qu'on nous a expulsés de nos demeures, bannis de notre pays ; nous avons été traités comme des animaux, massacrés comme des moutons : on nous a dénié le droit à une mort digne, mais la douleur infligée à nos grands-parents n'est rien comparée à la dénégation systématique dont nous sommes depuis les victimes. Et tu sais ce qu'ils répondent ? Absolument rien ! Il n'y a qu'un seul moyen de se lier d'amitié avec les Turcs, c'est de se montrer aussi ignorants et amnésiques qu'eux." (p. 206-207)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par latina, le 25 janvier 2012

    Elle leur conta l'histoire de l'homme qui avait décidé de parcourir le monde pour échapper à sa destinée de mortel.
    Il gagna le Nord, puis le Sud, l'Est, puis l'Ouest, erra ça et là, jusqu'au jour où, séjournant au Caire, il croisa Azrail. L'ange de la mort ne lui adressa pas la parole, mais son regard étrange suffit à lui remuer les entrailles.
    L'homme quitta Le Caire sur-le-champ, et poursuivit sa route qui finit par le mener dans un village endormi des profondeurs de la Chine. Epuisé et assoiffé, il se rua dans la première taverne qu'il trouva sur son chemin. Il tourna alors la tête, et découvrit qu'Azrail était assis à la table voisine. L'ange de la mort parut content de le voir. "J'étais surpris de te rencontrer au Caire, lui dit-il d'une voix râpeuse, alors que ta destinée t'attendait ici, en Chine."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (6)

Videos de Elif Safak

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Elif Safak

"Soufi, mon amour" de Elif Shafak .
Bande-annonce littéraire réalisée à l'occasion de la parution du dernier roman de Elif Shafak : "Soufi mon amour" (Editions Phébus, en librairie le 26 août 2010 / © Cinq2Couv' Production).Ella Rubinstein a en apparence tout pour être heureuse. Mais, à l?aube de ses quarante ans, elle se demande si elle n?est pas passée à côté d?elle-même. Décidée à reprendre une activité professionnelle, elle est engagée comme lectrice par un agent littéraire. Sa première mission : rédiger une note sur un manuscrit signé Aziz Z. Zahara. Ce roman, qui retrace la rencontre entre le poète Rûmi et le plus célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz, va être une révélation pour Ella. Au fil des pages, elle découvre le soufisme, le refus des conventions et la splendeur de l?amour. Cette histoire se révèle être le miroir de la sienne. Aziz ? comme Shams l?a fait pour Rûmi sept siècles auparavant ? serait-il venu la libérer ?Site de l'auteur : http://elifshafak.fr/








Acheter sur Amazon

Faire découvrir La Bâtarde d'Istanbul par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (148)

> voir plus

Quiz