> Aline Azoulay (Traducteur)

ISBN : 2264047402
Éditeur : 10-18 (2008)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 103 notes) Ajouter à mes livres
Chez les Kazanci, Turcs d'Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l'amour et parlent avec les djinn, tandis que les hommes s'envolent trop tôt - pour l'au-delà ou pour l'Amérique, comme l'oncle Mustafa. Chez les Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés au... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par aaahhh, le 23 avril 2012

    aaahhh
    Dans ce très beau roman, Elif Shafak nous raconte les destins liés et croisés de deux familles, l'une turque, l'autre arménienne, qui ne savent ni ne veulent rien savoir l'une de l'autre. Si les aînés préfèrent parfois garder le silence et la distance, la jeune Armanoush a soif de vérité et elle décide de partir à la recherche d'elle-même. Ce faisant, elle va délier les fils de son histoire et par cela, elle va non seulement découvrir une part d'elle même et de ses origines, mais sa quête va permettre à tous les siens de se retrouver et de s'ouvrir, les uns aux autres mais surtout à eux-même...
    "La Bâtarde d'Istanbul" est un très beau livre sur le génocide arménien et sur la difficulté et la nécessité de réconcilier les peuples après un drame d'un tel ampleur. Ce thème est abordé par l'auteur avec une ouverture d'esprit, une honnêteté et un discernement qui méritent d'être salués.
    C'est également avec beaucoup de finesse et d'intelligence qu'Elif Shafak aborde le sujet du secret de famille et du poids qu'il peut représenter sur plusieurs générations.
    J'étais déjà sa fidèle lectrice, mais avec "La Bâtarde d'Istanbul", je suis définitivement conquise à l'écriture d'Elif Shafak, qui, tout en tendresse et en profondeur, décrit ses personnages et ses lieux avec tant d'amour qu'on entre dans ses romans comme on rentre chez soi, et qu'on ne cesse de s'y sentir bien. Je la recommande sans hésitation!
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par RatonLaveur, le 23 novembre 2008

    RatonLaveur

    La Turquie, un pays inconnu ou presque. le génocide arménien, le massacre d'un peuple si peu connu (j'avais lu il y a quelques années un roman passionnant sur cette triste page d'histoire, Un été sans aube : roman / Agop J. Hacikyan, Jean-Yves Soucy. Publication, [Paris] : Presses de la cité, 1992). « La Bâtarde d'Istanbul » est un roman extraordinaire pour apprendre, pour s'émouvoir, pour comprendre. Elif Sharaf nous transporte de l'Arizona jusqu'à Istanbul, en passant par San Francisco pour nous faire découvrir toute la douleur qu'à laisser l'histoire de ce peuple arménien. En même temps, elle nous plonge dans la bataille entre les exigences de la religion et le modernisme de ces pratiquants et la rébellion de ceux qui la renient.
    Le roman nous fait partager le vie de deux familles qui traînent, chacun dans leur placard, des histoires que l'on doit peut-être cachées à jamais. Une famille turque vivant à Istanbul (avec quelques membres ayant émigrés en Amérique) et une famille arménienne émigrée aux Etats-Unis au début du XX e siècle.
    Les deux clans se verront réunis par le biais de leur fille respective, à la recherche de leurs origines.
    Ce roman est tout à fait adorable. On découvre ces cultures, à travers tous les sens. Et surtout, la culture gastronomique qui tient une grande place dans cette œuvre. Tous les chapitres portent le nom d'un aliment, d'une épice, d'un fruit, etc. C'est une grande partie savoureuse de découvertes culinaires.
    Ce roman est également historique. Madame Shafak nous raconte, par bribes, des horreurs de ce génocide qui ont tant marqué certains personnages. Une scène de clavardage entre des jeunes arméniens vivant aux USA et une jeune turque à Istanbul, est chargée de toute une gamme d'émotions qui nous font vibrer. Cette scène est un petit bijou d'écriture et de passion.
    « La Bâtarde d'Istanbul » est aussi un roman psychologique. La qualité des personnages, leur réaction, les interactions, leurs façons de traiter des sujets un peu « tabous » (comme les filles-mères, l'avortement, le traitement de l'Histoire, etc), tout cela nous permet de découvrir des personnages surprenants, attachants, typiques … Et malgré tout, malgré l'écart de culture, on peut facilement faire des rapprochements avec la société québécoise et les membres de nos familles.
    Elif Shafak est une auteure à découvrir.
    « La Bâtarde d'Istanbul » est un bon moment de lecture et d'apprentissage.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 27 mai 2011

    canel
    Armanoush/May a vingt et un ans. Fille de divorcés, elle vit entre San Francisco et l'Arizona, jonglant entre sa famille paternelle d'origine arménienne et sa mère américaine remariée à un Turc, Mustafa.
    Asya, dix-neuf ans, nièce de ce même Mustafa, vit à Istanbul étouffée au milieu de ses trois tantes, sa mère, et deux aïeules. Jeune fille indépendante au caractère bien trempé, elle cherche à échapper à l'ambiance oppressante du foyer en retrouvant quelques intellectuels dans un café.
    Pour une fois, mon petit résumé introductif porte sur la deuxième partie du récit. Il faut dire que la construction de ce roman est peu commune, au moins sur le premier tiers. Chaque chapitre zoome sur un laps de temps très court, quelques heures tout au plus, et on saute plusieurs années d'un chapitre à l'autre, tout en alternant les personnages. C'est assez déstabilisant, voire décourageant, au point de m'avoir donné envie de lire la quatrième de couverture, pour une fois. Bien m'en a pris : on y apprend qu'Armanoush et Asya vont se rencontrer, et c'est effectivement à ce moment-là que l'on entre vraiment dans le récit. La confrontation de ces deux jeunes femmes que tout semble opposer mais qui ont des racines culturelles communes va se révéler très riche.
    Ce roman subtil donne un excellent aperçu de la Turquie, pays attaché à l'Islam, certes, mais aux moeurs de plus en plus occidentales, depuis sa laïcisation par Atatürk dans les années 1920. La cohabitation relativement harmonieuse de sept femmes de quatre générations différentes, les unes attachées aux traditions, les autres au mode de vie occidental, illustre parfaitement cette problématique, tout en présentant la condition féminine locale. le regard et les questionnements de la jeune Américaine qui arrive sur le sol turc avec ses a priori sont particulièrement intéressants, ils correspondent peu ou prou à ceux de tout Occidental qui ne connaît pas bien la Turquie et sa population. Omniprésente, la réflexion sur le massacre et la déportation des Arméniens en 1915 est également passionnante : il apparaît que les plus hostiles au peuple turc sont les survivants et descendants exilés, toujours en attente d'un pardon, ou à défaut, d'une reconnaissance du terme de génocide.
    Un récit très intéressant, riche, mais dont la lecture n'est pas toujours des plus aisées...
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 07 août 2011

    Cath36
    Persuadée que je n'avais pas lu ce livre (attaque précoce d'Alzheimer ?) je me suis lancée dans sa (re)lecture. O divine surprise ! Retrouvant (avec plus de maturité peut-être) un livre que j'avais beaucoup aimé, je me suis replongée avec bonheur, un petit sourire en coin, dans cette belle et terrible histoire de familles arménienne et turque dont les destins se croisent, pour le meilleur plutôt que pour le pire. le charme, l'humour, la sagesse, la profondeur et la très belle écriture de Shafak ont fait merveille, ainsi que sa tendresse pour ses personnages, à laquelle on ne peut qu'entièrement adhérer. A relire lorsque on se prend à penser que des communautés différentes ne pourront jamais vivre ensemble en paix, surtout lorsqu'un passé douloureux rend difficile le devoir de mémoire et la réconciliation, alors même que chacun voudrait vivre en paix avec ses voisins.
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  • Par bibliothequegries, le 04 avril 2012

    bibliothequegries
    Destins croisés de deux familles, l'une turque, l'autre arménienne, mais dont les descendances ignorent tout du passé qui les a liées à un moment douloureux de leur histoire. Certains membres en connaissent quelques bribes, mais trop fragmentées pour faire lien. D'autres détiennent des secrets trop lourds pour eux et qui empoisonnent leur vie, faute de pouvoir les partager. Mais l'une des dernières nées de ces deux lignées, née de père arménien mais élevée par un beau-père turc, va délibérément franchir un océan, partir à Istanbul à la recherche de la famille de ce beau-père, s'y installer, et ainsi tirer sur un fil qui va progressivement livrer des secrets enfouis tant du côté de son père arménien que de son beau-père turc. Progressivement vont alors se dévoiler des hontes familiales, des atrocités politiques, mais également des actes héroïques, des décisions humanistes, le tout prouvant petit à petit que rien n'est blanc ou noir, qu'il y a eu des torts dans chaque famille et dans chaque camps politique, et que condamner en bloc l'un ou l'autre n'est pas si simple, au vue des éléments ainsi rassemblés.
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Citations et extraits

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  • Par veronique55, le 28 juillet 2010

    « Tu sais le mot Fin n’apparaît jamais quand tu termines un livre. Ce n’est pas comme au cinéma. Quand je referme un roman, je n’ai pas l’impression d’avoir terminé quoi que ce soit, si bien que j’ai besoin d’en ouvrir un autre, la taquina Armanoush, inconsciente de sa beauté exaltée par la lumière du soleil couchant…………….
    Comme de trop nombreuses familles de la diaspora arménienne, rescapées mais traumatisées à jamais, la sienne était à la fois fière et inquiète de son attirance pour la littérature. Il n’était jamais bon de s’écarter du chemin des gens ordinaires. Sans compter que, si les livres étaient potentiellement nocifs en général, les romans étaient les plus dangereux de tous. Car la fiction pouvait facilement vous attirer dans des univers simplistes, chevaleresques, aussi propices aux surprises qu’une nuit sans lune dans le désert. Vous pouviez être transporté au point de perdre tout contact avec la réalité. Cette vérité rigoureuse et sans relief dont aucune minorité ne devrait trop s’éloigner, au cas où le vent viendrait à tourner. Le naïf se mettait en danger en s’imaginant que rien de mal ne pouvait arriver, car le mal survenait toujours. La magie envoûtante de l’imagination était périlleuse pour celui qui se devait de vivre dans le monde réaliste, et pour les êtres condamnés au silence, les mots pouvaient se transformer en poison. Un enfant de survivants avait bien sûr le droit de lire et de méditer, mais il devait le faire sans brui, avec une certaine appréhension, et toujours choisir l’introspection plutôt qu’une manifestation passionnée de ses goûts littéraires. »
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  • Par DreamCatcher, le 11 avril 2012

    Istanbul est un salmigondis de dix millions d'âmes. Un livre ouvert sur lequel sont griffonnées des millions d'histoires. Istanbul se réveille d'un sommeil perturbé, prête à affronter le chaos de l'heure d'affluence. A partir de maintenant, il y a trop de prières à exaucer, trop de blasphèmes à relever, trop de pêcheurs et trop d'innocents à surveiller.
    Le jour s'est levé sur Istanbul.
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  • Par Jenta3, le 25 mars 2011

    Malheureusement, Asya n'avait pas été gratifiée de la moindre prédisposition à espérer en l'avenir. Elle était trop ironique pour se fier au temps. Le feu qui la consumait de l'intérieur ne laissait aucune place à la foi divine. A cet égard aussi, elle ressemblait à sa mère. Ce tempérament ne l'inclinait pas à attendre, le coeur zélé, que le temps la dotât d'un physique avantageux, même si son apparence ordinaire la minait - ce qui était le cas, Zeliha l'avait clairement constaté. Elle aurait voulu dire à sa fille que les beautés attiraient la lie des hommes. Qu'elle avait de la chance de n'être pas née trop jolie. Que les hommes comme les femmes lui manisfesteraient davantage de bienveillance. Que la vie se montraient plus clémente envers les femmes dans son genre.
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  • Par bibliothequegries, le 04 avril 2012

    « Les (chats) nobles se remarquaient invariablement par leurs manières distantes, leur dépendance, leur calme, et leur tendance à passer des heures à se lécher avant et après tout contact humain ; et les roturiers par leur curiosité, leur vigueur, et leur goût pour certaines denrées rares, tel le chocolat ».
    « Rose disposait de trois autres moues inspirées par Mère Nature dont elle usait lors de ses échanges avec la gent masculine : son air de chien loyal, lorsqu’elle voulait afficher un dévouement total ; son air de félin espiègle, lorsqu’elle voulait séduire, et son air de coyote pugnace, lorsqu’elle se entait attaquée. »
    « Banu avait développé des talents de voyante qui lui permettaient aujourd’hui de recevoir des clientes à la maison et de tirer un petit profit de cette activité. On pouvait se faire un nom à une vitesse fulgurante dans ce domaine à Istanbul. Si la chance était de votre côté et que vos prédictions se révèlent justes au moins une fois, le succès était garanti : ave l’aide du vent et des mouettes, la cliente impressionnée répandait si vite la nouvelle qu’une semaine plus tard, vous trouviez une longue file d’attente devant votre porte. »
    « Ses vingt quatre années d’enseignement l’avaient rendue maîtresse dans l’art d’apporter des réponses, mais elle était incapable de poser une question.»
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  • Par DreamCatcher, le 21 avril 2012

    Tant qu'elle vivrait, elle n'oublierait jamais le bleu limpide de ce jour maudit. Non parce qu'elle avait levé les yeux vers Allah pour lui implorer Son aide, mais parce que, alors qu'elle était immobilisée sur le lit, vaincue sous le poids de son agresseur, ses yeux s'étaient posés sur un gros ballon publicitaire qui flottait tranquillement dans le ciel d'azur. Un énorme ballon orange et noir, imprimé des lettres : KODAK.
    Elle frissonna à la pensée de la photo prise par le colossal appareil à cet instant précis : un viol dans une konak d'Istanbul.
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Vidéo de Elif Safak

"Soufi, mon amour" de Elif Shafak .
Bande-annonce littéraire réalisée à l'occasion de la parution du dernier roman de Elif Shafak : "Soufi mon amour" (Editions Phébus, en librairie le 26 août 2010 / © Cinq2Couv' Production).Ella Rubinstein a en apparence tout pour être heureuse. Mais, à l?aube de ses quarante ans, elle se demande si elle n?est pas passée à côté d?elle-même. Décidée à reprendre une activité professionnelle, elle est engagée comme lectrice par un agent littéraire. Sa première mission : rédiger une note sur un manuscrit signé Aziz Z. Zahara. Ce roman, qui retrace la rencontre entre le poète Rûmi et le plus célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz, va être une révélation pour Ella. Au fil des pages, elle découvre le soufisme, le refus des conventions et la splendeur de l?amour. Cette histoire se révèle être le miroir de la sienne. Aziz ? comme Shams l?a fait pour Rûmi sept siècles auparavant ? serait-il venu la libérer ?Site de l'auteur : http://elifshafak.fr/








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