Square #14 - Danièle Sallenave
Arte
L'écrivain vient d'être reçue à l'Académie française. C'est la septième femme à endosser l'habit vert depuis la création de l'institution au XVIIe siècle. Avec nous, elle évoque cette actualité, le rôle qu'elle a envie de jouer au sein de l'assemblée d'immortels, mais aussi son parcours et ses convictions.
Danièle Sallenave et notre ingénieur du son.
Normalienne et agrégée de lettres, elle affirme dans ses essais la nécessité d'une pensée renouvelée de la singularité, contre le fanatisme religieux et le communautarisme. Ses engagements pour la cause palestinienne lui ont valu un procès, soldé en 2006, en sa faveur, par la Cour de cassation. "Les années pendant lesquelles j'ai eu un procès, j'ai reçu des lettres, j'ai perdu des amis, j'ai reçu des lettres anonymes, j'ai reçu des cartes postales obscènes tous les jours pendant des mois. C'est lourd, mais c'est fini."
Elle a été l'amie du metteur en scène Antoine Vitez, et du poète Aragon.
Elle nous accueille à Bastille, le quartier parisien où elle habite, au sein du Grand Palais pour nous faire visiter l'exposition "Beauté animale". Et bien sur nous fait découvrir l'Académie française, où elle occupe désormais le fauteuil numéro 30. "Alors la question, c'est : "Bonjour Madame l'académicienne" ou "Bonjour Madame l'académicien"?", demande-t-elle, d'un sourire.
Résolument "féministe", "conservatrice de gauche" : "C'est vrai, j'appartiens à cette grande famille de la gauche, mais je ne fais pas partie d'une gauche qui serait éradicatrice du passé. Il y a très très très longtemps que je ne chante plus : "Du passé, faisons table rase" !"
Militante de la "belle langue française", Danièle Sallenave a reçu de très nombreux prix, dont le Renaudot, en 1980, pour Les Portes de Gubbio.