ISBN : 2020997118
Éditeur : Seuil (2009)


Note moyenne : 3.12/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Un livre de combat, de joie, de lucidité aussi, sur un monde où la soumission n'est pas une fatalité. C'est l'histoire d'un homme qui, à plusieurs reprises dans sa vie, choisit de partir, et de tourner le dos à ce qui ne répond pas à sa soif de liberté. Il s'appelle BW.... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par tilly, le 29 septembre 2009

    tilly
    Bernard Wallet (BW), le compagnon de Lydie Salvayre, a créé et dirigé les éditions Verticales, après avoir travaillé chez Denoël et Gallimard. L'édition, la littérature, les voyages, ont été sa vie. Un mauvais jour, il perd la vue. Comment un couple, elle écrivain et lui éditeur, réussit-il à traverser une épreuve pareille ? D'une opération chirurgicale à l'autre, du fond de son obscurité, l'éditeur commence à parler, à délivrer ses secrets de jeunesse, ses noirs souvenirs enfouis, et l'écrivain prend des notes, les transcrit, leur donne forme, les reliant petit à petit à ce qu'elle sait de lui depuis qu'elle partage sa vie. Au bout de la nuit, BW retrouvera une vue suffisante pour lire :
    "Nous lirons donc, Nous y emploierons le temps qui nous reste à vivre"
    J'ai mis roman dans le titre de mon billet, parce que l'auteure elle-même emploie le terme en quatrième de couverture :
    "Ce livre, écrit à vif, est le roman de cette traversée."
    C'est un roman d'amours : amour de la fuite (fugue adolescente, voyages lointains et solitaires, ruptures), amour de la course à pied (records d'athlétisme), amour des hauteurs (sommets himalayens), amour des bêtes (sauf les chiens), amour du voyage (les odysées : Turquie, Iran, Afghanistan, Inde, Cachemire, Népal, Irak Syrie, Liban), amour du risque (Beyrouth 1978 dont il garde les stigmates, au sens propre), amour de la littérature (la vraie), etc.
    On le sait bien, toutes les amours ne sont pas des amours heureuses, et pire que tout : les histoires d'amour finissent mal en général. Les ruptures, ça aussi c'est son trip à BW. Pas le genre à être planté, c'est lui qui se trisse. Enfin ça c'était avant Lydie. Sans que cela soit écrit vraiment, on ressent dans la narration que depuis vingt-cinq années qu'ils se connaissent, il s'est apaisé, socialisé, domestiqué. Ce sont aussi de petites touches de complicité conjugale, des annotations quotidiennes, des moqueries et des petites piques répétitives, qui émaillent les récits monologués de l'éditeur-routard et adoucissent (féminisent) la violence du compte rendu des expériences qu'il a vécues, parfois extrêmes, insupportables.
    A un moment, à l'occasion d'une digression, LS jusqu'ici très en retrait, mêle tout à coup sa voix à celle de BW, prend la parole et passe devant lui ! C'est pour dire qu'au moins sur un point, ils se ressemblent ! LS analyse abondamment leur commune maladresse à s'exprimer en public et conclut :
    "Comment se défait-on de cette inaptitude ? Notre amour démesuré pour les grâces de l'écrit serait-il le revers triomphant de notre balourdise orale ? Son remède ? Sa vengeance ?
    Possible. Possible."
    Loué soit ce handicap dont souffrent le personnage et son auteur. D'autres nous auraient balancé un épais document-témoignage-de-vie mal ficelé, re-writé à partir de la captation audio d'entretiens impersonnels avec un journaliste stressé, et publié sous la couverture illustrée d'un ciel plein de cerf-volants. Tout le contraire de BW.
    Je termine cette chronique par des extraits qui illustrent les motifs du renoncement à l'édition de Bernard Wallet. Ils sont terribles, clairvoyants, déchirants, et tout à fait en ligne avec ce que Marc-Edouard Nabe écrit de son côté, sur un autre ton et avec d'autres moyens, c'est tout.
    "[...] BW vomit la tiédeur et, par-dessus tout, la tiédeur littéraire, qu'abondamment l'on nous prodigue, s'énerve-t-il, avec laquelle on nous gave, avec laquelle on nous compisse, avec laquelle on nous conchie. Mais parce que (voix forte et mains nerveuses), mais parce que nous le voulons bien, parce que nous voulons bien que la littérature crève au profit de cette tiédasserie qu'on ose appeler littéraire et qui en est sa caricature et, de plus, sa pire ennemie.
    Tu es fâché ?
    Je déplore, dit BW avec humeur, que les grosses structures d'édition littéraire ne sachent rompre avec les causes du malaise. Je déplore qu'elles se comportent de façon aussi démodée.
    Démodée ?
    Qu'elles continuent de sacrifier la qualité (qui est l'avenir de la littérature et sa raison d'être) sur l'autel de la finance (qui est sa raison de crever).
    Je déplore, ajoute-t-il qu'elles n'aient trouvé, en fait, d'autre issue que le désastre.
    Qu'appelles-tu désastre ?
    J'appelle désastre, dit BW dont la colère monte, j'appelle désastre ce phénomène qui organise nationalement ou mondialement le plébiscite d'un livre en s'appuyant sur sa médiocrité. J'appelle désastre (crescendo) cette pratique qui constitue à mesurer la force bouleversante d'un roman à sa force de pénétration dans les supermarchés. J'appelle désastre (rinforzando) le règne exclusif du livre dit lisible et l'écrasement complet du livre illisible, pour reprendre les paroles de Roland Barthès."
    Et plus loin, sur le génie littéraire :
    "Tu vas m'objecter, dit BW qu'on ne peut plus arrêter, tu vas m'objecter que certains écrivains publiés par mes soins ont obtenu quelque succès. Petites victoires avant la déroute à venir, dit BW, décidément fort pessimiste ce matin. Mais ceux que le public s'entête à ignorer ? Mais les cinglés, mais les rétifs, mais ceux qui vont trop loin, ou à rebrousse-poil, ou contre, ou qui se montrent insoucieux par orgueil ou révolte (deux traits qui souvent, paraît-il, se combinent), qui se montrent insoucieux de l'opinion commune et de l'esprit du temps ?
    Je sais déjà ce que tu vas me rétorquer. Qu'il n'y a que deux ou trois génies par siècle, et que cela suffit. Je suis loin d'en disconvenir. Mais il y faut une condition : c'est que le système en place permette de découvrir ces deux ou trois génies au milieu du fatras général. Or le travail de découvreur est un travail coûteux. Lent et coûteux. Trop lent et trop coûteux, sans doute aux yeux de nos comptables. Et il se trouve que c'est le mien. (Pensivement.) Que ce fut le mien."
    Une dernière phrase enfin, pour taguer Bernard Wallet :
    "Je veux des malheurs nouveaux."

    Lien : http://tillybayardrichard.typepad.com/le_blogue_de_tilly/2009/09/lu-..
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    • Livres 2.00/5
    Par oops, le 23 juin 2010

    oops
    Entre roman, biographie, journal, l'auteure raconte les souvenirs de son mari l'éditeur Bernard Wallet, créateur des éditions Verticales. le récit est ironique, tout comme le personnage de BW, un être orgueilleux, idéaliste, grandiloquent, qui broie du noir parce qu'il est momentanément privé de sa vue. Il exprime toute sa colère dans quelques bons mots le pourquoi il quitte le monde de l'édition, quelques passages qui évoquent la Région Auvergne d'où je viens m'ont rappelé bien des souvenirs, mais à part cela, je trouve que Mme Salvayre a bien du mérite à vivre avec un écorché vif de la sorte.
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    • Livres 3.00/5
    Par brusc, le 08 octobre 2011

    brusc
    BW, ancien éditeur, est le compagnon de Lydie Salvayre. Alors qu'il est en train de perdre la vue, elle décide d'écrire tout ce qu'il lui livre de parcelles choisies de son histoire, grandes ou petites, en tout cas pas ordinaires. Récit d'admiration et de compagnonage amoureux, cela joue, comme souvent chez Lydie Salvayre, avec les registres savamment mêlés et dosés de l'érudition, de la dérision, du sérieux, de la sensibilité et de la fausse naïveté... Beaucoup de plaisir dans cette lecture agréablement inclassable.
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    • Livres 2.00/5
    Par Sand94, le 13 août 2009

    Sand94
    Ce roman m'est parvenu par un Service Presse à la librairie. C'est donc en primeur que je vous livre mon avis sur un roman qui ne doit sortir que le 20 août. Très bon pour mon Challenge 1% !
    Malgré la longue liste de romans déjà écrits par cette auteur, je dois avouer que je ne la connaissais pas. Depuis, grâce aux blogs, j'en ai appris un peu plus. Lydie Salvayre est pédopsychiatre, et partage sa vie avec un éditeur dont les initiales du nom sont BW. Elle a reçu le Prix Novembre pour un précédent roman intitulé : La compagnie des spectres.
    Il m'est toujours difficie d'aborder un auteur que je ne connais pas et que je n'ai pas choisi, comme un a priori, difficile de me plonger dans un univers, une écriture dont je ne sais rien. le sujet pourtant me plaisait : BW, ancien éditeur, grand lecteur, perd l'usage d'un oeil. Durant le traitement (opérations, soins), BW se confie à sa femme, narratrice-auteur, lui raconte sa vie de voyageur et d'amoureux des livres....
    la suite en suivant le lien...

    Lien : http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2009/08/12/bw-lydie-..
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 02 décembre 2011

    carre
    B W (pour Bernard Wallet) ancien éditeur chez Verticales perd la vue du jour au lendemain, Lydie Salvayre sa compagne raconte les souvenirs que l'homme aimé lui dicte au fil de l'évolution de sa maladie. Un récit juste et touchant qui montre que l'amour peut-être un antidote aux accidents de la vie.
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Citations et extraits

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  • Par oops, le 23 juin 2010

    Je me trouve pris en tenaille entre la génération de ceux pour qui la réussite financière venait couronner (et quelquefois longtemps après) la qualité d'un texte, et la génération de ceux pour qui la qualité d'un texte est immédiatement jugée à son triomphe financier. [...] et lorsque je rappelle aux jeunes écrivains qu'il fut une époque (héroïque) où la finance ne dictait pas le choix des éditeurs, ils me regardent comme une vieille barbe, un inadapté, un ringard.
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  • Par brigetoun, le 12 novembre 2009

    Nos vies sont ainsi faites que les livre, lorsqu’ils les affectent, ne les affectent que peu, happées qu’elles sont (nos vies) par mille choses hypnotiques qui nous prennent à leur piège.
    Nos vies sont ainsi faites…
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  • Par mandarine43, le 02 octobre 2011

    [ Incipit ]

    Je pars.
    Toujours il dit Je pars, je me tire.
    Il aime le mouvement de partir. Il se fout de l’endroit à atteindre, ce qu’il aime c’est partir, c’est déclarer qu’il part. Il dit qu’il va écrire, un jour, l’éloge de la fuite. Cet éloge lui paraît d’autant plus justifié qu’il a appris, hier, que le verbe partir, en espagnol, signifiait aussi partager.
    Il a toujours sur lui un passeport à jour pour passer les frontières. Prêt à fuir.
    Il n’y a pas trente-six solutions quand l’ennemi menace, dit BW, mi-rieur mi-sérieux : soit mettre les voiles, soit l’attaquer de front (cette dernière solution requérant un attirail et des forces plus lourdes). Toute autre est malvenue.
    BW est un guerrier. Plus tard, je dirai en quoi.
    BW est un tendre.
    Il pleure la mort de Fausto le chat.
    Encore aujourd’hui, il pleure sa mort.
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Vidéo de Lydie Salvayre

Hymne - Lydie Salvayre .
Le matin du 18 août 1969, à Woodstock, Jimi Hendrix joua un Hymne américain d?une puissance quasiment insoutenable.Parce qu?il avait du sang noir et du sang cherokee mélangé de sang blanc, parce qu?il était donc toute l?Amérique, parce que la guerre au Vietnam soulevait en lui un violent mouvement de refus que toute une jeunesse partageait, parce que sa guitare était sa lady électrique, sa passion, sa maison, sa faim, sa force et qu?il en jouait avec génie, Jimi Hendrix fit de cette interprétation un événement.Revenant sur ce moment inoubliable, Lydie Salvayre tire les fils de la biographie pour réécrire la légende de Jimi, sa beauté, sa démesure, mais aussi sa part sombre, ses failles et la brutalité du système dont il était captif et qui finirait un jour par le briser.Lydie Salvayre a écrit une quinzaine ouvrages dont la plupart sont traduits à l?étranger dans une vingtaine de langues. Elle a obtenu le Prix Novembre pour La Compagnie des spectres.Toutes les nouveautés de la rentrée 2011 sont sur Seuil.com : http://www.seuil.com








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