Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2020873532
Éditeur : Editions du Seuil (2007)


Note moyenne : 3.11/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Tout oppose, a priori, l’écrivain et le businessman. L’un incarne (ou le croit) la soif d’absolu, le goût de l’inutile, l’esprit de révolte. L’autre, la brutalité affairiste, l’accumulation avide et le désir violent de dominer.
Qu’advient-il lorsque l’un se met a... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (6)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 02 janvier 2013

    LiliGalipette
    Jim Tobold est le roi du hamburger et de la frite. Il est au sommet du monde capitaliste. Il ne lui manque qu'une chose, passer à la postérité. Pour ce faire, il embauche une jeune auteure et la paye royalement pour qu'elle écrive sa biographie. Mieux, il veut qu'elle écrive l'évangile de Tobold. La jeune auteure entre dans l'intimité du magnat du burger et note toutes ses paroles et ses faits. « Pourrais-je longtemps me taire, […], devant les pratiques de Tobold que je jugeais aussi brutales que cynique et qu'il me fallait, non seulement justifier mais aussi magnifier dans mes catéchistiques écrits ? » (p. 57) Car oui, c'est vraiment comme un évangile que Tobold voit sa vie et son œuvre, les deux entièrement dédiées au culte de la Libre Économie. « Je veux que King Size vende de toute, des frites et de l'esprit, je veux que l'esprit souffle et que la frite gave. » (p. 24) Oui, Tobold est un nouveau prophète !
    L'écrivain est d'abord révolté par la vie d'abus de Tobold et sa conception du monde. « Être non seulement le nègre de Tobold le roi du hamburger, mais le nègre de moi-même étrangère à moi-même. » (p. 12) Mais lentement, elle s'enfonce dans le luxe qui lui est offert. le récit est rétrospectif et l'auteure commence une réflexion sur la qualité de l'écriture et la valeur du talent. L'argent peut-il tout acheter, même le génie ? Peut-il aliéner l'acte sublime de créer ?
    Suivez les mots irrévérencieux de Lydia Salvayre et venez communier à la malbouffe ! « La frite était un modèle, un refus, un style, une entéléchie. La frite était un paradigme, une métaphore, un bâtonnet emblématique. La frite était eucharistique. » (p. 117) Entre coups de griffe à tout va et cynisme aiguisé, ce roman dresse le portrait féroce d'un homme qui a fait sien les principes du capitalisme et de la globalisation, jusqu'à nommer son chien Dow Jones. Son évangile est parfaitement iconoclaste, mais également parfaitement hilarant. Et c'est une croyante convaincue qui vous le dit ! « Les petits enfants, mes amis, sont les anges à notre solde ! Ils magnifient notre œuvre de la fraîcheur de leur connerie et innocente nos profits de leur cœur pur et de leurs boucles blondes. » (p. 168) Tobold est un mystique moderne qui multiplie les frites comme d'autres les pains et dont les disciples sont légion, futurs martyrs du fast-food. Ouvrez ce roman et servez-vous une bonne tranche de noire rigolade !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 21         Page de la critique

    • Livres 1.00/5
    Par herveGAUTIER, le 24 novembre 2014

    herveGAUTIER
    N°834 – Novembre 2014.
    Portrait de l'écrivain en animal domestique – Lydie Salvayre – le Seuil.
    Avant qu'elle n'obtienne le Prix Goncourt, cette année, le nom de Lydie Salvaire m'était complètement inconnu. J'ai été séduit par un de ses romans policier « La puissance des mouches » et j'ai souhaité poursuivre ma découverte de cette auteure. Qu'avons nous ici ? Il s'agit d'une femme-écrivain qui a accepté d'écrire la biographie de Toblold, le roi du hamburger. On comprend bien que la payant largement pour cela, elle va faire appel à tout son talent pour composer une œuvre de thuriféraire même si cette occasion lui permet de pénétrer le monde des affaires qui lui est complètement étranger et qui peut-être la fascine. Elle est peut-être aussi séduite par cet homme qui est son exact contraire et tant pis si sa notoriété, son travail sa réputation en pâtissent. Elle vivra dans son ombre pour ne rien perdre de ses remarques qu'elle note scrupuleusement puisque c'est son travail !
    Nous assistons à la désagréable politique capitaliste qui consiste entre autre à éliminer un concurrent sans la moindre retenue, mais après tout c'est là aussi une action parfaitement conforme à l'esprit humain. L'écrivain qu'elle est perd, dans ce contexte, un peu de Son âme et flagorne tant qu'elle peut, devient servile, veule et lâche, outrepassant presque malgré elle son rôle de laudateur. La prise de conscience qui en résulte n'est pas sans provoquer chez elle des états d'âme mais la facilité et plus sûrement encore l'appât du gain sont les plus forts. La narratrice ne laisse rien paraître de son agacement et finit par exceller dans ce numéro d'équilibriste entre résignation, inertie et attirance, mais là aussi il n'y a rien que de très humain, n'est-il pas ? Face à cet homme dragueur, mufle, vulgaire, destructeur et qui croit que tout lui est dû, elle va même jusqu'à éprouver de la sympathie pour sa compagne qui, avec le temps et l'intérêt accepte elle aussi tout de lui. Pourtant, quand il dévoile son enfance, Jim Tolbold la révèle misérable, comme celle de la narratrice, ce qui peut éventuellement les rapprocher mais son amour de l'argent et surtout la manière de l'acquérir reste un obstacle entre eux. Pas tant que cela cependant puisque la narratrice finit par prendre goût au luxe et étouffe son envie de révolte. En fait elle devient en quelque sorte sa complice. La métamorphose de Tolbold ne me paraît pas convaincante. Elle est artificielle et franchement décevante.
    Le titre est significatif. C'est une question vieille comme le monde que celle qui met en présence quelqu'un qui a réussi et souhaite le faire savoir et celui qui en est chargé par l'écrit contre de l'argent. le lien de subordination saute aux yeux et c'est tout l'enjeu de cette « relation ». Pourtant, même si le style de ce roman est alerte et agréable à lire, je ne suis que très peu entré dans ce livre, j'ai même ressenti une certaine répulsion pour cette ambiance malsaine même si elle est révélatrice de l'espèce humaine. Je n'ai guère apprécié l'écrivain dans son rôle de courtisan. J'avais aimé « Le pouvoir des mouches » (La Feuille Volante n° 833), je ne suis pas entré dans la démarche créatrice de celui-ci, mais peut-être suis-je passé à côté de quelque chose ?.
    ©Hervé GAUTIER – Novembre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com

    Lien : http://hervegautier.e-monsite.com
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par NicoleGiroud, le 11 novembre 2014

    NicoleGiroud
    Entre humour et cruauté: Portrait de l'écrivain en animal domestique de Lidye Salvayre
    L'écrivain, jeune femme qui approche la quarantaine et dont nous ne saurons jamais le nom, a mis sa plume au service de l'empereur du burger, Jim Tobold, pour écrire son Évangile, quelque chose entre l'hagiographie sacrilège et la promotion d'un capitalisme écrasant.
    L'écrivain ne se présente pas vraiment à son avantage : velléitaire, lâche, révoltée en pensées mais jamais en actes. Une belle plume cultivée qui se met au service d'une machine à broyer dans le but de la glorifier. le luxe et l'argent, la grossièreté des puissants, notre intellectuelle avale beaucoup de couleuvres : spectatrice d'un monde qu'elle abomine mais qui très vite la fascine et la contamine, elle n'a plus beaucoup d'illusions sur son statut de pur esprit voué à la littérature.
    Lydie Salvayre nous présente un beau portrait de self made man brut de décoffrage, ogre cynique et vulgaire, colosse aux pieds d'argile jamais consolé de ses souffrances et humiliations d'enfant pauvre. L'écrivain(e) n'est pas mal non plus, en créature coincée entre un individu trop fort pour elle, avec ses louvoiements et ses ruses, ses révoltes avortées et ses nombreux accommodements avec la morale.
    Le début du roman est tout simplement éblouissant.
    « J'avais le cou meurtri à cause de la laisse, et l'esprit fatigué de l'entendre me dire C'est noté ? Vingt fois par jour C'est noté ? Sur le ton qu'il réservait au personnel de service C'est noté ? Car je devais me rendre à l'évidence, j'étais à son service. Tenue de lui obéir, de l'admirer, de pousser des Oh, des Ah et des C'est merveilleux. Et j'avais beau me prétendre écrivain, j'avais beau me flatter de consacrer ma vie à la littérature, j'avais beau me convaincre du caractère romanesque de la besogne que j'avais acceptée, inconsidérément, il n'en demeurait pas moins que j'étais à la botte d'un patron promu par la revue Challenge leader le plus influent de la planète, lequel m'avait chargée d'écrire son évangile (c'était le mot dont il avait usé mi-amusé mi-sérieux), d'écrire son évangile contre rétribution, et la somme qu'il m'avait offerte était telle que je n'avais pas eu le cœur de la refuser ».
    Tobold est marié avec Cindy mais parle surtout à son chien Dow Jones. Il règne sur la planète comme un char de combat, s'exerçant de temps à autre au machiavélisme :
    « Je n'en ferai qu'une bouchée, se réjouit-il en se frottant les mains. Mais je ne sus s'il parlait de Cindy (son épouse), de Ronald (son rival), des États-Unis (son pays d'adoption), ou tout bonnement de la planète entière. Et lorsqu'on lui annonça l'arrivée du nonce apostolique, je le vis se concentrer quelques secondes, changer complètement d'expression pour se composer le visage qu'il appelait sa gueule d'entubeur, puis d'une voix soudain pleine de miel, Ayez la bonté de vous asseoir, dit-il au nonce avec une sorte de gourmandise, car il aimait s'exercer, par pur plaisir, aux manières courtoises qu'il avait révisées récemment (selon les confidences de sa secrétaire) lors d'un cours particulier d‘excess-conviviality ».
    Cela retombe un peu au milieu du roman, difficile de faire très fort sur une si longue distance: les atermoiements de notre biographe s'éternisent, la sauce s'allonge, la fin cahote, bancale, entre prudences excessives et reprises artificielles mais qu'importe, je n'ai pas boudé mon plaisir avec ce roman drôlatique et cruel bien dans notre époque. Quant aux questions morales que l'auteur pose concernant la puissance de corruption de l'argent et ses accommodements avec le Charity business, le contrôle des masses laborieuses et leur exploitation, si elles ne font rire personne, elles sont magnifiquement montrées.

    Lien : http://nicole-giroud.fr
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par chriskorchi, le 31 janvier 2014

    chriskorchi
    'est l'histoire d'une écrivain française talentueuse qui décide d'écrire la biographie de Tobold, roi du hamburger, une sorte de Bill Gates de la restauration et de l'argent rapides.
    L'écrivain s'installe donc dans le quotidien de Tobold, et fait la connaissance de Cindy, l'épouse du magnat et de Dow Jones, son chien. L'écrivain comprend alors à qui elle a affaire.
    C'est truffé de rencontres improbables, de mots bizarres, de situations totalement loufoques. On pourrait penser que ça serait lassant mais non pas du tout c'est brillant et la sauce prend.
    C'est un livre OVNI qui dénonce le capitalisme, le pouvoir et la société de consommation. Il y a donc un petit côté pamphlet.
    J'ai beaucoup aimé et je le conseille fortement.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la critique

    • Livres 1.00/5
    Par Olibabe, le 14 octobre 2013

    Olibabe
    Un thème absolument génial : une jeune femme, écrivain(e), transformée en secrétaire, qui ne devra écrire que ce qu'on lui dira d'écrire. Transformée, à proprement parler, en animal domestique, aux pieds d'un commercial sans scrupules pour qui le salut est étroitement lié au capitalisme effréné.
    Le roman de L. Salvayre propose de nombreuses réflexions sur le statut de l'écrivain qui ne sont pas sans intérêt, et également de nombreuses tirades savoureusement ironiques sur le capitalisme. Une belle irrévérence...
    Malheureusement, un traitement sans finesse de l'histoire, peut-être parce que l'auteur(e) a voulu être "hyper-actuelle" et s'est pour cela sentie le devoir d'intégrer Robert Deniro, Bill Gates et bien d'autres dans le récit. La fin du roman, d'un optimisme absurde après 150 pages de plaintes, est décevante. Enfin, un style souvent original mutilé à coup de subjonctifs désuets et mal employés qui rendent la lecture insupportablement lourde et pédante, trahissant une écriture forcée et certainement menée avec une liste de mots "à caser absolument" préalablement choisis.
    Non, vraiment, le terme pour ce roman est "mal ficelé".
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la critique

> voir toutes (11)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par herveGAUTIER, le 24 novembre 2014

    Les hommes ne s'aiment pas, écris-le. Et vivre ensemble leur est une pénitence. Quand saura-t-on l'admettre? J'eus un soupir. Ne m'interromps pas à tout bout de champ, m'ordonna-t-il. Les hommes sont méchants très volontairement, écris-le. Et leur soi-disant bonté n'est qu'une méchanceté qui dort et de repent. Les hommes sont méchants car leur méchanceté, tout simplement, les rend heureux, écris-le. La méchanceté les fait jouir, écris-le. La méchanceté les fait bander. Çà te la coupe ? Tu t'y feras. Et dans leur quête de jouissance, les hommes peuvent même devenir monstrueux ou complices du monstre, ce qui revient au même.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par LiliGalipette, le 02 janvier 2013

    « Les petits enfants, mes amis, sont les anges à notre solde ! Ils magnifient notre œuvre de la fraîcheur de leur connerie et innocente nos profits de leur cœur pur et de leurs boucles blondes. » (p. 168)

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la citation

  • Par mandarine43, le 02 octobre 2011

    [ Incipit ]

    J’avais le cou meurtri à cause de la laisse, et l’esprit fatigué de l’entendre me dire C’est noté ? vingt fois par jour C’est noté ? sur le ton qu’il réservait au personnel de service C’est noté ? Car je devais me rendre à l’évidence,
    j’étais à son service. Tenue de lui obéir, de l’admirer, de pousser des Oh, des Ah et des C’est merveilleux. Et j’avais beau me prétendre écrivain, j’avais beau me flatter de consacrer ma vie à la littérature, j’avais beau me convaincre du caractère romanesque de la besogne que j’avais acceptée, inconsidérément, il n’en demeurait pas moins que j’étais à la botte d’un patron promu par la revue Challenge leader le plus influent de la planète, lequel m’avait chargée d’écrire son évangile (c’était le mot dont il avait usé mi-amusé mi-sérieux), d’écrire son évangile contre rétribution, et la somme qu’il m’avait offerte était telle que je n’avais pas eu le coeur de la refuser.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par LiliGalipette, le 02 janvier 2013

    « Pourrais-je longtemps me taire, […], devant les pratiques de Tobold que je jugeais aussi brutales que cynique et qu’il me fallait, non seulement justifier mais aussi magnifier dans mes catéchistiques écrits ? » (p. 57)

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par chriskorchi, le 31 janvier 2014

    Qu’il me tutoye, passe encore, me disais-je mais qu’il se gratte ou se laisse aller à remonter, devant moi, avec un parfait naturel, ses génitoires, cela me désoblige de la plus violente manière

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

> voir toutes (25)

Videos de Lydie Salvayre

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Lydie Salvayre

Lydie Salvayre mérite-t-elle le prix Goncourt ? .
LE CLASH CULTURE. Chaque semaine Grégoire Leménager de Bibliobs et Jean-Christophe Buisson du "Figaro-Magazine" débattent sans détour de l'actualité culturelle.








Sur Amazon
à partir de :
5,00 € (neuf)
0,01 € (occasion)

   

Faire découvrir Portrait de l'Ecrivain en Animal Domestique par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz