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ISBN : 2020873532
Éditeur : Editions du Seuil (2007)


Note moyenne : 3.07/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Tout oppose, a priori, l’écrivain et le businessman. L’un incarne (ou le croit) la soif d’absolu, le goût de l’inutile, l’esprit de révolte. L’autre, la brutalité affairiste, l’accumulation avide et le désir violent de dominer.
Qu’advient-il lorsque l’un se met a... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 02 janvier 2013

    LiliGalipette
    Jim Tobold est le roi du hamburger et de la frite. Il est au sommet du monde capitaliste. Il ne lui manque qu'une chose, passer à la postérité. Pour ce faire, il embauche une jeune auteure et la paye royalement pour qu'elle écrive sa biographie. Mieux, il veut qu'elle écrive l'évangile de Tobold. La jeune auteure entre dans l'intimité du magnat du burger et note toutes ses paroles et ses faits. « Pourrais-je longtemps me taire, […], devant les pratiques de Tobold que je jugeais aussi brutales que cynique et qu'il me fallait, non seulement justifier mais aussi magnifier dans mes catéchistiques écrits ? » (p. 57) Car oui, c'est vraiment comme un évangile que Tobold voit sa vie et son œuvre, les deux entièrement dédiées au culte de la Libre Économie. « Je veux que King Size vende de toute, des frites et de l'esprit, je veux que l'esprit souffle et que la frite gave. » (p. 24) Oui, Tobold est un nouveau prophète !
    L'écrivain est d'abord révolté par la vie d'abus de Tobold et sa conception du monde. « Être non seulement le nègre de Tobold le roi du hamburger, mais le nègre de moi-même étrangère à moi-même. » (p. 12) Mais lentement, elle s'enfonce dans le luxe qui lui est offert. le récit est rétrospectif et l'auteure commence une réflexion sur la qualité de l'écriture et la valeur du talent. L'argent peut-il tout acheter, même le génie ? Peut-il aliéner l'acte sublime de créer ?
    Suivez les mots irrévérencieux de Lydia Salvayre et venez communier à la malbouffe ! « La frite était un modèle, un refus, un style, une entéléchie. La frite était un paradigme, une métaphore, un bâtonnet emblématique. La frite était eucharistique. » (p. 117) Entre coups de griffe à tout va et cynisme aiguisé, ce roman dresse le portrait féroce d'un homme qui a fait sien les principes du capitalisme et de la globalisation, jusqu'à nommer son chien Dow Jones. Son évangile est parfaitement iconoclaste, mais également parfaitement hilarant. Et c'est une croyante convaincue qui vous le dit ! « Les petits enfants, mes amis, sont les anges à notre solde ! Ils magnifient notre œuvre de la fraîcheur de leur connerie et innocente nos profits de leur cœur pur et de leurs boucles blondes. » (p. 168) Tobold est un mystique moderne qui multiplie les frites comme d'autres les pains et dont les disciples sont légion, futurs martyrs du fast-food. Ouvrez ce roman et servez-vous une bonne tranche de noire rigolade !
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    • Livres 4.00/5
    Par chriskorchi, le 31 janvier 2014

    chriskorchi
    'est l'histoire d'une écrivain française talentueuse qui décide d'écrire la biographie de Tobold, roi du hamburger, une sorte de Bill Gates de la restauration et de l'argent rapides.
    L'écrivain s'installe donc dans le quotidien de Tobold, et fait la connaissance de Cindy, l'épouse du magnat et de Dow Jones, son chien. L'écrivain comprend alors à qui elle a affaire.
    C'est truffé de rencontres improbables, de mots bizarres, de situations totalement loufoques. On pourrait penser que ça serait lassant mais non pas du tout c'est brillant et la sauce prend.
    C'est un livre OVNI qui dénonce le capitalisme, le pouvoir et la société de consommation. Il y a donc un petit côté pamphlet.
    J'ai beaucoup aimé et je le conseille fortement.
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    • Livres 1.00/5
    Par Olibabe, le 14 octobre 2013

    Olibabe
    Un thème absolument génial : une jeune femme, écrivain(e), transformée en secrétaire, qui ne devra écrire que ce qu'on lui dira d'écrire. Transformée, à proprement parler, en animal domestique, aux pieds d'un commercial sans scrupules pour qui le salut est étroitement lié au capitalisme effréné.
    Le roman de L. Salvayre propose de nombreuses réflexions sur le statut de l'écrivain qui ne sont pas sans intérêt, et également de nombreuses tirades savoureusement ironiques sur le capitalisme. Une belle irrévérence...
    Malheureusement, un traitement sans finesse de l'histoire, peut-être parce que l'auteur(e) a voulu être "hyper-actuelle" et s'est pour cela sentie le devoir d'intégrer Robert Deniro, Bill Gates et bien d'autres dans le récit. La fin du roman, d'un optimisme absurde après 150 pages de plaintes, est décevante. Enfin, un style souvent original mutilé à coup de subjonctifs désuets et mal employés qui rendent la lecture insupportablement lourde et pédante, trahissant une écriture forcée et certainement menée avec une liste de mots "à caser absolument" préalablement choisis.
    Non, vraiment, le terme pour ce roman est "mal ficelé".
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    • Livres 4.00/5
    Par filsdejoie, le 30 avril 2014

    filsdejoie
    agréable à lire, un français riche, un trait irrégulier avec il est vrai quelques perles. Mais ou est passé l'auteure de "La puissance des mouches" ?

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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 02 janvier 2013

    « Les petits enfants, mes amis, sont les anges à notre solde ! Ils magnifient notre œuvre de la fraîcheur de leur connerie et innocente nos profits de leur cœur pur et de leurs boucles blondes. » (p. 168)

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  • Par mandarine43, le 02 octobre 2011

    [ Incipit ]

    J’avais le cou meurtri à cause de la laisse, et l’esprit fatigué de l’entendre me dire C’est noté ? vingt fois par jour C’est noté ? sur le ton qu’il réservait au personnel de service C’est noté ? Car je devais me rendre à l’évidence,
    j’étais à son service. Tenue de lui obéir, de l’admirer, de pousser des Oh, des Ah et des C’est merveilleux. Et j’avais beau me prétendre écrivain, j’avais beau me flatter de consacrer ma vie à la littérature, j’avais beau me convaincre du caractère romanesque de la besogne que j’avais acceptée, inconsidérément, il n’en demeurait pas moins que j’étais à la botte d’un patron promu par la revue Challenge leader le plus influent de la planète, lequel m’avait chargée d’écrire son évangile (c’était le mot dont il avait usé mi-amusé mi-sérieux), d’écrire son évangile contre rétribution, et la somme qu’il m’avait offerte était telle que je n’avais pas eu le coeur de la refuser.
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  • Par LiliGalipette, le 02 janvier 2013

    « Pourrais-je longtemps me taire, […], devant les pratiques de Tobold que je jugeais aussi brutales que cynique et qu’il me fallait, non seulement justifier mais aussi magnifier dans mes catéchistiques écrits ? » (p. 57)

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  • Par chriskorchi, le 31 janvier 2014

    Qu’il me tutoye, passe encore, me disais-je mais qu’il se gratte ou se laisse aller à remonter, devant moi, avec un parfait naturel, ses génitoires, cela me désoblige de la plus violente manière

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  • Par LiliGalipette, le 02 janvier 2013

    « La frite était un modèle, un refus, un style, une entéléchie. La frite était un paradigme, une métaphore, un bâtonnet emblématique. La frite était eucharistique. » (p. 117)

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Vidéo de Lydie Salvayre

Pas pleurer - Lydie Salvayre .
Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Georges Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationaux avec la bénédiction de l?Église catholique contre les « mauvais pauvres ». Son pamphlet, Les grands cimetières sous la lune, fera bientôt scandale. Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et « mauvaise pauvre », qui, soixante-quinze ans après les événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours radieux de l?insurrection libertaire par laquelle s?ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d?Espagne, jours que l?adolescente qu?elle était vécut avec candeur et allégresse dans son village de haute Catalogne. Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent, comme enchantées par l?art romanesque de Lydie Salvayre, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, portées par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée. http://www.rentree-seuil.com/ouvrage/pas-pleurer








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