> Françoise Duscha-Calandre (Traducteur)

ISBN : 2864242478
Éditeur : Editions Métailié (2004)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
Salvatore Roncone, vieux paysan calabrais attaché à sa terre et à ses traditions, doit se rendre à l'évidence. Pour combattre cette bête qu'il nomme la "Rusca" et que les médecins appellent le cancer, qui lui dévore peu à peu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par MlleOceane, le 29 mai 2012

    MlleOceane
    J'ai beaucoup aimé ce livre. L'histoire ce vieil homme qui se sait condamné et qui affronte sa mort future non pas avec fatalité mais avec courage. Au départ, il est sérieusement en pétard de devoir quitter son bon vieux pays pour la ville, chez son fils. Mais petit à petit un lien se tisse avec son petit fils, qui n'est encore qu'un bébé. On voit ici sous un nouvel angle la relation entre deux personnes du même sang qui ont un grand écart d'âge, la proximité qu'il est possible d'acquérir...
    Ce livre est aussi un moyen d'aborder le vieillissement d'une autre manière, en parvenant à se dire "vieillir, au fond quelle chance ! " puisque d'accord, cela implique une mort ans cesse plus proche, parfois des problèmes divers, maladies etc, mais c'est aussi s'enrichir un peu plus chaque jour de savoir et d'émotions...
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl, le 13 septembre 2009

    chocobogirl
    Salvatore Roncone est un vieux paysan calabrais, très attaché à ses traditions. Il aime sa terre et la montagne qui a su le protéger pendant la guerre contre les allemands, il aime les produits du terroir qui fleurent bon et lui rappellent son village, il est un homme, doit imposer le respect et laisser les affaires familiales aux femmes.
    Mais Roncone est malade. Les examens qu'il doit subir l'oblige à aller habiter à Milan chez son fils et sa belle-fille. le couple, au contraire, a parfaitement intégré le monde moderne avec ses produits manufacturés et ses préceptes d'éducation sortis des livres. La cohabitation avec le vieux Roncone va être difficile. Réfractaire à toute modernité, il ne fait que critiquer la vie milanaise . De plus, la bestiole qui lui ronge le ventre, sa "rusca" n'aide pas à supporter ce déracinement.
    Pourtant, une chose le fait tenir : son petit-fils Brunettino qui va finir par adoucir les manières de ce vieux bourru. Son attachement inattendu pour un enfant d'un an environ qui ne peut encore parler va s'épanouir et transformer notre Roncone qui n'avait alors jamais touché ses propres enfants. De même que la rencontre avec une femme qui le comprendra lui fera découvir la nature profonde de l'amour.
    Dans ce roman magnifique, on ne pourra qu'être bouleversé par l'émotion et la tendresse de cet homme en fin de parcours qui cherche à transmettre à son petit-fils les valeurs qu'il n'a pas pris le temps de donner à son fils. Narrant à Brunettino ses exploits guerriers et ses souvenirs de jeunesse, Roncone espère en faire un homme bon en lui donnant les clés de la vie. le monologue du grand-père (brunettino est trop petit pr parler et même comprendre pourrait-t'on dire) amène peu à peu une remise en question de ses idéaux. Voir ce vieux bonhomme un peu macho devenir plus tendre dans ses gestes et se réjouir de se voir pousser des "seins" plus accueillant pour le petit (suite aux hormones inclues dans son traitement contre la maladie) est un vrai plaisir. Tout comme, la redécouverte du sentiment amoureux avec la bonne Hortensia qui lui fera découvrir une nouvelle forme d'amour où chacun se donne entièrement à l'autre.
    Récit des relations difficiles entre parents et enfants, le roman est aussi une belle leçon sur l'acceptation des différences. le fils dont le père ne s"est jamais vraiment occupé (c'est un travail de femme) accepte les excentricités de son père qu'il aime sans jamais avoir pu le lui dire. Les rares moments de tête à tête entre les 2 hommes sont très touchants, réactivant les sentiments enfouis de filiation.
    Enfin, l'auteur y expose la difficulté de vieillir et l'acceptation de la mort. Roncone, qui n'a aucune illusion sur le sort que la "rusca" lui fera, n'espère qu'une chose : vivre assez pour voir la mort de son pire ennemi. Pourtant le moment arrive mais il n'arrive pas à se réjouir. le vieux calabrais veut profiter des derniers moments qui lui reste pour apprendre tout ce qu'il sait à son petit-fils et lui montrer son village, sa maison qui deviendra sienne.
    Roman bouleversant qui m'a fait verser quelques larmes dans ces dernières pages très poignantes et c'est assez rare pour être souligné...
    Un roman qui transcende la mort par l'amour.
    Un chef d'oeuvre qu'on oublie pas !


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-35230189.html
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 29 octobre 2011

    litolff
    Un roman touchant qui aborde la fin de vie et l'approche de la mort, l'amour et la rédemption.
    Un vieil homme endurci et malade dont la seule préoccupation est d'enterrer son ennemi va, petit à petit, au contact d'un petit-fils qu'il ne connaissait pas, redécouvrir l'amour pour les siens et la plénitude de la vie.
    C'est bien évidemment pétri de bons sentiments, de foi en l'humanité et d'optimisme... j'ai cependant préféré le premier roman de José Luis Sampedro, "Le fleuve qui nous emporte".
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    • Livres 5.00/5
    Par lapublivore, le 31 décembre 2010

    lapublivore
    Le héros, Salvatore Roncone, vieux paysan calabrais solitaire, très attaché à ses origines, est contraint, pour lutter contre le cancer qui l'emporte peu à peu, de quitter son village natal bien aimé et partir en convalescence chez son fils, un citadin milanais, qui partage sa vie en appartement avec épouse et enfant. le grand-père ne peut s'empêcher de détester cette grande ville, trop encombrée, trop bruyante, sans beauté, et aussi sans la moindre saveur, par rapport à sa montagne qu'il affectionne tant.
    Cet enfer va pourtant lui permettre de faire la connaissance de son petit-fils Bruno, qui fera ses premiers pas avec lui. Ce grand-père bourru, va s'attacher à ce petit être qui porte d'ailleurs le même nom que celui que ses camarades partisans lui avaient donné au temps du maquis.
    Ce livre à l'écriture très sensible est particulièrement émouvant : on y découvre beaucoup de nuances dans les rapports humains, dans les sentiments trans-générationnels. Une grande douceur se dégage de ce roman plein de tendresse, d'émotion, de sérénité. Il est infiniment touchant.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par migo, le 15 janvier 2009

    migo
    Ce livre a été pour moi un bain de sérénité, à un âge où l'idée de la vieillesse n'est pas toujours une source d'optimisme.
    Quelques mots pour faire partager mon emballement pour ce livre dont je ne connaissais pas du tout l'auteur (traduction espagnole) :
    Saveurs de la Terre, rudesse, vérité, désir de transmission et émotion devant un enfant de quelques mois, qui sera influencé par ce grand père, La virilité n'est pas exclue, non plus que le bon sens paysan.
    Tendresse et amour de la vie.
    Un vrai régal à ne pas manquer !
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Citations et extraits

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  • Par MlleOceane, le 29 mai 2012

    Il le guide à travers les couloirs et les guichets de la bureaucratie hospitalière jusqu'à la salle d'attente où il lui répète une fois de plus ses instructions :
    -alors,c'est entendu, père, en sortant, vous prenez un taxi juste devant la porte pour rentrer la maison."
    Le père écoute, attentif, mais son sourire devient dédaigneux dès que Renato s'éloigne."ces jeunes de maintenant, j'aurais bien voulu les voir pendant la guerre, fuyant les boches à travers une ville inconnue... prendre un taxi; et puis quoi encore ! J'en aurai pour dix milles lires au moins ! "
    S'il s'écoutait, le vieux s'en irait sans se faire piquer mais le fameux docteur va exiger l'analyse pour contnuer la routine."Routine et comédie, c'est ça qui m'énerve...ils me prennent pour un vieux gâteux ?"
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  • Par Aproposdelivres, le 14 avril 2009

    C'est un sacrifice de supprimer peu à peu le tabac ; en revanche, ses petits déjeuners clandestins sont un plaisir, surtout celui qu'il fait trois jours plus tard alors qu'il ne devrait rien manger. On va lui faire une prise de sang à neuf heures pour l'analyse prescrite par le fameux docteur, à la consultation duquel Andrea l'a conduit la veille. Prescrite, en réalité par son assistante ou qui que ce soit – aussi grosse qu'Andrea est mince, mais avec la même façon de parler - car, après de nombreux rendez-vous organisés, attente, couloirs et autres rites préliminaires, ils n'ont pas réussi à pénétrer dans le sanctuaire du médecin. Le vieux s'amuse en pensait à la satisfaction qu'aura Andrea, lorsqu'elle va se lever et apparaître dans la cuisine, de voir avec quelle docilité il s'abstient de manger.

    "Cette histoire de jeûner avant les analyses, pense-t-il en savourant son fromage blanc à l'oignon et au olives, c'est des foutaises de médecin. Du cinéma pour toucher plus. Des analyses, pour quoi faire ? De toutes manières, ça va mal tourner, pas vrai Rusca ? Tu vas t'en charger toi !"

    On ne lui fait pas la prise de sang au cabinet du fameux docteur, mais au Grand Hôpital. (…)

    S'il s'écoutait, le vieux s'en irait sans se faire piquer, mais le fameux docteur va exiger l'analyse pour continuer la routine. "Routine et comédie, c'est ça qui m'énerve… Ils me prennent pour un vieux gâteux ? Ils croient que je suis venu pour me faire soigner ? Pauvres naïfs ! Si c'était pas à cause de cette charogne de Cantonotte qui respire encore, maudit soit-il, est-ce que j'aurais un jour accepté de quitter le village où je pourrais finir mes jours tranquillement dans mon lit, au milieu des copains et avec ma montagne sous les yeux, la Femminamorta, paisible sous le soleil et les nuages ?".
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  • Par migo, le 15 janvier 2009

    "Laisse moi te guider, mon petit, je te mettrai sur la bonne voie pour escalader la vie, qui est dure comme la montagne, mais qui te remplit le coeur quand tu es au sommet"
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  • Par litolff, le 31 mai 2011

    L'enfant se blottit dans ses bras et essaie, en riant, d'agripper les cheveux gris frisés. Le vieux étreint cette vie toute palpitante à fleur de peau.
    Les premiers jours, il avait peur de déformer ces chairs tendres; maintenant, il sait que l'enfant n'est pas fragile. Tout petit, oui; ayant besoin d'aide, aussi; mais exigeant, impérieux. Quelle énergie quand, soudain, il éclate en cris suraigus, agite bras et jambes avec violence ! Stupéfiante cette volonté absolue, cette détermination obscure, cette condensation de vie.
    C'est comme ça que, jeune berger, le vieux prenait dans ses bras son Lambrino, mais le comportement de son agneau préféré n'offrait jamais d'imprévus. L'enfant, au contraire, le surprend à chaque instant ; c'est un perpétuel mystère...
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  • Par migo, le 15 janvier 2009

    -Honte, parce que c'était des trucs de femmes, hein?...Tu pensais qu'en faisant ça, tu te rabaissais.
    -Mais c'est vrai qu'on sait peu de choses de la vie des femmes, malgré toutes celles qu'on a connues! dit il avec un sourire vantard.
    - c'est parce que tu ne les as pas vraiment connues, idiot. Tu les as possédées, c'est tout, en passant.
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