ISBN : 2266083740
Éditeur : Pocket (1999)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Lorsqu'on demande à Stephen King, le fameux romancier américain, pourquoi il a choisi d'écrire sur des sujets aussi macabres, il répond : "Qu'est-ce qui vous fait penser que j'ai le choix ?"
Un romancier ne l'a jamais, il obéit au papier, un point c'est tout !> voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(4)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par tilly, le 09 septembre 2010

    tilly
    Daniel Fattore, blogueur suisse, a lancé un défi-lecture de l'œuvre du plus suisse des écrivains français : Frédéric Dard, disparu il y a dix ans.
    Avis aux nombreux amateurs de San-Antonio : le défi reste ouvert jusqu'au 31 décembre 2010 !
    Pour ma part j'ai répondu à l'appel à lecture commune du roman qui fait l'objet de ce billet : La Vieille qui marchait dans la mer.
    Mon premier San-Antonio (donc Frédéric Dard), mais sans le commissaire homonyme, ni Bérurier et ses potes que je ne connaissais de toute façon que de réputation.
    Extraordinaire premier chapitre : où l'extravagante, richissime, et très vieille Lady M. se promène les pieds dans l'eau, au bras d'un jeune éphèbe mal dégrossi, sur une plage des Caraïbes -- comment elle décide de faire l'“éducation” du mignon dans plusieurs des sens du terme -- comment elle l'invite à la suivre pour faire partie de sa vie d'aventurière.
    Le dernier chapitre n'est pas mal non plus : où la boucle est bouclée -- où Lambert passe du statut d'”invité” cynique de Lady M. à celui de tendre protecteur attentionné -- où Lady M. lâche enfin prise, se laisse aller au gâtisme et devient pour le pire, “la pensionnaire” de son “éternel invité”.
    Entre les deux, le début et la fin, comme dans un sandwich trop riche, ça dégouline de morceaux de bravoure et de rebondissements scénarisés jusqu'à la caricature.
    
Ne voulant pas que l'on pense que je suis une petite nature devant les nourritures littéraires un peu grasses, je me suis vaillamment accrochée jusqu'à la fin (page 332), et je n'ai pas regretté même si les premières pages m'avaient fait miroiter plus de finesse et d'originalité dans l'ensemble.
    Dans La vieille il y a plusieurs romans, pour plusieurs lecteurs.
    Moi j'aurais volontiers laissé tomber les méticuleux montages d'arnaques dignes de Mission Impossible, et je n'aurais gardé que les deux “couples” (Lady M./Lambert, Pompilius/Noémie) et leurs empoignades, en virant au passage l'attendue scène d'échangisme qui n'apporte pas grand-chose à mon avis.
    Un peu too much donc, avec quelques personnages et tableaux bien peints, mais inutiles à mon goût.
    L'idée de génie de ce roman, c'est le dédoublement des deux personnages principaux : Lady M. et Lambert.
    Chacun d'eux possède sa propre voix intérieure qui lui permet de “lâcher la vapeur” en s'adressant intimement à un interlocuteur bien choisi qui le comprenne.
    Lady M. s'adresse à Dieu, sans châtier son vocabulaire. Son jardin secret, son coin pour se ressourcer, c'est Dieu qui est dans sa tête, dit-elle.
    Lambert qui ne “sent pas Dieu”, a choisi de prendre Lady M.(sa Milady) secrètement à témoin de ses pensées et de ses fantasmes.
    La distinction et la délicatesses n'étant pas des attitudes qui leur soient naturelles, à l'un comme à l'autre, il leur faut passer par cet exutoire pour ne pas se trahir en (bonne) société, tout en restant fidèles à leurs vraies racines. Pour chacun d'eux, cette sorte d'auto-confession libératoire intérieure est le moyen de mettre leurs sentiments à nu.
    C'est un peu comme si Dard-Shiva jouait la partition de son roman à quatre mains... le système des monologues intérieurs s'intercalant dans les dialogues “sonores” est très original et particulièrement réussi, stylistiquement.
    Le summum de la virtuosité est atteint à la fin du roman : la pauvre Milady perdant le sens de son intériorité, raconte à trois reprises, à voix haute et dans des termes presque identiques, le terrible souvenir de petite enfance qui est à l'origine du secret de toute une vie de non-dit.
    J'aimerais bien savoir : comment ce roman fut-il reçu en 88 ? Les fans de San-A ont-ils été surpris ? Déçus ? Enthousiastes ? Que disaient les critiques littéraires ?
    
A cette époque, il n'y avait pas encore de blogs de lecteurs, qui comme on sait aujourd'hui, à de rares exceptions près (je salue Daniel Fattore !), sont des blogs de lectrices.

    Je me trompe peut-être, mais je perçois que le lectorat “de masse” de San-Antonio était alors, et est encore aujourd'hui, très masculin, voire macho.
    
Mais dans La Vieille qui marchait dans la mer, il y a la révolte, puis le désespoir et la résignation devant le vieillissement, et ça nous touche, nous les ladies !
    Et cela me touche que cela soit un homme, et que ce soit San-Antonio, qui décrive cet état d'esprit avec une telle force et une telle précision. Car c'est Lady M., son personnage féminin âgé qui est le plus juste et le plus beau dans ce roman, jusque dans son outrance.
    Les pages à la fin du roman, dans lesquelles Frédéric Dard décrit Milady commençant à perdre ses repères et à sombrer, sont terriblement véridiques pour qui a assisté de près au naufrage d'un être proche. Je me suis dit qu'écrivant La vieille à plus de soixante ans, Frédéric Dard vivait sans doute cette épreuve au quotidien pour la décrire ainsi de façon si précise et si poignante : sa mère, peut-être ?

    “ Chaque jour me tue et les jours de mon âge sont plus meurtriers que les jours des êtres jeunes. “

    Lien : http://tillybayardrichard.typepad.com/le_blogue_de_tilly/2010/09/lu-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 13 septembre 2010

    annie
    Daniel Fattore a lancé le challenge San-A...
    je m'attéle donc à la relecture de ce livre, et si j'en ai le temps, je regarderai également le film...
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 14 septembre 2010

    annie
    Je participe au défi San-Antonio de Daniel FATTORE ... je me suis inscrite pour lire "La Vieille qui marchait dans la mer", une relecture donc du chef d'oeuvre de Frédéric Dard...
    et tout de suite, la magie du verbe du père de San Antonio agit de nouveau... un tourbillon de bons mots et d'imagination... il n'y a plus qu'à se laisser emporter de nouveau.
    Lady M parcourt le monde au côté d'un ancien diplomate roumain Pompilius Senaresco... complices de toujours, vieiux escrocs retirés en Guadeloupe pour y couler des jours heureux... mais...
    Lady M a 85 ans, fait la rencontre de Lambert Crissier, un garçon de plage qui essaye de l'arnaquer...Soixante ans les séparent... elle l'arrachera à sa médiocrité, il la gardera en vie... elle décide d'adopter Lambert ...
    Lady M et Pompilius ont été amant, puis un jour, la vieillesse venant elle lui dit : "Pourquoi s'obstiner a faire du bouche-à-bouche à un amour mort ? ... Soyons de rentier de la passion..."
    Pompilius s'inquiète de l'arrivée du jeune homme...

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par wakinasimba, le 02 janvier 2011

    wakinasimba
    Mon avis :
    Voilà un San-Antonio que j'ai pu lire jusqu'au bout. Car, voyez-vous, mon cher et tendre est un adepte de San-A et possède dans sa table de nuit toute une série de (vieux) bouquins de cet auteur. J'ai essayé, plusieurs fois, d'en lire, mais "Fleur de nave vinaigrette" ou encore "L'Histoire de France par Béru" ne m'ont pas passionnés, c'est le moins que l'on puisse dire, et je les ai lâchement abandonnés.
    Avec ce San-A-là, rien de tout cela. Je suis rentrée sans trop de difficultés dans la narration, et me suis retrouvée avec délice dans les années 80 où l'on comptait encore en francs, où les téléphones portables n'existaient pas, ni Les connexions internet et autres ordinateurs. Un vrai dépaysement, je vous dis.
    Une utilisation des synonymes de la langue française des plus délectables, dont certains vocables surannés m'ont ravi.
    Un bémol toutefois : le détective de l'agence suisse, chargé de faire la lumière sur un virement douteux, meurt bien facilement devant la fenêtre de Lady M....
    L'avis de mon mari :
    "Pas un des meilleurs San-A, j'ai attendu Béru et le commissaire, mais nada ; et puis la vieille n'en fini pas de finir" (sic).


    Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2010/12/27/19864772.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (1)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par annie, le 14 septembre 2010

    "Pourquoi s'obstiner a faire du bouche-à-bouche à un amour mort ? ... Soyons de rentier de la passion..."
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (5)

Videos de San-Antonio

>Ajouter une vidéo
Vidéo de  San-Antonio


Jacques Jouet le Roman-feuilleton
Jacques Jouet le Roman-feuilleton -Agatha de Mek-Ouyes - éditions POL : Où jacques Jouet tente d'expliquer comment il écrit (parfois) des romans-feuilletons, en quoi la fiction n'est pas toujours le romanesque, parle notamment d'Honoré de Balzac et de Jules Verne, d'Eugène Sue, d'Alexandre Dumas et de Frédéric Dard, de l'Oulipo et des contraintes, de Ian Monk et de Frédéric Forte, et de Thierry Fourreau, du mariage (homosexuel) de Rabbi Boché avec Imam Anké, de Mek-Ouyes bien entendu, et de la fameuse lectrice, et de "La République de Mek-Ouyes", de "Mek-Ouyes amoureux" , à l'occasion de la parution d'"Agatha de Mek-Ouyes" aux éditions POL, à Paris le 4 avril 2011








Acheter sur Amazon

Faire découvrir La vieille qui marchait dans la mer par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (62)

> voir plus

Quiz