Depuis qu'il a quatre ans, Sacha vit avec sa grand-mère et son grand-père. Et c'est lui-même qui va nous raconter son calvaire. Enfin, lui ne voit pas ça vraiment comme un calvaire. C'est sûr que se faire traiter de "charogne", "débile" ou même "ordure", ce n'est pas vraiment ce qu'on attend d'une grand-mère. Mais pour lui, d'un côté il y a la vie, avec son grand-père et sa grand-mère, et de l'autre côté le bonheur, lorsque sa mère vient le voir de temps en temps. Et jamais il ne pourrait s'imaginer qu'un jour le bonheur puisse devenir sa vie.
Au début, on a du mal la comprendre cette drôle de famille qui laisse cet enfant souffrir comme ça. Et puis, au fur et à mesure, on commence à deviner certaines souffrances qui, même si elles n'excusent pas tout, permettent de cerner un peu les attitudes de chacun : une fille qui n'a pas été assez aimée dans son enfance et qui n'a pas la confiance en elle nécessaire pour s'opposer à ses parents ; un grand-père qui a essayé toute sa vie d'aider sa femme, mais qui a baissé les bras depuis de trop nombreuses années ; une grand-mère enfin qui a perdu un premier enfant et ne s'en est jamais remise et qui développe visiblement un syndrome de Münchhausen par procuration.
Ça a l'air léger au premier abord, comique même dans certaine situation car raconté par un enfant de neuf ans, mais c'est une histoire tragique que nous livre
Pavel Sanaïev. L'histoire d'une famille décomposée qui ne sait comment faire face à la folie et aux secrets.
Lien : http://www.tulisquoi.net/enterrez-moi-sous-le-carrelage-pavel-sanaiev