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> Marianne Millon (Traducteur)

ISBN : 2742765182
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 113 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sur un îlot perdu de l'Atlantique sud, deux hommes barricadés dans un phare repoussent les assauts de créatures à la peau froide. Ils sont frères par la seule force de la mitraille, tant l'extravagante culture humaniste de l'un le dispute au pragmatisme obtus de l'autre... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Sesheta, le 18 juillet 2009

    Sesheta
    Les aventures d'un naufragé volontaire sur une île peuplée d'un type acariâtre et de créatures étranges. Si l'auteur use de certaines caractéristiques de la littérature dite d'horreur/fantastique, le propos de ce roman n'est pas là puisque les monstres ne sont, ici, que prétexte à réflexion... miroirs où se reflète notre propre bestialité. Outre une aventure palpitante, l' intérêt du roman réside donc dans la confrontation du personnage à la solitude, à l'inconnu, à la peur de l'autre, de la différence... Une exploration intelligente des profondeurs de l'âme humaine et des logiques ancestrales des conflits. Un roman habile, bien construit (même si, au début, l'histoire peut paraître un peu longue à se mettre en place), que vous ne pourrez reposer avant de l'avoir fini et qui ne vous quittera plus.
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    • Livres 5.00/5
    Par Olivia_Lanchois, le 21 février 2010

    Olivia_Lanchois
    AAAAAAAAAAH !!
    Ceci est un cri d'extase. Cela devrait suffire à donner une idée de l'effet que m'a fait ce livre mais je vais tout de même m'exprimer de manière civilisée.
    De prime abord, le sujet m'emballait grave sa race. Et une fois le livre entamé, je fus happée par l'ambiance et le cadre angoissant de cette île perdue au milieu de nulle part. le personnage du narrateur débarque innocemment sur l'île, prêt à y vivre une année entière, avec des raisons de fuir la civilisation qui lui sont propres et qu'il évoque juste assez pour se faire une idée, et point trop pour ne pas digresser. Donc, le narrateur s'aperçoit vite que tout ne tourne pas rond sur l'île. Son seul voisin, une espèce de brute aux allures de psychopathe, ne va pas s'empresser de faire sa connaissance malgré l'hostilité environnemental qu'ils partagent dorénavant. le narrateur, à peine installé dans sa maison de climatologue, va devoir subir les attaques cauchemardesques de monstres aquatiques digne d'un délire lovecraftien. Confronté à la dure réalité de l'île, son unique objectif sera de survivre aux assauts répétés et hargneux des bestioles en attendant le retour du bateau supposé le récupérer l'année suivante. Par la force des choses et après un certain nombre d'événements, le narrateur et la brute vont finir par s'allier.
    Réfugiés dans le phare, seul abri face à l'invasion meurtrière venue du fond des océans, les deux hommes, que pas mal de choses opposent, vont devoir cohabiter et lutter pour leur survie. Leur entente ne sera possible que dans une alliance contre les monstres, une alliance pour survivre. Batís Caffó, homme mystérieux un brin primaire mais néanmoins favorisé par son expérience face aux monstres, a tout ou presque du néandertalien. La description physique que nous en fait le narrateur le rapproche de la bête, ainsi que sa psychologie rigide. le narrateur, plus subtil dans ses raisonnements et réflexions, évoluera de manière différente face aux bestioles.
    Ce qui suit peut contenir de bons gros spoilers alors attention !
    Tout d'abord vus dans un contexte de peur et d'ignorance, les monstres sont considérés comme des monstres sanguinaires et cannibales. le point de vue est celui du narrateur, très vite assailli et menacé, mais c'est aussi celui de Batís Caffó, qui lui a déjà vécu cet état de siège depuis plusieurs mois. Ancrés dans la conviction que ces êtres ne sont que des animaux nuisibles, les deux hommes vont donc lutter pour leur survie en massacrant ces monstres, sans état d'âme ni remords. L'élément perturbateur, comme toujours sera une femelle. La “mascotte”, comme l'appelle le narrateur, spécimen femelle des monstres, joue le rôle de la bon che et d'esclave sexuelle que Batís Caffó utilise sans scrupule apparent. Soumise et de toute évidence assez éloignée de l'Homme, la mascotte va peu à peu semer le doute et la réflexion dans l'esprit du narrateur. ce dernier va progressivement voir les monstres d'un autre œil. La mascotte, à laquelle il va finir par donner un nom, Aneris, vaguement entendu lors de ses chants et dialogues à distance avec les monstres, va se montrer plus humaine sur bien des points. L'apparition et la présence fréquente d'enfants, inoffensifs et joueurs, va finir de convaincre le narrateur de l'Humanité des bestioles. Dès lors le récit bascule, et les deux hommes, que tout opposait déjà mais que leur lutte commune maintenait relativement unis, vont s'opposer de plus en plus violemment. Batís Caffó, toujours aussi obtus, refusera de voir une once d'humanité chez ses assaillants, même si on devine qu'au fond de lui il a toujours connu leur vraie nature. le narrateur, dont le cheminement intellectuel mène à la réalité, ne réussira pas à faire admettre cette réalité à Caffó, qui préfère se convaincre de l'animalité des monstres, car reconnaître le contraire serait admettre qu'il a tué des hommes, des égaux, et ferait donc de lui un assassin, ce qu'il refusera jusqu'à sa fin tragique.
    Fin des spoilers potentiels vous pouvez poursuivre !
    Récit d'aventures et d'horreur, ce huis-clos est aussi une réflexion sur l'Autre, sur l'étranger. Les réactions des deux héros ne diffèrent pas des envahisseurs coloniaux qui ont parsemé l'Histoire et anéanti ou asservi bon nombre de civilisations et de cultures dont l'Humanité n'était pas reconnue par leurs envahisseurs blancs et soit-disant civilisés. La réaction première étant de réfuter une quelconque Humanité, on attaque, on détruit, on s'approprie et dans le meilleur des cas (ou le pire !) on évangélise. Dans toutes les situations, on s'impose, par la violence de préférence, pour montrer qui est le maître, on évite le dialogue (les animaux ne dialoguent pas, voyons !).
    Dans La peau froide, les envahisseurs ne sont que deux, et ne se voient pas comme tels. Ils débarquent assez innocemment sur l'île déserte, pour accomplir un travail, pour fuir la civilisation, pour des tas de raisons. Leur terreur face à une nouveauté qu'ils ignoraient et n'auraient pu concevoir les pousse à une violence défensive certes, mais ne se posent pas la question du pourquoi. le narrateur mettra lui-même beaucoup de temps à évoquer le fait que ces monstres se sentent sans doute envahis et agressés dans leur domaine et les comparera aux soldats coincés sur des champs de batailles qui luttent pour leur vie. Les survivants agglutinés sur les victimes avant de les emporter au fond de l'océan sont tout d'abord vus comme des cannibales se nourrissant de leur morts, puis comme des soldats emportant leurs blessés.
    Tout étant une question de point de vue, de préjugés et d'ouverture à l'autre, ou pas.
    En outre, le style est juste délicieux, raffiné mais pas trop, les mots sont justes et coulent tous seuls.
    Inutile de préciser que je compte fermement lire les prochains livres de cet auteur, pour commencer Pandore au Congo, que l'on dit encore meilleur !
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    • Livres 4.00/5
    Par Charybde2, le 19 mars 2013

    Charybde2
    Un huis clos fantastique, étouffant et barré...
    Une nouvelle découverte due à mes ami(e)s et collègues de Charybde... Ce premier roman écrit en 2002 (publié en France en 2004) a rencontré un succès mérité.
    Le narrateur, météorologue irlandais, rejoint son poste pour un an, sur une île minuscule et isolée de l'Atlantique Sud, pour y découvrir, après le départ du bateau, que lui et le gardien du phare, uniques habitants de l'île, seront soumis toutes les nuits aux assauts meurtriers de créatures venues de la mer...
    "Dans ces moments, il rappelait un de ces voltairiens qui en faisant des efforts d'imagination parviennent à créer des barricades. C'était le modèle de l'homme circonscrit à une vérité solitaire et unique, mais fondamentale. Il avait le courage de simplifier. On pourrait dire qu'il simplifiait tant et si bien, que même lui était capable de comprendre la base du problème. Quand il abordait les aspects techniques, par exemple, il avait un esprit clair et serein. Dans ce domaine, il était insurpassable, et c'était à cela qu'il devait sa survie. À d'autres moments, en revanche, il se laissait aller et tombait dans une esthétique de cosaque déserteur. Philosophe de la musculature, aux principes hygiéniques plus qu'ordinaires, quand il mangeait il ressemblait à un authentique ruminant."
    "Mais je n'avais pas l'obligation de le suivre. C'était par essence la seule liberté humaine qu'il me restait là-bas, au phare. Et dans le cas où l'on démontrerait que ce n'étaient pas des bêtes, l'ordre de Batís serait détruit avec plus de violence que celle que cachaient les arsenaux militaires de toute l'Europe.Cela, je le compris plus tard. Ces jours-là, je voyais un Batís Caffó qui ne faisait pas la part des choses. Mais qui ne serait pas disposé à modifier son angle de vue, quand la vie et le futur dépendent du regard que l'on porte sur l'ennemi ?"
    Anthropologue de formation, Sanchez Piñol convoque avec habileté le Jules Verne de "L'île mystérieuse" et le Roy Lewis de "Pourquoi j’ai mangé mon père" (voire le James Cameron d' "Aliens"...) pour nous emmener dans cette fable lancinante, alternant légèreté des journées au soleil paradisiaque et oppression des combats nocturnes incessants, des vagues d'assaut toujours renouvelées alors que munitions et défenses s'épuisent..., tandis qu'un huis clos étouffant s'empare peu à peu du météorologue et du gardien de phare...
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 25 janvier 2012

    kathel
    "Nous ne sommes jamais très loin de ceux que nous détestons. Pour cette même raison, nous pourrions donc croire que nous ne serons jamais au plus près de ceux que nous aimons."
    Voici comment commence ce livre qui transporte le lecteur dans une petite île isolée de l'Atlantique sud, où se dressent en tout et pour tout deux bâtiments : une station météorologique et un phare. le narrateur, orphelin irlandais, a lutté pour son pays, et, déçu par la spirale de violence qui perdure après l'accession à l'indépendance, préfère tout quitter pour une mission dans un îlot abandonné. Seul un gardien de phare est là lors de son arrivée, et son accueil manque pour le moins de chaleur.
    Quant à la première nuit, elle est digne d'un film d'horreur. Reste au héros à imaginer comment passer un an dans un îlot envahi chaque nuit de créatures agressives, avec un compagnon qui dérive vers la folie, et heureusement, une cargaison suffisante de munitions et de nourriture. Les deux hommes se rapprochent, s'allient, s'opposent, s'affrontent, se craignent. Au début du roman, c'est la lutte contre les monstres, nuit après nuit, qui importe, puis c'est le conflit entre les deux « humains » qui prend le dessus.
    Les pages de ce roman fantastique, horrifique et humaniste à la fois tournent à toute vitesse, ce qui ne les empêche pas d'être empreintes de réflexions tout à fait passionnantes sur ce qu'est l'humanité. Une belle découverte pour moi que cet auteur catalan, je le relirai à l'occasion.

    Lien : http://lettresexpres.wordpress.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 10 octobre 2010

    Nina
    Albert Sanchez Pinol traduit par Marianne Millon Edition Actes Sud
    J'ai lu ce livre grâce à un libraire qui m'a donné envie de le lire, je le remercie car c'est vraiment le plus grand roman d'aventure que j'ai lu, et c'est d'ailleurs bien plus que cela, mais ce roman n'est pas facile à raconter aussi le seul conseil que je peux donner c'est le lire, vous pouvez profiter de sa sortie en poche. Ce roman n'a pas eu beaucoup de publicité mais heureusement quelque chose de plus fort à marché : le bouche à oreille. Ce livre je l'ai lu en 3 jours je ne pouvais pas le poser. Il paraît que c'est le 1er d'une trilogie, la fin me convient mais si l'histoire continue tant mieux, j'attend la suite avec impatience.
    Sur un îlot perdu de l'Atlantique sud, deux hommes barricadés dans un phare repoussent les assauts de créatures à La Peau froide.
    Ils sont frères par la seule force de la mitraille, tant l'extravagante culture humaniste de l'un le dispute au pragmatisme obtus de l'autre. Mais une sirène aux yeux d'opale ébranle leur solidarité belliqueuse. Comme les grands romanciers du XIXe siècle dont il est nourri - Conrad, Lovecraft ou Stevenson -, l'auteur de La Peau froide mêle aventure, suspense et fantastique. Et, dans la droite lignée de ses prédécesseurs, c'est l'étude des contradictions et des paradoxes du comportement humain qui fonde ce roman, véritable jeu de miroir aux espaces métaphoriques.
    Les protagonistes pensent être au " cœur des ténèbres " quand les ténèbres sont dans leur cœur. Civilisation contre barbarie, raison contre passion, lumière contre obscurité : autant de pôles magnétiques qui s'attirent et se repoussent dans une histoire parfaitement cyclique, car l'homme toujours obéit aux mêmes craintes, aux mêmes désirs ataviques. Et depuis la nuit des temps, c'est, à la vérité, la peur de l'autre - plutôt que l'autre - qui constitue la plus dangereuse des menaces, le plus monstrueux des ennemis.
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Critiques presse (1)


  • Bibliobs , le 23 août 2013
    A partir d’une idée au fond assez simple, Sánchez Piñol est parvenu à trousser un conte qui ne perd jamais ni son souffle ni sa profondeur et qui a connu un succès fulgurant – quoiqu’ un brin confidentiel chez nous. Son roman est pourtant fantastique, dans tous les sens du terme.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par Sesheta, le 01 novembre 2008

    La mascotte avait entonné un air d'une lointaine origine balinaise, une mélodie qu'il serait inutile de décrire, une musique qui devait fuir tout pentagramme. Combiens d'humains avaient-ils entendu cette chanson ? Combien d'êtres humains, depuis le début des temps, depuis que l'homme est homme, avaient-ils eu le privilège d'entendre cette musique ? Juste Batis et moi ? Tous ceux qui avaient affronté à un moment donné la dernière bataille ?
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  • Par Sesheta, le 01 novembre 2008

    Qu'avait-il pu arriver ? Une nouvelle guerre de portée mondiale qui aurait interrompu le transit naval jusqu'à la fin des hostilités ? Peut-être. Mais, bien que nous les hommes nous ayons tendance à rejeter la faute de nos peines sur les grandes hécatombes -cela rehausse notre importance en tant qu'individus-, la vérité s'inscrit toujours en lettres minuscules.

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  • Par Sesheta, le 01 novembre 2008

    - Mein Gott, mein Gott... murmura soudain Batis. Les faces de crapaud sont plus nombreux que jamais.
    - Où sont-ils ? Je ne vois rien.
    Mais Batis ne répondait pas. Il était très loin de moi, bien qu'il fût là, à mes côtés. Il avait les lèvres écartées et humides d'idiot, comme s'il avait regardé à l'intérieur de son esprit au lieu de surveiller les abords du phare.
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  • Par Sesheta, le 01 novembre 2008

    C'était un hymne épouvantable et un psaume barbare, et il était beau dans sa malice ingénue, très beau. Il touchait tout le spectre de nos sentiments, avec la précision d'un bistouri ; il les mêlait, les altérait et les niait trois fois. La musique s'émancipait de l'interprète.

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  • Par Sesheta, le 01 novembre 2008

    Nous ne sommes jamais très loin de ceux que nous détestons. Pour cette même raison, nous pourrions donc croire que nous ne serons jamais au plus près de ceux que nous aimons.

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