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Marianne Millon (Traducteur)
ISBN : 2742765182
Éditeur : Actes Sud (03/01/2007)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 181 notes)
Résumé :
Sur un îlot perdu de l'Atlantique sud, deux hommes barricadés dans un phare repoussent les assauts de créatures à la peau froide. Ils sont frères par la seule force de la mitraille, tant l'extravagante culture humaniste de l'un le dispute au pragmatisme obtus de l'autre. Mais une sirène aux yeux d'opale ébranle leur solidarité belliqueuse.

Comme les grands romanciers du XIXe siècle dont il est nourri, l'auteur de La Peau froide mêle aventure, suspense... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
21 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Un homme, en fuite de lui-même, est dépêché pour 1 an sur une île loin de tout en tant que climatologue. Là, se trouve Batis Caffo, un homme taciturne, sauvage. Réfugiés dans le phare, les 2 hommes vont subir les attaques nocturnes d'étranges créatures marines.
"La peau froide" est un très bon roman fantastique qui mêle habilement action et réflexion.
La mise en place est rapide. L'auteur ne perd pas de temps et propose un récit rythmé qui se lit très vite.
Il parvient à renouveler régulièrement son intrigue, ce qui n'était pas gagné d'avance au vu de l'argument de départ. En effet, le huis-clos est un art délicat, ici très bien maîtrisé. L'auteur dose parfaitement la tension. le côté routinier des attaques des créatures auraient pu facilement donner lieu à des redondances et s'avérer ennuyeux. Il n'en est rien. A chaque fois, un nouvel élément vient renouveler le récit.
Les créatures marines sont à la fois effrayantes et fascinantes. La "mascotte", avec sa sensualité envoûtante et ses chants mystérieux, m'a évoqué une sirène.
Les personnages sont bien campés. Ils ont de l'épaisseur, tout en gardant une part de mystère. L'évolution du climatologue est particulièrement intéressante, à l'image du récit qui semble former une boucle.
Au delà du divertissement efficace, "la peau froide" décortique subtilement les mécanismes de la peur de l'autre. L'auteur ne désigne ni victimes, ni coupables, il raconte simplement comment la peur de l'inconnu, les préjugés et l'absence de communication engendrent la violence.
Voilà un récit très intéressant et bien mené, servi par une belle écriture, simple et élégante. Je ne connaissais pas du tout Albert Sanchez Pinol mais il ne fait aucun doute que ma route de lectrice croisera de nouveau un de ses livres.
Challenge Multi-défis 2017 - 18 (33- un livre d'un auteur du pourtour méditerranéen)
Challenge Atout-prix 2016-2017 - 20 (prix ojo critico de narrativa 2003)
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OumG
19 mars 2017
★★★★★
★★★★★
La peau froide bientôt sur nos écrans. Avec Ray Stevenson ! Et un scénario idéal de série B. Et plus j'espère. Un huis clos assiégé, angoissant, étouffant. Une photographie qui s'annonce atmosphérique. Pour amateurs de paysages marins désolés. Et de monstres. Plusieurs sortes de monstres.
C'est écrit élégant et nerveux. Phrases courtes, directes, mais imagées. Un vrai page turner. Comment cela va-t-il finir ? Le narrateur est un désabusé politique. Avec des restes d'idéaux que l'auteur s'amuse sadiquement à lui faire piétiner. La peur. La différence. La guerre. La haine. La possession. La domination. L'autre personnage est sombre, énigmatique, brut. On ne le comprend vraiment qu'à la fin du livre. Vertigineuse.
Mais peut-être y a-t-il un espoir.

En tout cas j'ai beaucoup aimé. Et j'espère que le film saura conserver un peu de l'ambiguité du livre. Et la beauté de sa fin.
Mais cet italien sodomite alors ?
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jamiK
14 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Une île perdue dans l'océan, un phare, une maison, quelques arbres... et deux hommes sur cette île.
Notre héros (le roman est raconté à la première personne) est un ancien révolutionnaire irlandais, déçu par l'humanité, qui vient s'isoler sur cette île pour un an en tant que climatologue. Et il y a Batis Caffô, être énigmatique, taciturne, inamical...
Des créatures sanguinaires, fantastiques et inquiétantes s'invitent toutes les nuits pour en découdre avec les deux hommes. L'ambiance est angoissante, terrible. On se retrouve un contexte et une mise en place qui n'est pas sans rappeler « l'île du Docteur Moreau », avec un mystère pesant, une animosité entre les protagonistes. Les scènes de luttes sont vraiment bien menées, avec le grand classique de l'angoisse : les créatures qui grimpent de tous bords sur le phare où sont assiégés nos deux hommes (Vikings, Fog, Moi moche et méchant 2...). La tension est toujours au maximum grâce à l'écriture juste et efficace, bien rythmée, ce qui contribue à la qualité du livre. On ne peut que le lire d'une traite tant l'atmosphère nous tient en haleine et nous absorbe.
J'ai littéralement dévoré ce roman, en apnée totale... et cette lutte ne s'arrête pas à la lutte des bons contre les méchants, elle nous laisse plein de questionnements sur l'humanité, les motivations belliqueuses des protagonistes, les préjugés...
Je ferais tout de même quelques reproches : j'ai regretté que le second personnage ne nous ai pas dévoilé un peu plus son histoire, ses états d'âmes, il se maintient dans une sauvagerie trop uniforme, sans jamais ouvrir sa garde, or sur la durée de l'histoire, on a du mal à envisager que la curiosité du personnage principal n'ait pas cherché à le cerner plus profondément. Ensuite, j'ai trouvé la dernière partie moins bien réussie, l'évolution de notre irlandais n'est à mon avis pas suffisamment claire, un peu brouillonne et trop brusque, le chapitre XVI aurait mérité un développement plus lent, plus étendu, pour mieux amener le final.
Malgré ces petits défauts, La Peau Froide reste un bon roman, prenant, bien écrit, que je n'hésiterais pas à recommander.
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Sesheta
18 juillet 2009
★★★★★
★★★★★
Les aventures d'un naufragé volontaire sur une île peuplée d'un type acariâtre et de créatures étranges. Si l'auteur use de certaines caractéristiques de la littérature dite d'horreur/fantastique, le propos de ce roman n'est pas là puisque les monstres ne sont, ici, que prétexte à réflexion... miroirs où se reflète notre propre bestialité. Outre une aventure palpitante, l' intérêt du roman réside donc dans la confrontation du personnage à la solitude, à l'inconnu, à la peur de l'autre, de la différence... Une exploration intelligente des profondeurs de l'âme humaine et des logiques ancestrales des conflits. Un roman habile, bien construit (même si, au début, l'histoire peut paraître un peu longue à se mettre en place), que vous ne pourrez reposer avant de l'avoir fini et qui ne vous quittera plus.
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Olivia_Lanchois
21 février 2010
★★★★★
★★★★★
AAAAAAAAAAH !!
Ceci est un cri d'extase. Cela devrait suffire à donner une idée de l'effet que m'a fait ce livre mais je vais tout de même m'exprimer de manière civilisée.
De prime abord, le sujet m'emballait grave sa race. Et une fois le livre entamé, je fus happée par l'ambiance et le cadre angoissant de cette île perdue au milieu de nulle part. le personnage du narrateur débarque innocemment sur l'île, prêt à y vivre une année entière, avec des raisons de fuir la civilisation qui lui sont propres et qu'il évoque juste assez pour se faire une idée, et point trop pour ne pas digresser. Donc, le narrateur s'aperçoit vite que tout ne tourne pas rond sur l'île. Son seul voisin, une espèce de brute aux allures de psychopathe, ne va pas s'empresser de faire sa connaissance malgré l'hostilité environnemental qu'ils partagent dorénavant. le narrateur, à peine installé dans sa maison de climatologue, va devoir subir les attaques cauchemardesques de monstres aquatiques digne d'un délire lovecraftien. Confronté à la dure réalité de l'île, son unique objectif sera de survivre aux assauts répétés et hargneux des bestioles en attendant le retour du bateau supposé le récupérer l'année suivante. Par la force des choses et après un certain nombre d'événements, le narrateur et la brute vont finir par s'allier.
Réfugiés dans le phare, seul abri face à l'invasion meurtrière venue du fond des océans, les deux hommes, que pas mal de choses opposent, vont devoir cohabiter et lutter pour leur survie. Leur entente ne sera possible que dans une alliance contre les monstres, une alliance pour survivre. Batís Caffó, homme mystérieux un brin primaire mais néanmoins favorisé par son expérience face aux monstres, a tout ou presque du néandertalien. La description physique que nous en fait le narrateur le rapproche de la bête, ainsi que sa psychologie rigide. le narrateur, plus subtil dans ses raisonnements et réflexions, évoluera de manière différente face aux bestioles.
Ce qui suit peut contenir de bons gros spoilers alors attention !
Tout d'abord vus dans un contexte de peur et d'ignorance, les monstres sont considérés comme des monstres sanguinaires et cannibales. le point de vue est celui du narrateur, très vite assailli et menacé, mais c'est aussi celui de Batís Caffó, qui lui a déjà vécu cet état de siège depuis plusieurs mois. Ancrés dans la conviction que ces êtres ne sont que des animaux nuisibles, les deux hommes vont donc lutter pour leur survie en massacrant ces monstres, sans état d'âme ni remords. L'élément perturbateur, comme toujours sera une femelle. La “mascotte”, comme l'appelle le narrateur, spécimen femelle des monstres, joue le rôle de la bon che et d'esclave sexuelle que Batís Caffó utilise sans scrupule apparent. Soumise et de toute évidence assez éloignée de l'Homme, la mascotte va peu à peu semer le doute et la réflexion dans l'esprit du narrateur. ce dernier va progressivement voir les monstres d'un autre oeil. La mascotte, à laquelle il va finir par donner un nom, Aneris, vaguement entendu lors de ses chants et dialogues à distance avec les monstres, va se montrer plus humaine sur bien des points. L'apparition et la présence fréquente d'enfants, inoffensifs et joueurs, va finir de convaincre le narrateur de l'Humanité des bestioles. Dès lors le récit bascule, et les deux hommes, que tout opposait déjà mais que leur lutte commune maintenait relativement unis, vont s'opposer de plus en plus violemment. Batís Caffó, toujours aussi obtus, refusera de voir une once d'humanité chez ses assaillants, même si on devine qu'au fond de lui il a toujours connu leur vraie nature. le narrateur, dont le cheminement intellectuel mène à la réalité, ne réussira pas à faire admettre cette réalité à Caffó, qui préfère se convaincre de l'animalité des monstres, car reconnaître le contraire serait admettre qu'il a tué des hommes, des égaux, et ferait donc de lui un assassin, ce qu'il refusera jusqu'à sa fin tragique.
Fin des spoilers potentiels vous pouvez poursuivre !
Récit d'aventures et d'horreur, ce huis-clos est aussi une réflexion sur l'Autre, sur l'étranger. Les réactions des deux héros ne diffèrent pas des envahisseurs coloniaux qui ont parsemé l'Histoire et anéanti ou asservi bon nombre de civilisations et de cultures dont l'Humanité n'était pas reconnue par leurs envahisseurs blancs et soit-disant civilisés. La réaction première étant de réfuter une quelconque Humanité, on attaque, on détruit, on s'approprie et dans le meilleur des cas (ou le pire !) on évangélise. Dans toutes les situations, on s'impose, par la violence de préférence, pour montrer qui est le maître, on évite le dialogue (les animaux ne dialoguent pas, voyons !).
Dans La peau froide, les envahisseurs ne sont que deux, et ne se voient pas comme tels. Ils débarquent assez innocemment sur l'île déserte, pour accomplir un travail, pour fuir la civilisation, pour des tas de raisons. Leur terreur face à une nouveauté qu'ils ignoraient et n'auraient pu concevoir les pousse à une violence défensive certes, mais ne se posent pas la question du pourquoi. le narrateur mettra lui-même beaucoup de temps à évoquer le fait que ces monstres se sentent sans doute envahis et agressés dans leur domaine et les comparera aux soldats coincés sur des champs de batailles qui luttent pour leur vie. Les survivants agglutinés sur les victimes avant de les emporter au fond de l'océan sont tout d'abord vus comme des cannibales se nourrissant de leur morts, puis comme des soldats emportant leurs blessés.
Tout étant une question de point de vue, de préjugés et d'ouverture à l'autre, ou pas.
En outre, le style est juste délicieux, raffiné mais pas trop, les mots sont justes et coulent tous seuls.
Inutile de préciser que je compte fermement lire les prochains livres de cet auteur, pour commencer Pandore au Congo, que l'on dit encore meilleur !
+ Lire la suite
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Les critiques presse (1)
Bibliobs23 août 2013
A partir d’une idée au fond assez simple, Sánchez Piñol est parvenu à trousser un conte qui ne perd jamais ni son souffle ni sa profondeur et qui a connu un succès fulgurant – quoiqu’ un brin confidentiel chez nous. Son roman est pourtant fantastique, dans tous les sens du terme.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Shan_ZeShan_Ze17 mars 2017
Nous parlons des domaines du phare comme d'une province. Chaque recoin possède son nom, chaque arbre, chaque pierre. Une branche aux formes particulières est immédiatement baptisée. Ainsi, les distances transforment leur essence. Si pquelqu'un nous entendait, il penserait que nous parlons de lieux lointains, mais tout ce qui existe est à deux pas.
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OumGOumG17 mars 2017
Je n’ai jamais su apprécier l’art poétique. Je pense que la douleur est un état préalable au langage et que tout effort en ce sens est donc inutile. Et je n’avais plus de patrie.
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OumGOumG16 mars 2017
Nous ne sommes jamais loin de ceux que nous détestons. Pour cette même raison, nous pourrions donc croire que nous ne serons jamais au plus près de ceux que nous aimons.
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SeshetaSesheta01 novembre 2008
La mascotte avait entonné un air d'une lointaine origine balinaise, une mélodie qu'il serait inutile de décrire, une musique qui devait fuir tout pentagramme. Combiens d'humains avaient-ils entendu cette chanson ? Combien d'êtres humains, depuis le début des temps, depuis que l'homme est homme, avaient-ils eu le privilège d'entendre cette musique ? Juste Batis et moi ? Tous ceux qui avaient affronté à un moment donné la dernière bataille ?
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SeshetaSesheta01 novembre 2008
Qu'avait-il pu arriver ? Une nouvelle guerre de portée mondiale qui aurait interrompu le transit naval jusqu'à la fin des hostilités ? Peut-être. Mais, bien que nous les hommes nous ayons tendance à rejeter la faute de nos peines sur les grandes hécatombes -cela rehausse notre importance en tant qu'individus-, la vérité s'inscrit toujours en lettres minuscules.
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