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Béatrice Didier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070376044
Éditeur : Gallimard (1984)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 129 notes)
Résumé :
À Paris, Mme Dudevant est morte. Mais G. Sand est connu pour un vigoureux gaillard, écrit à propos d'Indiana, son premier roman, celle qui deviendra la bonne dame de Nohant mais n'est pour lors qu'une jeune femme vivant courageusement sa solitude après un mariage raté et quelques aventures aussi passionnées que décevantes. Indiana a fait George Sand et c'est à travers l'écriture que celle-ci a conquis sa liberté, sa dignité de femme, son identité même.
"La ca... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
07 octobre 2016
  • 5/ 5
C'est donc le premier roman de George Sand que je lis et c'est une belle surprise. J'ai beaucoup aimé cette histoire qui fait intervenir une belle jeune femme, Indiana mariée à un homme âgé et bougon qu'elle n'aime pas et auprès duquel elle se morfond, rêvant qu'un beau jeune viendra un jour… elle est très romantique, s'ennuie à la campagne.
Elle obéit à son époux qu'elle a épousé par devoir et la souffrance morale liée à ce statut engendre une somatisation, avec une santé fragile, des malaises fréquents, Indiana s'étiole comme la « dame au camélia » mais sans vraie maladie. Cependant, elle peut être capable de s'opposer à son mari en faisant de la résistance passive.
Face à elle, on trouve trois hommes : son mari le colonel Delmare, officier autoritaire, régnant en maître, de prime abord fort peu sympathique, coléreux, s'emportant très vite et terriblement jaloux, mais qu'on voit évoluer tout au long du roman. L'auteur en parle ainsi: « ... se prit à marcher pesamment dans toute la longueur du salon, sans perdre un instant la roideur convenable à tous les mouvements d'un ancien militaire, s'appuyant sur les reins et se tournant tout d'une pièce, avec ce contentement perpétuel de soi-même qui caractérise l'homme de parade et l'officier modèle. »
Dans le rôle du prince charmant qui est loin d'en être un, on trouve Raymon de Ramière, intéressé uniquement par son rang social, incapable de prendre la moindre décision sans avoir l'avis de sa mère. Ce qui lui importe, c'est de séduire, tout d'abord Noum, la femme de chambre qu'il va conduire au suicide sans aucun regret, ni émotion.
Ensuite son regard se tourne vers Indiana à laquelle il va faire la cour de façon éhontée, dans le seul but de la conquérir, lui promettant monts et merveilles. « Il avait cette aisance que donne une certaine expérience du coeur ; c'est la violence de nos désirs, la précipitation de notre amour qui nous rend stupides auprès des femmes. L'homme qui a un peu usé ses émotions est plus pressé de plaire que d'aimer. »
le troisième homme est Ralf, cousin d'Indiana, un peu plus âgé qu'elle. Il a pris soin d'elle lorsqu'ils étaient enfants et continue de la protéger. Il est médecin et veille sur le couple. Il se retranche dans une attitude froide, indifférente pour qu'on ne puisse pas se rendre compte de ses vrais sentiments. Cet homme solitaire et froid révèle au fil du roman ses vraies qualités. « étranger dans la vie, qui passait mélancolique et nonchalant, n'ayant pas même ce sentiment exalté de son infortune qui fait trouver du charme dans la douleur. »
La mère de Raymon est un personnage intéressant. Femme du monde, elle protège son fils, lui sauve la mise ; indulgente, elle n'en est pas moins lucide sur la valeur morale de son rejeton. « C'était une de ces femmes qui ont traversé des époques si différentes, que leur esprit a pris toute la souplesse de leur destinée, qui se sont enrichies de l'expérience du malheur, qui ont échappé aux échafauds de 93, aux vices du Directoire, aux vanités de l'Empire, aux rancunes de la Restauration ; femmes rares, et dont l'espèce se perd. »
Un autre personnage tient un rôle important, l'île Bourbon, dont sont originaires Indiana et Ralf, et où les époux se sont connus. Les passages consacrés aux paysages et à la vie sur cette île et son histoire sont fabuleux.
L'histoire rappelle un peu celle de « Loin de la foule déchaînée » mais elle est, selon moi, plus élaborée, et on ressent le combat politique de George Sand. Elle décrit très bien la société de l'époque, la place qu'y tenaient les femmes; sans complaisance, féministe dirait-on de nos jours, elle n'a pas la langue dans sa poche et dénonce les préjugés, les convenances, l'éducation « La société ne condamne que les actes qui lui sont nuisibles ; la vie privée n'est pas de son ressort. »
J'ai mis longtemps avant d'ouvrir un livre de George Sand, rebutée par une édition ancienne, à la couverture sinistre de « La mare au diable » qui appartenait à mon père, donc feuilletée et vite reposée… Mais, « challenge 19e siècle » oblige, j'ai découvert un roman que je ne connaissais pas et cela valait la peine…
Ce roman m'a beaucoup plu et j'ai apprécié l'écriture de l'auteur. Je regrette d'avoir attendu si longtemps, donc, je continuerai à explorer son oeuvre
Note : 9,4/10 challenge 19e siècle
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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PiertyM
03 septembre 2014
Une histoire d'amour très émouvante! Plutôt l'illusion d'amour! On croit que l'amour ne peut que venir d'ailleurs alors qu'il peut juste être à côté sans qu'on s'en aperçoive. On croit parcourir le monde pour rechercher l'idéal alors qu'il sommeille tout bonnement à notre sein...
Quelle terrible vie que celle d'Indiana, une jeune fille mariée à un vieux industriel un bourreau de la pire espèce, celui-là qui représente en tout et pour tout le pouvoir suprême, celui-là qui doit décider, s'il est permis d'exagérer, de la survie u de la mort de sa jeune femme, une fragile femme, une faible femme, d'une santé précaire comme son état psychique...
Mais quand l'amour vient frapper à sa porte, cette femme connue de tous comme un être fragile comme un oeuf prêt à se casser, d'autant qu'elle bénéficie d'une particulière attention de son cousin Ralph qui ne la lâche pas d'une semelle, donc cette femme molle comme une feuille va manifester une force de caractère très étonnant allant jusqu'à s'engager à prendre la fuite en sautant d'une fenêtre pour se réfugier auprès de son amant Raymond Ramière, mais c'est avec ce même courage qu'elle dominera ses passions et qu'elle reviendra vers son mari tout en lui faisant comprendre que c'est par devoir qu'elle revient et non par peur...
Puis on tombe dans l'illusion de l'amour! Trois hommes autour de cette femme: Delmare le mari dominateur, Raymand un amant indéterminé et Ralph un cousin protecteur et possessif, autour de ces trois hommes, c'est à la fin de l'histoire que Indiana comprend que l'amour vagissait à ses pieds en la personne de son cousin Ralph...un amour longtemps ignoré, refoulé, un amour inconnu qui ne trouve pas sa place sur cette terre que les deux êtres concernés préfèrent aller le vivre dans l'autre monde...
Un roman où les passions s'élèvent au niveau de devenir criminelles, un roman où l'auteure s'est beaucoup plus focaliser sur ses propres sensations que de laisser respirer aisément les personnages, on comprend c'est le premier roman de George Sand, tout de même on retrouve un peu de petit germe de Consuelo dans Indiana...on retrouve aussi cette soif de George Sand de rendre la femme indépendante de toutes les limites que lui imposent la société...
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sylvaine
22 octobre 2015
  • 4/ 5
Indiana est le premier roman d' Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, publié en 1832 sous le pseudonyme de George Sand.
Alors âgée de 28 ans déjà mère de famille elle se lance dans l'écriture. Son héroïne Indiana , jeune fille créole de l'île Bourbon, est mariée au colonel Delmare,un demi solde de Napoleon officier au caractère trempé, autoritaire et bien plus âgé qu'elle. Elle, drapée dans un orgueil farouche, se soumet , obéit mais se laisse peu à peu mourir de tristesse, malgré la présence de Sir Ralph Brown son cousin et ami d'enfance.
Sa route croise celle de Raymon de Ramière, jeune aristocrate, brillant,très prisé de la bonne société parisienne.Son coeur ne fait qu'un bond, sa nature passionnée se réveille,elle est prête à tout , à perdre sa réputation pour lui mais le beau Raymon la trompe et la bafoue!
L'écrivain se doit d'être un miroir du monde qui l'entoure.Indiana se partage entre la petite province, Paris et l'île de la Réunion,George Sand en profite pour dresser un tableau sans complaisance de ces différents microcosmes.
La position de la femme dans ces sociétés est par trop souvent inexistante ,et George Sand s'insurge contre cet état "potiche" .
Roman romantique bien sûr mais pas que cela réalisme et imagination sont au rendez-vousl, les idées libérales de George Sand. pointent leur nez.
Je vous laisse imaginer le tollé qui a suivi la parution de ce roman ...
Roman à découvrit cela va sans dire ah ce 19ème siècle qui n'en finit pas de me séduire !
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vilvirt
24 novembre 2011
  • 4/ 5
Indiana, c'est un peu le souvenir de tous ces livres issus du romantisme qui m'ont passionnée quand j'étais ado. le romantisme poussé à l'extrême, les sentiments puissants qui balayent tout, les émotions indescriptibles qui poussent les personnages à accomplir des choses étonnantes, la poésie des décors et une sensibilité ma foi assez émouvante...
Déchaînement de passion, drames, c'est tout cela que l'on retrouve dans ce roman de George Sand, et je dois dire que j'ai été très satisfaite de cette découverte. de George Sand, c'est Lélia qui m'a le plus marqué lorsque je l'ai lu (il y a très longtemps !), et j'ai retrouvé beaucoup des émotions ressenties à l'époque à la lecture d'Indiana.
Mais Indiana, qui est-elle ? Une femme en apparence fragile, issue des terres ensoleillées situées de l'autre côté de l'océan et qui traîne une mélancolie mortelle depuis son retour en France, depuis, surtout, son mariage avec un riche industriel qui la rend malheureuse. Elle endure sa vie morne en silence entre un époux égoïste et stupide, et un ami de longue date qui a suivi le couple sur ses terres. Ça c'est ce que l'on découvre dès les premières lignes du roman. Mais Indiana est bien plus que cela. C'est avant tout une femme à la volonté sans pareille, étonnamment forte et souveraine dans la douleur qu'elle subit sans une plainte malgré un grand état de faiblesse lié à sa langueur, qui cherche désespérément le bonheur auprès de son entourage sans jamais réussir à éveiller la compassion de ses proches, et que tout le monde regarde dépérir sans réagir. C'est une âme incomprise, pure et chaste qui ne connaît rien de la vie mais qui livre naïvement son coeur au premier séducteur venu. Et lorsque les évènements s'enchaînent, elle devient une de ces figures courageuses et résolues, capables par amour de jeter leur réputation aux orties en accordant au passage un regard arrogant sur une société hypocrite prompte à juger les erreurs des autres. C'est une véritable amoureuse digne des vraies héroïnes de romans, devant laquelle les hommes pâlissent de honte en réalisant leur propre lâcheté. Indiana est tout cela et bien plus encore. Elle est fière, elle est droite et elle aime sans concession.
Face à elle, on retrouve des figures masculines souvent pathétiques, que la plume de l'auteur révèle tour à tour méprisables, manipulatrices, violentes et même despotiques parfois. L'époux, le père ou l'amant, tous subissent l'exaspération de George Sand lorsqu'elle souligne les duretés d'une époque terriblement intransigeante pour son sexe et si laxiste pour les poseurs, les donneurs de leçon et les mielleux. Usant tour à tour de menace, de violence, de subterfuges ou de propos habilement menés, chacun d'entre eux fournit des entraves auxquelles il est bien difficile de se soustraire. Qu'on soit emprisonnée dans un mariage forcé, condamnée à subir le joug du mari, ou victime des machinations d'un amant prêt à toutes les bassesses pour mettre la main sur votre vertu, George Sand cristallise dans ce récit féministe avant l'heure toutes les épreuves et les humiliations qui ne sont pas épargnées aux femmes, et démontre par la même occasion les limites de leur rôle.
Elle dénonce la dure réalité de la condition féminine de son époque, et à travers celle de son héroïne, les destinées tragiques et les existences inconnues de toutes ces femmes auxquelles on ne laissait pas d'autre choix que d'obéir et de se plier aux règles, et dont les libertés apparentes se résumaient à peu de chose. L'habileté de l'auteur pour détailler la psychologie de chacun de ses personnages est admirable. Que ce soit Raymon, M. Delmare, Ralph Brown ou encore Indiana elle-même, l'évolution de leurs sentiments et chacune des étapes de leurs pensées, de leurs doutes et de leurs émotions nous sont rapportées avec beaucoup de justesse et de profondeur.
George Sand excuse l'époux - certes violent et querelleur - en décrivant son passé de soldat et en évoquant sa pudeur devant la délicatesse de sa femme à laquelle il est incapable d'exprimer sa tendresse. Elle pardonne à Raymon, l'amant - peut-être la figure la plus intéressante de ce roman - en évoquant les sources de son égoïsme : son éducation et ses ambitions politiques peuvent expliquer son éternel besoin de reconnaissance. Un besoin qu'il cherche à assouvir auprès des femmes et dans la société de ses contemporains avec lesquels il rivalise de charisme et de subtilité dans des discours politiques pour lesquels il est passé maître. Son érudition et son ascendant sur tous en font un homme incroyablement séduisant. Et malgré un manque de sincérité flagrant, c'est un homme tendre et passionné mais incapable d'assumer les conséquences de ses actes parce qu'on ne lui a jamais appris à le faire.
Les femmes de ce roman subissent elles-même les conséquences dramatiques de leur naïveté et du déchaînement de leurs émotions, mais ce sont les hommes les premiers que l'on nous désigne comme véritables coupables des tragédies qu'ils entraînent. Ce qui empêche cette histoire de devenir un véritable coup de coeur pour moi, c'est l'aspect religieux brandit une fois de plus comme unique obstacle à la perfidie des hommes et à leurs instincts les plus pervers. Indiana est chaste et le reste, et sa formidable force de caractère intimide même ses plus rudes adversaires...
A travers le récit des tourments d'Indiana, l'auteur en profite donc pour souligner toutes les imperfections de la société de l'époque et offre ainsi un récit dense, passionnant, lyrique qui s'apparente à un hymne à la liberté mais porte aussi tout le désespoir d'un combat dur à remporter...
Un long billet pour une très grande oeuvre littéraire !
Lien : http://tranchesdelivres.blog..
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Missbouquin
30 mars 2012
  • 4/ 5
Le livre
Dans ce roman, George Sand relate la rencontre entre Indiana, une jeune femme élevée à la Réunion qui suit à Paris son mari, vieux colonel colérique et jaloux; et Raymon, l'homme du monde par excellence. L'histoire d'un amour raté, de malentendus et de trahisons.
Ce que j'en ai pensé
Il s'agit de la première oeuvre rédigée seule par George Sand, et publiée sous ce pseudonyme. Dans la préface, elle affirme : “Ceux qui m'ont lu sans prévention comprennent que j'ai écrit Indiana avec le sentiment non raisonné, il est vrai, mais profond et légitime, de l‘injustice et de la barbarie des lois qui régissent encore l'existence de la femme dans le mariage, dans la famille et la société. Je n'avais point à faire un traité de jurisprudence, mais à guerroyer contre l'opinion ; car c'est elle qui retarde ou prépare les améliorations sociales.”
Ce premier roman est donc une véritable profession de foi, de défense de la liberté féminine dans une société où il existe des hommes qui peuvent dire sans rougir, comme le colonel Delmarre : “Qui donc est le maître ici, de vous ou de moi ? qui donc porte une jupe et doit filer une quenouille ?”
A quoi Indiana répond : “La loi de ce pays vous a fait mon maître. Mais sur ma volonté, monsieur, vous ne pouvez rien.”
Ces deux répliques montrent la révolution d'Indiana au cours du roman, de jeune fille naïve et presque faible mais entière, victime des romans qu'elle a lu (“Il faut m'aimer sans partage, sans retour, sans réserve; il faut être prêt à me sacrifier tout, fortune, réputation, devoir, affaires, principes, famille; tout, monsieur, car je mettrai le même dévouement dans la balance et que je la veux égale”), qui cède sous les fables de Raymon; à celle d'une femme qui revendique non pas une liberté physique mais bien une liberté de penser et d'aimer. Car “Les femmes ont rarement le courage physique qui consiste à lutter d'inertie contre la douleur ou le danger; mais elles ont souvent le courage moral qui s'exalte avec le péril ou la souffrance.”
Or Indiana souffre tout au long du roman, dans sa vie morne et ennuyeuse, entre trois hommes qui ne la comprennent pas, qui ne semblent pas être capables d'affection : Delmarre est jaloux mais ridicule; Raymon, au départ aimant, devient vite indifférent (“De ce moment-là, il ne l'aima plus“). Enfin, il faut s'arrêter quelques minutes sur la troisième figure masculine : Sir Ralph, qui a élevé Indiana comme sa fille et l'aime plus que tout, même si son flegme britannique est très exaspérant ! On s'aperçoit tardivement qu'il est en réalité le personnage le plus important de ce roman, le plus passionné et le plus aimant. Une découverte qui me pousserait presque à relire le roman avec un regard différent, éclairé par la fin …
C'est donc au final un magnifique roman sur l'amour, le désespoir auquel il peut conduire, mais aussi sur la vie, la renaissance, la nature et enfin, la sérénité. Un roman bouleversant.

Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Citations & extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM01 septembre 2014
– ...Si je refuse de vous répondre, c’est absolument pour la forme. Je veux vous convaincre que vous n’avez pas le droit de m’adresser cette question.
– Je n’en ai pas le droit, mille couleuvres ! Qui donc est le maître ici, de vous ou de moi ? qui donc porte une jupe et doit filer une quenouille ? Prétendez-vous m’ôter la barbe du menton ? Cela vous sied bien, femmelette !
– Je sais que je suis l’esclave et vous le seigneur. La loi de ce pays vous a fait mon maître. Vous pouvez lier mon corps, garrotter mes mains, gouverner mes actions. Vous avez le droit du plus fort, et la société vous le confirme ; mais sur ma volonté, monsieur, vous ne pouvez rien, Dieu seul peut la courber et la réduire. Cherchez donc une loi, un cachot, un instrument de supplice qui vous donne prise sur elle ! c’est comme si vous vouliez manier l’air et saisir le vide !
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sylvainesylvaine21 octobre 2015
-Qui donc est le maître ici, de vous ou de moi? qui donc porte une jupe et doit filer une quenouille? Prétendez-vous m'ôter la barbe du menton? Cela vous sied bien, femmelette!
-Je sais que je suis l'esclave et vous le seigneur.La loi de ce pays vous a fait mon maître. Vous pouvez lier mon corps, garotter mes mains, gouverner mes actions. Vous avez le droit du plus fort, et la société vous le confirme; mais sur ma volonté, monsieur, vous ne pouvez rien, Dieu seul peut la courber et la réduire. Cherchez donc une loi, un cachot, un instrument de supplice qui vous donne prise sur moi! c'est comme si vous vouliez manier l'air et saisir le vide. .....
- Vous pouvez m'imposer silence, mais non m'empêcher de penser
p 221
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Eve-YesheEve-Yeshe15 octobre 2016
Ce qui est héroïsme chez l’une devient effronterie chez l’autre. Avec l’une, un monde de rivaux jaloux vous envie ; avec l’autre, un peuple de laquais scandalisés vous condamne. La femme de qualité vous sacrifie vingt amants qu’elle avait ; la femme de chambre ne vous sacrifie qu’un mari qu’elle aurait eu.
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Eve-YesheEve-Yeshe08 octobre 2016
Et puis je ne sais quelle attente vague pesait sur cette âme impressionnable et sur ses fibres délicates. Les êtres faibles ne vivent que de terreurs et de pressentiments. Mme Delmare avait toutes les superstitions d’une créole nerveuse et maladive ;
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PiertyMPiertyM31 juillet 2014
L’esprit des petites villes est, vous le savez sans doute, le plus méchant qui soit au monde. Là, toujours les gens de bien sont méconnus, les esprits supérieurs sont ennemis-nés du public. Faut-il prendre le parti d’un sot ou d’un manant, vous les
verrez accourir. Avez-vous querelle avec quelqu’un, ils viennent y assister comme à un spectacle ; ils ouvrent les paris ; ils se ruent jusque sur vos semelles, tant ils sont avides de voir et d’entendre. Celui qui tombera, ils le couvriront de boue et de malédictions ; celui qui a toujours tort, c’est le plus faible.
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