> Mélanie Fazi (Traducteur)

ISBN : 236051010X
Éditeur : Orbit (2010)


Note moyenne : 4.62/5 (sur 55 notes) Ajouter à mes livres
Vin ne connaît de l'Empire Ultime que les brumes de Luthadel, les pluies de cendre et le regard d'acier des Grands Inquisiteurs. Depuis plus de mille ans, le Seigneur Maître gouverne les hommes par la terreur. Seuls les nobles pratiquent l'allomancie, la précieuse magie... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Galleane, le 28 novembre 2011

    Galleane
    Brandon Sanderson est un auteur qui fait de plus en plus parler de lui. C'est sa série Fils de Brumes qui est mis le plus souvent en avant et j'ai profité d'un partenariat sur Livraddict pour m'essayer à la plume de l'auteur.
    Vin est une jeune fille Skaa de 17 ans (au début du livre elle en a 16) qui a toujours vécu dans la misère. C'est devenu de pire en pire depuis que son frère et elle ont quitté la maison familiale à cause d'une mère folle. Ils se retrouvent à voyager de villes en villes en volant quant ils le peuvent pour survivre. Depuis que son frère l'a abandonné, Vin est restée dans la dernière bande de voleurs qu'ils avaient rejoint, seule manière pour elle de vivre un peu mieux que si elle était dans la rue. La jeune fille possède un talent qui lui permet d'être considérée et de servir à quelque chose sinon elle serait morte depuis longtemps. Mais il va suffire d'une rencontre pour que sa vie ne soit plus jamais la même et révèle se qu'elle cache au plus profond d'elle même et ce qu'elle est de naissance... une Fille des Brumes.
    L'auteur reprend des codes familiers de la fantasy, un peuple opprimé par un être tout puissant, des inégalités flagrantes parmi les populations, un/une héroïne qui se dévoile accompagné d'un maître qui va la guider et des intrigues politiques en fond de toile. Rien de bien nouveau de prime abord sauf le petit plus, les particularités qui vont rendre cette histoire beaucoup plus intéressante.
    La palme de bronze revient à l'histoire. Menée tambour battant elle réserve son lot de surprises allant de la moins impressionnante, celle qui fait peu d'effet, à la plus remarquable, celle qui vous laisse sur les fesses, la bouche grande ouverte;).
    Pour autant le récit est long à s'installer et à prendre en main. Même ma lecture terminée je ne suis pas sur d'avoir bien tout saisie les subtilités de l'Allomancie (la magie mis en place) et j'ai eu beaucoup de mal à visualiser certaines descriptions liées à son utilisation.
    Mais rien n'est laissé au hasard, le récit est équilibré comme il le faut après une mise en place qui nous présente les personnages et le contexte. Ce n'est pas facile de tout intégrer mais au fil des pages et des situations on comprend de mieux en mieux tout ça. Et puis pour un premier tome c'est le passage obligé mais l'auteur ne dévoile pas tout et laisse des éléments dans le flou. Mais je peux vous dire qu'ils s'en passent déjà pas mal.
    J'ai failli oublier la petite touche de romance qui pointe son nez et qui laisse la part belle à des passages amusant quand Vin rencontre celui qui va faire battre son cœur. Des moments attendus qui me mettaient le sourire aux lèvres. Un peu de douceur dans ce monde de brute ça fait du bien.
    La palme d'argent revient à l'univers qui repose sur une magie des plus singulière : L'Allomancie basé sur les métaux. Il y aurait 11 métaux procurant chacun une capacité différente. Ils marchent par deux provoquant des effets contraires ou complémentaires. Pour exemple je vais prendre le laiton et le zinc qui rétrospectivement apaise ou exalte les émotions des gens.
    L'utilisation de ces métaux fonctionne par absorption puis sont brûlés dans l'organisme par l'utilisateur. C'est un don qui au départ a été donné à ceux qui ont mené le Seigneur Maître au pouvoir et qui au fil du temps est devenu inné. Néanmoins pour arriver à l'utiliser il doit y avoir un déclencheur censé révéler ce don. Tout le monde n'en est pas capable, c'est réservé aux descendants ayant aidé le Seigneur Maître et qui sont maintenant des nobles. Pour la majorité, il n'est possible d'employer qu'un seul métal et sont appelés Brumants. Mais certains êtres ont le pouvoir de tous les utiliser, ce sont les Fils de Brumes. Ils sont aussi rares qu'exceptionnels.
    Franchement cette magie laisse la part belle à de belles possibilités en plus de ça seul 8 métaux sont très connus et sont les plus utilisés, les restant sont moins répandus de part leur rareté ou alors méconnus. de quoi en découvrir encore de nouvelles facettes.
    Il y a plusieurs appellations pour les humains, une manière de les ranger dans des catégories. Les Skaa se sont les plus pauvres, les exploités. Les Nobles sont au pouvoir et ont une vie déjà plus confortable même si il existe des disparités chez eux aussi. Les Terrisiens, un peuple à part mais quasiment éteint avec des facultés qui leur sont propre.
    Sans oublier les « bizarreries » avec les monstres des brumes qui ont leur particularité bien gerbante ;), les Kandras qui sont des monstres des brumes plus évolués, les inquisiteurs, des êtres un peu spéciaux, contre nature mais encore entourés d'une part de mystère et très doué pour l'allomancie et les Koloss dont on sait très peu de choses.
    La palme d'or vous l'aurez compris se sont les personnages.
    Vin est une jeune fille dont la vie n'a pas fait de cadeaux. Maltraitée, battue elle s'est forgée une carapace et renfermée sur elle même. Sa rencontre avec Kelsier un autre Fils des brumes va lui faire prendre conscience que tout n'est pas ce qu'elle a toujours connue et va lui offrir une nouvelle vision de la vie. Elle va littéralement se dévoiler. Très attachante j'ai eu un coup de cœur pour elle qui montre en plus une évolution des plus appréciable.
    Kelsier est un homme meurtri qui a choisi de vouer sa vie à la destruction des nobles qu'il abhorre et de renverser l'Empire Ultime et son maître pour libérer les Skaa de leur servitude et leur ouvrir un avenir meilleur. Malgré ça il a continuellement le sourire aux lèvres. C'est un peu un fou mais qui voit les choses du bon côté. Il est pas mal dans son genre mais au combien attachant.
    Les personnages ont un charisme fou et je ne parle pas des deux principaux dont on alterne les points de vus mais les second rôles bien que moins fouillés ont leur part de charme et sont intégrés à merveille au récit. Ils ont un plus petit rôle mais qui compte et sont tout aussi fascinant.
    Sazed et l'un d'entre eux -quoique que bien plus mis en avant que d'autres-, il est une personne sage et posée possédant une clairvoyance sur les gens et les évènements impressionnante.
    Cerise sur la gâteau c'est que le groupe formé par Kelsier est difficilement oubliable vu leur complémentarité, leur intelligence qui est bonne à voir et à lire surtout. Ils font des erreurs certes mais on une capacité à se retourner tout bonnement génial à suivre.
    Les méchants le sont bel et bien et chose rare c'est que dans cette série ils ne sont véritablement pas à prendre à la légère et sont tout aussi intelligent que le groupe et donc ils sont à craindre. Enfin ils ont une aura de telle méchanceté des plus marquante qu'ils ressortent encore plus vils que dans d'autres série. Ils sont des plus puissants et cette difficultés pour les vaincre apporte beaucoup à l'histoire.
    Le livre n'est pas sans défauts car comme dis plus haut, il y a des subtilités à saisir sur l'Allomancie pas toujours claires. Il y a des explications par moment flous et si je n'avais pas parlé du livre avec Nathalie (et je l'a remercie beaucoup pour ça) en écrivant ma chronique j'aurais eu du mal à retransmettre des éléments. On comprend l'essentiel mais ce n'est pas toujours bien net. Et les descriptions d'un personnage ayant recours à sa magie m'ont été difficilement visualisable. Des petits pépins sans gravité qui s'estompent au fil de la lecture.
    La plume de l'auteur est agréable à lire. Ils pose bien ses bases et nous entraine dans un flot d'émotions lors de notre lecture.
    Malgré le nombre important de pages, le livre se lit rapidement en tout cas pour la version poche qui possède une écriture assez grosse pour laquelle j'avais un rythme normal.
    Une saga fantasy dont il ne faut pas passer à côté c'est certain. Un univers bien construit avec ses particularités. Des personnages fort en caractère, attachants et qui marquent les esprits. Une fin pas si atroce que ça (mais avec une histoire dont le contenu l'est, je parle de l'évènement survenant avant la dernière partie) qui à l'avantage d'ouvrir sur un contenu qui laisse place à l'imagination. Bref un auteur à découvrir absolument.

    Lien : http://bloggalleane.blogspot.com/2011/11/fils-des-brumes-tome-1-lemp..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Espai, le 14 mai 2012

    Espai
    Je conseille activement cette trilogie à tous les amateurs de lecture et d'aventure !
    Tout d'abord pour les fans d'univers fantastiques. le monde créé par Brandon Sanderson est original, bien construit, et son système de magie, l'allomancie, m'a délicieusement comblée. Je pouvais presque sentir les métaux se consumer dans mon ventre, et je rêve d'un film (qui, d'après ce que j'ai cru comprendre sur le blog (anglophone) de l'auteur, serait en production) qui transposerait à l'écran cet univers qui m'a fait rêvé.
    Aussi, pour les amateurs d'intrigues. Cette trilogie fait partie des rares livres qui ont réussi à me surprendre : tout est mis en place dès le premier tome, et des évènements semblant sans importance se révèlent avoir des conséquences énormes dans les livres suivants. Et rien n'arrive comme un cheveu sur la soupe, tout s'enchaîne parfaitement ! Puis surtout, pour une fois le lecteur n'est ni sur-informé (et se retrouve donc à s'agacer devant le héros qu'on trouve stupide de ne rien comprendre), ni largué (et ne comprenant rien aux déductions quasi magique d'un héros omniscient) : lorsque les dénouements arrivent, on est certes généralement surpris, mais pas parce que de toute manière on aurait jamais pu deviner car il nous manquait tel ou tel élément. Non. TOUT est prévisible, tout peut se deviner. Mais tout est tellement bien construit, logique, et intelligent qu'on se laisse nous aussi avoir.
    Et ensuite aux amateurs de personnages épiques. Je suis personnellement tombée "amoureuse" de Vin : elle part de rien, n'est rien, et prend progressivement puissance et talent : on vibre avec elle, car on grandit avec elle. Les autres personnages ne sont pas en reste : Kelsier, Elend (que je n'aime pas trop par contre)...
    Et surtout, je conseille aussi ce livre à ceux qui aiment qu'une lecture les fasse réfléchir. Car malgré l'aventure, l'épique, parfois Brandon Sanderson glisse quelques réflexions (qui portent généralement sur la politique), sans que cela soit lourd ou nuise à l'intrigue.
    J'ai donc été enchantée par sa trilogie, et c'est donc avec plaisir que je lui souhaite de conquérir encore tout un tas de lecteur. (:
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par books2heaven, le 12 janvier 2011

    books2heaven
    'ai adoré ma lecture et je crois que si ce n'est pas un coup de coeur, c'est parce que j'ai mis un peu de temps pour rentrer dedans. Pas parce que l'univers ne me plaisait pas, mais tout simplement parce qu'il y a eu le week-end de Noël juste après le début de ma lecture et que ça a un peu coupé ma lecture.
    Une fois noël de passé, j'ai vraiment pu rentrer dans ce livre. D'habitude quand je passe du temps sur un livre, j'ai l'impression de ramer, de n'arriver à rien. Là, au contraire, je prenais mon temps pour le lire afin d'en profiter un maximum.

    Premièrement, j'ai beaucoup aimé l'univers crée par Sanderson. J'ai pris plaisir à imaginer un monde où la lumière du soleil est obstruée par des pluies de cendres incessantes, où les arbres ont des feuilles brunes, où des brumes se lèvent la nuit et où la population est divisée en 2 classes principales : les nobles qui détiennent la richesse et les skaa, des esclaves battus et massacrés depuis plus de 1000 ans à un tel point qu'ils n'osent plus imaginer de changements. Et au dessus d'eux se dresse le Seigneur Maître, un tyran sanguinaire élevé au rang de Dieu.

    Les personnages sont aussi très bien réussis. Deux personnages principaux sortent toutefois du lot. D'abord, il y a Vin, une adolescente de 16 ans, membre d'une bande de voleurs. Battue à de nombreuses reprises par sa bande, elle manque de confiance en elle et s'imagine que tout le monde trahit tout le monde. J'avoue qu'au début, elle m'énervait un peu à voir trahison partout, j'avais envie de lui dire "ouvre les yeux, c'est un type bien !". Heureusement, son personnage évolue au fil de l'intrigue. Au final, on tient encore un de ses personnages auquel on tient.
    Ensuite, l'autre personnage principal et pour lequel j'ai eu le plus de sympathie, c'est Kelsier, le chef de la bande qui projette de renverser L'empire ultime. Kelsier est un homme qui a été brisé, par le passé, surnommé le Survivant de Hathsin, il a échappé aux Fosses - un endroit où personne ne s'échappe vivant. Et pourtant, Kelsier est quelqu'un qui sait garder le sourire, se montrer sarcastique. Les autres personnages ne comprennent pas comment Kelsier arrive à sourire mais pour lui, c'est un autre moyen de se battre contre le Seigneur Maître, un moyen de montrer qu'on ne lui a pas tout pris. Cet aspect là de sa personnalité m'a beaucoup touchée et je me suis très attachée à son personnage.
    Les autres personnages tels que Dockson, Brise ou Ham - même s'ils sont un peu plus en retrait par rapport à Kelsier et Vin - apportent beaucoup à l'intrigue. Enfin, on sent que les membres de la bande sont très complices entre eux et j'ai plusieurs fois ressenti l'envie de les rejoindre dans leur projet complètement fou.

    Côté action, les moments de rebondissements et de tension sont parfaitement équilibré avec les moments plus calmes mais tout aussi importants dans la mise en place de l'univers et de la psychologue des personnages.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Lefso, le 08 mai 2011

    Lefso

    Commençons par le style, puisque c'est tout d'abord cela qui m'a poussé vers ce livre. Dès les premières pages, Brandon Sanderson nous happe dans son univers. Son style est fluide, riche en dialogues. Les mots sont simples, et ils s'enchaînent avec brio, emportant le pauvre lecteur sans défense vers une page, puis une autre...
    Et c'est sans compter sur l'action omniprésente qui défile tout au long du livre. Des surprises, des déceptions, des rebondissement, et même des amours contrariés. Tout concourt pour nous faire aimer ce livre et ne pas le lâcher.
    Et l'histoire n'en est que plus passionnante. Et comment ne le serait-elle pas ? le monde est indéniablement novateur (au moins pour moi). le monde est en poussière : les cendres tombent du ciel depuis 1000 ans, les arbres et leurs feuilles ont perdu leur verdure, ils sont bruns, les fleurs n'existent plus, l'esclavage est la base de l'économie, les nobles sont cruels et le Seigneur Maître règne en tyran ! C'est sans parler du soleil rouge ou encore des brumes menaçantes qui tombent sur la Terre dès que la nuit s'annonce
    Les skaas sont tellement anéantis par ces 1000 ans d'esclavage, de brimade, de cruauté qu'ils n'espèrent plus, ne se révoltent plus et ne pensent juste plus qu'à ce qui ne les fera pas tuer par caprice d'un noble ou d'un autre. Alors quel espoir reste-t-il ?
    Une bande de voleurs vont essayer de faire bouger les choses, mais dans quel but ? L'enrichissement ou le bien-être des skaas ?
    Tout est très bien construit, tout est cohérent et l'histoire fonctionne ! Qui n'a jamais joué à Robin des bois lorsqu'il était gamin ?
    Il est temps de parler des personnages qui sont tout simplement sublimes, hauts en couleurs et pour le moins attachants. Leur groupe est très soudé, alors que chacun a sa spécialité et que tous se chamaillent amicalement. Bien sûr, les personnages principaux, Kelsier et Vin se démarquent par leurs actions, leur courage et aussi leur folie (si si c'est une qualité), mais j'ai aussi beaucoup aimé le Terrisien Saked, entre autres pour son humour et aussi Elend Venture pour sa nonchalance.
    Les autres personnages sont tout aussi bien, mais je ne peux pas tous vous les décrire, puisqu'aussitôt ma chronique lue, vous irez trouver ce livre et commencer à le lire (message subliminal adressé aux amateurs de fantasy)
    Une fois encore j'ai été surprise par l'ingéniosité des auteurs qui inventent toujours et encore des sortes de magie plus innovantes les unes que les autres. Ici, il s'agit d'une magie liée aux métaux et alliages. Il s'agit de l'allomancie. Certains Hommes peuvent brûler un ou plusieurs métaux pour en retirer une forme de pouvoir. Il peut s'agir de force, de perception, de mouvement, etc. Ces Hommes sont appelés brûmands ou fils-des-brumes, selon le cas.
    En conclusion, je dirai que j'ai été plus que séduite par ce livre, même si encore c'est un beau pavé de 600 pages écrit en petit. C'est un gros coup de cœur non seulement pour son univers en pièce, pour ses personnages ou encore pour sa magie. En fait je l'ai adÖré !
    Il n'est pas sans me rappeler les aventures des Salauds Gentilshommes de Scott Lynch, même si celui-ci est, à mon sens, encore mieux !

    Lien : http://lefso.blogspot.com/2011/05/fils-des-brumes-tome-1-lempire-ult..
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    • Livres 4.00/5
    Par Munin, le 07 septembre 2011

    Munin
    Même si une couverture n'en dit pas beaucoup sur le contenu (comme Cédric en fait l'expérience encore récemment), on peut essayer de deviner à quel style raccrocher la trilogie en fonction des illustrations. Sur la couverture du premier tome, on peut voir une jeune fille proprette au look moitié Matrix, moitié Petite Maison dans la Prairie avec un saï. Sur celle du deuxième tome, elle semble faire du pole-dance, et sur la troisième du funambulisme en robe de bal. D'abord interloqué, on est rassuré en ouvrant le premier livre : la présence d'une carte (pas très réussie) nous apprend que nous nous trouvons bien en face d'un roman de Fantasy. Ouf.
    L'action de Mistborn : the Final Empire se déroule dans la capitale d'un empire dominé depuis des millénaires par un despote immortel auquel la population prête des pouvoirs divins. Il règne sans partage en ayant donné à une toute petite classe de nobles un pouvoir absolu sur le reste de la population, tellement asservie et opprimée qu'elle ne manifeste plus aucune résistance. On discerne tout de suite le "what if" par rapport aux schémas traditionnels de la Fantasy : "Qu'est-ce que ça donne quand le dieu du mal dont le héros combat le retour, gagne ?" Chez Sanderson, cela donne des millénaires d'une dictature esclavagiste contre laquelle un ancien voleur, Kelsier, fomente un coup d'Etat.
    Kelsier rassemble un petit groupe, et c'est leur tentative de rébellion que le récit suit, jusqu'à sa conclusion. L'intrigue suit un schéma que l'on reconnaît vite : la constitution d'une bande d'experts, la préparation du plan, les changements de dernière minute, l'exécution proprement dite, et le fameux twist final ou twist ending très fréquent ces dernières années au cinéma. Hé oui, ça fait penser aux films de braquage ou d'arnaque (le genre "Heist" ou "Confidence game", illustré par Ocean's Eleven, Neuf Reines, et autres), et c'est fait exprès.
    Le protagoniste principal de la série est la jeune Vin, une adolescente que Kelsier extirpe de la bande de voleurs dont elle est le souffre-douleur, pour lui révéler ses capacités magiques et lui apprendre à les utiliser. D'abord méfiante envers cette générosité dont elle ne discerne pas la cause, Vin finira par se lier avec chacun des membres de la bande, et trouvera sa place en leur sein. le point focal du roman est donc l'évolution émotionnelle de Vin, et les nombreux dialogues posent les rapports entre Vin et les autres personnages. Ce soin attaché au développement des personnages ne se fait pas aux dépends de l'action, et il n'y a que l'abondance de bons sentiments qui pourra quelque peu agacer.
    L'autre aspect majeur de la série est l'utilisation de la magie. "Gamer" assidu (jeux de rôle, jeux de plateau, jeux de cartes à collectionner), Sanderson attache une grande importance aux mécanismes de son système de magie, qui en devient un des éléments essentiels de l'histoire. Dans Mistborn, les nobles se transmettent héréditairement des capacités d'"allomancie" : un allomancien ingère des fragments de métal pour, en les catalysant, en extraire des capacités extraordinaires. Chaque métal fournit une capacité, et les allomanciens n'ont en général qu'une affinité avec l'un d'entre eux. Mais certains, rarissimes, appelés fils-des-brumes (Mistborn), peuvent catalyser tous les métaux. Leur rôle est fondamental dans les luttes d'influence et de pouvoir que se livrent les grandes maisons nobles, qui veillent précieusement sur leurs membres ayant développé ces capacités. Les membres de la bande de Kelsier sont tous des descendants de maisons nobles (avec un aïeul né du mauvais côté du lit), et Kelsier lui-même est un fils-des-brumes, ce qui donne à la rébellion les moyens de lutter contre les nobles avec leurs propres armes.
    Il est ici nécessaire de détailler le fonctionnement de l'allomancie, car celle-ci structure énormément le récit. D'une part, la jeune héroïne, Vin, est une fille-des-brumes, et le lecteur découvre l'allomancie en même temps qu'elle. D'autre part, cette magie est très visuelle, et fait que les (nombreuses) scènes d'action empruntent leur imagerie aux films de kung-fu ou à Matrix de façon évidente. Les pouvoirs que les métaux ingérés confèrent sont classés de façon très ordonnée selon un sytème de paires (interne / externe, physique / mental, espace / temps, introspectif / extrospectif), et représentés sur le tableau ci-dessous. L'allomancie peut aussi attirer les métaux (externe / physique / introspectif), les repousser (externe / physique / extrospectif), accroître sa force et son endurance (interne / physique / extrospectif), passer en bullet time, etc. Les allomanciens utilisent l'attraction ou la répulsion des métaux de façon très créative, en s'appuyant sur les clous et rivet pour se propulser dans les airs, ou en lançant des pièces de monnaie pour les transformer en projectiles mortels aux trajectoires erratiques. Les fils-des-brumes ressemblent donc moins à Gandalf et Merlin qu'à Néo, Trinity ou des ninja de manga.
    Si l'on rassemble tous ces traits distinctifs (l'histoire de "braquage", le récit sentimental très "young adult" ou "adulescent", le contexte politique du récit type "What If", et les scènes d'action façon Matrix), on obtient au final un divertissement original et bien fait - ce qui est beaucoup mieux que beaucoup de romans de fantasy.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2008/10/mistborn-sanderson.html
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Critiques presse (1)


  • LeSoir , le 14 juin 2011
    Entretien avec Brandon Sanderson : "J'aime les longues histoires. J'aime explorer plusieurs thèmes sur plusieurs tomes. J'aime charger mes histoires de romance, d'humour, d'action, de pensée profonde et peut-être même de philosophie. Et quand on écrit des histoires de cette taille, on a l'occasion de le faire."
    Lire la critique sur le site : LeSoir

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Citations et extraits

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  • Par Lefso, le 08 mai 2011


    Vin resta un moment immobile, mal à l'aise. Puis Kelsier désigna sa chope de bière d'un mouvement de tête.
    - Tu ne bois pas.
    - Vous avez pu y verser quelque chose, répondit Vin.
    - Oh, je n'avais même pas besoin de glisser quelque chose dans ta boisson, dis Kelsier en souriant, tirant un objet de la poche de son veston. Après tout, tu vas boire ce flacon de liquide mystérieux de ton plein gré.
    Il posa sur la table un petit flacon. Vin fronça les sourcils, observant le liquide qu'il contenait. Il y avait un résidu sombre tout au fond.
    - Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle.
    - Si je te le disais, ce ne serait plus mystérieux, dit Kelsier en souriant.
    Dockson leva les yeux au ciel.
    - Ce flacon contient une solution d'alcool et des copeaux de métal, Vin.
    - De métal ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
    Deux des huit métaux de base de l'allomancie, expliqua Kelsier.
    Nous devons faire des tests.
    Vin étudia le flacon. Kelsier haussa les épaules.
    - Tu vas devoir le boire si tu veux en savoir plus sur ton Porte-chance.
    - Buvez-en la moitié d'abord, dit Vin.
    Kelsier haussa un sourcil.
    - Un peu paranoïaque, à ce que je vois.
    Elle ne répondit pas.
    Enfin, il soupira, s'empara du flacon et le déboucha.
    - Secouez-le d'abord, insista Vin. Comme ça, vous allez boire une partie du dépôt.
    Kelsier leva les yeux au ciel mais s'exécuta, secoua le flacon et en vida la moitié. Il le reposa sur la table avec un bruit sec.
    Vin fronça les sourcils. Puis elle toisa Kelsier, qui sourit. Il savait qu'il la tenait. Il lui avait montré son pouvoir, il l'avait tentée par ce biais. La seule raison de se soumettre à ceux qui possèdent le pouvoir, c'est d'être en mesure d'apprendre un jour à leur prendre ce qu'ils possèdent. C'étaient les paroles de Reen.
    Vin tendit la main pour s'emparer du flacon, puis en but le contenu. Elle attendit qu'il se produise une transformation magique, une vague de pouvoir - ou même des signes d'empoisonnement. Mais elle ne ressentit rien.
    Pas franchement spectaculaire. Elle fronça les sourcils et se laissa aller en arrière sur sa chaise. Par curiosité, elle explora son Porte-chance.
    Et sentit ses yeux s’écarquiller de stupéfaction.
    Il était là, pareil à une immense réserve dorée. Une réserve de pouvoir tellement incroyable qu'elle dépassait sa compréhension
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  • Par Chatton, le 09 avril 2012

    Parfois, je crains de ne pas être le héros pour lequel tout le monde me prend.
    Les philosophes m'assurent que le moment est venu, que tous les signes sont apparus. Mais je persiste a me demander s'ils ne se sont pas trompés d'homme. Tant de gens dépendent de moi. Ils disent que je tiendrai entre mes mains l'avenir du monde entier.
    Que penseraient-ils s'ils savaient que leur champion - le Héros des Siècles, leur sauveur - doute de lui-même ? Peut-être n'en seraient-ils absolument pas choqués. D'une certaine façon, c'est ce qui m'inquiète le plus. Peut-être, au fond de leur cœur, s'interrogent-ils - tout comme moi.
    Quand ils me regardent, voient-is un menteur ?
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  • Par Chatton, le 11 avril 2012

    - Je vous apporte un message d'un de nos amis, déclara-t-elle calmement. Il voulait vous faire savoir qu'il n'est pas mort. Qu'on ne peut pas le tuer.
    Il est l'espoir.
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  • Par Chatton, le 10 avril 2012

    Mon cher ami, répondit Brise, le but même de la vie, c'est justement d'obtenir que les autres fassent les choses a ta place. Tu ne connais rien aux bases de l'économie ?
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  • Par Chatton, le 09 avril 2012

    Certaines batailles ne valent tout simplement pas la peine d'être menées.
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