ISBN : 2070786854
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.98/5 (sur 63 notes) Ajouter à mes livres
Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand.
Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massa... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 12 décembre 2011

    carre
    le livre de Sansal est un livre formidable.En abordant des thèmes tel que l'obscurantisme, le négationnisme le mensonge, la lâcheté et la honte. Comment deux frères dont le père vient d'être assassiné par le GIA, découvre que celui-ci s'est comporté comme ces assassins pendant la seconde guerre mondiale ?. Doit-on payer pour le crime de ces parents ? Sansal écrit haut et fort le malaise provoqué par cette découverte effroyable avec une force et un courage sidérant. le frère ainé cultivé et forcement bouleversé par cette révélation plonge dans la dépression suicidaire tandis que le frère cadet qui vit en banlieue est bien loin du désarroi de son frère. Avec une écriture adapté aux deux univers, Sansal nous bouleverse et pose des questions essentielles sur la folie destructrice des hommes.
    Au delà de cette histoire, c'est le courage de Sansal et la force d'écrire sur un tel sujet qui force l'admiration car Sansal vit et travaille en Algérie.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 08 avril 2009

    caro64
    Ce très beau roman m'a beaucoup touché. Je pense qu'il ne peut laisser indifférent.... Pas seulement par l'histoire, mais aussi par la qualité de l'écriture, le style. Il est constitué du croisement des journaux des 2 frères.
    L'auteur traite des questions brûlantes des banlieues, de l'Algérie, du nazisme, du fanatisme. Il faut savoir qu'en Algérie la Shoah est un sujet tabou…
    Il fait également réfléchir sur une des questions (intéressantes) posées : comment vivre avec lun poids sur la conscience ?
    C'est un roman sombre et dérangeant sans être ennuyeux, bien au contraire. Percutant ! A lire !!!
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 06 septembre 2008

    Bunee
    J'ai beaucoup aimé cet ouvrage de Boualem Sansal, que je ne connaissais même pas de nom.
    C'est ici un roman à double voix, un dialogue par delà la mort entre deux frères.
    Histoire du drame d'une famille à la croisée des cultures. le père, allemand, épouse une jeune femme en Algérie, et s'installe là bas. Ils envoient leur deux enfants en France.
    L'un Rachel, finit ingénieur dans une multinationale, s'intègre, obtient la nationalité française, bon citoyen, se marie et s'installe confortablement.
    L'autre, le jeune Malrich, est un peu le mouton noir, ayant prématurément quitté l'école, allant de galères en petits boulots, plein de colère envers tout le monde.
    En l'année trouble de 1994, on apprend via le JT qu'un massacre orchestré par des islamistes s'est produit dans le village où sont restés les parents. Et malheureusement ces derniers figurent parmi les victimes.
    Rachel part seul se recueillir sur leur tombe et trouve, dans la maison familiale, une mallette, véritable boîte de Pandore, d'où surgit le passé du père.
    Rachel découvre avec effroi que ce dernier est en fait un ancien nazi, qu'il a du sang sur les mains. Ceci va devenir une véritable obsession, jusqu'à la destruction complète du malheureux.
    Le jeune Malrich, désormais sans famille, va alors partir sur la piste suivie par son aîné.
    Un parrallèle entre les différentes formes d'intolérances est fait, de façon très adroite et audacieuse, et l'écriture est très efficace: pleine de pudeur, sensible, simple.
    A essayer.
    http://lelabo.blogspot.com/2008/09/boualem-sansal-le-village-de-lallemand.html
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimienco, le 03 octobre 2009

    mimienco
    4ème de couverture: Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand.
    Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d'une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid...
    Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d'un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l'extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s'y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République.
    " A ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles. " Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d'une sincérité bouleversante.
    Mon opinion: coup de coeur! J'ai été bouleversé par ce roman à tel point que je ne sais comment en parler!
    J'ai découvert une écriture, un style magnifiques qui m'ont littéralement séduite. Boualem Sansal manie le récit et les mots avec une grande maîtrise . Je suis vraiment tombée sous le charme de sa plume.
    La force de ce roman tient aussi dans sa construction avec le point de vue des deux personnages ( les deux frères Schiller ) et l'imbrication de plusieurs contextes historiques et culturels. Ainsi le lecteur est plongé au coeur des sentiments des deux personnages mêlés à un passé et un présent qui les dépassent. L'un après l'autre les deux frères vont découvrir le terrible secret de leur famille et tenter de vivre avec. De nombreux sujets sont abordés par l'auteur qui nous livre une réflexion riche et profonde autour des thèmes de la culpabilité, de la liberté, des idéologies, ...
    J'ai vraiment du mal à critiquer ce roman qui m'a complètement coupé le souffle tant par l'écriture, les sujets qu'il évoque ou encore la force de son intrigue.
    Vous l'aurez compris, chers lecteurs, c'est un gros coup de coeur pour moi et je vous recommande chaudement sa lecture!


    Lien : http://laboitealectures.canalblog.com
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par CFONS, le 24 mai 2012

    CFONS
    Au début j'ai été surprise et un peu choquée du parallèle fait par l'auteur entre le nazisme et l'islamisme radical dans les cités. L'auteur veut nous alerter et il le fait à travers le récit de 2 frères qui partent à la découverte de leur passé. Et les surprises sont de taille. le récit est captivant et la plume très agréable.
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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Comme dans la cité, on sait ce qui se passe, ce que fait chacun, ce qu’il pense, ce qu’il dissimule. On se parle, on se surveille, on se donne des conseils, on se réunit pour les fêtes, les enterrements, les démarches auprès de la mairie, les campagnes de nettoyage des cages, le tour de garde dans les parkings. On sait qui est islamiste, ce qu’il mijote, et qui ne l’est pas et de quoi il a peur. On sait tout. Mais en même temps on ne sait rien, on se côtoie seulement, on croit savoir, on est dans sa tête, pas dans la tête des autres, on suit son idée, celle des autres ne nous arrivent pas ou nous parviennent déformées par le ouï-dire. On pratique au moins quinze langues et autant de dialectes dans la cité, comme dans les camps, on ne les connaît pas tous. On fait semblant, on baragouine. Et puis, qu’est-ce que nous avons à dire, à part le temps qu’il fait et les mêmes vieilles lamentations, celles d’hier qui se répètent en force, qui reviendront multipliées par trente à la fin du mois ? Les habitants de la cité connaissent Paris, leur capitale, et les Parisiens connaissent la cité, leur banlieue, mais que savent-ils exactement ? Rien. Nous sommes des ombres, des rumeurs, les uns pour les autres. Entre eux, entre nous il y a un mur, des barbelés, des miradors, des champs de mines, des préjugés fondamentaux, des réalités inconcevables.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Personne ne rêve d’être bourreau, personne ne rêve d’être un jour supplicié. Comme le soleil évacue son trop-plein d’énergie en de fantastiques explosions sporadiques, de temps en temps l’histoire expulse la haine que l’humanité a accumulée en elle, et ce vent brûlant emporte tout ce qui se trouve sur sa route. Le hasard fera que l’on soit là ou là, abrité ou exposé, d’un côté ou de l’autre du manche. Je n’ai rien choisi sinon que de vivre une vie tranquille et laborieuse et me voilà sur un échafaud qui n’a pas été dressé pour moi. Je paie pour un autre. Je veux le sauver, parce que c’est mon père, parce que c’est un homme. C’est ainsi que je veux répondre à la question de Primo Levi, si c’est un homme. Oui, quelle que soit sa déchéance, la victime est un homme, et quelle que soit son ignominie, le bourreau est aussi un homme
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Ce que je sais de l’Algérie, je l’ai su par les médias, par mes lectures, les discussions avec les copains. Au temps où j’habitais la cité, chez tonton Ali, j’en avais une perception trop vraie pour être réelle. Les gens jouaient à être algériens, plus que la vérité ne pouvait le supporter. Rien ne les obligeait mais ils sacrifiaient au rituel avec tout l’art possible. Émigré on est, émigré on reste pour l’éternité. Le pays dont ils parlaient avec tant d’émotion et de tempérament n’existe pas. L’authenticité qu’ils regardent comme le pôle Nord de la mémoire encore moins. L’idole porte un cachet de conformité sur le front, trop visible, ça dit le produit de bazar, contrefait, artificiel, et combien dangereux à l’usage. L’Algérie était autre, elle avait sa vie, et déjà il était de notoriété mondiale que ses grands dirigeants l’avaient saccagée et la prenaient activement à la fin des fins. Le pays vrai est celui dans lequel on vit, les Algériens de là-bas le savent bien, eux. Le drame dans lequel ils se débattent, ils en connaissent l’alpha et l’oméga et s’il ne tenait qu’à eux, les tortionnaires auraient été les seules victimes de leurs basses œuvres.
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  • Par Bibounde, le 30 septembre 2008

    Arrivé où je suis, ce ne peut être que la fin. C'est le 24 avril que mes parents sont morts, c'est ce jour que Hans Schiller a échappé une fois pour toutes à la justice des hommes. Or elle est nécessaire pour que l'homme que je suis continue de croire, pour le temps qui lui reste à vivre, que quelque part il y un atome de bien en nous. Celle de Dieu ne m'intéresse pas, je n'y songe pas. Elle a failli ici-bas, comment réussirait-elle là-haut ? Je ferai justice moi-même, je suis mieux placé que lui.
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  • Par annie, le 10 octobre 2011

    "J’ai dû me demander qui j’étais, d’où je venais, et quel mauvais sort m’attendait. Quelles autres questions ? J’étais l’enfant du néant et de la tromperie, je devais me sentir bien seul et triste. Et écrasé par la honte, comme je l’ai été tout au long de ma vie"
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