ISBN : 2914833970
Éditeur : Alvik Editions (2011)


Note moyenne : 3.45/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
« Je m’appelle Ilyès. À Saint-Denis, on me connaît sous le surnom du Marseillais. Je suis capable de griller le code d’une carte bleue en un clin d’oeil. Une fois mon travail réalisé, je peux dépenser sans compter. J’ai assumé mes conneries et vu le paquet de fric que c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Eskalion, le 21 avril 2012

    Eskalion
    La banlieue. En quelques années et en quelques romans , elle est devenue une source d'inspiration, une terre d'exploration pour le roman noir français.
    « Les anges s'habillent en Caillera » de Rachid Santaki offre la particularité d'avoir été écrit par un enfant de la cité. Un fils de ces banlieues tant décriées, où les stéréotypes les concernant sont tellement ancrées dans l'imaginaire collectif qu'il est difficile de croire qu'un jeune qui y grandit puisse s'y construire un avenir autre que celui qui plonge ses racines dans le trafic et la violence, et finit par se faner à l'ombre de barreaux métalliques.
    Pourtant Rachid Santaki, a bien suivi un autre chemin. Et le sien est un parcours militant, une lutte pour que l'écriture et la lecture s'épanouissent dans la banlieue, que la musique et le sport y apportent des possibles aux jeunes sans repères . Son combat c'est celui de l'expression, du dire, du faire, pour que les jeunes de ces quartiers puissent conjuguer le verbe exister . Un combat permanent.
    La cité il l'a vit de l'intérieur. Qui mieux que lui pouvait en parler avec des mots qui cognent comme des coups de poing à travers un livre qui n'est ni un plaidoyer pour les banlieues, ni un pamphlet contre la misère de ces quartiers, mais juste un roman qui s'inspire de la vie d'un de ces jeunes qui tournent mal , et qui a peut être pour mérite de montrer que derrière le voyou ou le flic ripoux se cache d'abord un homme tombé dans le vide.
    On le surnomme « le Marseillais », il est jeune, et jouit une belle notoriété dans son quartier. Ilyes fait partie de ces jeunes de cité qui veulent tout , tout de suite. Se faire de l'argent, le plus vite possible, pour asseoir sa réputation et se forger une place dans la cité. Mais Ilyes, lui, veut être au plus haut dans l'échelle. Et pour çà , il en a le talent et l'intelligence. Sa spécialité, le vol de cartes bleues et le craquage des codes, pour convertir à coup sûr son forfait en milliers d'euros.
    A Mais au moment où nous faisons connaissance avec lui, Ilyes sort de prison. Tombé à cause d'une balance. Alors il a les nerfs et rumine sa vengeance. Et quand avec l'aide d'un caïd de la cité et de ses complices serbes il met la main sur celui qui a causé sa chute, la dette se paiera dans le sang. Mais au moment où Ilyes tue celui qui l'a trahi, les flics surgissent de nulle part.

    Stop. Flash back. On rembobine l'histoire de sa vie,on revient sur son parcours,on l'accompagne sur le chemin de son destin. Un destin désiré, revendiqué et décidé. Parce que le crime paie, et plutôt grassement. Parce que tout est facile. Il suffit d'évaluer les risques et le cas échéant de savoir courir vite. Ilyes fait son apprentissage à l'ombre des plus aguerris que lui, mais trouve sa propre voie, son style. Ilyes devient « le Marseillais » et gagne en renom et en estime parmi les siens. C' est devenu un as. Il compte dans la cité.
    Mais ce que « le Marseillais » a oublié, c'est que la vie est loin d'être manichéenne. Que l'argent ne fascine pas que les voyous, que pour un magot dont cherche à mettre la main dessus, tous les coups sont permis et peuvent venir de n'importe où.
    Rachid Santanki dresse une galerie de personnages hors du commun. Loin des stéréotypes, il nous plonge dans les relations incestueuses entre flics et voyous, où derrière la façade se cache une réalité différente, faites de coups bas, de compromissions,de racket ,de lutte de territoire et de marchés. Il nous fait vivre de l'intérieur une cité ou une cellule de prison et découvre au lecteur une chose insensée, que derrière la crapule se cache d'abord un être humain.
    Parmi eux Stéphane, un flic violent, compromis , et usé. Un homme orphelin de l'amour maternel qui s'est construit avec un vide dans le cœur. Et quand il rencontre l'amour, il tombe à genou.
    SANTAKI« Les anges s'habillent en Caillera » est un roman sombre, violent, une histoire qui mêle argent, boxe, flics ripoux, balances,et le tout rythmé au son du Hip hop.
    L'auteur est un militant je l'ai dit. Lors de la sortie de son livre il a sillonné les cités pour en faire la promotion, en sillonnant le 93 à bord de sa camionnette à la rencontre des habitants. Car ce roman, c'est le leur.
    Indéniablement l'un des meilleurs romans sur la banlieue!
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    • Livres 4.00/5
    Par PierreF, le 01 mars 2011

    PierreF
    Ce roman aurait pu être un vrai casse gueule, un hymne à la petite délinquance, avec le risque de faire de Ilyès un héros. C'est un sujet très sensible, traité à la façon d'un équilibriste sur un fil distendu. Ce roman aurait pu être un total échec, un roman apportant un scandale de plus. Et finalement, c'est une totale réussite. Et le meilleur moyen de vous faire lire ce livre, c'est de vous conseiller d'aller dans une librairie, d'ouvrir ce livre, de lire la préface écrite par Oxmo Puccino (que je ne connais pas) qui parle de Rachid Santaki et de sa volonté d'aider et d'occuper les jeunes, de lire aussi l'Avant propos écrit par Rachid Santaki lui-même qui parle du contexte et de son choix d'auteur. Après cela, vous achèterez le livre.
    J'ai suivi le parcours de Ilyès, avec la peur au ventre. Avec la quatrième de couverture, j'étais inquiet du sujet, et surtout de son traitement. Il aurait été facile et dangereux de faire un mode d'emploi du parfait petit voleur, de donner vie à un personnage auquel on se serait identifié. Grâce aux choix littéraires et au style de Rachid Santaki, les pièges ont été évités et le roman en devient passionnant, par le fait qu'il ne prend pas position, qu'il ne juge personne, qu'il ne justifie pas les actes mais se contente de placer quelques traits qui sonnent justes.
    Les passages écrits à la première personne sont tout bonnement impressionnants, on a l'impression d'avoir Ilyès en face de nous, en train de nous conter son parcours, nous expliquant qu'il est conscient que ce qu'il fait est mal, mais que d'un autre coté, cela permet à ses parents de retourner au bled chaque été. Toujours, Ilyès oscille sur cette balance avec une lucidité et est prêt à assumer ses actes. Tout est une question de risques. Et dire qu'il a commencé comme ça pour passer le temps, presque s'amuser.
    Le roman regorge de personnages, tellement vrais, esquissés par de simples phrases, dont les frères, cousins, parents, flics pourris (ce sont les passages que j'ai le moins aimé). Tous parlent leur langage, entre le verlan et l'arabe, et cela aide à nous plonger dans ce monde, si proche de nous mais si lointain aussi. On y sent le décalage entre les parents qui travaillent et ces jeunes attirés par tant de facilité, par l'accès au luxe qu'ils n'auraient aucune chance de connaître autrement. Je ne cautionne en aucun cas ni ces actes, ni ces choix de vie, mais j'ai eu l'impression de comprendre un peu mieux, même si Ilyès n'est probablement qu'un cas. Pour finir, je citerai le dernier paragraphe de Oxmo :
    Malgré tout ce que l'on peut voir et entendre des grands médias, j'ai la chance de rencontrer des personnes animées par un vrai désir politique et d'autres sont sur le terrain, porteurs d'espoir. Donc, je deviens optimiste et … oui, je suis convaincu que tout ira mieux lorsque tous donneront à bon escient ce qu'ils ont de plus cher : un peu de leur temps.
    Ce livre est à lire, pour mieux comprendre, pour mieux aider, pour être plus tolérant, pour être positif, pour être moteur. D'aucun verront dans ce livre des exemples, des situations dont ils se doutent ou qu'ils imaginent au travers du miroir déformé des médias. On va en parler de ce livre, parce qu'il parle vrai, parce que le ton est réaliste et qu'il vaut mieux le lire que se boucher les yeux.

    Lien : http://black-novel.over-blog.com/article-les-anges-s-habillent-en-ca..
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    • Livres 2.00/5
    Par famillepiao, le 17 février 2011

    famillepiao
    "Les anges s'habillent en Caillera" est un polar sombre qui décrit la lente descente aux enfers d'un truand du 93...surnommé "Le marseillais". A chaud, ce livre me laisse un goût bizarre. Bien que se lisant très facilement, l'auteur use et abuse d'un langage familier. Argot, verlan, rabe...tout y passe. Si bien que je me pose cette question : faut-il employer le langage de la cité pour parler de la banlieue de manière crédible ? Pas certain, d'autant que ce style "à la mode" chez les écrivains "new generation" finit par lasser, voir mettre mal à l'aise. J'imagine mal un auteur utiliser le "françois médieval " de Villon pour traiter du Moyen-Age, ou alors un autre poser chaque mot de manière châtiée, guindée et snob pour écrire sur la bourgeoisie...Quelque part ça me gène, car quid de notre belle langue parlée et écrite ? Quant à l'intrigue, bien que menée à un rythme d'enfer...tombe assez vite dans la caricature du milieu gangster / flic telle qu'on peut l'observer dans pas mal de films traitant du sujet, et les poncifs ne sont pas rares, drogue, misère sociale et humaine...
    "Les anges s'habillent en Caillera" m'a fait l'effet d'un téléfilm noir sur France 2 à 20h30, un style choc...mais déjà tellement vu ! On passe un moment certes pas désagréable, mais tellement vite oublié...
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    • Livres 2.00/5
    Par Zarps, le 11 mars 2012

    Zarps
    C'est une histoire assez classique de flics et de voyous, et de flics qui deviennent voyous, dans un cadre qui est rarement au centre des romans français : la banlieue parisienne. Ce qui diffère franchement c'est le style de l'auteur, qui utilise une langue orale et familière, autant dans les dialogues que dans la narration. Est-ce bien nécessaire? Si cela ne m'a pas déplu au début de ma lecture, je me suis lassée au fil des pages du verlan, des phrases syntaxiquement bancales et d'un vocabulaire plutôt pauvre. Mais peut-être ai-je seulement était déroutée du fait que je venais de quitter Illusions perdues De Balzac...
    Mais c'est peut-être aussi l'avènement d'un nouveau genre de polar qui colle plus à la réalité sociale et moins aux codes de la littérature. Pourquoi pas mais je reste à convaincre.
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    • Livres 5.00/5
    Par Steeph76, le 25 février 2011

    Steeph76
    Alors d'abord, j'aimerais dire le principal : j'ai bien aimé ce livre.
    On découvre un milieu différent du nôtre, différent de celui dont on a l'habitude de fréquenter, ce qui est intéressant. Ce livre nous permet de comprendre les méfaits de l'argent et ce qu'il peut pousser à faire. Malgré le langage employé dans les dialogues un peu représentatif des banlieues, ce livre reste compréhensible, ce qui est mieux, je trouve, on en vient à être plongé aux côtés d'Ilyès, le protagoniste ; on ressent ses émotions. Je ne verrais pas de points négatifs à évoquer au sujet de ce livre, peut-être un détail, les extraits de journaux me semblent un peu exagérés, je pense que cela n'était pas nécessaire.
    Mais j'ai bien aimé.

    http://smile-books.skyrock.com/2982258715-Les-anges-s-habillent-en-caillera-Rachid-Santaki.html
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Citations et extraits

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  • Par gteisseire2, le 10 décembre 2010

    Je m’appelle Ilyès. À Saint-Denis, on me connaît sous le surnom du
    Marseillais. Je suis capable de griller le code d’une carte bleue en un clin
    d’oeil. Une fois mon travail réalisé, je peux dépenser sans compter. J’ai
    assumé mes conneries et vu le paquet de fric que cela m’a rapporté, la mise
    en parenthèses de ma liberté en valait le prix. Saint-Denis a été le théâtre
    de mes premiers coups. J’ai été assez malin pour passer les diplômes du
    crime, les autres candidats se sont retrouvés à vendre de la came ou du
    shit. Certains sont morts, d’autres se sont perdus entre les allers-retours
    au placard. Au fond de moi, je sais que ma sortie n’est que provisoire et que
    je vais reprendre la direction de la maison d’arrêt à la moindre erreur.
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  • Par Steeph76, le 09 février 2011

    "Elle ne tient pas l'homme qu'elle aime, il ne conjugue pas le verbe aimer. Les deux ne jouent pas avec les mêmes cartes. Pour lui c'est l'éducation d'un père sévère. Pour elle, l'amour d'une mère paralysée..." page 83
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