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Critiques sur L'art de la joie (17)


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  • Par sylvie le 06/02/2008


    J'ai aimé ce livre et son personnage central et solaire.
    C'est un grand roman qui nous emporte, une fresque historique et familiale à nous perdre tant il est dense, fort de ses 600 pages qui nous font traverser le 20eme siècle en Sicile, par la voix d'une narratrice/héroïne qu'on n'oubliera pas de si tôt.
    Modesta naît en 1900, dans une misère crasse, sans père et oubliée par une mère qui se tait ou qui hurle, mais qui ne parle pas. Elle n'a de vie que pour soutenir celle de son autre fille, malade mentale.
    Modesta souffrira, sera violée par un homme qui se fait passer pour son père, et commettra un acte terrible : elle brûlera la maison où périront sa mère et sa sœur.Recueillie dans un couvent, elle continuera de souffrir mais découvrira la lecture et le désir de savoir. Dès lors, elle n'aura de cesse de s'instruire pour s'émanciper et pour enfin vivre.
    Modesta la mal nommée veut que vivre ne soit pas un vain mot. Elle désire donner à ce verbe une signification qui lui convienne et dans laquelle elle se retrouve intellectuellement et émotionnellement. Voilà ce qui semble être le moteur puissant de cette destinée hors du commun qui nous est proposée dans ce roman.
    L'héroïne cherche et trouve les moyens de déjouer les obstacles qui ne cessent de se précipiter devant elle. Elle est dotée d'une force exceptionnelle, et sa potion magique à l'air d'être un désir puissant de vie, une pulsion plus forte que tout qu'elle alimente et renforce au fil du temps par ce qui est nommé dans le titre," L'art de la joie". "La joie, passion par laquelle l'âme passe à une perfection plus grande "dit Spinoza (Ethique, III, 11, sc.).
    Sa vie est un miracle rêvé par la romancière qui le tisse.
    Modesta est l'incarnation idéalisée d'une émancipation continue et jamais tout à fait gagnée. Cette jeune femme, sortira du couvent, et rusée, fera sa place de choix au sein d'une famille aristocratique. N'abandonnant jamais son goût pour l'étude et pour la lecture, elle deviendra princesse, et règnera sur son domaine en appliquant l'éthique qu'elle s'est forgée durant toute une vie.
    Nous assistons donc ravis à la réalisation d'un conte de fée d'un nouveau genre, d'une histoire "romanesque", du nom sous lequel certaines bibliothèques cataloguent les "romans roses". Mais ne nous y trompons pas, c'est une œuvre de fiction d'une force extraordinaire, comme celle incroyable de son héroïne increvable! Et ça fait du bien!
    Tout d'un coup, tous les déterminismes pesants tombent les uns après les autres pour faire une place libre à la construction d'une femme belle, intelligente et accomplie, qui lutte contre les préjugés de tous ordres.
    Elle est intéressante cette Héroïne parce qu'elle mène une vie pleine de paradoxes assumés sans culpabilité.
    L'auteur nous conte l'histoire d'une femme libre à force de ténacité, de courage et de volonté, pour gagner toujours un peu plus d'émancipation.
    Elle tue sa famille, s'échappe du couvent, accepte une position de domestique pour s'assurer une possibilité d'ascension sociale, finit par se libérer du travail et par prendre le pouvoir et le titre du domaine par un mariage arrangé dont elle saura se servir pour arriver à ses fins.
    Devenue aristocrate, elle sera socialiste anarchiste, combattante du fascisme, sans oublier d'être mère de plusieurs enfants qu'elle fait ou qu'elle adopte, amante, lectrice, poète, nageuse, et que sais je encore dans ce tourbillon de "folie de vie contre folie de mort". Modesta ne cesse d'avancer jusqu'à l'âge d'être grand mère en étant toujours aussi concentrée sur sa quête...
    C'est un beau livre à lire pour son énergie et sa liberté de fond et de forme.
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/02/lart-de-la-joie-goliarda-sapienza.html

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par kristov1 le 04/02/2011


    Un roman picaresque, initiatique, un élan vital ...nietzschéen !

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par 270778 le 27/04/2010


    Ce livre est un cri : cri de douleur, cri de révolte, cri de plaisir, cri de joie.
    De 1900 à 1960, 60 ans de l'histoire italienne, 60 ans de la vie d'une femme sicilienne. Modesta : un des personnages féminins les plus forts de l'histoire de la littérature, elle accompagne le lecteur longtemps après avoir refermé à regret ce gros roman de 600 pages.
    Il y a dans ce livre des pages magnifiques sur la nature, l'amour (dans toutes ses facettes), l'engagement révolutionnaire, la vieillesse, le deuil, mais aussi sur la soif de connaissance, l'amour des livres, l'écriture et la création. Les dernières pages du livre sont magnifiques et confirment le titre. Ce livre n'est ni plus ni moins qu'un guide pour renaître et accéder à sa liberté.
    Je ne retiendrai donc que ces trois mots qui reviennent souvent dans la bouche de Modesta et d'autres personnages : " J'ai faim ".

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par hema6 le 10/02/2011


    Un chef d'oeuvre à lire et relire, un véritable hymne à la joie, à la la vie.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par enelle le 14/10/2008


    C'est l'histoire d'une femme Modesta et de tout ce qui gravite autour d'elle tout au long du XXe siècle en Sicile. Une femme qui se voudra libre toute sa vie durant. Très beau portrait de femme.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par chiffonnette4 le 23/04/2008


    Modesta naît le premier janvier 1900 dans un petit village de Sicile. Enfant d'une mère pauvre, seule et frustre, rien ne la destine à devenir une princesse. Ni la femme instruite, libre, indépendante et farouche qui va peu à peu s'affirmer.



    A lire ce court résumé, on aurait presque l'impression de se trouver devant un conte de fée. Ou comment la jeune fille méritante rencontre le prince charmant qui l'arrache à sa pauvre masure. Mais Modesta n'est certainement pas une jeune fille méritante. Ou plutôt une jeune fille soumise à son destin, docile et attendant un époux pour quitter un état de dépendance pour un autre. C'est un personnage riche, dense, qui va traverser les pires années de 20e siècle avec une force de vie profonde.



    Dès son enfance, son adolescence, Modesta affirme un caractère hors du commun, seul capable de lui permettre de résister au pire. Car dès le départ le pire lui est promis malgré son intelligence vive, sa sensualité déjà vivante : fille d'une pauvresse et de père inconnu, sœur d'une trisomique quand cela est encore considéré comme une punition de Dieu. Comment s'étonner dès lors qu'elle ne recule devant rien pour gagner sa liberté ?

    C'est cette liberté qui est finalement le thème et le personnage principal de ce roman fleuve de 800 p. La conquête quotidienne de la liberté contre les autres, et surtout contre soi.

    « En un éclair, je compris ce qu'était ce qu'on appelle le destin : une volonté inconsciente de poursuivre ce que pendant des années on nous a insinué, imposé, répété être le seul juste chemin à suivre. »

    Pour elle, ce destin aurait du être celui d'une femme pauvre, d'une épouse soumise, d'une mère forcément aimante, ou d'une religieuse. Tout ce vers quoi la renvoyaient les hommes, certes, mais surtout les femmes, le rempart le plus sûr du conformisme social, les bourreaux les plus convaincus de leurs propres soeurs.



    Ce n'est pas le seul conformisme, contre lequel se bat Modesta. On peut dire de ce personnage qu'il est la quintessence des convictions de Goliarda Sapienza : petite-fille de syndicalistes, née d'un père chef de fil du socialisme sicilien et d'une mère première femme à diriger la Chambre du travail de Turin.

    Autour de Modesta/Liberté gravitent une galerie de personnages qui représentent tous un état de la société, ou un idéal. De Tuzzu le paysan à Carlo le médecin communiste en passant par Nina l'anarchiste et Joyce l'intellectuelle, on voit se dessiner en filigrane du récit des modes de vie opposés, des idéaux et des idéologies que la jeune femme va apprendre à connaître, accepter ou fuir, en tout cas toujours critiquer avec une lucidité parfois douloureuse.

    « Mais l'amour n'est pas absolu et pas davantage éternel, et il n'y a pas seulement de l'amour entre un homme et une femme, éventuellement consacré. On peut aimer un homme, une femme, un arbre, et peut-être même un âne, comme le dit Shakespeare. le mal réside dans les mots que la tradition a voulu absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. le Mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient. Ils mentaient presque tous. Voilà ce que je devais faire : étudier les mots exactement comme on étudie las plantes, les animaux… Et puis, les nettoyer de la moisissure, les délivrer des incrustations des siècles de tradition, en inventer de nouveaux, et surtout écarter pour ne plus m'en servir, ceux que l'usage quotidien emploie avec le plus de fréquence, les plus pourris, comme : sublime, devoir, tradition, abnégation, humilité, âme, pudeur, cœur, héroïsme, sentiment, piété, sacrifice, résignation. »

    Telle va être la règle que Modesta va appliquer tout au long de sa longue vie, quelque soit le prix à payer pour cela.

    « Ne jamais refuser de voir les côtés désagréables de la vie ; quand on ne la connaît pas, la réalité leur fait prendre des proportions gigantesques dans l'imagination, les transformant en cauchemars incontrôlables. »

    A travers ce personnage hors du commun, Goliarda Sapienza aborde bien des thèmes peu usités dont le moindre n'est pas la sexualité féminine. Dès son enfance, Modesta est ce démon que combat l'Eglise, cette hystérique traitée par la psychanalyse des débuts. Une femme profondément sensuelle, qui apprend à être à l'écoute de son corps et de ses désirs, que ces désirs la portent vers un homme ou une femme. Goliarda Sapienza analyse ces désirs, analyse la sexualité et la culpabilité dont elle a été empreinte et livre à ses lecteurs des lignes d'une pertinence qui laisse rêveur.

    « La vérité, c'est que quand tu trouves la femme ou l'homme qu'il te faut, alors il faut absolument arriver à s'entendre. le corps est un instrument délicat, plus qu'une guitare, et plu tu l'étudies et plus tu l'accordes à l'autre, plus le son devient parfait et fort le plaisir. »

    Une pertinence que l'on retrouve quand elle aborde des thèmes comme l'éducation des enfants, la politique, la religion, l'économie même. Une pertinence qu'elle acquiert sans doute en portant le même regard sur tout ses personnages, quelques soient leurs choix et leur sexe. Et en faisant de Modesta un personnage qui réfléchit. Important quand on y pense non ? Cette femme ne se contente pas d'accepter comme parole d'évangile ce qu'on lui dit, ce qu'elle lit. Elle l'analyse au regard de ses propres aspirations, et n'utilise que ce qui lui est utile, refusant toute aliénation et surtout, celle de la pensée et des idéaux. Il lui arrive de se tromper bien sûr, d'adhérer puis de quitter, mais ce n'est finalement qu'une manière de construire un système de pensée cohérent, son système de pensée. Un art de vivre précieux, je dirais même un objectif à atteindre.



    Après ce long bavardage sur le fond du roman quid de la forme ? Non, je vais tout de même essayer de l'aborder, même brièvement !

    L'art de la joie et un roman fleuve, dense, débordant de vie, mais parfois confus. La faute à l'usage de la langue que fait Goliarda Sapienza sans doute. Elle n'hésite pas à mêler langue classique et dialectes siciliens ou romains, langage médical et populaire ! Et surtout, elle heurte les temporalités : de longues pages sur un court instant, de longues périodes décrites en quelques lignes. Un moyen de rendre la psyché de Modesta sans doute, mais qui rend de temps en temps difficile la compréhension du récit. J'ai d'ailleurs eu du mal à rentrer dans cette lecture, au point d'avoir manqué de refermer le roman au bout de quelques pages. Je suis heureuse d'avoir persisté. Modesta n'est pas un personnage que l'on oublie facilement. Et elle donne une formidable leçon de vie.



    « le soleil levant m'envahit le cerveau, serein, comme libéré d'un poids d'angoisse qui depuis des mois et des mois me faisait tressaillir à la moindre ombre, au moindre bruit, et un calme jamais éprouvé m'envahit. J'ai envie de sortir, de courir dans ce soleil joyeux qui répète : tu es libre. Douceur de ne plus attendre, de ne plus dépendre d'une autre volonté. Personne ne m'enlèvera plus cette douceur, Mattia. »



    « Je n'ai pas tremblé comme je le craignais, et maintenant je sais la raison de ma sérénité devant Pietro mort, devant la maladie de Prando. Ce n'est pas de l'indifférence, un émoussement des sens dû aux années comme je l'avais soupçonné. C'est la pleine possession de mes émotions et la connaissance suprême de chaque instant précieux que la vie nous offre en prime si on a fermeté et courage. »



    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Readingintherain le 31/07/2011


    [...]Bref, tout ça pour dire que je n'ai pas été déçue. Même si je n'ai pas aimé tous les passages, même si par moments ça m'a semblé long (je trouve qu'on sent qu'elle a passé 10 ans à l'écrire) à mon sens c'est tout de même un très grand roman. Roman féministe peut-être, surtout écrit dans les années 60, roman intimiste et en même temps grande fresque familiale, L'art de la joie est difficile à définir. Modesta, son héroïne, va se hisser à la sueur de son front jusqu'à la place qu'elle voulait, afin de pouvoir mener la vie qu'elle voulait. Et ce roman, c'est surtout l'histoire de sa volonté, et de ce qu'elle va pouvoir achever en ne se laissant jamais faire, par qui que ce soit.[...]


    Lien : http://www.readingintherain.com/2011/07/l%E2%80%99art-de-la-joie-%E2..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Anadeis le 20/11/2010


    Modesta était destinée à devenir une femme pauvre, analphabète et soumise aux hommes. Il n'en sera pas ainsi. Modesta deviendra princesse, femme de pouvoir cultivée et libre de toute autorité. Goliarda Sapienza nous narre ici la vie exceptionnelle d'une femme hors du commun qui luttera toute sa vie contre les préjugés et les règles établies. L'auteure mêle les histoires des personnages à l'Histoire avec un grand « H » en peignant la Sicile de ce début de XXe siècle, marqué par la montée du fascisme et l'apparition de groupes anarchistes et révolutionnaires. On assiste au cheminement personnel, politique et émotionnel de Modesta, personnage central de cette fresque historique et familiale.
    L'art de la joie est une œuvre magnifique qui nous fait réfléchir sur nos propres vies et nous faire prendre conscience de tous les chemins qui s'offrent à nous. Modesta, femme aux agissements et aux idées parfois contradictoires, n'est pas nécessairement un personnage auquel on s'attache mais elle marque les esprits. L'écriture de Goliarda Sapienza est plutôt singulière : associant les ellipses, les dialogues de théâtre et les mélanges de points de vue, son texte, tout comme son héroïne, respire la liberté.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Bib2Co le 18/02/2010


    L'Art de la la joie est un monument de douceurs, de ruptures, de violences et de voluptés de toutes sortes mais de celles qui initient...chemin faisant toutes les routes sont bonnes à prendre et Modesta nous en montrent quelques unes, en explorent d'autres, mais jamais ne se résigne. Un art, que dis-je une quête ! Sensationnel !

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par stefferon le 12/10/2011


    Ce qu'il me reste de ce livre n'est pas de la joie mais le souvenir d'une lecture laborieuse.

    Ce n'était sans doute pas le moment, ni le bon état d'esprit pour le lire.

    Peut être qu'une deuxième lecture me ferait changer d'avis, au vue de nombreuses critiques positives.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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