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ISBN : 2757854666
Éditeur : Points (2015)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 232 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Le ciel s'était éloigné d'au moins dix mètres." Ainsi débute ce livre culte, récit de la cavale d'une jeune fille de dix-neuf ans évadée de la prison où un vol l'a conduite et qui, dans sa fuite, s'est brisé un os du pied nommé astragale. La route d'Anne croise celle ... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par l-ourse-bibliophile, le 20 août 2013

    l-ourse-bibliophile
    Albertine Sarrazin fut la première écrivaine française à parler de prison, de cavale et de prostitution dans ses romans. C'est sa vie – sans doute romancée parfois – qu'elle nous raconte dans ce premier roman.
    Incarcérée à 18 ans en 1955 pour un hold-up manqué, Anne s'évade en sautant le mur de la prison deux ans plus tard. Elle se brise l'astragale, petit os du pied. Incapable de marcher, elle rampe jusqu'à la route et rencontre l'amour de sa vie, Julien Sarrazin, également en cavale. C'est ainsi que débute le récit. Il se déroulera sur plus d'un an, de planques en planques (fournies par Julien, chez sa famille, chez des amis), de l'opération à la guérison (Albertine boitera toujours), jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée de nouveau.
    Albertine Sarrazin nous entraîne dans les années 50. On côtoie les ouvriers, on rencontre les truands et les prostituées de Paris et de province.
    Albertine écrit avec vigueur, avec rage. Elle est prenante et fascinante. Elle narre sa vie scandaleuse avec une écriture fluide, magnifique : vocabulaire argotique et passages poétiques sont entremêlés, le ton est parfois brouillon et oral, mais aussi bourré de pépites.
    Elle est impertinente, elle est directe. Elle prend la vie avec un optimisme rageur, parce qu'il faut avancer, parce qu'hier est mort et que nous sommes vivants. La cavale plutôt que la prison au risque d'être prise. Elle exprime sa frustration d'être clouée au lit avec un pied bloqué alors qu'elle est faite pour courir et sauter. Elle se prostitue et vole l'un de ses clients pour aider Julien comme il l'a aidée lorsqu'il est emprisonné, pour vivre heureuse avec lui.
    Faut-il mieux vivre cinq minutes intensément ou passer toute une vie à s'ennuyer ? Albertine n'hésite pas et choisit la vie passionnée.
    Elle ne cherche pas à émouvoir. Je n'ai pas eu l'impression en tout cas qu'elle souhaitait qu'on la prenne en pitié. Elle connaissait les risques de la vie qu'elle menait (les délits, la prison, la cavale), mais ne cherchait pas forcément à les éviter. Certes, elle aimait passionnément Julien et voulait s'installer avec lui, mais elle ne pleure pas lorsque leurs projets sont remis à plus tard. Lorsqu'elle se fait arrêter alors qu'elle devait s'enfuir de Paris avec Julien, ce n'est pas un ton geignard qu'elle prend. Elle est lucide, pragmatique, mais elle reste optimiste.
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    • Livres 4.00/5
    Par Bazart, le 12 avril 2015

    Bazart
    Mercredi dernier parmi les belles sorties de la semaine figurait l'Astragale, un long métrage de Brigitte Sy qui raconte l'histoire, à la fin des années 1950, d'une jeune délinquante indomptable qui va se blesser en s'évadant de prison et être secourue par un malfrat au grand coeur dont elle va tomber amoureuse.
    Mais avant d'être cette pasison amoureuse incarnée par le génial couple Leila Nekti et Reda Katen, L'Astragale fut d'abord un roman autobiographique signé Albertine Sarrazin.
    Paru en 1965, ce livre va très vite devenir culte, car au-delà de ce qui y est raconté, c'est la personnalité de son auteure qui va subjuguer. suite sur le blog

    Lien : http://www.baz-art.org/archives/2015/04/12/31859953.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Away--x, le 18 juillet 2015

    Away--x
    Le 19 avril 1957, Albertine saute du mur de sa prison ; l'évasion est réussie mais son astragale fracturé. La jeune femme a dix-neuf ans. C'est Julien, Julien Sarrazin, son futur mari, qui lui porte secours. Il la cache, d'abord chez sa mère puis chez Pierre et enfin chez Annie.
    Lui, le casseur, et elle, la fugitive tantôt voleuse, tantôt prostituée, se trouvent, se perdent et se retrouvent. Il prend soin d'elle, elle l'attend ; elle réapprend à marcher. Quand il se fera arrêter et incarcérer pour trois mois, cette année-là, elle l'attend encore patiemment, certaine de le revoir. Ils se marieront le 7 février 1959 ; à ce moment-là, c'est elle qui était en prison.
    Albertine Sarrazin a composé L'astragale, le roman de sa jeunesse en quelques semaines, en 1964. A l'époque, elle écopait d'une peine pour vol d'une bouteille de whisky.
    Albertine, quelle femme ! Malgré sa jeunesse de délinquante, elle était excellente élève ; l'écriture est parfaite. Les mots sont parfois crus mais toujours justes. Doux aussi, quand il le faut.
    Albertine et Julien, quelle histoire ! Leur amour ressemble à ces liaisons comme on n'en voit plus que dans les films. Ces deux-là finissaient toujours par se retrouver.
    Quant à moi, c'est avec plaisir que je retrouverai la plume de Mme Sarrazin pour lire ses autres romans !
    Challenge Petits plaisirs 2014/2015
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    • Livres 5.00/5
    Par IreneAdler, le 15 août 2012

    IreneAdler
    En s'évadant de son école-prison, Anne se brise l'astragale, un os du pied. Elle sera recueilli par julien, lui-même truand. Commence pour eux une une drôle histoire d'amour, faite de cavale et de planques.
    Roman d'amour et de prison, L'astragale s'inspire de faits réels, vécus par l'auteur (mais il n'est pas dit dans quelle mesure). le lecteur pénètre dans l'envers des 30 Glorieuses, dans les quartiers populaires, où la débrouille frôle la petite truanderie.. Où un amour véritable n'a que peu de chance de s'épanouir, les amants se retrouvant en prison, ayant besoin d'avoir une confiance absolue en l'autre. Et pourtant ce la se révèle possible.
    Écrit dans un style plutôt familier, parfois un peu argotique, le roman ne tombe jamais dans la vulgarité ou la facilité. L'intrigue et les personnages sont construit, ont de la profondeur. le lecteur (du moins la lectrice que je suis) se prend d'affection pour ce couple improbable, espère et tremble pour lui.
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    • Livres 3.00/5
    Par paroles, le 06 mars 2013

    paroles
    Une très belle écriture, mais cependant une histoire (très largement autobiographique) qui ne m'a pas émue.
    1965. Anne décide de s'échapper de la prison-école (elle est mineure) où elle purge une peine de 7 ans. Elle réussit à sauter le mur, mais la réception est douloureuse, elle se fracture l'astragale (petit os du pied qui sert de pivot pour fléchir ou étendre la cheville. Merci Wikipédia). Tant bien que mal, elle réussit à s'éloigner de la prison pour arriver au bord de la route. Là, elle croise le chemin de Julien en qui elle reconnaît immédiatement un ex-taulard. Celui-ci va la mettre à l'abri chez des amis, la faire soigner, l'aimer, lui procurer la sécurité dont elle a besoin. Mais il faut souvent changer d'hôtes qui se montrent avides de reconnaissances financières. Et Julien s'absente souvent. Il fait des affaires. Anne ne veut plus dépendre ni de Julien, ni des personnes qui l'hébergent. Elle prend sa liberté, s'installe à l'hôtel et se prostitue pour gagner sa vie. L'argent, elle le met de côté pour Julien, pour eux, parce qu'un jour ils partiront ensemble. Mais la cavale a ses limites...
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 22 octobre 2013
    Une histoire édifiante qui dit bien son époque -destin poisseux, mœurs ligotées, France populo, liberté de la femme en devenir- et parfaitement mise en cases par deux auteurs qui ont su allier le romanesque de l'intrigue à un noir et blanc épais mais au trait très fin qui métaphorise ainsi la vie singulière d'une femme petit format qui s'impose dans un monde sans couleurs.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Away--x, le 18 juillet 2015

    Je crois qu'à l'hôpital, on aime assez exhiber ce qu'on a de plus laid : c'est à qui aura la plus effroyable couture, avec le plus grand nombre de points de suture, le plâtre le plus volumineux, l'extension la plus pesante. Et moi, devant Julien, au lieu de jouer de mes mains et de mon visage intacts, je dénude ma peau criblée de trous et de marbrures, et je regrette de ne pouvoir lui montrer aussi ce qu'il y a sous mon plâtre et qui, à en juger par les infiltrations qui colorent le talon, doit être plus saisissant encore.
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  • Par VALENTYNE, le 03 août 2015

    À nouveau je marche, mes pieds sont ocrés de poussière, et les gens que je côtoie m’enveloppent, me portent, me bousculent sans me gêner, comme des vagues ; je marche, passive, ni gaie ni triste. L’ardeur du soleil s’emmagasine en moi, sans irradier encore : je remonterai bientôt vers les froidures, j’aurais besoin de mon stock.
    Avec ma patte, je ne peux plus marcher sans semelles : la plante du pied est dure et cornée, mais elle est devenue sensible comme une muqueuse, la moindre poussière de caillou la perce de douleur. Ma jambe n’est plus la demi-base sûre de mon équilibre, chaque pas est un simulacre, une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche, et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers, sous l’angle laissé par le moule de plâtre « en léger équin » disait le dossier.
    Marche droit, Anne : si l’on te questionne, jamais cet accident ne doit transparaître, ta patte menace de prison ceux qui l’ont sauvée. Mais… Comment se rappeler la prison, ici ? Comment même y croire ? Ici, tout le monde semble déguisé, et la police omni-présente laisse tranquille la foule à laquelle je ressemble, avec mon chapeau de pacotille et mes lunettes noires.
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  • Par zazimuth, le 29 août 2010

    Je n'essaie pas d'intéresser les gens : après quelques avances mal reçues ou interprétées de travers, je me renfrogne dans l'indifférence où eux-mêmes me laissent. Non par mépris, mais parce que je ne sais pas forcer les oreilles et les coeurs : il faut qu'on vienne à moi. (p.140)

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  • Par ATOS, le 27 mars 2015

    Que ce réveil tourne lentement ! Le drap colle à ma poitrine, m’oppresse un peu. Je voudrais dormir, être minéral, être bloc autour de mon cœur qui bondit et court devant moi : choisis-la, Julien la route qui est à moi, sautes-y à pieds joints et que je porte à jamais chacun de tes pas.

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  • Par Malice, le 07 juillet 2013

    Avec ma patte, je ne peux plus marcher sans semelles : la plante du pied est dure et cornée, mais elle est devenue sensible comme une muqueuse, la moindre poussière de caillou la perce de douleur. Ma jambe n'est plus la demi-base sûre de mon équilibre, chaque pas est un simulacre, une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche, et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers sous l'angle laissé par le moule de plâtre "en léger équin" disait le dossier.
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