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ISBN : 2848656425
Éditeur : Sarbacane (2013)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 174 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Le ciel s'était éloigné d'au moins dix mètres.
" Ainsi débute ce livre culte, récit de la cavale d'une jeune fille de dix-neuf ans évadée de la prison où un vol l'a conduite et qui, dans sa fuite, s'est brisé un os du pied nommé astragale. La route d'Anne crois... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par l-ourse-bibliophile, le 20 août 2013

    l-ourse-bibliophile
    Albertine Sarrazin fut la première écrivaine française à parler de prison, de cavale et de prostitution dans ses romans. C’est sa vie – sans doute romancée parfois – qu’elle nous raconte dans ce premier roman.
    Incarcérée à 18 ans en 1955 pour un hold-up manqué, Anne s’évade en sautant le mur de la prison deux ans plus tard. Elle se brise l’astragale, petit os du pied. Incapable de marcher, elle rampe jusqu’à la route et rencontre l’amour de sa vie, Julien Sarrazin, également en cavale. C’est ainsi que débute le récit. Il se déroulera sur plus d’un an, de planques en planques (fournies par Julien, chez sa famille, chez des amis), de l’opération à la guérison (Albertine boitera toujours), jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée de nouveau.
    Albertine Sarrazin nous entraîne dans les années 50. On côtoie les ouvriers, on rencontre les truands et les prostituées de Paris et de province.
    Albertine écrit avec vigueur, avec rage. Elle est prenante et fascinante. Elle narre sa vie scandaleuse avec une écriture fluide, magnifique : vocabulaire argotique et passages poétiques sont entremêlés, le ton est parfois brouillon et oral, mais aussi bourré de pépites.
    Elle est impertinente, elle est directe. Elle prend la vie avec un optimisme rageur, parce qu’il faut avancer, parce qu’hier est mort et que nous sommes vivants. La cavale plutôt que la prison au risque d’être prise. Elle exprime sa frustration d’être clouée au lit avec un pied bloqué alors qu’elle est faite pour courir et sauter. Elle se prostitue et vole l’un de ses clients pour aider Julien comme il l’a aidée lorsqu’il est emprisonné, pour vivre heureuse avec lui.
    Faut-il mieux vivre cinq minutes intensément ou passer toute une vie à s’ennuyer ? Albertine n’hésite pas et choisit la vie passionnée.
    Elle ne cherche pas à émouvoir. Je n’ai pas eu l’impression en tout cas qu’elle souhaitait qu’on la prenne en pitié. Elle connaissait les risques de la vie qu’elle menait (les délits, la prison, la cavale), mais ne cherchait pas forcément à les éviter. Certes, elle aimait passionnément Julien et voulait s’installer avec lui, mais elle ne pleure pas lorsque leurs projets sont remis à plus tard. Lorsqu'elle se fait arrêter alors qu’elle devait s’enfuir de Paris avec Julien, ce n’est pas un ton geignard qu’elle prend. Elle est lucide, pragmatique, mais elle reste optimiste.
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    • Livres 5.00/5
    Par IreneAdler, le 15 août 2012

    IreneAdler
    En s'évadant de son école-prison, Anne se brise L'Astragale, un os du pied. Elle sera recueilli par julien, lui-même truand. Commence pour eux une une drôle histoire d'amour, faite de cavale et de planques.
    Roman d'amour et de prison, L'Astragale s'inspire de faits réels, vécus par l'auteur (mais il n'est pas dit dans quelle mesure). le lecteur pénètre dans l'envers des 30 Glorieuses, dans les quartiers populaires, où la débrouille frôle la petite truanderie.. Où un amour véritable n'a que peu de chance de s'épanouir, les amants se retrouvant en prison, ayant besoin d'avoir une confiance absolue en l'autre. Et pourtant ce la se révèle possible.
    Écrit dans un style plutôt familier, parfois un peu argotique, le roman ne tombe jamais dans la vulgarité ou la facilité. L'intrigue et les personnages sont construit, ont de la profondeur. le lecteur (du moins la lectrice que je suis) se prend d'affection pour ce couple improbable, espère et tremble pour lui.
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    • Livres 3.00/5
    Par paroles, le 06 mars 2013

    paroles
    Une très belle écriture, mais cependant une histoire (très largement autobiographique) qui ne m'a pas émue.
    1965. Anne décide de s'échapper de la prison-école (elle est mineure) où elle purge une peine de 7 ans. Elle réussit à sauter le mur, mais la réception est douloureuse, elle se fracture L'Astragale (petit os du pied qui sert de pivot pour fléchir ou étendre la cheville. Merci Wikipédia). Tant bien que mal, elle réussit à s'éloigner de la prison pour arriver au bord de la route. Là, elle croise le chemin de Julien en qui elle reconnaît immédiatement un ex-taulard. Celui-ci va la mettre à l'abri chez des amis, la faire soigner, l'aimer, lui procurer la sécurité dont elle a besoin. Mais il faut souvent changer d'hôtes qui se montrent avides de reconnaissances financières. Et Julien s'absente souvent. Il fait des affaires. Anne ne veut plus dépendre ni de Julien, ni des personnes qui l'hébergent. Elle prend sa liberté, s'installe à l'hôtel et se prostitue pour gagner sa vie. L'argent, elle le met de côté pour Julien, pour eux, parce qu'un jour ils partiront ensemble. Mais La cavale a ses limites...
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    • Livres 5.00/5
    Par grumpydoll, le 28 janvier 2014

    grumpydoll
    Albertine n'avait aucune chance, car le policier lancé à sa recherche faisait un point d'honneur de la retrouver. Pour lui c'était une mission qu'il devait mener à bien. Sa mission, son honneur professionnel. Il n'aurait pas su fermer les yeux pour laisser une chance à Albertine. Coûte que coûte, son honneur était en jeu.
    Albertine a choisi la liberté et la mort plutôt que l'esclavage de la prison, où finalement tout le monde surveille un peu tout le monde. le choix d'Albertine c'est de rester vivante durant cette vie, plutôt que déjà morte au fond d'une prison oubliée. On ne devrait jamais en arriver là... jamais.
    Dans sa liberté (provisoire, un peu comme celle de la chèvre de Monsieur Seguin) elle a rencontré l'amour, comme par hasard. Elle a vécu, au lieu de se traîner comme une zombie durant des jours et des jours, morte-vivante dans une prison (on peut mettre en parallèle ce destin avec celui de Camille Claudel : pour elle s'enfuir fut franchement impossible).
    Elle a osé vivre, de plus elle a osé écrire, alors qu'elle n'était pas attendue en littérature.
    Pour moi, elle a réussi sa vie : laisser une trace de son parcours, de ce qui lui est arrivé. Quitte à en mourir... mais ce genre de lectures, si on est prêt à bien les écouter, nous enseigne tellement sur ce qu'est réellement ce monde. Elle est comme un juste qui serait venu à la lumière puisqu'elle a témoigné sur son sort d'apparemment hors-la-loi. La vie lui aurait-elle réellement laissé une autre chance?
    C'est en étudiant ce genre de témoignages que se prépare un chemin, une solution réelle pour d'autres.
    On dirait que ceux qui ouvrent une brèche pour la compréhension le payent parfois. Certainement le savent-ils? Et à partir de là, la question qui se poserait est la suivante : à qui profite réellement le crime? Au lieu de considérer Albertine comme une voleuse, je l'ai finalement plutôt considérée victime, car son vol fut payé si cher que ce n'est pas pardonnable. Son vol fut comme un élément déclencheur justifiant un destin à vrai dire injustifiable. Que faut-il donc comprendre alors, finalement?
    Et c'est finalement souvent la même histoire, si l'on considère que dans le roman "Les misérables", celui qui vole un pain fait un nombre considérable d'années de bagne... il est écrit qu'il aurait pu en faire beaucoup moins, mais il n'accepte pas une liberté donnée de telle sorte que sa dignité n'est pas respectée... alors la punition dure. Que faut-il penser de ce genre de choix?
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    • Livres 3.00/5
    Par Malice, le 07 juillet 2013

    Malice
    Jean-Jacques Schuhl évoque dans son livre : "Entrée des fantômes", ce roman qui connu un grand succès en 1965. " Moi je me souvenais d'un roman, L'Astrage, l'auteur était une bien jolie fille de mauvaise vie avec deux accroche-cœurs qui s'appelait Albertine Sarrazin. Albertine s'était cassé L'Astragale en sautant le mur d'un prison. Grand succès de L'Astragale puis plus rien ... disparue Albertine !"
    Le 19 avril 1957, Anne décide de s'évader, elle saute et elle se casse L'Astragale os à la cheville. Elle douleur est vive dans toute la jambe. Elle va faire la rencontre avec Julien du même bord qu'elle et il va l'aider, et il fera tout pour qu'elle puisse se soigner.
    Elle se retrouvera chez Annie une ancienne prostitué dont le mari est en prison. Elle part à Paris où elle sera prostituée.
    Mon ressenti concernant ce roman fiction, étrange, âpre et à la fois étonnant, bien ficelé. Un roman adapté en pièce de théâtre cela démontre bien la force du récit et de son écriture. Mais je n'ai pas été touché ni intéressé plus que cela par cette histoire. J'ai le sentiment que ce roman à un peu vieillit me semble t-il ?
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 22 octobre 2013
    Une histoire édifiante qui dit bien son époque -destin poisseux, mœurs ligotées, France populo, liberté de la femme en devenir- et parfaitement mise en cases par deux auteurs qui ont su allier le romanesque de l'intrigue à un noir et blanc épais mais au trait très fin qui métaphorise ainsi la vie singulière d'une femme petit format qui s'impose dans un monde sans couleurs.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par zazimuth, le 29 août 2010

    Je n'essaie pas d'intéresser les gens : après quelques avances mal reçues ou interprétées de travers, je me renfrogne dans l'indifférence où eux-mêmes me laissent. Non par mépris, mais parce que je ne sais pas forcer les oreilles et les coeurs : il faut qu'on vienne à moi. (p.140)

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  • Par Malice, le 07 juillet 2013

    Avec ma patte, je ne peux plus marcher sans semelles : la plante du pied est dure et cornée, mais elle est devenue sensible comme une muqueuse, la moindre poussière de caillou la perce de douleur. Ma jambe n'est plus la demi-base sûre de mon équilibre, chaque pas est un simulacre, une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche, et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers sous l'angle laissé par le moule de plâtre "en léger équin" disait le dossier.
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  • Par Gregor, le 21 février 2014

    Moi, je marche. Je ne flâne pas au rade, je n'ai pas le temps. Je n'aime pas le trottoir et je ne suis pas plus pute qu'autre chose. j'emploie ce moyen parce qu'il est rapide, qu'il ne nécessite ni horaires ni apprentissage, ou si peu.

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  • Par zazimuth, le 29 août 2010

    On tue un corps plus facilement qu'un souvenir. (p.187)

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Video de Albertine Sarrazin

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Paul Lombard
Jacques CHANCEL s'entretient avec Paul LOMBARD, avocat : Son livre "Mon intime conviction". L'avocat et l'opinion publique. La remise en cause de la profession. le talent oratoire. le procès Albertine SARRAZIN. L'éloquence des grands avocats. Anecdotes sur des avocats célèbres. La rénovation de la justice. Quelques grands procès.








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