Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2757854666
Éditeur : Points (2015)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 207 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Le ciel s'était éloigné d'au moins dix mètres." Ainsi débute ce livre culte, récit de la cavale d'une jeune fille de dix-neuf ans évadée de la prison où un vol l'a conduite et qui, dans sa fuite, s'est brisé un os du pied nommé astragale. La route d'Anne croise celle ... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (18)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

  • Par l-ourse-bibliophile, le 20 août 2013

    l-ourse-bibliophile
    Albertine Sarrazin fut la première écrivaine française à parler de prison, de cavale et de prostitution dans ses romans. C’est sa vie – sans doute romancée parfois – qu’elle nous raconte dans ce premier roman.
    Incarcérée à 18 ans en 1955 pour un hold-up manqué, Anne s’évade en sautant le mur de la prison deux ans plus tard. Elle se brise l’astragale, petit os du pied. Incapable de marcher, elle rampe jusqu’à la route et rencontre l’amour de sa vie, Julien Sarrazin, également en cavale. C’est ainsi que débute le récit. Il se déroulera sur plus d’un an, de planques en planques (fournies par Julien, chez sa famille, chez des amis), de l’opération à la guérison (Albertine boitera toujours), jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée de nouveau.
    Albertine Sarrazin nous entraîne dans les années 50. On côtoie les ouvriers, on rencontre les truands et les prostituées de Paris et de province.
    Albertine écrit avec vigueur, avec rage. Elle est prenante et fascinante. Elle narre sa vie scandaleuse avec une écriture fluide, magnifique : vocabulaire argotique et passages poétiques sont entremêlés, le ton est parfois brouillon et oral, mais aussi bourré de pépites.
    Elle est impertinente, elle est directe. Elle prend la vie avec un optimisme rageur, parce qu’il faut avancer, parce qu’hier est mort et que nous sommes vivants. La cavale plutôt que la prison au risque d’être prise. Elle exprime sa frustration d’être clouée au lit avec un pied bloqué alors qu’elle est faite pour courir et sauter. Elle se prostitue et vole l’un de ses clients pour aider Julien comme il l’a aidée lorsqu’il est emprisonné, pour vivre heureuse avec lui.
    Faut-il mieux vivre cinq minutes intensément ou passer toute une vie à s’ennuyer ? Albertine n’hésite pas et choisit la vie passionnée.
    Elle ne cherche pas à émouvoir. Je n’ai pas eu l’impression en tout cas qu’elle souhaitait qu’on la prenne en pitié. Elle connaissait les risques de la vie qu’elle menait (les délits, la prison, la cavale), mais ne cherchait pas forcément à les éviter. Certes, elle aimait passionnément Julien et voulait s’installer avec lui, mais elle ne pleure pas lorsque leurs projets sont remis à plus tard. Lorsqu'elle se fait arrêter alors qu’elle devait s’enfuir de Paris avec Julien, ce n’est pas un ton geignard qu’elle prend. Elle est lucide, pragmatique, mais elle reste optimiste.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 13         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Bazart, le 12 avril 2015

    Bazart
    Mercredi dernier parmi les belles sorties de la semaine figurait L'Astragale, un long métrage de Brigitte Sy qui raconte l'histoire, à la fin des années 1950, d'une jeune délinquante indomptable qui va se blesser en s'évadant de prison et être secourue par un malfrat au grand cœur dont elle va tomber amoureuse.
    Mais avant d'être cette pasison amoureuse incarnée par le génial couple Leila Nekti et Reda Katen, L'Astragale fut d'abord un roman autobiographique signé Albertine Sarrazin.
    Paru en 1965, ce livre va très vite devenir culte, car au-delà de ce qui y est raconté, c'est la personnalité de son auteure qui va subjuguer. suite sur le blog

    Lien : http://www.baz-art.org/archives/2015/04/12/31859953.html
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 23         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par IreneAdler, le 15 août 2012

    IreneAdler
    En s'évadant de son école-prison, Anne se brise L'Astragale, un os du pied. Elle sera recueilli par julien, lui-même truand. Commence pour eux une une drôle histoire d'amour, faite de cavale et de planques.
    Roman d'amour et de prison, L'Astragale s'inspire de faits réels, vécus par l'auteur (mais il n'est pas dit dans quelle mesure). le lecteur pénètre dans l'envers des 30 Glorieuses, dans les quartiers populaires, où la débrouille frôle la petite truanderie.. Où un amour véritable n'a que peu de chance de s'épanouir, les amants se retrouvant en prison, ayant besoin d'avoir une confiance absolue en l'autre. Et pourtant ce la se révèle possible.
    Écrit dans un style plutôt familier, parfois un peu argotique, le roman ne tombe jamais dans la vulgarité ou la facilité. L'intrigue et les personnages sont construit, ont de la profondeur. le lecteur (du moins la lectrice que je suis) se prend d'affection pour ce couple improbable, espère et tremble pour lui.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 11         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par ATOS, le 27 mars 2015

    ATOS
    Il y a des livres qui vous parlent avec des phrases que l'on suit. L’Astragale, film de Brigitte Sy, d'après le roman d'Albertine Sarazin, sort sur les écrans le 08 avril 2015. Besoin de relire le livre d'Albertine. Après plus de trente ans. Albertine. Alors le plaisir ? Intact. Le parfum ? Présent. Les couleurs, les bruits, les odeurs ? Le balancement des mots ? Vivants, toujours et encore plus en corps. Il y a dans ce roman, un attachement. L'écriture sans aucun doute. Cette écriture palpable, cette note juste, la réalité incroyable d'un bonheur. Bien sûr la matière est là. Le pesant de cette matière, cette veine du vivant. Mais que ferait cette matière sans le style et le talent de son auteure ? « ce passe peine » qui vous traverse. Cette poésie de l'échappe, du secours, de l'espoir, ce braquage incessant des faux fuyants. Sans la pertinence de la réalité des sentiments. Sans la mise à nue de l'amour dans l'urgence d'être et de demeurer toujours vivant, cette cavale sublime au delà de nos enfermements, et qui peut au détour d'une adresse détruire tous les murs qui se dressent. L'astragale vous reste dans la peau comme un peau-aime. C'est avec des mots pareils qu'on devrait tous apprendre à marcher.
    Astrid Shriqui Garain
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 9         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par paroles, le 06 mars 2013

    paroles
    Une très belle écriture, mais cependant une histoire (très largement autobiographique) qui ne m'a pas émue.
    1965. Anne décide de s'échapper de la prison-école (elle est mineure) où elle purge une peine de 7 ans. Elle réussit à sauter le mur, mais la réception est douloureuse, elle se fracture L'Astragale (petit os du pied qui sert de pivot pour fléchir ou étendre la cheville. Merci Wikipédia). Tant bien que mal, elle réussit à s'éloigner de la prison pour arriver au bord de la route. Là, elle croise le chemin de Julien en qui elle reconnaît immédiatement un ex-taulard. Celui-ci va la mettre à l'abri chez des amis, la faire soigner, l'aimer, lui procurer la sécurité dont elle a besoin. Mais il faut souvent changer d'hôtes qui se montrent avides de reconnaissances financières. Et Julien s'absente souvent. Il fait des affaires. Anne ne veut plus dépendre ni de Julien, ni des personnes qui l'hébergent. Elle prend sa liberté, s'installe à l'hôtel et se prostitue pour gagner sa vie. L'argent, elle le met de côté pour Julien, pour eux, parce qu'un jour ils partiront ensemble. Mais La cavale a ses limites...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la critique


Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 22 octobre 2013
    Une histoire édifiante qui dit bien son époque -destin poisseux, mœurs ligotées, France populo, liberté de la femme en devenir- et parfaitement mise en cases par deux auteurs qui ont su allier le romanesque de l'intrigue à un noir et blanc épais mais au trait très fin qui métaphorise ainsi la vie singulière d'une femme petit format qui s'impose dans un monde sans couleurs.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

> voir toutes (8)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par zazimuth, le 29 août 2010

    Je n'essaie pas d'intéresser les gens : après quelques avances mal reçues ou interprétées de travers, je me renfrogne dans l'indifférence où eux-mêmes me laissent. Non par mépris, mais parce que je ne sais pas forcer les oreilles et les coeurs : il faut qu'on vienne à moi. (p.140)

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par ATOS, le 27 mars 2015

    Que ce réveil tourne lentement ! Le drap colle à ma poitrine, m’oppresse un peu. Je voudrais dormir, être minéral, être bloc autour de mon cœur qui bondit et court devant moi : choisis-la, Julien la route qui est à moi, sautes-y à pieds joints et que je porte à jamais chacun de tes pas.

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par Malice, le 07 juillet 2013

    Avec ma patte, je ne peux plus marcher sans semelles : la plante du pied est dure et cornée, mais elle est devenue sensible comme une muqueuse, la moindre poussière de caillou la perce de douleur. Ma jambe n'est plus la demi-base sûre de mon équilibre, chaque pas est un simulacre, une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche, et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers sous l'angle laissé par le moule de plâtre "en léger équin" disait le dossier.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par ATOS, le 27 mars 2015

    La route est pure et âpre comme un désert ; plus tard peut être, calmement, nous aborderons les sentiments magiques...Il y a d'ici là beaucoup de douleurs encore, beaucoup de gens et de choses à pulvériser : fibre à fibre, je détisse, je sabote ; je me déteste de faire à Julien «  un travail » mais je sens autour de lui trop d'attaches fausses et gluantes, je voudrais scier au moins celles là.
    Moi aussi jadis, j'ai été cajolée, ménagée, léchée : j'étais intact et mordante, mon placard étaient bien repli et mes mains ingénieuses.
    Mes accessoires sont détruits, je suis blessée et pauvresse, et c'est moi maintenant qui m'offre et m'accroche ; les gens ne me retiennent point, car je n'ai plus rien à leur proposer que moi, moi nue, et il faudrait beaucoup de temps et de tendresse pour faire jaillir de moi quelque ressource, quelque source.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par zazimuth, le 29 août 2010

    On tue un corps plus facilement qu'un souvenir. (p.187)

    Commenter     J’apprécie          0 12         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
7,59 € (neuf)
3,70 € (occasion)

   

Faire découvrir L'Astragale par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (514)

> voir plus

Quiz

    La Curée d'Emile Zola

    Paru en 1872, La Curée, deuxième roman de la série des Rougon-Macquart d'Emile Zola se déroule en 1851. Il dépeint les milieux enrichis et spéculateurs à Paris peu après le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte. Ceci est:

    •   parfaitement exact
    •   faux
    •   partiellement exact: le roman se passe en 1869, peu avant la guerre
    •   La Curée est bien d'Emile Zola mais est un roman indépendant qui ne fait pas partie du cycle des Rougon-Macquart

    25 questions - 174 lecteurs ont répondu
    Thème : littérature française , rougon-macquart , xixème-xxème siècles

    Créer un quiz sur ce livre.