> Arlette Elkaïm-Sartre (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070329135
Éditeur : Gallimard (1996)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 113 notes) Ajouter à mes livres
« L'existentialisme n'est pas autre chose qu'un effort pour tirer toutes les conséquences d'une position athée cohérente. Elle ne cherche pas du tout à plonger l'homme dans le désespoir. Mais si l'on appelle, comme les chrétiens, désespoir toute attitude d'incroyance, e... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par Aficionado, le 07 avril 2010

    Aficionado
    On connaît bien Sartre pour son immense intelligence. Sartre, l'être de cohérence pure, sans faille, ou si peu. L'existentialisme est un humanisme ne déroge pas à cette règle: quand bien même aurait-il faux par le concept en soi exposé dans son livre – livre tiré d'une conférence –, il y aurait raison par sa cohérence et sa forte plausibilité, – les grosses têtes retombent toujours à l'endroit.
    Le concept primordial abordé est celui d'existentialisme, qui affirme que l'homme existe avant tout, avant quelque essence (dénué de nature humaine, mais simplement compris dans une condition), et, partant de rien, se construira tel qu'il l'aura voulu. L'homme sera toujours responsable de ce qu'il deviendra, par les actes engendrés par ses choix pris en toute liberté. Cette logique purement athée exclut tout déterminisme et tout facteur d'influence extrinsèque par lequel l'homme pourrait céder – ou être subjugué. L'individu, dans son futur, est dévolu à l'individu présent qui doit pertinemment acter afin de s'octroyer le meilleur avenir – sans entrave à sa volonté.
    Vient se greffer à ce concept celui d'humanisme, – le postulat de départ. Ce en quoi, somme toute, L'existentialisme profite à l'homme, à l'humanité. Il ne faut en outre pas oublier que ce livre est une réponse aux critiques qui furent prodiguées à l'encontre de L'existentialisme, celles des gens qui le voyaient comme une doctrine pessimiste – alors qu'elle était optimiste face à eux, les vrais pessimistes au paradigme bien triste ; bref. En déterminant l'homme comme propre garant de son avenir, il ne peut être doctrine plus humaniste. Car, malgré le poids qu'ont le contexte historique et les agissements d'autrui sur la construction d'un soi-même vraiment voulu, l'homme reste toujours libre et volontaire, et est enclos dans un même cadre que les autres qui permet de parler d'universalité toujours mouvante conjoncturellement – car étant la résultante des choix de chacun – mais structurellement assez rigide, et de condition humaine, réduite à ses plus ténus facteurs de détermination – présence dans le monde, travail et mort.
    Mais abordé à l'inverse, le contexte historico-socio-culturel veut être relatif car tous les hommes, en s'engageant absolument à se créer eux-mêmes "chacun de leur côté", le créent. Au fond, rien ne pourrait sembler plus humaniste que cette doctrine en soi-même. Elle effectivement est hyperoptimiste, bien que certains points soient très hypothétiques au regard de la réalité.
    Ce livre comporte à la fin quelques objections de personnes qui ont assisté à la conférence, auxquelles Sartre répond.
    Il est très court et enrichissant, et aborde le concept d'existentialisme avec une certaine exhaustivité topique. Autrement dit, il permet d'aborder le sujet assez facilement, car le déroulement, le registre langagier et la segmentation de l'ouvrage sont clairs.
    La critique se veut ardue car dans la forme comme dans le fond, l'intelligence de Sartre est emprunte.
    À vous donc de voir!
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par guika, le 22 mai 2010

    guika
    Pourquoi ne pas essayer encore une fois du Sartre? Il est vrai que « La Nausée » ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Changeons de genre, tentons l'essai. Voilà ce que je me disais en ouvrant « L'existentialisme est un humanisme ».
    Au cœur de ce très court opus (il s'agit de la retranscription d'une conférence), l'éternel débat entre déterminisme et liberté. Il développe la thèse facile que chacun décide de ce qu'il est. Il ne comprend pas, ou feint d'ignorer que la part de déterminisme est très variable en chacun de nous. Il est facile de s'inventer liberté lorsqu'on a bénéficié des meilleurs précepteurs, qu'on est né dans la soie, que le champ des possibles a été richement ensemencé dès la prime enfance.
    Ajoutons à cela une rhétorique parfois très « sophistiquée » pour faire passer le mistigri : « Toute théorie qui prend l'homme en dehors de ce moment où il s'atteint lui-même est d'abord une théorie qui supprime la vérité, car, en dehors de ce cogito cartésien, tous les objets sont seulement probables, et une doctrine de probabilités, qui n'est pas suspendue à une vérité, s'effondre dans le néant ; pour définir le probable il faut posséder le vrai. »
    Enfin, quand on lit ceci : « l'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'autre que l'ensemble de ses actes, rien d'autres que sa vie. », cela prend une résonance particulière confronté à son admiration du stalinisme, ses attaques d'épicier jaloux contre Camus, ou encore son arrivisme qui lui fit remplacer pendant la guerre un professeur juif chassé par les lois de Vichy.
    Non, décidément, Sartre, ce n'est pas pour moi. Tiens, je reprendrais bien un petit peu de Camus.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 04 juillet 2010

    vincentf
    Entrée par la petite porte dans une philosophie qui inverse radicalement la conception du monde classique, celle de ceux pour qui les valeurs sont préexistantes à l'individu humain qui a pour rôle de les intégrer, de les comprendre, de les faire siennes, et non, comme il me semble que le pense Sartre, mais peut-être vais-je trop loin, de les inventer, de les créer.
    Résumons rapidement ce que j'ai compris à ce petit bouquin. L'existence précède l'essence, il n'y a pas de nature humaine prédéterminée. Nous n'avons donc pas à rechercher qui nous sommes et quelles sont les valeurs sur lesquels repose le bien de manière générale mais à choisir quel homme nous serons et à créer les valeurs qui fonderont nos actions. le concept clé est celui de liberté mais il ne signifie pas que tout est permis puisque tout acte que je choisis a une valeur universelle dans la mesure où je considère que ce choix, s'il est responsable, est celui que doit faire n'importe quel homme : "Je construis l'universel en me choisissant".
    Cette philosophie, résumée sans doute de manière trop schématique par Sartre dans une conférence adressée à un large public et par moi-même qui la découvre, a le mérite de mettre l'homme face à lui-même et uniquement face à lui-même, en refusant de rejeter la responsabilité de ce qu'il est sur Dieu, comme dans la pensée chrétienne, ou sur les causalités historico-économiques des marxistes. Je suis ce que je choisis d'être. Voilà une pensée forte qu'il s'agit de creuser car que choisir d'être ? Cette question, Sartre n'y répond pas, du moins pas dans ce texte, parce qu'il veut que chacun se la pose et y réponde par soi-même, librement, c'est-à-dire en assumant de manière totale la responsabilité de ses actes. Cette liberté responsable est une utopie mais elle est la seule possible si l'on refuse, comme j'en suis devenu forcé, l'existence d'un Dieu doué d'une volonté qui me dépasse et qui détermine donc qui je suis.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par cicou45, le 15 juin 2011

    cicou45
    Bien que Sartre soit plus tard revenu sur le fait qu'il considérait ce texte comme un texte philosophique, il n'en est pas moins vrai qu'il a été considéré de la sorte par les générations futures.
    L'auteur répond ici aux accusations catholiques, marxistes et communistes en disant que, bien qu'il se présente comme un existentialiste athée, il n'en est pas moins un humaniste. Il s'explique en disant sue, bien qu'il ne croie en aucune religion et ne défende aucune cause ou parti politique en particulier, cela ne fait ps de lui pour autant un être dénué de morale dont l'un des buts principaux n'est pas de venir en aide aux opprimés.
    Court ouvrage relativement facile d'accès et agréable à lire !
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    • Livres 4.00/5
    Par quiliravivra, le 08 juin 2011

    quiliravivra
    Un livre qui a beaucoup compté dans ma pensée d'adolescente
    Je vais le relire avec le regard de la maturité
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Aficionado, le 07 avril 2010

    Par humanisme on peut entendre une théorie qui prend l'homme comme fin et valeur supérieure. Il y a humanisme dans ce sens chez Cocteau, par exemple, quand dans son récit, Le Tour du monde en 80 heures, un personnage déclare, parce qu'il survole des montagnes en avion: l'homme est épatant. Cela signifie que moi, personnellement, qui n'ai pas construit les avions, je bénéficierais de ces inventions particulières, et que je pourrais personnellement, en tant qu'homme, me considérer comme responsable et honoré par des actes particuliers à quelques hommes.
    Cela supposerait que nous pourrions donner une valeur à l'homme d'après les actes les plus hauts de certains hommes. Cet humanisme est absurde, car seul le chien ou le cheval pourraient porter un jugement d'ensemble sur l'homme et déclarer que l'homme est épatant, ce qu'ils n'ont garde de faire, à ma connaissance tout au moins. Mais on ne peut admettre qu'un homme puisse porter un jugement sur l'homme. L'existentialisme le dispense de tout jugement de ce genre: l'existentialiste ne prendra jamais l'homme comme fin, car il est toujours à faire. Et nous ne devons pas croire qu'il y a une humanité à laquelle nous puissions rendre un culte, à la manière d'Auguste Comte. Le culte de l'humanité aboutit à l'humanisme fermé sur soi de Comte, et, il faut dire, au fascisme. C'est un humanisme dont nous ne voulons pas.
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  • Par Aficionado, le 07 avril 2010

    Il n'y a pas de tempérament lâche ; il y a des tempéraments qui sont nerveux, il y a du sang pauvre, ou des tempéraments riches ; mais l'homme qui a un sang pauvre n'est pas lâche pour autant, car ce qui fait la lâcheté, c'est l'acte de renoncer ou de céder, un tempérament ce n'est pas un acte ; le lâche est défini à partir de l'acte qu'il a fait. Ce que les gens sentent obscurément, et qui leur fait horreur, c'est que le lâche que nous présentons est coupable d'être lâche. Ce que les gens veulent, c'est qu'on naisse lâche ou héros. [...] Ce que dit l'existentialisme, c'est que le lâche se fait lâche, que le héros se fait héros: il y a toujours une possibilité pour le lâche de ne plus être lâche, et pour le héros de cesser d'être un héros.
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  • Par Aficionado, le 07 avril 2010

    Le choix est possible dans un sens, mais ce qui n'est pas possible, c'est de ne pas choisir. Je peux toujours choisir, mais je dois savoir que si je ne choisis pas, je choisis encore.
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  • Par adelineb88, le 23 février 2011

    Il faut souffrir pour comprendre le véritable sens de la vie est de l'homme. Mais l'enfer n'est pas les autres. l'Enfer serait de se retrouver seul sans personne et là le jeu commencerait vraiment. Sans personne pour l'éternité je crois que là nous trouverions peut être la véritable sagesse : la vie est précieuse ainsi que l'homme.
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  • Par Aficionado, le 07 avril 2010

    Il faut marquer à la fois la relativité du cartésianisme et le caractère absolu de l'engagement cartésien.
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Vertiges du désir - Ollivier Pourriol .
Par l?auteur de Cinéphilo, les noces du cinéma et de la philosophie sur un thème ô combien désirable : le désir.Fidèle à sa méthode consistant à faire dialoguer philosophie et cinéma, Ollivier Pourriol dévoile les grandes théories du désir à l??uvre dans des films aussi variés que le Mépris, Kingdom of Heaven, Heat, Beau Travail, Casino, Eyes wide shut, Eros, THX 1138, Blow Up ou Toy Story.Fruit des conférences Studiophilo - où la philosophie est expliquée par le cinéma, et le cinéma par la philosophie - ce livre nous fait comprendre ce qu?est le désir, tout en nous ouvrant les yeux sur certaines scènes célèbres du cinéma : Sartre nous éclaire sur les fesses de Brigitte Bardot dans le Mépris, Hegel sur la lutte à mort entre al Pacino et Robert de Niro dans Heat, Girard sur le désir mimétique dont sont victimes les jouets de Toy Story, Deleuze sur l?électricité sexuelle de Sharon Stone dans Casino, Platon sur les vertiges de l?amour dans Les ailes du désir.Un livre précis, ludique et accessible qui unit cinéma et philosophie dans leur désir commun : désirer toujours plus, et toujours mieux.











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