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Critiques sur La Nausée (19)


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    • Livres 3.00/5
    Par Hibou_savant le 09/06/2010


    Ce livre est tristement efficace. J'ai cru ressentir La Nausée dès que je fermais le livre. On se sent las, vide, impuissant à tel point que les objets eux mêmes semblent vous toucher.
    Cet ouvrage à au moins le mérite de s'ouvrir à la réflexion sur l'existentiallisme et insite le lecteurs à se plonger plus avant dans la réflexion Sartrienne.

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Pingouin le 13/05/2012


    Ce livre pose selon moi les bases de la philosophie sartrienne. C'est un premier roman et, plus généralement, un premier livre, il en possède donc les avantages et les inconvénients.
    Je ne vais pas m'étendre sur l'histoire, l'ouvrage étant considéré comme un classique, celle-ci a du être résumée de toutes les manières et dans toutes les langues ; ce qui, je pense, est pertinent, c'est plus de vous donner mon impression.


    Je connaissais Sartre et sa pensée d'assez loin, m'intéressant à la philosophie depuis quelques années maintenant, il est difficile -étant français qui plus est- de ne pas entendre son nom ou lire celui-ci au détour d'une vidéo ou d'un livre. J'en connaissais donc les grandes lignes, la liberté totale, "l'existence précède l'essence", la nécessité de s'engager ; mais je n'avais jamais plongé réellement dans l'œuvre, si ce n'est par une lecture rapide et distraite des Mots, que je n'avais d'ailleurs que peu apprécié. Il est compliqué d'aborder cette pensée lorsque l'on est convaincu que sa base, la liberté totale et absolue, n'existe pas -Essai sur le libre arbitre ; les fondations manquant, il est difficile pour le bâtiment de se tenir debout, mais cela n'empêche pas d'explorer le schéma de son intérieur.
    Le style est intéressant sans être brillant, quelques belles envolées lyriques, sans pour autant être irréprochable, certains passages sont lourds. Mais cette lourdeur est peut-être volontaire, la description et la sensation de la routine étant quelque chose de primordiale dans ce livre.
    Le moment où l'auteur commence à ressentir son existence et celle de ce qui l'entoure est également très bien mené, ce sentiment dépasse largement les pages que nous tournons pour s'infuser dans notre esprit. L'on se met également à ressentir tout ce qui nous entoure, à palper ce livre, à se ressentir pleinement ; cette partie est vraiment une réussite.
    L'engagement est d'une importance primordiale chez Sartre, cela étant, le roman est bien pratique, car il permet de l'éviter, de plaider la fiction. Notamment lorsqu'il traite Nietzsche d'imbécile, je ne connais pas encore suffisamment l'homme, sa vie et son œuvre, pour savoir s'il a ensuite répondu de cette insulte, mais elle m'a marqué et mérite que je m'y intéresse davantage !


    En conclusion, c'est un bon livre dont j'ai apprécié la lecture, mais qui n'est qu'une mise-en-bouche. le format du roman n'est selon moi pas adapté pour exprimer clairement une pensée, il permet de préparer cette assimilation, mais ne se suffit pas à lui-même, ce n'est qu'un tâtonnement.
    J'ai donc maintenant la ferme intention de m'intéresser davantage à Sartre et à son œuvre, dont, même si je n'épouserai sans doute jamais totalement les idées, il est difficile de faire l'impasse, car il a régné sur le monde intellectuel européen et donc -à l'époque- mondial comme très peu voire aucun autre.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par pictura le 12/05/2012


    Un livre que j'ai lu pendant des vacances d'une traite. C'est étrange de reconnaitre la pensée philosophique de Sartre, tout ce à quoi il a pensé durant sa vie, et de lire son bouquin dont le style est très éloigné de celui d'un bouquin de philo où chaque phrase nécessite une journée pour la comprendre. Ce livre est comme un journal intime d'une personne prise d'un mal être. Les réflexions font mouche. Et la lecture se fait comme un polar...

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 19/01/2012


    Ce premier roman de Jean Paul Sartre (écrivain engagé, philosophe,essayiste, professeur agrégé de philosophie qui a refusé en 1964 le prix Nobel de littérature pour Les mots) intitulé au départ "Mélancholia" (c'est tout dire!) et publié en 1938 sous le titre: La Nausée annonce son oeuvre philosophique la plus connue:L'être et le néant.
    "J'existe-le monde existe-c'est tout" affirme Antoine Roquentin,un célibataire trentenaire, rentier, érudit et solitaire qui travaille à la biographie d'un noble du XVIII° siècle et s'enlise peu à peu vers une indifférence désespérée.
    Cessant ses recherches sur "M. de Rollebon", il quitte Bouville (Boue- ville? semblable au Havre où Sartre exerçait alors) pour Paris, pensant vivre une autre vie.Mais lorsqu'on se rend compte de la gratuité des êtres, des choses et de lui même: "ça vous tourne le coeur et tout se met à flotter"...jusqu'à La Nausée, d'où le mal-être sans fin que le départ ne pourra atténuer.
    Ecrit au "je" sous forme de journal intime, avec des mots secs, sans fioriture, cette vision pessimiste où tout soudain semble répugnant à Roquentin, ce dégoût de l'existence sans espoir, ce refus des valeurs bourgeoises, ce rejet des "cons" et des "salauds", fut, malgré La Nausée qu'il fila à beaucoup, le début de la gloire pour Sartre et celui du mouvement philosophique : L'existentialisme.
    Un classique incontournable à rapprocher de L'étranger de Camus, suite aux ressemblances entre Roquentin et Meursault et leur dégoût du monde, mais Camus est plus moraliste qu'existentialisme, ce que Sartre ne sera que bien plus tard.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par cicou45 le 12/04/2011


    Roman assez difficile d'accès puisqu'il ne s'y passe rien. Il s'agit d'un homme, Roquentin, qui réfléchit à sa condition et plus largement, à la condition humaine. Roman écrit à le première personne, le narrateur se retrouve par exemple, durant une bonne trentaine de pages, assis dans un bar en contemplant un verre de bière tout en réfléchissant à l'absurdité de la vie. Il déambule dans une ville qu'il ne connait pas et est soudain saisi d'une horrible «nausée» devant le monde qui l'entoure.
    Roman néanmoins intéressant pour toutes les réflexions philosophiques qu'il apporte puisque Roquentin va accéder au chemin de la vérité en découvrant le véritable sens du mot «exister» mais qui serait plutôt à rapprocher d'une étude philosophique et non d'un roman. Pour cela, voir l'ouvrage du même auteur L'existentialisme est un humaniste.
    La Nausée, en tant que roman, est assez ennuyeux mais, qui en y cherchant bien, nous apporte une réflexion sur la vie et sur la place que nous tenons dans le mone.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par chartel le 18/12/2007


    Première œuvre majeure de Jean-Paul Sartre écrite sous la forme du journal intime et dont le narrateur, Antoine Roquentin, est une sorte de double de l'auteur. Un homme qui pense, pense, pense et n'arrête pas de penser. L'œuvre expose ce qui hantait dès le départ la pensée sartrienne : L'existentialisme. Ce jeune historien observe méticuleusement le monde qui l'entoure (une ville fictionnelle de province, que l'on pourrait comparer au Havre où a enseigné Sartre pendant quelques années). Cette distanciation crée en lui une sorte de vertige, comme ce fut le cas en leur temps de Montaigne et Pascal. Cette nausée dévoile l'absurdité de la vie et son insignifiance. Sartre montre un univers fade, répétitif, quotidien, prévisible et sans réelle surprise, où les hommes se forcent à croire en leur liberté, notamment ceux de la classe bourgeoise (autre thème cher à Sartre) à travers le ridicule de ses codes et de ses principes. Si le passage du retour de Roquentin à Paris, où il retrouve une ancienne petite amie, est lourd à digérer, car il tranche avec le reste du récit, l'ensemble est remarquable, notamment les descriptions de la vie de province.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par vincentf le 26/06/2010


    S'agit-il d'un roman philosophique ? Un être-au-monde dévoilé, celui de l'existant, de l'homme qui sent juste qu'il est de trop, qu'il est matière sans justification, que sa vie n'est pas, qu'il n'a pas de passé, tout ça, c'est sans doute la philosophie de Sartre, le fameux existentialisme, mais ce qui rend cette philosophie intéressante, c'est le fait qu'elle s'incarne d'abord dans le roman, dans la description d'un rapport concret de l'individu au monde qui l'entoure, qu'il ne parvient pas à comprendre mais qui est là, pire, qui existe, et, comme lui, est de trop, au point de foutre La nausée. Faire naître une philosophie de La Nausée, du corps, voilà la richesse de Sartre.

    Ce roman n'est pas une chef-d'oeuvre littéraire. Il est parfois barbant, écrit souvent de manière banale, mais il y a des passages, ceux où l'être-au-monde nouveau est brusquement découvert, qui parlent au lecteur, qui se voit sommé de sentir, lui aussi, qu'il existe, et ce que ça implique. le lecteur de La Nausée ne doit pas, pour comprendre ce qu'il lit, se contenter de déchiffrer la théorie philosophique de L'existentialisme, il doit ressentir dans sa chair ce qu'est l'existence, ce qui se passe quand Roquentin est dégoûté par un galet parce que ce galet n'est, comme tout le reste, que de l'existence sans raison, absurde, comme l'homme. Les choses, dans le monde de Sartre, sont le véhicule de la révélation de ce qui est notre identité, la simple existence toute nue, à chaque instant niée parce que le temps passe, que le passé n'existe pas, qu'il n'y a pas de rédemption par la grâce de l'habitude bachelardienne, qu'à tout instant notre langue peut devenir "un énorme mille-pattes tout vif", que nous pouvons à tout instant devenir un cafard ou un cadavre.

    Que faire, alors ? Sartre esquisse une solution, l'écriture, mais sans trop y croire. Que faut-il écrire ? Des romans ? Mais n'est-ce pas créer de l'existant en plus, charger encore plus la barque déjà pleine ? Faut-il alors nier l'évidence perceptive et reconstruire malgré tout une cohérence du monde ? Peut-on vivre sans nous mentir à nous-même, sans faire semblant de croire que le monde, les choses et nous, avons une justification, un sens, un rôle à jouer ? Peut-on vivre sans inventer un Dieu qui ferait de nous des êtres et non pas uniquement des existants ? La Nausée est bien un roman philosophique, puisqu'il pose à chaque individu des questions qui remettent en cause jusqu'à sa propre identité, mais il est un roman, qui fait s'incarner cette remise en cause dans un personnage, ce qui a pour effet de donner un impact sur le lecteur beaucoup plus grand que n'importe quel traité de philosophie. Après la lecture de La Nausée, je suis cependant obligé de reconnaître un double scepticisme, d'abord parce que cette expérience décrite par Roquentin n'est qu'une expérience de papier vécue par un individu qui, paradoxalement, n'existe pas, et que je n'ai pas moi-même eu cette révélation charnelle de l'existence qui a pour effet de rejeter l'individu dans la solitude, ensuite parce que je ne saisis pas vraiment le fondement philosophique de ce roman, n'ayant pas (encore) lu l'oeuvre proprement philosophique de Sartre, qui m'effraye un peu, comme toute réflexion purement abstraite. La lecture de La Nausée va peut-être me permettre de me lancer à l'eau, à faire le pas de lire enfin, comme je le désire depuis longtemps, de vrais textes philosophiques. A suivre.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Hindy le 19/12/2010


    Entre roman philosophique et autoportrait. Incontournable dans l'oeuvre de Sartre.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita le 27/05/2009


    Antoine Roquentin, célibataire d'une trentaine d'années, vit à Bouville où il écrit une biographie du Marquis de Rollebon, aristocrate de la fin du XVIIIe siècle. Il s'est installé dans cette ville après de nombreux voyages en Europe Centrale, en Afrique du Nord et en Extrême-Orient, voyages dont il se dit lassé, n'ayant plus le goût de ce qu'il croyait être l'aventure. Il tient un journal, et c'est le fruit de cet écrit qui nous est transmis. Très vite, Antoine Roquentin se rend compte que son rapport au monde, aux objets composant le monde, est transformé. Il ne se sent pas à sa place, s'interroge sur le sens des êtres et des choses. Il nomme ce sentiment désagréable La nausée.

    J'ai apprécié l'aspect réflexif et philosophique du roman, même s'il m'a semblé parfois difficile d'entrer dans la pensée de l'auteur ; les descriptions étaient particulièrement soignées et agréables à lire.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Marium le 20/01/2012


    Ecrit en 1938, c'est le premier roman de Sartre qui lui valut son entrée dans le monde des écrivains de renom.

    Le livre est un journal intime sous la plume d'Antoine Roquentin, homme solitaire vivant à Bouville et travaillant sur l'écriture d'un livre sur la vie du Marquis de Rollebon.
    Ses journées se succèdent et puis vient le jour où il se retrouve face à un état psychologique des plus mornes. Un sentiment profond de conscience vient l'habiter, lui accentuant sa sensibilité face à tout ce qui l'entoure. Il ne ressent plus que du dégout face à tout ce qui existe et ces sentiments qui lui collent à la peau, il les décrit tout simplement sous le nom de Nausée.
    Cette nausée ne le quittera presque plus. Elle finit par revenir même après un bref instant de calme.
    Roquentin se trouve alors confronté à une absence totale de sentiments humains. Il n'arrive plus à éprouver ni empathie, ni affection même après la rencontre de « l'Autoditacte » le fervent humaniste. Mais rien n'y fait, son individualisme et son nihilisme sont plus que jamais prononcés.

    Certes nous ne faisons que lire les lamentations d'un homme seul et lassé de l'existence mais « La Nausée » nous expose parfaitement la vision existentialiste de Sartre. Elle y est précisément décrite et le lecteur s'y trouve absorbé dans le monde tel que le voit Roquentin, un monde vide et rempli de futilités. « Tout sens que nous attribuons aux choses est arbitraire » dit-il.

    Après lecture, on se retrouve plus que jamais habité par toutes ces paroles obsessives et répétitives certes, mais qui finissent par nous toucher quelque part en nous. Là où règne une zone d'ombre qui ne cesse de nous rappeler que nous ne sommes à la fois qu'un brin de poussière mais que par une échappatoire que nous pouvons (ou devons) choisir, nous finirons par surmonter cet état insignifiant des choses et donner un certain sens au verbe « être ».

    Sartre a mis huit années pour achever l'écriture de son roman, partant d'un projet philosophique il finit par lui donner un aspect romanesque en s'influant de Kafka, Céline, Queneau
    Et malgré et peut être même grâce à son fervent existentialisme, il a réussi à créer une œuvre remarquable parmi d'autres, d'agir et d'influer sur les esprits et de laisser tout simplement une trace dans un monde qui lui était pourtant indifférent mais qu'il a réussi à vaincre dans un sens et à y être noble.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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