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ISBN : 207036058X
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 59 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Des Allemands s'étaient montrés, prudemment, à l'entrée de la grand-rue.
Chasseriau, Pinette et Clapot firent feu. Les têtes disparurent. " Ce coup-ci, on est repérés. " De nouveau le silence. Un long silence. Mathieu pensa : " Qu'est-ce qu'ils préparent ? " Dans... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 03 juillet 2012

    olivberne
    C'est le troisième et dernier volet des Chemins de la liberté, au moment de la guerre, au moment où il va falloir user de sa liberté et faire des choix pour exister. Il y a plus d'action, même si Sartre se limite à l'invasion de la France en mai 1940 et s'il ne donne pas la fin, il laisse le lecteur deviner comment se termine l'histoire. Cela clôt un bon feuilleton, c'est à lire pour le plaisir.
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Citations et extraits

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  • Par jojobegood, le 17 septembre 2014

    Que beaucoup d’entre vous sont croyants, mais je sais aussi qu’il en est d’autres qui m’écoutent par curiosité, pour s’instruire ou simplement pour tuer le temps. Vous êtres tous mes frères, mes très chers frères, mes frères d’armes et mes frères en Dieu, je m’adresse à vous tous, catholiques, protestants, athées car la parole de Dieu est pour tous. Le message que je vous délivre en ce jour de deuil, qui est aussi le jour du Seigneur, consiste en ces simples trois mots : “ Ne désespérez pas !... “ car le désespoir n’est pas seulement péché contre l’adorable bonté divine : les incroyants mêmes conviendront avec moi que c’est un attentat de l’homme contre lui-même et, si je puis dire, un suicide moral. Il en est sans doute parmi vous, mes chères frères, qui, trompés par un enseignement sectaire, ont appris à ne voir, dans la suite admirable des événements de notre histoire, qu’une succession d’accidents sans signification ni lien. Ils s’en vont aujourd’hui répétant que nous avons été battus parce que nous n’avions pas assez de tanks, parce que nous n’avions pas assez d’avions. De ceux-là, le Seigneur a dit qu’ils ont des oreilles pour ne pas entendre et des yeux pour ne point voir, et sans doute, lorsque la colère divine se déchaina sur Sodome et Gomorrhe, se trouva t-il dans les citées impies des pécheurs assez endurcies pour prétendre que la pluie de feu qui réduisait leurs villes en cendres n’était qu’une précipitation atmosphérique ou un météore. Mes frères, ne péchaient-ils pas contre eux-mêmes ? car, si la foudre est tombée sur Sodome par hasard, alors il n’est pas un ouvrage de l’homme, il n’est pas un produit de sa patience et de son industrie qui ne puisse, du jour au lendemain, être réduit à néant, sans rime ni raison, par des forces aveugles. Pourquoi bâtir ? Pourquoi planter ? Pourquoi fonder une famille ? Nous voici, vaincu et captifs, humiliés dans notre légitime orgueil national, souffrants dans notre corps, sans nouvelles des êtres qui nous sont chers. Eh quoi ? Tout cela serait sans but ? Sans autre origine que le jeu de forces mécaniques ? Si cela était vrai mes frères, je vous le dis : il faudrait nous abandonner au désespoir, car il n’est rien de plus désespérant et rien de plus injuste que de souffrir pour rien. Mais, mes frères, je demande à mon tour à ces esprits forts : “et pourquoi n’avions-nous pas assez de canons ? “ Ils répondront sans doute : “ C’est parce que nous n’en produisions pas assez. “ Et voilà que se dévoile tout à coup le visage de cette France pécheresse qui, depuis un quart de siècle, avait oublié ses devoirs et son Dieu. Pourquoi en effet, ne produisions-nous pas assez ? Parce que nous ne travaillions pas. Et d’où vient, mes frères, cette vague de paresse qui s’était abattue sur nous comme les sauterelles sur les champs de l’Egypte ? Parce que nous étions divisé par nos querelles intestines : les ouvriers, conduits par des agitateurs cyniques, en étaient venus à détester leurs patrons ; les patrons aveuglés par l’égoïsme, se souciaient peu de satisfaire aux revendications les plus légitimes ; les commerçants jalousaient les fonctionnaires, les fonctionnaires vivaient comme lui gui sur le chêne ; nos élus à la chambre, au lieu de discuter, dans la sérénité, de l’intérêt publique, se heurtaient, s’insultaient, en venaient parfois aux mains. Et pourquoi ces discordes mes très chers frères, pourquoi ces conflits d’intérêt, pourquoi ce relâchement dans les mœurs ? Parce qu’un matérialisme sordide s’était rependu dans le pays comme une épidémie. Et qu’est ce que le matérialisme sinon l’état de l’homme qui s’est détourné de Dieu : il pense qu’il est né de la terre et qu’il retournera à la terre, il n’a plus de souci que pour ses intérêts terrestres. Je répondrai donc à nos sceptiques : “ Vous avez raison, mes frères : nous avons perdu la guerre parce que nous n’avions pas assez de matériel. Mais vous n’avez qu’en partie raison parce que votre réponse est matérialiste et c’est parce que vous êtes matérialistes que vous avez été battus“.
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  • Par jojobegood, le 17 septembre 2014

    Il se couche tout de son long comme les morts, sur les morts ; il regarde le ciel ; il se relève, il redescend à pas lents, il pense qu’il est seul. La mort est autour de lui comme une odeur, comme la fin d’un dimanche ; pour la première fois de sa vie il se sent vaguement coupable de penser et de vivre. Coupable de n’être pas mort. Au-delà des murs il y a des maisons mortes et noires avec tous leurs yeux crevés : l’éternité de la pierre. Cette clameur de foule dominicale monte vers le ciel depuis toujours. Seul Brunet n’est pas éternel : mais l’éternité est sur lui comme un regard. Il marche : quand il rentre, le soir tombe, il s’est promené tout le jour, il avait quelque chose à tuer, il ne sait pas s’il y est arrivé : quand on ne fout rien, on a des états d’âme, c’est forcé.
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  • Par jojobegood, le 17 septembre 2014

    Assis sur les marches du perron, des hommes fument paisiblement, ils ont l'air chez eux, ils se reposent après le labeur de la semaine; de temps en temps il y en a un qui hoche la tête et laisse tomber quelques mots; alors tout le monde se met à hocher la tête. Brunet les regarda avec colère, il pense : " Ça y est ! les voilà qui s'installent. " La cour, les miradors, le mur d'enceinte c'est à eux, ils sont assis sur le pas de leur porte, ils commentent avec une lente sagesse paysanne tous les incidents du village : "Qu'est-ce qu'on peut faire avec des gars comme ça ? Ils ont la passion de posséder; vous les foutez en taule et, au bout de trois jours, vous ne savez plus s'ils sont prisonniers ou propriétaires de la prison. "
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  • Par TheAustenGirl33364, le 28 juillet 2013

    Mathieu était seul.

    -Nom de Dieu, dit-il à voix haute, il ne sera pas dit que nous n'aurons pas tenu quinze minutes.
    Il s'approcha du parapet et se mit à tirer debout. C'était une énorme revanche ; chaque coup de feu le vengeait d'un ancien scrupule. Un coup sur Lola que je n'ai pas osé voler, un coup sur Marcelle que j'aurais dû plaquer, un coup sur Odette que je n'ai pas voulu baiser. Celui-ci pour les livres que je n'ai pas osé écrire, celui-là pour les voyages que je me suis refusés, cet autre sur tous les types, en bloc, que j'avais envie de détester et que j'ai essayé de comprendre. Il tirait, les lois volaient en l'air, tu aimeras ton prochain comme toi-même, pan dans cette gueule de con, tu ne tueras point, pan sur le jeton d'en face. Il tirait sur l'homme, sur la Vertu, sur le Monde : la Liberté, c'est la Terreur ; le feu brûlait dans la mairie, brûlait dans sa tête : les balles sifflaient, libre comme l'air, le monde sautera, moi avec, il tira, il regarda sa montre : quatorze minutes trente secondes ; il n'avait plus rien à demander sauf un délai d'une demi-minute, juste le temps de tirer sur le bel officier si fier qui courait vers l'église ; il tira sur le bel officier, sur toute la Beauté de la Terre, sur la rue, sur les fleurs, sur les jardins, sur tout ce qu'il avait aimé. La Beauté fit un plongeon obscène et Mathieu tira encore. Il tira : il était pur, il était tout-puissant, il était libre.
    Quinze minutes.
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  • Par jojobegood, le 17 septembre 2014

    Il a suffit d'une bouchée de pain ! Une bouchée de pain, et cette cour sinistre où agonisait l'armée vaincue s'est changée en plage, en solarium, en kermesse. Deux types tout nus se bronzent au soleil, couchés sur une couverture; Brunet voudrait marteler de coups de pied leurs fesses dorées : foutez le feu à leurs villes, à leurs villages, emmenez-les en exil, ils s'acharneront partout à reconstruire leur petit bonheur têtu, leur bonheur de pauvres; allez donc travailler là-dessus.
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