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ISBN : 2070368068
Éditeur : Gallimard (1972)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 873 notes)
Résumé :
"Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! A quoi cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c'est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j'ai les mains sales. Jusqu'aux coudes. Je la ai plongées dans la... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Ellane92
03 mars 2015
  • 5/ 5
Hugo est chez Olga. Il vient de sortir de prison, pour le meurtre d'Hoederer. Deux ans plus tôt, il avait été missionné par le parti prolétaire d'Illyrie, auquel appartient également Olga, pour tuer cet homme, soupçonné de vouloir signer un accord avec les autres partis du pays. Mais aujourd'hui les choses ont changé, et Hoederer est un héros de leur cause. La raison officielle de son meurtre est la jalousie, Hugo aurait surpris sa femme Jessica en train d'embrasser l'homme politique.
Olga a pour mission de comprendre l'état d'esprit d'Hugo. S'il est prêt à endosser la fable de la jalousie comme cause de son acte, il sera sauvé. Dans le cas contraire, deux membres du parti prolétaire viendront pour tuer Hugo. Hugo a une heure devant lui, une heure pour évoquer avec Olga ce qu'il s'est passé deux ans auparavant, lorsque, jeune bourgeois cherchant une place pour le parti, il avait été envoyé comme secrétaire particulier auprès de Hoederer.
J'ai lu et relu Les mains sales des dizaines de fois. J'ai découvert cette pièce dramatique en sept tableaux à l'adolescence, à l'âge où les compromis ne sont rien d'autres que de connes promesses, où la pureté des idéaux prime sur la sagesse, où l'intolérance face à l'injustice est totale. Bien sûr, Les mains sales portent sur l'engagement politique. Mais ça n'était pas du tout ce que moi j'en avais retenu.
Peut-on endosser une cause et ses idéaux alors que notre naissance, notre sexe ou notre âge devrait nous amener à en épouser d'autres ? Comment peut-on intégrer cette cause sans toujours être montré du doigt ? Peut-on aimer quelqu'un pour ses qualités et le tuer pour ses principes ? Une cause est-elle idéologique et donc intolérante, ou politique et donc stratégique ? Comment concilie-t-on sa propre vision de la justice à celle des autres ? Voilà ce qui retient mon attention, ce que je prends, moi, de cette pièce de Sartre. On pourra me parler de l'opposition action/idée, de la politique, de "déterminisme" ou de l'existentialisme si cher à l'auteur. Pour moi, Hugo est un pur que personne ne prend au sérieux, pas même sa femme, Jessica. Hoederer, lui, c'est un pragmatique, un de ceux qui font avancer les choses, un de ceux pour qui la fin justifie les moyens, et qui a les mains sales. Chacun a son mérite, a sa place, et le monde a besoin des deux pour tourner plus rond. Mais le monde d'Illyrie de 1943 ne permet pas à de tels êtres si différents de pouvoir se côtoyer dans la paix.
Les personnages de Sartre sont beaux et justes, et les dialogues Hugo-Hoederer sont magnifiques. Je n'ai jamais lu d'autres livres de Sartre ; j'ai essayé, mais ça ne m'a pas convaincu. Mais ces Mains sales, elles, je les ai lues et relues, et je les relirais encore, des fois que j'oublie mes propres réponses aux questions qu'elles soulèvent pour moi !
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brigittelascombe
14 mai 2012
  • 4/ 5
"A quoi ça sert de lutter pour la libération des hommes si on les méprise assez pour leur bourrer le crane? " dit Hugo, un intellectuel, "gosse de riches", membre du parti révolutionnaire d'Illyrie, "petit anarchiste indiscipliné" à Hoederer le chef communiste aux "mains sales" (car magouilleur) qu'il doit tuer (car soupçonné d'allégeance avec le Régent de la droite nationaliste).
Nous voilà deux ans en arrière car cette pièce de théâtre (drame en 7 tableaux) qui débute son tableau 1 en 1945, lors de la remise en liberté d'Hugo (emprisonné pour le meurtre de Hoederer, en fait par jalousie) après deux ans de bonne conduite; se poursuit par sa version des faits relatés à Olga (femme de tête protectrice du parti prolétarien qui doit décider s'il est "récupérable" ou bon à être éliminé). Qu'est-ce qu'une vie? s'interroge-t-on déjà.
Les 5 tableaux suivants se passent donc en 43 chez Hoederer où Hugo s'est fait engager comme secrétaire et hésite à le tuer ("un acte ça va trop vite.Il sort de toi brusquement et tu ne sais pas si c'est parce que tu l'as voulu ou parce que tu n'as pas pu le retenir").
Jean Paul Sartre (philosophe et écrivain du XX° siècle) développe dans ce drame sa théorie existentialiste soumise au culte de l'engagement car pour lui exister c'est s'engager, être dans le monde pour autrui, ainsi qu'il l'affirme dans L'existentialisme est un humanisme: "L'homme n'est rien d'autre que son projet".
Sartre qui parle à travers Hugo, comme tous les intellectuels rêve de "faire de l'action" (il a d'ailleurs toute sa vie été engagé pour des causes telles que le combat en faveur d'Israël lorsque s'est crée l'état hébreu, contre les camps soviétiques, contre les guerres d'Algérie, du Vietnam..etc) et donne sa vision d'un marxisme qui n'a de fin en soi que grâce à l'existentialisme.
Hugo "ma petite abeille" qui a tué par jalousie, (sa femme provocatrice ayant embrassé Hoederer) en refusant la protection d'Olga va réellement revendiquer son crime, s'engager et exister aux dépens de sa vie.
Un drame ardu (trop intellectualisé à mon goût), un cheminement de pensée difficile à suivre et des "mains sales" politiques dont on s'aperçoit qu'elles sont monnaie courante.Mais ça on le savait déjà pas vrai?
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lecassin
13 octobre 2012
  • 4/ 5
Hugo, un jeune idéaliste, issu du milieu bourgeois, membre du Parti Prolétaire d'Illyrie s'est fait engager chez Hoederer un chef communiste qu'il à le sombre dessein de tuer pour la raison qu'il a « les mains sales ».
« Les mains sales », une pièce de théâtre en sept tableaux qui fut donnée pour la première fois au Théâtre Antoine le deux avril 1948.
Un texte qu'à juste titre on a comparé à celui de « Les Justes » de Camus ; une pièce qui traite de l'engagement politique et de ses excès, en même temps que de la valeur que l'on peut donner à la vie et à sa vie…
Un texte fort, qui, quand on le lit à quinze ans comme ce fut mon cas, ne manque pas d'interroger, à l'âge des questionnements existentiels plus ou moins conscientisés. Néanmoins ma pièce préférée de Jean-Paul Sartre.
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Iboo
21 septembre 2015
  • 5/ 5
La rubrique s'intitule : "Ajouter une critique". Alors... comment dire... ce n'est pas prétentieux que d'avoir conscience de sa valeur et, sans fausse modestie, j'ai suffisamment conscience de la mienne pour ne pas dépasser les limites de ma compétence en "critiquant" une oeuvre, qui plus est, de Sartre.
En conséquence, ainsi que je le fais régulièrement, quels que soient les livres ou auteurs, je ne publierais donc que mon ressenti.
Je commencerais par vous faire part de ma fierté d'avoir, enfin, lu Sartre. Je m'y étais essayée à l'âge de 18 ans avec "Le Mur"... que j'avais lâchement abandonné au tiers de sa lecture tant je n'y comprenais absolument rien.
Déjà, à cette époque de ma vie, ma nécessité de "culture" était largement inférieure à ma volonté de paresse. Néanmoins, s'il en est encore ainsi près de quarante-cinq années plus tard, un troisième trait de mon caractère m'a toujours permis d'équilibrer les deux autres : la curiosité.
C'est donc en tombant, par hasard, sur un cours extrait des "Mains Sales" que j'ai eu envie d'en savoir plus.
Cette lecture m'a épatée ! Epatée au point que, le livre terminé, je suis allée m'informer plus avant sur le Net et j'ai eu le bonheur de constater que YouTube publiait l'intégralité de la pièce "Les Mains Sales" que je vais, de ce pas, m'empresser de visionner.
Quel rabat-joie a proféré cette ineptie qui prétend que "la curiosité est un vilain défaut" ?
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sedgewick
12 décembre 2010
  • 4/ 5
Les Mains Sales est une belle pièce sur l'engagement politique. En Illyrie, pays imaginaire de l'Europe de l'Est pendant la Seconde Guerre Mondiale, plusieurs partis s'affrontent afin d'obtenir le pouvoir. Hugo, jeune membre du Parti Révolutionnaire, intègre le Parti Prolétaire dans le but s'assassiner son chef. Il nous fait partager le cheminement intellectuel, de sa résistance jusqu'à la décision de l'attentat.
Dans cette pièce de théâtre, Sartre nous fait une démonstration d'argumentation, entre le leader charismatique Hoederer et le jeune révolutionnaire légèrement hésitant qu'est Hugo, justifiant l'influence du raisonnement de celui qui semble détenir tant le pouvoir que la vérité.
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Citations & extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
DonaSwannDonaSwann30 novembre 2016
Pour une fois, tu as raison, mon grand camarade : l'appétit je ne sais pas ce que c'est. Si tu avais vu les phosphatines de mon enfance, j'en laissais la moitié : quel gaspillage ! (...) Et je grandissais, figure-toi. Mais je ne grossissais pas. (...) On m'a fait prendre de l'huile de foie de morue ; c'est c'est le comble du luxe : une drogue pour te donner faim pendant que les autres, dans la rue, se seraient vendus pour un bifteck, je les voyais passer de ma fenêtre avec leur pancarte : "Donnez-nous du pain." Et j'allais m'asseoir à table. Mange, Hugo, mange. Une cuillerée pour le gardien qui est au chômage, une cuillerée pour la vieille qui ramasse les épluchures dans la poubelle, une cuillerée pour la famille du charpentier qui s'est cassé la jambe. J'ai quitté la maison. Je suis entré au Parti et c'était pour entendre la même chanson : "Tu n'as jamais eu faim, Hugo, de quoi que tu te mêles ? Qu'est-ce que tu peux comprendre ? Tu n'as jamais eu faim." Eh bien, non, je n'ai jamais eu faim. Jamais ! Jamais ! Jamais ! Tu pourras peut-être me dire, toi, ce qu'il faut que je fasse pour que vous cessiez tous de me le reprocher.
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DonaSwannDonaSwann30 novembre 2016
Mon petit, il y a un malentendu : je les connais, les gars du Parti qui ne sont pas d'accord avec ma politique et je peux te dire qu'ils sont de mon espèce, pas de la tienne - et tu ne tarderas pas à le découvrir. S'ils ont désapprouvé ces négociations, c'est tout simplement qu'ils les jugent inopportunes ; en d'autres circonstances ils seraient les premiers à les engager. Toi, tu en fais une question de principes.
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gteisseire2gteisseire227 juillet 2010
Ce sont les enfants sages, Madame, qui font les révolutionnaires les plus terribles. Ils ne disent rien, ils ne se cachent pas sous la table, ils ne mangent qu'un bonbon à la fois, mais plus tard ils le font payer cher à la société. Méfiez-vous des enfants sages !
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gteisseire2gteisseire227 juillet 2010
Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Et bien, reste pur ! A quoi cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c'est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j'ai les mains sales. Jusqu'aux coudes. Je les ai plongés dans la merde et dans le sang.
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AdrasteAdraste25 août 2014
HOEDERER
[...]Elles ferment les yeux pour ne pas entendre; explique ça comme tu pourras. Elles ont toutes peur du bruit, ces souris, sans ça elles feraient des tueuses remarquables. Elles sont butées, tu comprends: elles reçoivent les idées toutes faîtes,alors elles y croient comme au Bon Dieu. Nous autres, ça nous est moins commode de tirer sur un bonhomme pour des questions de principes parce que c'est nous qui faisons les idées et que nous connaissons la cuisine: nous ne somme jamais tout à fait sûrs d'avoir raison. Tu es sûr d'avoir raison, toi ?

HUGO
Sûr.

HOEDERER
De toute façon, tu ne pourrais pas faire un tueur. C'est une affaire de vocation.

HUGO
N'importe qui peut tuer si le Parti le commande.

HOEDERER
Si le Parti te commandait de danser sur une corde raide,tu crois que tu pourrais y arriver ? On est tueur de naissance. Toi, tu réfléchis trop: tu ne pourrais pas.

HUGO
Je pourrais si je l'avais décidé.

HOEDERER
Tu pourrais me descendre froidement d'une balle entre les deux yeux parce que je ne suis pas de ton avis sur la politique ?

HUGO
Oui, si je l'avais décidé ou si le Parti me l'avait commandé.
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