ISBN : 2070366073
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.54/5 (sur 304 notes) Ajouter à mes livres
"Le lecteur a compris que je déteste mon enfance et tout ce qui en survit." Loin de l'autobiographie conventionnelle qui avec nostalgie ferait l'éloge des belles années perdues, il s'agit ici pour Sartre d'enterrer son enfance au son d'un requiem acerbe e... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 08 décembre 2011

    brigittelascombe
    "Etre autre enfin"
    Cet autre, Poulou le cabotin, l'enfant sans père aliéné par son grand-père, "le Patriarche", Jean Paul Sartre l'a cherché à travers Les mots pour naitre de l'écriture et devenir Sartre par delà l'image imposée.
    C'est toute la théorie de L'existentialisme qui nous est présentée dans ce récit autobiographique au style alerte incisif, aux phrases courtes, et à l'ironie mordante.
    Sartre (normalien surdoué agrégé de philosophie) revient sur son enfance "de petit bourgeois" (cinquante ans plus tard dans un contexte historique de guerre froide), alors qu' écrivain engagé mondialement connu, il pense en l'avenir du communisme pour un monde empreint de justice.
    Autocritique et persifflage à la fois, Les mots, nous offrent sans complaisance tout ce qui a fait Sartre et tout ce qui a nourri sa philosophie.
    Suivi dix ans plus tard d'un film Sartre par lui même, cet essai littéraire enrichissant est utile pour accéder aux principales lignes de pensées de ce grand intellectuel né petit bourgeois et devenu anti bourgeois.
    En fusion avec une mère aimante lui permettant de piocher son optimisme à travers de naïves lectures comme Buffalo Bill, il se complaisait dans l'image de "singe savant" imposée par Charles Schweitzer qui le destinait à la "cléricature" puis en a fait un professeur.
    Il faut de la force pour s'extraire du désir d'une trop grande autorité qui vous dédouble en vous empêchant de choisir.
    Il faut la passion des mots pour devenir écrivain à part entière. Il faut s'engager dans la vie pour être soi.
    Les mots: le destin d'un individu hors normes et un classique de la littérature écrit bien après L'être et le néant (qui avait déchainé les passions) et qui démontre que l'homme "devient ce qu'il se fait et" non ce qu'on veut faire de lui en le coulant dans un moule.
    N'a-t-il pas écrit dans L'existentialisme est un humanisme:
    "L'homme n'est rien d'autre que son projet".
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  • Par Arlavor, le 07 février 2012

    Arlavor
    Les mots de Jean-Paul Sartre est un des livres que j'ai étudié en Première dans le cadre du thème de l'autobiographie. C'est aussi le livre que j'ai préféré lire en Première avec Les liaisons dangereuses de Laclos.

    Il s'agit donc de la bibliographie de Jean-Paul Sartre, publiée en 1964.

    Elle est divisée en deux parties. La première est intitulée Lire et la deuxième est intitulée Ecrire.
    Il nous raconte l'histoire de sa famille, son histoire, tout en racontant comme il a découvert Les mots, les livres.« J'ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. »

    Dans la partie Lire, on apprend surtout les origines de sa famille, sa vie avec sa mère et ses grands-parents, sa découverte des livres alors qu'il ne sait même pas encore lire. le grand-père aime beaucoup son petit-fils et il décide de l'inscrire au lycée Montaigne où un professeur apprend au grand-père que le petit Jean-Paul n'est pas très très doué en orthographe. Dans une copie, il avait écrit « le lapen çavache ême le ten »

    Dans la deuxième partie Ecrire, on apprend comment il a commencé à écrire et ce qu'il écrivait. Son grand-père n'aimait pas cela car il trouve que ce qu'écrit son petit-fils, c'est de la bêtise. « Quand ma mère lui annonça que j'avais commencé à écrire, il fut d'abord enchanté, espérant, je suppose, une chronique de notre famille avec des observations piquantes et d'adorables naivetés. Il prit mon cahier, le feuilleta, fit la moue et quitta la salle à manger, outré de retrouver sous ma plumes les « bêtises » de mes journaux favoris. »

    J'aime beaucoup une des phrases de la fin. « J'ai désinvesti mais je n'ai pas défroqué : J'écris toujours. Que faire d'autre. » Cela montre qu'il aime toujours autant écrire et que c'est ce qu'il a toujours fait.

    J'ai beaucoup aimé ce livre car je m'identifiais pas mal, même énormément à Jean-Paul Sartre. de très nombreux passages me faisaient penser à ma propre personne et c'est certainement pour cette raison que j'ai autant apprécié ce livre.
    Une bonne bibliographie à découvrir.

    Lien : http://lemondedarlavor.blogspot.com/search/label/Jean-Paul%20Sartre
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    • Livres 5.00/5
    Par maxsantoul, le 26 décembre 2010

    maxsantoul
    Il me semble avoir entendu dire par des grincheux sûrement bien inspirés, que Jean-Paul Sartre était meilleur écrivain que philosophe. Ne comprenant pas grand-chose à la philosophie - du moins à la philosophie des philosophes modernes qui se grattent la tête pour essayer d'évacuer du crâne par un ulcère pathomimique le trop-plein de pensée accumulée dans les méninges - je dirai que Sartre l'écrivain m'a totalement envoûté.
    Son roman, nourri par des souvenirs autobiographiques un peu « snobinards » parfois, sinon guindés (mais les ferrailleurs de torts sont souvent habités des défauts qu'ils pourfendent), recompose l'initiation d'un écrivain qu'il pressent, convoite, puis devient.
    Les Mots, c'est donc l'histoire d'un parcours lucide sur une enfance le conduisant au lettré qu'il est devenu. Et, sur un ton peut-être « faussement » modeste, Sartre écrit ce que d'autres qualifieront de chef d'œuvre. Si j'en avais l'agrément d'autorité, je serais aussi de cet avis.
    « C'est l'histoire d'un orphelin solitaire réfugié dans les livres. C'est aussi celle d'un écrivain précoce qui promène un regard sans concession sur les adultes. L'écriture est ramassée, compacte, polie comme un galet, elle se prête à lecture et relecture, révélant chaque fois de nouvelles facettes.
    Ce qui me passionne, c'est l'ambivalence entre dérision et autodérision, entre mensonge et vérité. Dans cette famille qui est à sa façon un microcosme de la société, chacun joue un rôle (y compris le petit Jean-Paul, à la fois spectateur et souffleur). L'écriture échappe-t-elle à l'équation fondamentale qui fait de l'homme un comédien ? La fiction dans la fiction est peut-être la seule vérité, ce qui accule le romancier à une sorte de religion de l'écriture... » Par Toscan sur Amazon.
    Je n'y changerai pas une virgule, tant cette analyse me replonge dans Ménino le souffle coupé.
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  • Par keisha, le 20 janvier 2012

    keisha
    C'est court, scindé en deux parties distinctes sobrement intitulées "Lire" et "Ecrire", raconte rapidement l'histoire des parents et grands parents de Sartre (Hé oui, il était cousin d'Albert Schweitzer) et raconte en détail les douze ou quinze premières années d'un enfant unique, admiré par sa mère revenue vivre chez ses parents après son précoce veuvage ("les familles, bien sûr, préfèrent les veuves aux filles-mères, mais c'est de justesse") et adulé par son grand père qui ne lui passe pas tout cependant et a des idées bien arrêtées sur son éducation et son avenir.
    Un enfant sans camarades, au départ, plongé dans la lecture des livres de son grand père sans vraiment tout saisir, et celle des romans d'aventure plus de son âge (en cachette du grand père). Laissant libre cours à son imagination, souvent en représentation face aux adultes, il finit par décider de devenir écrivain et remplit des cahiers de "romans" (disparus depuis).

    Ce récit écrit en 1963, quand l'auteur est déjà reconnu, m'a absolument épatée par son écriture : ironie, autodérision, lucidité et honnêteté sans doute, et quel sens de la formule! On en redemande.
    Lu récemment sans y être obligée. Pas au programme quand j'étais au lycée. Encore une fois, quel bonheur de lire à sa guise...



    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-les-mots-9593563..
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    • Livres 3.00/5
    Par Kittiwake, le 15 mai 2011

    Kittiwake
    L'écrivain évoque son enfance et la découverte des mots et de la lecture, au sein d'une famille atypique. On peut imaginer que cette éducation laissant libre cours à son imagination puisse être à la source de l'originalité de son parcours .
    L'analyse de sa biographie réelle met en évidence les libertés prises par l'auteur sur la chronologie, et le caractère travaillé de la mise en scène. Il n'en reste pas moins que ce texte constitue un témoignage passionnant de sa vie et de son époque, servi par une écriture superbe
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Citations et extraits

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  • Par Margot_R, le 08 mars 2010

    Non. Je ne manque nulle part, je ne laisse pas de vide. Les métros sont bondés, les restaurants comblés, les têtes bourrées à craquer de petits soucis. J'ai glissé hors du monde et il est resté plein. Comme un oeuf. Il faut croire que je n'étais pas indispensable. J'aurais voulu être indispensable. A quelque chose ou à quelqu'un. A propos, je t'aimais. Je te le dis à présent parce que ça n'a plus d'importance.
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  • Par solasub, le 19 janvier 2012

    Ma mère se mit en quête d'ouvrages qui me rendissent à mon enfance: il y eut « les petits livres roses » d'abord, recueils mensuels de contes de fées puis, peu à peu, Les Enfants du capitaine Grant, Le Dernier des Mohicans, Nicolas Nickleby, Les Cinq Sous de Lavarède. A Jules Verne, trop pondéré, je préférai les extravagances de Paul d'Ivoi. Mais, quel que fût l'auteur, j'adorais les ouvrages de la collection Hetzel, petits théâtres dont la couverture rouge à glands d'or figurait le rideau: la poussière de soleil, sur les tranches, c'était la rampe. Je dois à ces boîtes magiques — et non aux phrases balancées de Chateaubriand — mes premières rencontres avec la Beauté. Quand je les ouvrais j'oubliais tout: était-ce lire? Non, mais mourir d'extase : de mon abolition naissaient aussitôt des indigènes munis de sagaies, la brousse, un explorateur casqué de blanc. J'étais vision, j'inondais de lumière les belles joues sombres d'Aouda, les favoris de Philéas Fogg. Délivrée d'elle-même enfin, la petite merveille se laissait devenir pur émerveillement. A cinquante centimètres du plancher naissait un bonheur sans maître ni collier, parfait. Le Nouveau Monde semblait d'abord plus inquiétant que l'Ancien: on y pillait, on y tuait; le sang coulait à flots. Des Indiens, des Hindous, des Mohicans, des Hottentots ravissaient la jeune fille, ligotaient son vieux père et se promettaient de le faire périr dans les plus atroces supplices. C'était le Mal pur. Mais il n'apparaissait que pour se prosterner devant le Bien: au chapitre suivant, tout serait rétabli. Des Blancs courageux feraient une hécatombe de sauvages, trancheraient les liens du père qui se jetterait dans les bras de sa fille. Seuls les méchants mouraient — et quelques bons très secondaires dont le décès figurait parmi les faux frais de l'histoire. Du reste la mort elle-même était aseptisée: on tombait les bras en croix, avec un petit trou rond sous le sein gauche ou, si le fusil n'était pas encore inventé, les coupables étaient « passés au fil de l'épée ». J'aimais cette jolie tournure : j'imaginais cet éclair droit et blanc, la lame; elle s'enfonçait comme dans du beurre et ressortait par le dos du hors-la-loi, qui s'écroulait sans perdre une goutte de sang. Parfois le trépas était même risible: tel celui de ce Sarrasin qui, dans La Filleule de Roland, je crois, jetait son cheval contre celui d'un croisé; le paladin lui déchargeait sur la tête un bon coup de sabre qui le fendait de haut en bas; une illustration de Gustave Doré représentait cette péripétie. Que c'était plaisant! Les deux moitiés du corps, séparées, commençaient de choir en décrivant chacune un demi-cercle autour d'un étrier ; étonné, le cheval se cabrait. Pendant plusieurs années je ne pus voir la gravure sans rire aux larmes. Enfin je tenais ce qu'il me fallait: l'Ennemi, haïssable, mais, somme toute, inoffensif puisque ses projets n'aboutissaient pas et même, en dépit de ses efforts et de son astuce diabolique, servaient la cause du Bien; je constatais, en effet, que le retour à l'ordre s'accompagnait toujours d'un progrès: les héros étaient récompensés, ils recevaient des honneurs, des marques d'admiration, de l'argent; grâce à leur intrépidité, un territoire était conquis, un objet d'art soustrait aux indigènes et transporté dans nos musées; la jeune fille s'éprenait de l'explorateur qui lui avait sauvé la vie, tout finissait par un mariage. De ces magazines et de ces livres j'ai tiré ma fantasmagorie la plus intime : l'optimisme.
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  • Par Disorder, le 18 novembre 2008

    Naturellement, tout le monde croyait, chez nous : par discrétion. Sept ou huit ans après le ministère Combes, l’incroyance déclarée gardait la violence et le débraillé de la passion ; un athée, c’était un original, un furieux qu’on n’invitait pas à dîner de peur qu’il ne « fît une sortie », un fanatique encombré de tabous qui se refusait le droit de s’agenouiller dans les églises, d’y marier ses filles et d’y pleurer délicieusement, qui s’imposait de prouver la vérité de sa doctrine par la pureté de ses mœurs, qui s’acharnait contre lui-même et contre son bonheur au point de s’ôter le moyen de mourir consolé, un maniaque de Dieu qui voyait partout Son absence et qui ne pouvait ouvrir la bouche sans prononcer Son nom, bref, un Monsieur qui avait des convictions religieuses. Le croyant n’en avait point : depuis deux mille ans les certitudes chrétiennes avaient eu le temps de faire leurs preuves, elles appartenaient à tous, on leur demandait de briller dans le regard d’un prêtre, dans le demi-jour d’une église et d’éclairer les âmes mais nul n’avait besoin de les reprendre à son compte ; c’était le patrimoine commun. La bonne Société croyait en Dieu pour ne pas parler de Lui. Comme la religion semblait tolérante ! Comme elle était commode : le chrétien pouvait déserter la Messe et marier religieusement ses enfants, sourire des « bondieuseries » de Saint-Sulpice et verser des larmes en écoutant la Marche Nuptiale de Lohengrin ; il n’était pas tenu ni de mener une vie exemplaire ni de mourir dans le désespoir, pas même de se faire crémer. Dans notre milieu, dans ma famille, la foi n’était qu’un nom d’apparat pour la douce liberté française ; on m’avait baptisé, comme tant d’autres, pour préserver mon indépendance : en me refusant le baptême, on eût craint de violenter mon âme ; catholique inscrit, j’étais libre, j’étais normal : « Plus tard, disait-on, il fera ce qu’il voudra. » On jugeait alors beaucoup plus difficile de gagner la foi que de la perdre.
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  • Par mademoisellepenelope, le 18 décembre 2010

    C'est mon habitude et puis c'est mon métier. Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée : à présent je connais notre impuissance. N'importe : je fais, je ferai des livres ; il en faut ; cela sert tout de même. La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c'est un produit de l'homme : il s'y projette, s'y reconnaît ; seul ce miroir critique lui offre son image. Du reste, ce vieux bâtiment ruineux, mon imposture, c'est aussi mon caractère : on se défait d'une névrose, on ne se guérit pas de soi.
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  • Par lireanimes, le 03 juin 2008

    La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c’est un produit de l’homme : il s’y projette, s’y reconnaît ; seul, ce miroir critique lui offre son image.
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Vertiges du désir - Ollivier Pourriol .
Par l?auteur de Cinéphilo, les noces du cinéma et de la philosophie sur un thème ô combien désirable : le désir.Fidèle à sa méthode consistant à faire dialoguer philosophie et cinéma, Ollivier Pourriol dévoile les grandes théories du désir à l??uvre dans des films aussi variés que le Mépris, Kingdom of Heaven, Heat, Beau Travail, Casino, Eyes wide shut, Eros, THX 1138, Blow Up ou Toy Story.Fruit des conférences Studiophilo - où la philosophie est expliquée par le cinéma, et le cinéma par la philosophie - ce livre nous fait comprendre ce qu?est le désir, tout en nous ouvrant les yeux sur certaines scènes célèbres du cinéma : Sartre nous éclaire sur les fesses de Brigitte Bardot dans le Mépris, Hegel sur la lutte à mort entre al Pacino et Robert de Niro dans Heat, Girard sur le désir mimétique dont sont victimes les jouets de Toy Story, Deleuze sur l?électricité sexuelle de Sharon Stone dans Casino, Platon sur les vertiges de l?amour dans Les ailes du désir.Un livre précis, ludique et accessible qui unit cinéma et philosophie dans leur désir commun : désirer toujours plus, et toujours mieux.








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