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ISBN : 2844141595
Éditeur : L'Association (2004)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 386 notes)
Résumé :
Avec cette nouvelle Ciboulette, Marjane Satrapi comblera les lecteurs de Persepolis tout en en surprenant plus d'un.

En effet, si l'Iran et la famille de l'auteur sont de nouveau les principaux sujets de Poulet aux prunes, l'auteur explore ici de nouvelles voies de narration qui en font probablement son meilleur livre. Ou comment entrer dans le for intérieur de Nasser Ali Khan, qui a décidé de se laisser mourir car sa femme lui a cassé son Tar, son in... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
marina53
marina5316 décembre 2015
  • Livres 4.00/5
Téhéran, 1958. Dans la rue, Nasser-Ali Kahn interpelle une femme qu'il croit avoir reconnue en la personne d'Irâne. Mais cette dernière, même si elle s'appelle bien ainsi, ne semble pas le reconnaître du tout. Il se rend ensuite dans la boutique de son ami Mirza afin de lui acheter un nouveau tar. En effet, sa femme, sous le coup de la colère, a brisé le sien en deux. Suivant le conseil de son ami, il en achète un mais attend une semaine avant de l'essayer. Malheureusement, la tonalité n'est pas assez bonne pour lui. Et il en sera de même pour les trois suivants. Et de même, encore, pour celui qu'il aura acquis à Mashad, au bout d'un long voyage. Aucun ne lui procure à ce jour le plaisir de jouer. Alors Nasser-Ali décide de mourir. Il s'allonge sur son lit et attend. Huit jours plus tard, on enterre son corps...
Tout comme dans Persepolis, Marjane Satrapi nous livre un petit bout de son enfance en relatant l'histoire de son oncle, Nasser Ali Khan, à qui, par malheur, on a brisé son tar. Naturellement, il part à la recherche d'un autre instrument capable de lui procurer autant de plaisir que celui qu'il possédait. Malheureusement, il n'en trouvera aucun. L'on passe ainsi 8 jours en sa compagnie, revisitant quelques scènes de son passé, comprenant au fur et à mesure son histoire, son mariage et ce que représentait pour lui ce tar. L'auteur nous livre un récit original et terriblement touchant. Ironique, parfois drôle, à la fois tendre et mélancolique voire triste, ce Poulet aux prunes se déguste avec plaisir.
A noter que cet album a été adapté au cinéma par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud avec Mathieu Amalric dans le rôle de Nasser-Ali.
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palamede
palamede10 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
Au cours d'une énième dispute conjugale, madame a brisé ce à quoi monsieur tenait le plus au monde. Pas son amour pour elle car il ne l'aime pas et ne l'a jamais aimée, non, ce qu'elle a cassé, c'est son tar.
Un instrument de musique qui est sa raison de vivre et qu'il ne parvient pas à remplacer malgré ses tentatives, ce qui lui ôte l'envie de vivre. Inconsolable, même avec son mets préféré, le poulet aux prunes, le musicien décide de mourir, mais avant il voit sa vie défiler pendant ses huit jours ultimes.
Sur fond de révolution iranienne, Marjane Satrapi raconte un triste épisode familial où il est sujet d'amour contrarié, d'échec de mariage, de passion de la musique saccagée et de mort. Un récit sombre égayé par l'humour, l'ironie et le regard distancié de l'auteur du déjà remarquable Persépolis.
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missmolko1
missmolko124 août 2014
  • Livres 2.00/5
Je ne vois que de bonnes critiques sur cette BD et comme j'avais beaucoup aimé Broderies de Marjane Satrapi, j'ai donc été tenté.
Je comprends les éloges mais j'en ressors déçue.
C'est une BD pleine de tristesse, cet homme qui décide de se laisser mourir car sa femme lui a cassé son Tar, pleine de mélancolie, car il se remémore son amour de jeunesse mais en même temps l'auteure y ajoute toujours une pointe d'humour. Ce qui m'a déplu ce sont les personnages, je n'en ai trouvé aucun attachant et c'est la petite touche qui je crois m'a manqué.
En tout cas j'ai comme toujours adoré les dessins et le style bien particulier de l'auteure. Ouvrir un de ses ouvrages c'est toujours la garantie d'un voyage, de la découverte d'une autre culture.
Je pense lire très vite Persépolis qui est dans ma PAL depuis un petit moment déjà. Et si l'envie vous en prend sachez que Poulet aux prunes a été adapté qu cinéma.
Lien : http://missmolko1.blogspot.ie/2014/08/poulet-aux..
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LiliGalipette
LiliGalipette22 mai 2012
  • Livres 5.00/5
À Téhéran, en 1958, le grand musicien Nasser Ali Khan est effondré. Lors d'une énième dispute conjugale, son épouse a brisé son précieux tar, l'instrument qui lui procure ses plus grandes joies. Il cherche désespérément un nouvel instrument, mais la magie musicale n'opère pas. « Puisque plus aucun tar ne pouvait lui procurer le plaisir de jouer, Nasser Ali Khan décida de mourir. Il s'allongea dans son lit. Huit jours plus tard, le 22 novembre 1958, on l'enterrait aux côtés de sa mère dans le cimetière Zahiroldoleh de Chérimane. »
Pendant huit jours, on assiste au désespoir harmonique et intime de Nasser Ali. Son taedium vitae est inexorable et s'étend à toute chose. Et il accuse son épouse du malaise profond qu'il éprouve. « J'ai perdu le goût, la saveur, le plaisir ! Tout ça par ta faute ! » du fond de son lit, Nasser Ali pense au passé et aux êtres disparus et il convoque les fantômes du futur. Plein d'amertume, il jette un regard triste sur son existence, ses rêves brisés ou perdus. Son mariage n'a pas été heureux et sa conclusion, après la destruction du tar, est réellement tragique. Mais c'est de cet hymen maussade qu'il a tiré son talent. « Dis-toi que tu vis une véritable histoire d'amour. Mais bien sûr. As-tu déjà vu quelqu'un écrire un poème sur la femme qu'il a épousée et qui l'engueule quatre fois par jour ? » Reste à savoir qui est l'objet de cette merveilleuse histoire d'amour.
Nasser Ali est un artiste tourmenté qui voit tout par un prisme esthétique très puissant. Mais à force de rechercher la beauté en chacun et en toute chose, il se coupe du monde et des réalités. Sa foi est trop monolithique et la remise en question lui est difficile. « Seule la sagesse, comme la lumière de la chandelle, peut nous apporter une vision globale de l'existence. La clé de la sagesse est le doute. Si vous doutiez un peu, vous seriez assurément moins prétentieux. » Son suicide est puissamment égoïste, comme le sont tous les actes de ce type. Sa rencontre avec Azraël, l'ange de la mort, lui rend une certaine humilité.
Quel plaisir de croiser Marjane Satrapi, reconnaissable à son grain de beauté, sous les traits qui furent les siens dans Persepolis. À demi-mot, on comprend que ce récit aux airs de légende iranienne est une partie de l'histoire familiale de l'auteure. Dans cet album, la musique est très diffuse, à peine audible. Mais elle est bien là. Et les senteurs appétissantes d'un poulet aux prunes font espérer que la mort n'est pas la fin. Détail annexe, je suis très sensible aux textures des livres. La douceur élégante de la couverture et la noble épaisseur des pages ont grandement participé à mon plaisir. Comme dans Persepolis, Marjane Satrapi décline son dessin en noir et blanc. Les souvenirs s'écrivent sur fond noir et les notes de musique, même brisées, composent une mélodie émouvante.
L'instrument sacrifié n'est pas un tar, mais un violon. Pourquoi ce remplacement ? le tar est emblématique de la culture iranienne, alors que le violon a une connotation plus slave, au moins pour moi. S'agit-il de rendre plus universelle la relation intime du musicien à son outil en proposant un instrument plus répandu ? C'est dommage, car la musique est universelle, quel que soit son support. Il en va de même de tout art : dès lors qu'il émeut, le médium importe peu.
Ce film est très joli et poétique, mais il est trop coloré à mon goût. Surtout, il est très loin de l'univers graphique de la bande dessinée. Reproduire la prouesse de Persepolis n'était pas nécessairement souhaitable, mais l'adaptation cinématographique est ici trop infidèle pour moi.
Certaines scènes ont un côté presque grand-guignolesque, ce qui trahit quelque peu la profondeur tragique du roman graphique. Si, pour une fois, Djamel Debbouze ne fait pas que du Djamel Debbouze, sa prestation de marchand de souk est incongrue, presque bouffonne. Mathieu Amalric est un excellent acteur, mais il me semble qu'il n'était pas taillé pour endosser le rôle de Nasser Ali : il lui manque la noblesse désespérée du personnage de papier, il est trop fébrile et surtout trop français pour le rôle. Ses airs de Rimbaud au pays des Mille et une nuits ne sont pas vraiment appropriés.
Globalement, le film est réussi, mais il faut le voir en oubliant le roman graphique : la comparaison ne se fait qu'au désavantage du premier.
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Under_The_Moon
Under_The_Moon17 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
Poulet aux prunes, c'est l'histoire de Nasser Ali Satrapi, un musicien torturé par ses souvenirs. Ce sont ses derniers jours qui sont narrés ici.
Le récit de sa vie ne nous est livré que par bribes, avec de nombreux flashback.
Peu à peu, on découvre que Nasser Ali, s'il a été une superstar du tar (instrument iranien dont il joue) est aussi un homme égoïste profondément blessé. Peut-être est-ce de là qu'est né son talent ?
Marié à Nahid, une femme qu'il n'aime pas et n'a jamais aimé, il vit avec le souvenir de la belle Irâne. le père de cette dernière s'est opposé au mariage de Nasser Ali avec sa fille, parce que quand même, épouser un musicien, autant dire un crève-la-faim, c'est peut-être romantique mais pas sérieux !
Alors, pour se consoler, Nasser Ali prend son tar. Jusqu'au jour où ... on le lui casse. Et là c'est la déchéance, jusqu'à l'ultime libération.
Même son plat préféré (le poulet aux prunes ! ) ne lui est plus d'aucun réconfort !
Il y a beaucoup d'ironie aussi dans cet album, car l'amour n'est pas toujours là où on l'attend. Et l'auteur nous montre qu'on peut passer toute une vie en le ratant...
Une histoire d'amour triste et nostalgique signée Marjane Satrapi, avec en toile de fond, la révolution iranienne qui déchire les familles de manière parfois inattendue .
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Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette21 mai 2012
« Seule la sagesse, comme la lumière de la chandelle, peut nous apporter une vision globale de l’existence. La clé de la sagesse est le doute. Si vous doutiez un peu, vous seriez assurément moins prétentieux. »
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lunchlunch20 octobre 2011
Pour le commun des mortels, être musicien ou être clown, c'est du pareil au même.
Ne t'en fais pas mon petit. Dis-toi que tu vis une véritable histoire d'amour.
Mais bien sûr. As-tu déjà vu quelqu'un écrire un poème sur la femme qu'il a épousée et qui l'engueule quatre fois par jour ?
Crois-tu que si Roméo et Juliette avaient fait six gosses ensemble, on aurait écrit un livre sur eux ?
Tu souffres ! C'est pour ça que tu joues si bien maintenant !
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Under_The_MoonUnder_The_Moon28 mars 2014
Nous donnons un sens à la vie d'après notre point de vue.
Seule la sagesse, comme la lumière de la chandelle peut nous apporter une vision globale de l'existence.
La clef de la sagesse est le doute !
Si vous doutez un peu, vous seriez assurément moins prétentieux !
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ChouchaneChouchane26 mars 2012
- Et Dieu ?
- Mon cher ami, la vie passe avec ou sans Dieu.
- Vous connaissez Khayyam ?
- Évidemment !
- Les astres à ma présence ici-bas n'ont rien gagné, leur gloire à ma déchéance ne sera pas augmentée, et, témoin mes deux oreilles, nul n'a jamais pu me dire pourquoi l'on m'a fait venir et l'on me fait m'en aller.
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colimassoncolimasson27 octobre 2012
La nuit tombait et Nasser Ali Khan avait très faim. Normal, cela faisait deux journées entières qu’il n’avait rien avalé. Il passa en revue tout ce qu’il aimait manger. Il se fixa enfin sur son plat favori : le poulet aux prunes. Une spécialité de sa mère, préparée avec du poulet, des prunes, des oignons confits, des tomates, du curcuma et du safran, servi avec du riz.
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Marjane Satrapi : film "Poulet aux prunes" - Entrée libre
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