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ISBN : 2844141595
Éditeur : L'Association (2004)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 247 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Avec cette nouvelle Ciboulette, Marjane Satrapi comblera les lecteurs de Persepolis tout en en surprenant plus d'un.

En effet, si l'Iran et la famille de l'auteur sont de nouveau les principaux sujets de Poulet aux prunes, l'auteur explore ici de nouvelle... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 22 mai 2012

    LiliGalipette
    À Téhéran, en 1958, le grand musicien Nasser Ali Khan est effondré. Lors d'une énième dispute conjugale, son épouse a brisé son précieux tar, l'instrument qui lui procure ses plus grandes joies. Il cherche désespérément un nouvel instrument, mais la magie musicale n'opère pas. « Puisque plus aucun tar ne pouvait lui procurer le plaisir de jouer, Nasser Ali Khan décida de mourir. Il s'allongea dans son lit. Huit jours plus tard, le 22 novembre 1958, on l'enterrait aux côtés de sa mère dans le cimetière Zahiroldoleh de Chérimane. »
    Pendant huit jours, on assiste au désespoir harmonique et intime de Nasser Ali. Son taedium vitae est inexorable et s'étend à toute chose. Et il accuse son épouse du malaise profond qu'il éprouve. « J'ai perdu le goût, la saveur, le plaisir ! Tout ça par ta faute ! » du fond de son lit, Nasser Ali pense au passé et aux êtres disparus et il convoque les fantômes du futur. Plein d'amertume, il jette un regard triste sur son existence, ses rêves brisés ou perdus. Son mariage n'a pas été heureux et sa conclusion, après la destruction du tar, est réellement tragique. Mais c'est de cet hymen maussade qu'il a tiré son talent. « Dis-toi que tu vis une véritable histoire d'amour. Mais bien sûr. As-tu déjà vu quelqu'un écrire un poème sur la femme qu'il a épousée et qui l'engueule quatre fois par jour ? » Reste à savoir qui est l'objet de cette merveilleuse histoire d'amour.
    Nasser Ali est un artiste tourmenté qui voit tout par un prisme esthétique très puissant. Mais à force de rechercher la beauté en chacun et en toute chose, il se coupe du monde et des réalités. Sa foi est trop monolithique et la remise en question lui est difficile. « Seule la sagesse, comme la lumière de la chandelle, peut nous apporter une vision globale de l'existence. La clé de la sagesse est le doute. Si vous doutiez un peu, vous seriez assurément moins prétentieux. » Son suicide est puissamment égoïste, comme le sont tous les actes de ce type. Sa rencontre avec Azraël, l'ange de la mort, lui rend une certaine humilité.
    Quel plaisir de croiser Marjane Satrapi, reconnaissable à son grain de beauté, sous les traits qui furent les siens dans persepolis. À demi-mot, on comprend que ce récit aux airs de légende iranienne est une partie de l'histoire familiale de l'auteure. Dans cet album, la musique est très diffuse, à peine audible. Mais elle est bien là. Et les senteurs appétissantes d'un Poulet aux prunes font espérer que la mort n'est pas la fin. Détail annexe, je suis très sensible aux textures des livres. La douceur élégante de la couverture et la noble épaisseur des pages ont grandement participé à mon plaisir. Comme dans persepolis, Marjane Satrapi décline son dessin en noir et blanc. Les souvenirs s'écrivent sur fond noir et les notes de musique, même brisées, composent une mélodie émouvante.
    L'instrument sacrifié n'est pas un tar, mais un violon. Pourquoi ce remplacement ? le tar est emblématique de la culture iranienne, alors que le violon a une connotation plus slave, au moins pour moi. S'agit-il de rendre plus universelle la relation intime du musicien à son outil en proposant un instrument plus répandu ? C'est dommage, car la musique est universelle, quel que soit son support. Il en va de même de tout art : dès lors qu'il émeut, le médium importe peu.
    Ce film est très joli et poétique, mais il est trop coloré à mon goût. Surtout, il est très loin de l'univers graphique de la bande dessinée. Reproduire la prouesse de persepolis n'était pas nécessairement souhaitable, mais l'adaptation cinématographique est ici trop infidèle pour moi.
    Certaines scènes ont un côté presque grand-guignolesque, ce qui trahit quelque peu la profondeur tragique du roman graphique. Si, pour une fois, Djamel Debbouze ne fait pas que du Djamel Debbouze, sa prestation de marchand de souk est incongrue, presque bouffonne. Mathieu Amalric est un excellent acteur, mais il me semble qu'il n'était pas taillé pour endosser le rôle de Nasser Ali : il lui manque la noblesse désespérée du personnage de papier, il est trop fébrile et surtout trop français pour le rôle. Ses airs de Rimbaud au pays des Mille et une nuits ne sont pas vraiment appropriés.
    Globalement, le film est réussi, mais il faut le voir en oubliant le roman graphique : la comparaison ne se fait qu'au désavantage du premier.
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    • Livres 4.00/5
    Par Under_The_Moon, le 17 novembre 2012

    Under_The_Moon
    Poulet aux prunes, c'est l'histoire de Nasser Ali Satrapi, un musicien torturé par ses souvenirs. Ce sont ses derniers jours qui sont narrés ici.
    Le récit de sa vie ne nous est livré que par bribes, avec de nombreux flashback.
    Peu à peu, on découvre que Nasser Ali, s'il a été une superstar du tar (instrument iranien dont il joue) est aussi un homme égoïste profondément blessé. Peut-être est-ce de là qu'est né son talent ?
    Marié à Nahid, une femme qu'il n'aime pas et n'a jamais aimé, il vit avec le souvenir de la belle Irâne. le père de cette dernière s'est opposé au mariage de Nasser Ali avec sa fille, parce que quand même, épouser un musicien, autant dire un crève-la-faim, c'est peut-être romantique mais pas sérieux !
    Alors, pour se consoler, Nasser Ali prend son tar. Jusqu'au jour où ... on le lui casse. Et là c'est la déchéance, jusqu'à l'ultime libération.
    Même son plat préféré (le Poulet aux prunes ! ) ne lui est plus d'aucun réconfort !
    Il y a beaucoup d'ironie aussi dans cet album, car l'amour n'est pas toujours là où on l'attend. Et l'auteur nous montre qu'on peut passer toute une vie en le ratant...
    Une histoire d'amour triste et nostalgique signée Marjane Satrapi, avec en toile de fond, la révolution iranienne qui déchire les familles de manière parfois inattendue .
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    • Livres 4.00/5
    Par MachaLoubrun, le 03 juillet 2013

    MachaLoubrun
    Nous sommes à Téhéran en 1958. Nasser Ali Khan, un immense musicien de Tar, se rend dans une boutique pour remplacer son précieux instrument que sa femme vient de briser. En chemin il croise une femme qu'il a follement aimée autrefois. le père de cette femme s'était opposé à leur mariage mais aujourd'hui elle ne le reconnait même pas.
    Ce double drame existentiel lui ôte le goût de vivre, la musique était sa seule passion. Il décide alors de se coucher et de se laisser mourir. Pendant huit jours cet homme blessé va revivre intérieurement son passé en faisant un bilan amer de sa vie. Son frère lui rend visite tandis que les enfants continuent de se disputer dans la maison… Nasser n'a jamais aimé sa femme et elle se heurte à son indifférence et son égocentrisme depuis des années. Mais aujourd'hui il ne veut même plus manger du « Poulet aux prunes » son plat préféré !
    Marjane Satrapi s'est inspirée de la vie de son oncle dans ce conte tragique plein de poésie et d'ironie. Ses dessins en noir et blanc avec un minimum de décor mettent en avant les personnages sans fioritures inutiles. Les courbes arrondies apportent de la douceur au récit douloureux. Cette BD est le portrait d'un artiste. Serait-il devenu un grand musicien s'il n'avait pas souffert lui demande Azraêl l'ange de la mort ?
    Un récit sucré salé savoureux.
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    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 26 mars 2012

    Chouchane
    Avec beaucoup de tendresse Satrapi raconte, comme elle l'avait fait dans Persopolis, l'histoire de sa famille au travers de celle de son oncle Nasser Ali Khan un immense musicien. L'histoire se résume assez vite mais en Orient rien n'est simple et ce qui ressemble au départ à du dépit devant un instrument de musique cassé par une épouse en colère devient vite une tragique histoire d'amour. La vie d'Ali Khan se dessine au travers du récit qu'en fait son entourage et touche après touche on finit par comprendre la profondeur du désespoir de Nasser et son l'impossibilité de jouer du Tar, le violon iranien. Règles sociales, manque de reconnaissance vont contraindre cet homme à vivre une autre vie que la sienne sauf en ce qui concerne la musique jusqu'au jour où ... il faut lire Poulet aux prunes pour saisir l'âme poétique de cet artiste. Quand on termine ce récit graphique, on aimerait savourer silencieusement un Poulet aux prunes en écoutant les notes magiques du tar quand il est joué par un homme amoureux.
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    • Livres 5.00/5
    Par Liliz, le 22 juin 2013

    Liliz
    En Iran, Nasser Ali Khan a perdu le goût de vivre depuis que sa femme lui a cassé son tar, instrument si cher à ses yeux. Pour lui, la musique est sa vie, son lien avec l'histoire d'amour de son existence. Les notes chantent son désespoir. Alors, le 15 novembre 1958, il décide de se laisser mourir et s'allonge dans son lit. A partir de ce moment là, de nombreux souvenirs refont surface.
    Marjane Satrapi nous conte une fois encore l'histoire de sa famille de manière très poétique avec des illustrations en noir et blanc, toute en sobriété, avec ce trait qui lui est propre, et que j'apprécie énormément. Je suis tombée sous le charme de cet auteur en lisant "Persepolis", j'avais adoré son dessin et l'histoire familiale mais aussi politique de l'Iran. Dans "Poulet aux prunes", elle aborde la thématique de l'amour : un mariage impossible qui hantera le personnage principal tout au long de sa vie. le découpage du récit est original : à partir du jour de sa mort, le lecteur remonte le temps et revit les derniers jours de Nasser Ali.
    Un roman graphique encore superbement réussi. Maintenant, j'ai hâte de voir le rendu de l'adaptation cinématographique.
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 21 mai 2012

    « Seule la sagesse, comme la lumière de la chandelle, peut nous apporter une vision globale de l’existence. La clé de la sagesse est le doute. Si vous doutiez un peu, vous seriez assurément moins prétentieux. »

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  • Par lunch, le 20 octobre 2011

    Pour le commun des mortels, être musicien ou être clown, c'est du pareil au même.
    Ne t'en fais pas mon petit. Dis-toi que tu vis une véritable histoire d'amour.
    Mais bien sûr. As-tu déjà vu quelqu'un écrire un poème sur la femme qu'il a épousée et qui l'engueule quatre fois par jour ?
    Crois-tu que si Roméo et Juliette avaient fait six gosses ensemble, on aurait écrit un livre sur eux ?
    Tu souffres ! C'est pour ça que tu joues si bien maintenant !
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  • Par Under_The_Moon, le 28 mars 2014

    Nous donnons un sens à la vie d'après notre point de vue.
    Seule la sagesse, comme la lumière de la chandelle peut nous apporter une vision globale de l'existence.
    La clef de la sagesse est le doute !
    Si vous doutez un peu, vous seriez assurément moins prétentieux !

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  • Par Chouchane, le 26 mars 2012

    - Et Dieu ?
    - Mon cher ami, la vie passe avec ou sans Dieu.
    - Vous connaissez Khayyam ?
    - Évidemment !
    - Les astres à ma présence ici-bas n'ont rien gagné, leur gloire à ma déchéance ne sera pas augmentée, et, témoin mes deux oreilles, nul n'a jamais pu me dire pourquoi l'on m'a fait venir et l'on me fait m'en aller.
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  • Par colimasson, le 27 octobre 2012

    La nuit tombait et Nasser Ali Khan avait très faim. Normal, cela faisait deux journées entières qu’il n’avait rien avalé. Il passa en revue tout ce qu’il aimait manger. Il se fixa enfin sur son plat favori : le poulet aux prunes. Une spécialité de sa mère, préparée avec du poulet, des prunes, des oignons confits, des tomates, du curcuma et du safran, servi avec du riz.

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