Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2844141595
Éditeur : L'Association (2004)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 331 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Avec cette nouvelle Ciboulette, Marjane Satrapi comblera les lecteurs de Persepolis tout en en surprenant plus d'un.

En effet, si l'Iran et la famille de l'auteur sont de nouveau les principaux sujets de Poulet aux prunes, l'auteur explore ici de nouvelle... > Voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (47)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par seblac, le 17 juin 2015

    seblac
    Parfois pour consoler un enfant ou tout simplement lui faire plaisir, on lui cuisine son plat préféré...Pour Nasser Ali Khan c'est le poulet aux prunes. Mais rien n'y fait, Nasser est inconsolable depuis que épouse Nahil a brisé son tar, cet instrument de musique qu'elle pensait être, quelque part, son rival.
    Mais plus qu'un instrument, ce tar à la sonorité unique, était le prolongement de l'âme et du coeur de Nasser. Cet instrument était sa voix, cet instrument était sa plume, cet instrument était celui qui lui permettait d'exprimer ce qu'il avait au plus profond de lui même. Lui arracher son tar, c'était lui arracher sa vie.
    Un enfant Nasser ? Dans un certain sens oui...Il est capable de percevoir avec une extrême sensibilité le monde qui l'entoure tout en étant capable aussi de se montrer totalement égoïste. Il en a aussi l'excès dans les réactions car fondamentalement on pourrait penser que ce n'est qu'un instrument…
    Mais non, ce n'était pas qu'un instrument, c'était bien plus et malgré bien des tentatives l'objet s'avère irremplaçable. Nasser se résout donc à rejoindre son tar et à se laisser mourir.
    Et bien évidemment en ces moments là comme on dit, on revoit sa vie défiler. Dans le cas de Nasser , le constat est doux amer...une épouse qu'il n'a jamais aimé, une vie faite de mauvaises décisions dans laquelle son plus grand regret est de ne pas avoir pu vivre le grand amour avec une jeune femme nommée Irane.
    Mais cette vie c'est aussi celle qui a fait de lui ce qu'il était. Armé de son tar il aurait pu la survoler...mais sans cela s'avère impossible. Les êtres qui l'entourent et qui l'aiment sincèrement ne le comprennent pas ou peu. Alors oui Nasser est égoïste mais les autres le sont tout autant quelque part...
    Racontant l'histoire d'un de ses oncles, Marjane Satrapi offre ici un récit dont la beauté n'a d'égal que la tristesse. Une histoire emplie d'une grande poésie qui se transmet comme une véritable légende. Ce poulet aux prunes c'est aussi une plongée dans l'Iran des années 50 et dans un pays à la culture d'une richesse que la répression religieuse a eu tendance à gommer.
    Tout en ayant un ton beaucoup plus triste que d'accoutumée, l'auteur sait aussi distiller de la légèreté, de l'humour. Fidèle à son trait immédiatement identifiable, Marjane Satrapi signe une fois de plus un livre magnifique. Une très belle histoire où un simple instrument devient un être vivant irremplaçable, où la musique devient le sang sans lequel la vie n'est plus possible. Une histoire triste aussi où la vie parmi les autres s'avère devenir impossible. Une histoire où la mort est au bout du chemin. Si il existe un paradis des instruments de musique, souhaitons à l'oncle Nasser d'avoir retrouvé son compagnon et d'être plus heureux qu'il ne l'a été sur Terre...En tout cas sa nièce lui a offert un hommage des plus touchants.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 37         Page de la critique

    • Livres 2.00/5
    Par missmolko1, le 24 août 2014

    missmolko1
    Je ne vois que de bonnes critiques sur cette BD et comme j'avais beaucoup aimé Broderies de Marjane Satrapi, j'ai donc été tenté.
    Je comprends les éloges mais j'en ressors déçue.
    C'est une BD pleine de tristesse, cet homme qui décide de se laisser mourir car sa femme lui a cassé son Tar, pleine de mélancolie, car il se remémore son amour de jeunesse mais en même temps l'auteure y ajoute toujours une pointe d'humour. Ce qui m'a déplu ce sont les personnages, je n'en ai trouvé aucun attachant et c'est la petite touche qui je crois m'a manqué.
    En tout cas j'ai comme toujours adoré les dessins et le style bien particulier de l'auteure. Ouvrir un de ses ouvrages c'est toujours la garantie d'un voyage, de la découverte d'une autre culture.
    Je pense lire très vite Persépolis qui est dans ma PAL depuis un petit moment déjà. Et si l'envie vous en prend sachez que Poulet aux prunes a été adapté qu cinéma.

    Lien : http://missmolko1.blogspot.ie/2014/08/poulet-aux-prunes.html
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 42         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 22 mai 2012

    LiliGalipette
    À Téhéran, en 1958, le grand musicien Nasser Ali Khan est effondré. Lors d'une énième dispute conjugale, son épouse a brisé son précieux tar, l'instrument qui lui procure ses plus grandes joies. Il cherche désespérément un nouvel instrument, mais la magie musicale n'opère pas. « Puisque plus aucun tar ne pouvait lui procurer le plaisir de jouer, Nasser Ali Khan décida de mourir. Il s'allongea dans son lit. Huit jours plus tard, le 22 novembre 1958, on l'enterrait aux côtés de sa mère dans le cimetière Zahiroldoleh de Chérimane. »
    Pendant huit jours, on assiste au désespoir harmonique et intime de Nasser Ali. Son taedium vitae est inexorable et s'étend à toute chose. Et il accuse son épouse du malaise profond qu'il éprouve. « J'ai perdu le goût, la saveur, le plaisir ! Tout ça par ta faute ! » du fond de son lit, Nasser Ali pense au passé et aux êtres disparus et il convoque les fantômes du futur. Plein d'amertume, il jette un regard triste sur son existence, ses rêves brisés ou perdus. Son mariage n'a pas été heureux et sa conclusion, après la destruction du tar, est réellement tragique. Mais c'est de cet hymen maussade qu'il a tiré son talent. « Dis-toi que tu vis une véritable histoire d'amour. Mais bien sûr. As-tu déjà vu quelqu'un écrire un poème sur la femme qu'il a épousée et qui l'engueule quatre fois par jour ? » Reste à savoir qui est l'objet de cette merveilleuse histoire d'amour.
    Nasser Ali est un artiste tourmenté qui voit tout par un prisme esthétique très puissant. Mais à force de rechercher la beauté en chacun et en toute chose, il se coupe du monde et des réalités. Sa foi est trop monolithique et la remise en question lui est difficile. « Seule la sagesse, comme la lumière de la chandelle, peut nous apporter une vision globale de l'existence. La clé de la sagesse est le doute. Si vous doutiez un peu, vous seriez assurément moins prétentieux. » Son suicide est puissamment égoïste, comme le sont tous les actes de ce type. Sa rencontre avec Azraël, l'ange de la mort, lui rend une certaine humilité.
    Quel plaisir de croiser Marjane Satrapi, reconnaissable à son grain de beauté, sous les traits qui furent les siens dans Persepolis. À demi-mot, on comprend que ce récit aux airs de légende iranienne est une partie de l'histoire familiale de l'auteure. Dans cet album, la musique est très diffuse, à peine audible. Mais elle est bien là. Et les senteurs appétissantes d'un poulet aux prunes font espérer que la mort n'est pas la fin. Détail annexe, je suis très sensible aux textures des livres. La douceur élégante de la couverture et la noble épaisseur des pages ont grandement participé à mon plaisir. Comme dans Persepolis, Marjane Satrapi décline son dessin en noir et blanc. Les souvenirs s'écrivent sur fond noir et les notes de musique, même brisées, composent une mélodie émouvante.
    L'instrument sacrifié n'est pas un tar, mais un violon. Pourquoi ce remplacement ? le tar est emblématique de la culture iranienne, alors que le violon a une connotation plus slave, au moins pour moi. S'agit-il de rendre plus universelle la relation intime du musicien à son outil en proposant un instrument plus répandu ? C'est dommage, car la musique est universelle, quel que soit son support. Il en va de même de tout art : dès lors qu'il émeut, le médium importe peu.
    Ce film est très joli et poétique, mais il est trop coloré à mon goût. Surtout, il est très loin de l'univers graphique de la bande dessinée. Reproduire la prouesse de Persepolis n'était pas nécessairement souhaitable, mais l'adaptation cinématographique est ici trop infidèle pour moi.
    Certaines scènes ont un côté presque grand-guignolesque, ce qui trahit quelque peu la profondeur tragique du roman graphique. Si, pour une fois, Djamel Debbouze ne fait pas que du Djamel Debbouze, sa prestation de marchand de souk est incongrue, presque bouffonne. Mathieu Amalric est un excellent acteur, mais il me semble qu'il n'était pas taillé pour endosser le rôle de Nasser Ali : il lui manque la noblesse désespérée du personnage de papier, il est trop fébrile et surtout trop français pour le rôle. Ses airs de Rimbaud au pays des Mille et une nuits ne sont pas vraiment appropriés.
    Globalement, le film est réussi, mais il faut le voir en oubliant le roman graphique : la comparaison ne se fait qu'au désavantage du premier.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 23         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Under_The_Moon, le 17 novembre 2012

    Under_The_Moon
    Poulet aux prunes, c'est l'histoire de Nasser Ali Satrapi, un musicien torturé par ses souvenirs. Ce sont ses derniers jours qui sont narrés ici.
    Le récit de sa vie ne nous est livré que par bribes, avec de nombreux flashback.
    Peu à peu, on découvre que Nasser Ali, s'il a été une superstar du tar (instrument iranien dont il joue) est aussi un homme égoïste profondément blessé. Peut-être est-ce de là qu'est né son talent ?
    Marié à Nahid, une femme qu'il n'aime pas et n'a jamais aimé, il vit avec le souvenir de la belle Irâne. le père de cette dernière s'est opposé au mariage de Nasser Ali avec sa fille, parce que quand même, épouser un musicien, autant dire un crève-la-faim, c'est peut-être romantique mais pas sérieux !
    Alors, pour se consoler, Nasser Ali prend son tar. Jusqu'au jour où ... on le lui casse. Et là c'est la déchéance, jusqu'à l'ultime libération.
    Même son plat préféré (le poulet aux prunes ! ) ne lui est plus d'aucun réconfort !
    Il y a beaucoup d'ironie aussi dans cet album, car l'amour n'est pas toujours là où on l'attend. Et l'auteur nous montre qu'on peut passer toute une vie en le ratant...
    Une histoire d'amour triste et nostalgique signée Marjane Satrapi, avec en toile de fond, la révolution iranienne qui déchire les familles de manière parfois inattendue .
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 28         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Liliz, le 22 juin 2013

    Liliz
    En Iran, Nasser Ali Khan a perdu le goût de vivre depuis que sa femme lui a cassé son tar, instrument si cher à ses yeux. Pour lui, la musique est sa vie, son lien avec l'histoire d'amour de son existence. Les notes chantent son désespoir. Alors, le 15 novembre 1958, il décide de se laisser mourir et s'allonge dans son lit. A partir de ce moment là, de nombreux souvenirs refont surface.
    Marjane Satrapi nous conte une fois encore l'histoire de sa famille de manière très poétique avec des illustrations en noir et blanc, toute en sobriété, avec ce trait qui lui est propre, et que j'apprécie énormément. Je suis tombée sous le charme de cet auteur en lisant "Persepolis", j'avais adoré son dessin et l'histoire familiale mais aussi politique de l'Iran. Dans "Poulet aux prunes", elle aborde la thématique de l'amour : un mariage impossible qui hantera le personnage principal tout au long de sa vie. le découpage du récit est original : à partir du jour de sa mort, le lecteur remonte le temps et revit les derniers jours de Nasser Ali.
    Un roman graphique encore superbement réussi. Maintenant, j'ai hâte de voir le rendu de l'adaptation cinématographique.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 26         Page de la critique

> voir toutes (28)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par LiliGalipette, le 21 mai 2012

    « Seule la sagesse, comme la lumière de la chandelle, peut nous apporter une vision globale de l’existence. La clé de la sagesse est le doute. Si vous doutiez un peu, vous seriez assurément moins prétentieux. »

    Commenter     J’apprécie          0 45         Page de la citation

  • Par lunch, le 20 octobre 2011

    Pour le commun des mortels, être musicien ou être clown, c'est du pareil au même.
    Ne t'en fais pas mon petit. Dis-toi que tu vis une véritable histoire d'amour.
    Mais bien sûr. As-tu déjà vu quelqu'un écrire un poème sur la femme qu'il a épousée et qui l'engueule quatre fois par jour ?
    Crois-tu que si Roméo et Juliette avaient fait six gosses ensemble, on aurait écrit un livre sur eux ?
    Tu souffres ! C'est pour ça que tu joues si bien maintenant !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 11         Page de la citation

  • Par Under_The_Moon, le 28 mars 2014

    Nous donnons un sens à la vie d'après notre point de vue.
    Seule la sagesse, comme la lumière de la chandelle peut nous apporter une vision globale de l'existence.
    La clef de la sagesse est le doute !
    Si vous doutez un peu, vous seriez assurément moins prétentieux !

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

  • Par Chouchane, le 26 mars 2012

    - Et Dieu ?
    - Mon cher ami, la vie passe avec ou sans Dieu.
    - Vous connaissez Khayyam ?
    - Évidemment !
    - Les astres à ma présence ici-bas n'ont rien gagné, leur gloire à ma déchéance ne sera pas augmentée, et, témoin mes deux oreilles, nul n'a jamais pu me dire pourquoi l'on m'a fait venir et l'on me fait m'en aller.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par colimasson, le 27 octobre 2012

    La nuit tombait et Nasser Ali Khan avait très faim. Normal, cela faisait deux journées entières qu’il n’avait rien avalé. Il passa en revue tout ce qu’il aimait manger. Il se fixa enfin sur son plat favori : le poulet aux prunes. Une spécialité de sa mère, préparée avec du poulet, des prunes, des oignons confits, des tomates, du curcuma et du safran, servi avec du riz.

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

> voir toutes (18)

Videos de Marjane Satrapi

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Marjane Satrapi

La Bande des Jotas Bande Annonce du film de et avec Marjane Satrapi (Persepolis, Poulet Aux Prunes), mais aussi Mattias Ripa, Stéphane Roche, Ali Mafakheri, Cristian Pirjol, et Maria de Medeiros. Rejoignez-nous sur Facebook http://facebook.com/Filmsactu & Twitter http://twitter.com/filmsactu








Sur Amazon
à partir de :
13,49 € (neuf)
11,00 € (occasion)

   

Faire découvrir Poulet aux prunes par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (556)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz