> Jean-Pierre Sicre (Préfacier, etc.)
> Charles Du Bos (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
> Jean Mouton (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2859409629
Éditeur : Phébus (2004)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Une jeune femme qui se bat contre la maladie, de retour au sanatorium dont elle ne reviendra peut-être pas, ouvre une lettre que vient de lui remettre son amant. Lettre de rupture, ou plutôt de congé. A quoi elle répond ici au nom de cette Vie qu'elle risque de n'avoir ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (9)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Zazette97, le 06 avril 2011

    Zazette97
    "Laissez-moi" est un récit épistolaire - publié en 1934 - et l'unique oeuvre de la française Marcelle Sauvageot, décédée à 34 ans des suites d'une tuberculose.
    Le 7 novembre 1930, Marcelle Sauvageot qui lutte depuis deux ans contre une tuberculose récalcitrante, se voit contrainte de séjourner dans un sanatorium.
    Victime de douleurs et d'insomnie, elle se raccroche comme elle peut à l'espoir de guérir comme à cet amour dont elle sent pourtant bien qu'il lui échappe.
    Son amant ne peut mesurer ce qu'elle traverse et, ne supportant plus de la savoir malade, lui fait parvenir une lettre dans laquelle il l'informe de son mariage avec une autre et lui propose son amitié.
    "Laissez-moi" apparaît comme la réponse et l'adieu d'une femme éconduite et laissée à son triste sort par un homme qui a préféré se retrancher du côté de la vie...
    Repéré il y a près de deux ans chez Leiloona, ce livre était introuvable jusqu'à...avant-hier quand ô miracle je suis tombée dessus par hasard chez un bouquiniste.
    Autant dire que j'ai laissé tomber toutes affaires cessantes ma lecture du moment pour me plonger dans ce récit qui n'est ni plus ni moins qu'un coup de coeur !
    " Laissez-moi" ne saurait être rattaché à un seul genre. Si l'oeuvre se présente sous la forme d'un corpus épistolaire rédigé à l'adresse de l'amant, elle apparaît surtout comme une correspondance de l'auteure avec elle-même, ce qui la rapproche du journal ou du récit.
    Digne, lucide sans être aigrie, Marcelle Sauvageot se met à nu pour aborder les souffrances intimes que lui inspire la rupture et le désamour progressif d'un homme qui se plaisait à pointer chacun de ses défauts pour se donner de nouveaux motifs de séparation.
    Les illusions sont retombées et à la lueur de sa nouvelle condition de femme quittée, elle ré-évalue un passé commun et les douloureux sentiments qu'il éveille désormais en elle.
    A travers ses propos se glisse une vision moderne du couple et du rôle généralement assigné aux femmes (efface-toi et encense ton mari à toute occasion), point de vue associé à son souci d'indépendance comme à son refus de l'amour fusionnel.
    Parce qu'elle aime toujours cet homme, elle choisit de cesser tout rapport avec lui car elle sent bien que l'amitié qu'il lui propose sonne faux ( le fameux "Je préfère qu'on reste amis" pour se donner bonne conscience) et ne ferait que réveiller en elle des sentiments qui ne seraient pas partagés.
    "Laissez-moi" est son cri d'adieu et la preuve que l'on peut puiser de ses faiblesses une force insoupçonnée.
    On a déjà tellement écrit sur la rupture et le malheur amoureux et pourtant... Sous le couvert d'une écriture sèche et dépourvue d'envolées lyriques, Marcelle Sauvageot s'emploie à dresser un point de vue singulier, d'une précision rare mais si criant de vérités qu'une intense émotion surgit à chaque ligne. Il m'a d'ailleurs fallu essuyer toute la pluie qui s'était abattue sur mon visage afin d'y voir clair pour rédiger ce billet...
    Un sublime cri du coeur qui se lit d'un seul souffle et qui me marquera encore longtemps !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/04/laissez-moi-commentaire-ma..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par saphoo, le 04 juillet 2010

    saphoo
    Cette dernière phrase - “Une flamme très pure défiant la vie” -se suffit à résumé ce petit livre qui est ni un roman, ni une nouvelle, je dirai une longue lettre unique comme un dévidoir d'une blessure qui se doit de saigner, s'épurer, s'éclaircir et trouver au fin fond de cette douleur, le baume qui rendra cette plaie moins suintante, cicatrisant lentement au fil des mots écrits, pour ne pas dire jetés sur ce papier, tant on ressent sa déception, sa colère, son incompréhension et sa résignation.
    Ce livre est l'unique de cette dame emportée par la tuberculose. A la lecture de ce récit, on ressent son empressement à livrer tout ce bouillonnement en elle, tant cette rupture sans autre explication que cette phrase : « Je me marie… Notre amitié demeure… » '(c'est un peu léger), blessant et complètement ahurissant. Elle dépeint donc ce récit autour de cette phrase, elle tente d'analyser le pourquoi du comment, elle expose le sens du mot “Amour mué en Amitié” (ce qu'il lui laisse) elle tente de comprendre comment elle conçoit cette relation avant et après cette phrase. Cette longue lettre n'est autre qu'un abcès qu'elle perce à vif en plus de sa maladie elle doit donc combattre cette souffrance supplémentaire.
    Sa force qu'elle puise à écrire est sans doute le remède à cette blessure, dire ce qui n'a pas été dit sincèrement, mettre noir sur blanc les mots amers et chargés de rancœur, comment en être autrement alors qu'elle attendait du soutien, un amour de toujours, elle n'a qu'un lâche qui lui envoie cette lettre dérisoire avec cette simple phrase sans autres explications ni excuses.
    Mais elle ne tombe pas dans l'apitoiement, le plus à plaindre serait même cet ignoble personnage qu'elle nommait “Bébé” , il ne mérite aucune éloge, ni nom, pas de pitié pour ce genre d'être humain égoïste sans une once de courage, et monsieur la prie de garder leur amitié, non mais puis quoi encore… elle l'envoie au diable et c'est ce qu'il mérite…
    En résumé, un petit livre qui traversera le temps sans problème tant ce sujet est ô combien éternel, mais ce qui le rend intéressant c'est la manière qu'elle aborde cette rupture, comment elle l'analyse, elle la rend moins aigre et puise en elle, la noirceur du personnage afin de le rendre plus laid et plus rebutant que jamais à l'oublier au plus vite.


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par TINUSIA, le 15 juillet 2010

    TINUSIA
    C'est en flânant sur les blogs que j'ai trouvé ce titre ; le thème m'a immédiatement interpellée : il s'agit d'une réflexion sur les rapports maladie - amour - amitié. Réflexion qui me touche personnellement en ce moment.
    Le roman biographique a été écrit, en 1930, par une femme, gravement atteinte par la tuberculose (dont on mourrait presque toujours, à cette époque) qui vient de recevoir une lettre de rupture de son amant. C'est cette lettre qui va susciter une méditation profonde et sensible. Bien qu'écrit il y a quatre-vingts ans, le texte est d'une actualité et d'une pertinence profondes.
    Marcelle Sauvageot sait que ses jours sont comptés, mais elle a, pour se raccrocher à la précarité de sa vie, une relation amoureuse qui lui donne force, combativité, espoir et bonheur. "Si tu m'aimes, je guérirai", affirme-t-elle.
    Ce matin-là une lettre de son amant lui parvient au sanatorium. Elle lit ces deux phrases, laconiques : "Je me marie... Notre amitié demeure..." La brutalité de ces mots transforme brusquement "la valeur de toute chose". La narratrice (l'auteure elle-même) voit tout s'effondrer et se glacer autour et en elle. Pour tenter de refaire surface, Marcelle Sauvageot s'engage dans une introspection qui la conduit à s'interroger sur le sens de l'amour en vis à vis de l'amitié. Elle compose ainsi une sorte de longue missive qui s'adresse à l'homme qui vient de l'abandonner.
    Le thème pourrait évoquer une interminable lamentation, un déferlement d'aigreur, un rêve de vengeance, un trop-plein de chagrin. Point de sentiments de la sorte dans ce texte pudique et poignant ! En aucun moment la narratrice ne sombre dans le misérabilisme et dans la plainte. Il y a de la vie dans ses mots qu'elle choisit avec soin pour qu'ils soient le reflet exact de ses ressentis, pour qu'eux, à leur tour, ne la trahissent pas, pour qu'ils témoignent le plus justement possible de ce qu'elle explore avec minutie certes, mais avec tant de poésie !
    Je parlais de cette œuvre, ce matin, avec une amie (elle se reconnaîtra), à laquelle je veux prêter le livre : elle craignait de pleurer au détour de chaque page. Non, ce n'est pas un ouvrage qui apitoye ... c'est un texte fort, plein de vigueur, de chaleur, de profondeur. C'est un texte qui donne envie de vivre !

    Lien : http://livresouverts.canalblog.com/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par VanessaV, le 01 avril 2009

    VanessaV
    Un minuscule livre et des lignes d'une pertinence, d'une intelligence et véracité folle, celle d'une rupture amoureuse, celle d'un retour à soi aussi… d'un retour à soi, pour soi et pour recouvrer la santé. le monologue d'une trentenaire, grande malade, qui découvre sa rupture amoureuse par lettre interposée. Melle SAUVAGEOT parle d'elle, de sa manière d'aimer et des termes même de sa rupture.
    Les « commentaires » reprennent les sentiments derrière l'amour. (...) Mais c'est surtout un livre sur la rupture, la séparation de corps mais surtout d'esprit, (...) sur l'amour et l'amitié, sur notre capacité à être avec l'autre. (...) Entre les lignes, aussi, ce dévoile un certain féminisme, ne pas être un objet dans le couple, ne pas être aimée par tout ce qui fait l'intelligence, l'originalité, la force d'une femme et rejetée parce que trop indépendante. (...) Entre les lignes aussi, cette démarcation entre le monde des en pleine santé et des grands malades.
    l'avis complet ici

    Lien : http://iam-like-iam.blogspot.com/2009/03/commentaires-dapres-amour.h..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 30 juin 2010

    oops
    Une jeune femme (l'auteure) qui se bat contre la maladie, ouvre sur le chemin du sanatorium la lettre de rupture remise par son amant. Elle lui répond par ce roman : elle lui exprime son amour blessé, exempt de toute tiédeur et compromis. L'approche de la mort lui donne une rage de vivre sans convention, sans concession aussi. Un beau témoignage tout en pudeur et retenue, qu'il faut replacer dans le temps puisque le texte a été publié en 1934, année de la mort de l'auteure.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (36)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par oops, le 02 juillet 2010

    Rien n’est plus attachant que les faiblesses et les défauts : c’est par eux que l’on pénètre l’âme de l’être aimé, âme constamment cachée par le désir de paraître semblable à tout le monde.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par MarcBibliotheca, le 17 février 2010


    « Tu vois là une preuve d'amour, n'est-ce pas ? » Le rythme du train scandait cette phrase incessamment. J'avais froid ; j'essayais de dormir, crispée dans un coin. – Comme j'avais froid ! – Pourquoi ce train était-il parti ? L'angoisse que l'on ressent quand on fait une bêtise me serrait la gorge ; j'avais quitté un fragile bonheur pour retourner dans ce sanatorium ; c'était bête. J'avais eu un peu de joie ces quelques semaines ; sans doute allais-je, en compensation, recevoir un gros chagrin.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par saphoo, le 04 juillet 2010

    On attend une lettre ; on espère dans une visite retrouver une illusion d'autrefois ; le cœur bat quand la porte s'ouvre ; la poignée de main produit l'émotion du baiser ancien ; on conserve soigneusement une rose apportée ; un compliment banal paraît un regret. Puis l'enchantement s'en va, et l'on sait très bien que tout cela est faux. Ce sont des lianes souples qui s'agrippent, retiennent dans un passé évanoui et laissent sans force pour agir et vivre.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par saphoo, le 04 juillet 2010

    Vous voyez dans mes élans, dans mes choix, des intentions que je n'ai pas. Je pense que les piètres résultats de ma diplomatie amoureuse prouvent que je ne me demande pas souvent si j'ai raison d'aimer. Il est bien possible que vous n'auriez été réellement pour moi qu'un pis-aller, mais ce n'est pas ainsi que je vous voyais. Je commençais à sentir que vous aviez pris pour moi une place à part. Pourtant, votre intelligence ne me comprenait pas mieux, peut-être moins bien ; votre amour ne se prouvait pas plus délicatement ; votre dévouement n'éclatait pas davantage ; tout chez vous était peut-être médiocre. Mais je préférais ce qui venait de vous. Pourquoi ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par TINUSIA, le 15 juillet 2010

    Les malades sont doux, mais moi je suis épuisée ; toute ma force s'use à continuer et à dire "merci" à ceux qui ne comprennent pas. Mais toi, qu'avais-tu besoin d'un "merci" ? Tu n'as pas compris parce que tu ne sais pas. Je t'ai demandé de quelle humeur tu serais, si pendant huit jours seulement tu ne dormais pas. Tu m'as répondu que ça ne t'arriverait jamais, mais que ça ne devait pas être agréable. Évidemment, tu ne comprends pas.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (15)

Video de Marcelle Sauvageot

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Marcelle Sauvageot

" Laissez-moi " de Marcelle Sauvageot. Avec Rafaële Chauvin, dirigée par Valérie Vernhes-Cottet



Autres livres classés tuberculose > voir plus








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Laissez-moi : Commentaire par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz